Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Heureux ceux qui sont morts.

Publié le par Christocentrix

Cette voix a un ton inhabituel - rauque et violente. une-guerre-pour-rien.jpgC'est celle moins d'un soldat que d'un guerrier qui a rompu la loi du silence et qui ne parle plus à ses ex-supérieurs hiérarchiques à la distance règlementaire. Ce livre retrace le long chemin parcouru par une unité d'élite (un certain 1er R.E.P., vous vous souvenez ?) ; mais le propos de l'auteur n'est pas de réunir de pieuses images, ni de distribuer des médailles; il est de dire la vérité, si dure, si peu plaisante qu'elle soit et de dénoncer les états-majors responsables de tant de désastres. Ce livre écrit en Juillet 1961 a été édité par la Table Ronde en 1966.

L'auteur, Antoine Ysquierdo, s'est engagé à dix-huit ans dans la Légion. Il a participé au premier rang, sans désemparer, à tous les combats de 1942 à 1961 (Tunisie, campagne d'Italie, Allemagne, Indochine, Cao-Bang, Dien-Bien-Phu -où il fut blessé puis prisonnier-, Algérie). Officier de la Légion d'Honneur, 14 fois cité, dont cinq à l'ordre de l'Armée.

 

 

                                                                                                  ***

  

capitaines d'avrilCe livre est né de la rencontre inopinée de deux hommes, révoltés puis réprouvés... deux anciens officiers des guerres de l'Algérie et de l'Angola.

Jean-Claude RACINET fut l'un de ces capitaines ardents qui, en avril 1961, tentèrent de donner un sens révolutionnaire à une victoire militaire sans cela inutile à leurs yeux.

Joâo da SILVA, ancien capitaine commando d'Angola, après avoir refusé, en avril 1974, comme nombre de ses camarades, d'assumer la responsabilité d'une défaite technique outre-mer, prit une position politique telle qu'il dut s'exiler.

L'émouvant face à face a fait sortir Jean-Claude RACINET de la profonde léthargie dans laquelle il était muré et l'a poussé impérieusement à témoigner à son tour. 

-LES CAPITAINES D'AVRIL, (édit. France-Empire, 1976) - Après l'exposé des rêves enfiévrés de ces deux hommes en faveur d'une décolonisation et d'une révolution originales, et celui de leurs expériences et de leurs désillusions, est consacré, en majeure partie, à l'évolution du conflit algérien. Mais Jean-Claude RACINET nous présente celui-ci sous un éclairage nouveau qui permet de mieux comprendre les raisons socio-politiques, militaires et structurelles de notre impuissance. A noter, au passage, que les Capitaines d'avril, au Portugal et en Algérie, ont voulu se démarquer d'une société bourgeoise dont l'incapacité à contrôler le processus de la décolonisation a coûté tant de sang et de larmes. A travers le récit haletant de son expérience de structuration des populations pour qu'elles prennent en main leurs destinées, RACINET brosse ça et là de saisissants portraits de ses camarades. Malgré l'échec essuyé, on veut croire que tant de sacrifices et tant d'efforts n'ont pas été consentis en vain par ces hommes généreux.

 

                                                                                              ***

 

 

Pourquoi avoir rassemblé ces deux téloignages sous ce titre : simplement parce que c'est le titre d'un texte de Charles Péguy, propre à illustrer ce message. Le voici....

 

 

Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle

Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre. . .

Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre.

Heureux ceux qui sont morts d'une mort solennelle.

 

Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles,

Couchés dessus le sol à la face de Dieu.

Heureux ceux qui sont morts sur un dernier haut lieu,

Parmi tout l'appareil des grandes funérailles.

 

Heureux ceux qui sont morts pour des cités charnelles.

Car elles sont le corps de la cité de Dieu.

Heureux ceux qui sont morts, pour leur âtre et leur feu,

Et les pauvres honneurs des maisons paternelles.

 

Car elles sont l'image et le commencement

Et le corps et l'essai de la maison de Dieu.

Heureux ceux qui sont morts dans cet embrassement,

Dans l'étreinte d'honneur et le terrestre aveu.

 

Car cet aveu d'honneur est le commencement

Et le premier essai d'un éternel aveu.

Heureux ceux qui sont morts dans cet écrasement,

dans l'accomplissement de ce terrestre voeu.

 

Car ce voeu de la terre est le commencement

Et le premier essai d'une fidélité.

Heureux ceux qui sont morts dans ce couronnement

Et cette obéissance et cette humilité.

 

Heureux ceux qui sont morts, car ils sont retournés

Dans la première argile et la première terre.

Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre.

Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés.

 

                                                                                 Charles Péguy

 

 

 

Voir les commentaires

Costa de Loverdo

Publié le par Christocentrix

j-ai-ete-moine-au-mont-Athos.jpgCe livre publié en 1956  relate l'extraordinaire aventure de Costa de Loverdo au Mont Athos. Dans une surprenante évocation, Costa de Loverdo rappelle son expérience personnelle, puis par un étonnant transfert, il évoque celle d'un moine qu'il connut. Il donne de la célèbre presqu'île aux cent couvents, une synthèse harmonieuse. Le Mont Athos peut-être un exemple pour notre monde matérialisé. - "Il est des lieux où souffle l'Esprit ", mais l'Esprit souffle où il veut".

Costa de Loverdo est né à Athènes en 1921, d'une famillle remontant au XIIIème siècle, qui a compté sept archevêques des îles Ioniennes, un ambassadeur auprès du Tsar, un général sous Napoléon, les fondateurs du Musée Byzantin Loverdo, de la Bibliothèque Loverdo...

Porté sur les fonts baptismaux par le roi de Grèce, il voyagea en Europe et en Afrique, puis se rendit au Mont Athos où il poursuivit la tradition ancestrale en se faisant novice au couvent Agios Pavlos. Ayant quitté la Sainte Montagne pour la France, il y fut incarcéré en 1941 pour fait de résistance et condamné à six mois de forteresse. Evadé, il gagna Gibraltar et s'engagea dans la R.A.F. De retour en Grèce en 1945, il se rendit encore au Mont-Athos. Il fut l'auteur d'un rapport à l'ONU sur la guerre civile grecque. Costa de Loverdo fut correspondant de nombreux journaux à Athènes et chroniqueur à la Dépêche du Midi. Il a publié surtout  en 1955, Le Trésor du Mont Athos, qui perce le secret d'une antique légende de la Sainte Montagne.

tresor-du-mont-Athos.jpgLes sources de ce livre sont dans Hérodote, Aristote, Sophocle, Plutarque, Juvénal, Pline l'Ancien, Grégoras, le Moine Denys, Cyrille de Chio, Halcyonius, Didron, Pouqueville, Alphonse Rabbe, l'Abbé Fleury, Jean Belon, Sevastianoff, A. Proust, Auguste Bailly, Victor Duruy, les Archives de la République de Venise, la Bible d'Or des Iles Ioniennes, l'Encyclopédie Hélios et le Moine Mélétios de Lavra la Grande, pour ne citer que les principales.

La Crypte du Perse est donc née en 1954 d'oeuvres et de travaux commencés bien avant Jesus-Christ. Elle est la plus merveilleuse histoire que l'auteur ait ouï conter, une chanson de geste s'étalant sur bientôt trois millénaires et demeurée vivante jusqu'à nos jours. Darius Premier, Alexandre le Grand, Saint Athanase l'Athonite, les héros de l'Indépendance grecque y défilent, leurs destinées liées entre elles par ce fabuleux trésor qui coula au pied du Mont Athos avec la flotte perse de la première guerre médique.

 

 

Voir les commentaires

les Samaritains

Publié le par Christocentrix

Samaritains.jpg

Les Samaritains sont aujourd'hui l'un des plus petits peuples de la terre : ils ne sont guère plus de cinq cents. Ils sont aussi l'un des plus anciens, puisqu'ils faisaient partie du peuple juif, dont ils se sont séparés peu avant l'ère chrétienne. La cause du schisme: ils ne reconnaissaient pas le temple de Jérusalem et lui préféraient le mont Garizim, près de Naplouse, qui fut effectivement le premier sanctuaire des Hébreux, lors de leur arrivée dans la Terre Promise.

D'autre part, leur « patrimoine génétique » étant resté intact depuis les temps bibliques, les Samaritains descendent authentiquement des Tribus perdues dont le sort a toujours intrigué les juifs et les chrétiens : de l'Afghanistan à l'Équateur, des États-Unis au Japon en passant par le Caucase, beaucoup ont vu en eux des ancêtres. Aujourd'hui devenus des citoyens de plein droit de l'État juif, ils continuent à fêter leur Pâque sur le mode antique, en sacrifiant des agneaux. Léon Poliakov nous donne ici les résultats d'une enquête à travers les continents et les textes. Il le fait à sa manière, en montrant qu'on ne répond pas à des questions sans en poser d'autres. Et le livre s'achève avec une étude de Gilles Firmin sur l'histoire de la critique de la Bible, d'où il ressort également que les subtilités, voire les contradictions de cette critique, s'accroissent à mesure qu'augmentent nos connaissances.

 

Les Samaritains, Léon Poliakov, Seuil, 1991. 

 

 

Voir les commentaires

les tentations du Christ

Publié le par Christocentrix

Les Tentations du Christ

Deux textes d'une très grande valeur littéraire et d'une haute portée religieuse sont proposés ici à la réflexion. « La Légende du Grand Inquisiteur » de F. Dostoïevski et "La Dernière Tentation du Christ" de N. Kazantzakis - deux écrivains issus de l'orthodoxie. Cette confrontation lance un débat serré entre le Russe à qui l'humanisme pervers du Grand Inquisiteur permet de mettre en lumière la divinité du Christ, et le Grec qui s'emploie au contraire à décrire tout ce qu'il y a de douloureusement humain dans le personnage de Jésus.

Le contraste qui se dégage de cette lecture conjointe destentations-du-Christ.jpg tentations selon Dostoïevski et Kazantzakis rend manifeste une tendance religieuse typique de la modernité. Là où le Russe affirme la divinité du Christ en signifiant tout ce qui le sépare du « Prince de ce Monde » dont le Grand Inquisiteur se fait l'interprète et l'instrument, le Grec souligne au contraire, avec une violence souvent déroutante, tout ce qui dans les tentations de Jésus le définit comme fils de l'Homme. Comme un homme travaillé par des désirs troubles ou mordants, et effrayé par une condition, malgré tout divine, qui l'écrase. On peut parler de Jésus comme d'un « héros tragique », marqué par de nombreux thèmes issus des affinités nietzschéennes du romancier grec.

« La Légende du Grand Inquisiteur » est amplement située dans le contexte des Frères Karamazov d'où le texte est extrait, ce qui permet à l'auteur de discuter de la question de la relation de Dostoïevski au catholicisme, comme il tente de répondre à la question du caractère blasphématoire ou non du roman de Kazantzakis.

 

Les tentations du Christ, Philibert Secretan, Cerf, 1995.

Philibert Secretan, né en 1926 à Genève, professeur de philosophie à l'Université de Fribourg (Suisse), est spécialiste de la philosophie chrétienne contemporaine. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages - dont Méditations kantiennes (L'Âge d'homme) et L'Analogie (PUF) - et le traducteur de nombreux livres, dont les oeuvres d'Édith Stein aux Éditions du Cerf. 

 

 

Voir les commentaires

<< < 1 2