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racheter la France par le sang...

Publié le par Christocentrix

"Nous savons que tout se réverse et que notre âme n'est pleine que des vertus des autres"... "racheter la France par le sang"... (Ernest Psichari).

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"Racheter la France par le Sang..."    Tel est donc le dernier mot de ce message, celui qu'on ne reçoit qu'avec le coeur serré. Ce n'est pas seulement Psichari qui, par delà sa mort, nous le livre, mais des millions de jeunes victimes dont il fut le porte-parole le plus conscient. Et, encore une fois, le parallélisme entre le drame de l'histoire et le drame de l'homme éclaire d'une lumière surnaturelle la plus douloureuse des énigmes. C'est un fait que toute guerre, malgré les destructions qu'elle entraine, malgré des ruines qui atteignent les âmes comme les corps, offre pourtant, à l'heure où elle se dénoue, des occasions uniques, la chance d'une nouvelle création. On dirait que le sacrifice de ceux qui sont tombés, décrasse la diplomatie et la politique, permette de repenser le monde avec ingénuité. Ainsi, au sortir du combat spirituel, l'âme retrouve-t-elle dans la victoire une innocence qui lui ouvre des champs sans limites ; mais le chrétien ne sait-il pas que cette innocence lui est restituée par la Grâce et que cette Grâce il ne la reçoit que par l'effusion d'un Sang divin? C'est le sacrifice qui efface et qui rédime : les calvaires des nations ont aussi leur signification.

Il est horrible qu'à un tel prix on doive acheter les chances nouvelles. Mais non moins horrible, pour le croyant, la mise en croix d'un innocent pour la rédemption du monde. Et dans les deux cas, admirable autant qu'atroce, ce sacrifice ne trouve sa portée que dans les conclusions que l'homme en tire. « C'est une chose cruelle et contraire à la nature (écrivait Jacques Maritain en 1921), que des jeunes gens se trouvent chargés de réparer les destructions opérées par leurs pères, et sentent sur leurs épaules le poids du monde à refaire et doivent mourir pour cela ».   Le sacrifice des innocents pour racheter les erreurs et les fautes des autres, est, en effet, « contraire à la nature », et n'a de sens que surnaturel ; mais, plus cruelle encore, l'évidence d'un sacrifice inutile : rien ne désespère plus une âme chrétienne que la seule pensée que le Christ serait mort pour rien...

...Les occasions qui sont perdues pour la Grâce sont gagnées par le mal : ce n'est pas vrai seulement dans la conscience de chacun. Mais le témoignage des héros survit aux abandons des politiques : la terre qu'ils ont ensemencée germe, quand l'heure est venue et, après des années d'oubli, ce sont les forces mêmes qu'ils ont laissées dans la conscience nationale qui redeviennent efficaces et s'affirment d'une autre façon. Chaque génération a son sillon à creuser, chacune ses problèmes à résoudre. Le monde où il nous appartient de travailler maintenant ne ressemble pas à celui qu'a connu le Centurion. Les tâches qui nous attendent sont autres que celles qu'il accomplît. Mais la paix difficile exige des vertus qui ne sont pas indignes des combats.

Ce n'est pas en rêvant de nouvelles hécatombes que nous suivrons l'exemple d'un tel aîné. Car s'il fallait mesurer aux résultats historiques qui en sortirent la grandeur de son sacrifice, de quelle affreuse rancoeur ne nous sentirions-nous pas emplis ! La leçon qu'il nous plaît d'entendre est celle de ses vertus. Celles qu'il pratiqua trouveront sans doute moins leur application dans les conflits des armes que dans l'effort patient et le don fraternel qu'exigera un monde réconcilié. Abnégation, esprit de discipline et de renoncement, obéissance et amour. Ces vertus, qui furent celles de Psichari, n'ont pas changé de sens ; elles ne sont pas moins nécessaires, car, quel que soit le but qu'il s'assigne, l'homme n'a jamais connu, ne connaîtra jamais d'autre méthode que celle de cette lutte contre soi, de cette fidélité héroïque dont le Centurion offrit le parfait exemple.   ... Ainsi une nation entière, devant les pressantes interrogations du temps, peut retrouver en soi ses réponses essentielles ; après une heure d'obscurité et de misère, elle peut se dépouiller de tout ce qui lui faisait le coeur amer et l'âme trouble. C'est après de telles crises que le Centurion a découvert sa route. L'Histoire aussi permet de graves conversions...."

(DANIEL-ROPS, extrait de son livre sur Psichari, 1942)

 

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Ernest Psichari - Carnets de route

Publié le par Christocentrix

 

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                                                                                éditions l'Harmattan, 2008.

 

 

 

 

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                                                                       réédité aux éditions Saint-Lubin, 2008

 

 

 

                          voir aussi sur ce blog ; article "Ernest Psichari  :

                     http://christocentrix.over-blog.fr/article-25093592.html

 

 

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Notre-Dame d'Afrique

Publié le par Christocentrix

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Victoire sans tête, morts pour rien, ah! si Péguy était là ! (Henri Massis)

Publié le par Christocentrix

Hélas! ne dis plus mot, mais dis-moi tout d'abord : Est-ce qu'il est mort, le fils de Pélée ? répond Néoptolème à Philoctète qui lui demande où sont les chefs des Grecs, ses anciens compagnons. - Il est mort...  A chaque nom héros des héros de la guerre prononcé par « l'abandonné de Lemnos », depuis cinq ans séparé du monde, le jeune fils d'Achille répond : Il est mort.  - Ajax ? - Il est mort. - Patrocle ? - Il est mort.

C'est ainsi que « le plus émouvant des poètes grecs » - comme l'a qualifié Bainville - avait exprimé la solitude où nous laisse le départ des meilleurs d'entre les nôtres. Quels vides dans nos rangs ! Péguy mort, Psichari mort, Alain-Fournier mort, Joseph Lotte, Emile Clermont, Pierre Gilbert, André du Fresnois, morts... Et il n'y avait pas dix ans que notre ami Paul Drouot avait été tué que, pensant à lui comme à tous ses pareils, certains de nous pouvaient déjà se demander : « Ce monde où vous n'êtes plus, qu'en pensez-vous aujourd'hui ? Les hommes sont travaillés par un obscur remords de leur vertu... Sensible comme vous l'étiez, supporteriez-vous sans désespoir le spectacle de ce monde qui se couche pour dormir ? « Dans cette universelle négation de tous les souffles qui nous animaient quand nous combattions, disait aussi Emile Henriot en songeant à celui que nous avions perdu, nous commençons à nous demander si, comme tous les autres, Drouot n'est pas mort pour rien ! »

La France semblait ignorer sa victoire - cette victoire difficile à acquérir, magnifique dans son ampleur, mais, qu'après avoir gagnée, il s'agissait de faire passer dans la substance, dans la vie de la nation. En littérature, c'était la même cécité : la victoire y semblait non avenue; aucune oeuvre, ou presque, ne la traduisait, ni même ne la transposait. Les « termes à la mode de cet après-guerre étaient gratuité, alors que tout venait d'être payé si cher, et disponibilité, alors que s'engager est le propre de l'homme ». Rien qu' « une morne complaisance dans ce que la vie a de plus sordide, une délectation à proclamer l'universelle veulerie, un abandon à la nausée »! Tout semblait vaciller dans la faiblesse mentale, la confusion, l'inconscience ou pire encore. En politique, les confusions étaient pareilles : les illusions et les mécomptes participaient d'une même démission. Trop de français, et parmi les meilleurs, avaient pensé que la victoire de 1918 - cette « victoire sans tête », disait Lyautey - améliorerait automatiquement, mécaniquement, le moral français, par une sorte d'opération secrète, par une évolution spontanée des âmes saisies au vif de la beauté du sacrifice et touchées d'une nouvelle contagion. C'est parce que trop d'esprits, trop d'hommes parfaitement honorables et parfaitement patriotes, mais sans idées, sans doctrine, ont fait confiance au cours fatal des choses pour le bien qu'ils en attendaient, que nous avons perdu cette victoire si difficilement acquise. « Croit-on, disait alors Maurras, croit-on que cette défection de l'esprit national n'ait pas impressionné la jeunesse? Croit-on que ce suicide public de ceux qui incarnaient le patriotisme n'ait pas créé quelque scepticisme à l'endroit de l'idée de patrie? »

 

                                                               *

 

C'est alors qu'entre tous nos morts nous comprîmes combien Péguy nous manquait. « Ah! Péguy, disions-nous alors, que n'êtes-vous là pour nous dire ce que c'est qu'une victoire - et tous les sens, toutes les formes, tous les synonymes français, latins, chrétiens, humains, classiques et romantiques aussi, de ce beau mot que vous n'eussiez pas voulu qu'on dérobât à ce pays? Contre tous ceux qui, à la faveur du désarroi engendré par une mauvaise paix, affirment que la victoire n'en est pas une, contre ceux qui prétendent qu'il n'y a rien de changé dans notre âme, dans notre esprit, dans le goût de la vie, inlassablement vous l'auriez repris ce mot - et ils auraient bien fini par comprendre de quoi il s'agissait et ce qu'il imposait !

« Pendant des pages et des pages, au long de Cahiers tout entiers, les séries s'ajoutant aux séries, et sans jamais vous arrêter, vous lui auriez restitué tout son suc, toute sa chair, toute sa réalité!  Vous auriez appelé tous nos saints à la rescousse, sainte Geneviève et saint Louis et sainte Jeanne d'Arc, remué toute notre histoire, tout le passé de la France, réveillé tous nos morts, les soldats de nos rois et les volontaires de la République et les vétérans de l'Empereur, cité Corneille, Hugo, et vous auriez conclu : « Voilà ce que c'est, mes enfants, qu'une victoire ! ».

« Vous n'eussiez pas laissé s'obscurcir cette claire évidence sous les piperies et les mensonges. Vous nous eussiez montré que nous n'avions eu qu'un armistice, une chose qui, en fait, ne conclut pas, parce qu'elle ne définit rien et laisse place à la contestation, à la querelle... On l'a bien vu par la suite. Vous eussiez dénoncé toutes les équivoques, tous les faux semblants de la paix, de cette paix traduite qui n'a pas été rédigée dans le même style que la victoire. Vous nous eussiez démontré comment la langue dans laquelle a été écrit le plan d'attaque de 1918 n'est pas celle qui a conclu la paix de 1919, et que cela explique bien des choses! Vous nous en auriez dit - que n'eussiez-vous pas dit ? - et nous vous aurions cru, nous et nos cadets, ceux qui nous suivent et qui ne peuvent nous comprendre quand nous nous écrions : Ah! si Péguy était là!...

Nulle absence ne nous laissa un pareil vide. Nous le cherchions sans cesse, nous en avions un tel besoin! Ceux qui avaient connu Péguy, qui avaient vécu dans son amitié, que sa ferveur avait éveillés, pouvaient nous entendre. Mais les autres, comment leur expliquer, leur faire sentir ce qu'était une telle présence et ce qu'elle aurait pu être encore ?... Car, en ces années vingt, on ne lisait plus guère Péguy! Ses Cahiers étaient introuvables et les nouveau-venus n'y discernaient qu'un fastidieux amas verbal. Il leur manquait, pour restituer à son oeuvre, la chaleur, la prodigieuse vie qui la sous-tend, d'avoir entendu le son, la voix de cet étonnant petit homme! Car Péguy n'a pas laissé de système, une certaine théorie qu'on puisse apprendre, étudier. Il n'était qu'un témoin, un témoin du plus profond passé, une référence unique sur la plus vieille race française, encore pure et intacte, un paysan de chez nous que le hasard avait fait vivre au lieu même où s'élaboraient les idées qu'universitaires, intellectuels, politiciens jetaient dans le monde à une des heures les plus confuses de notre histoire morale.

Péguy, c'était l'homme des crises, celui qu'au tournant on interroge, le paysan qui sait son pays, le nom des choses, les moeurs, les gens. Les tempéraments de cette espèce dont les vibrations semblent accordées aux réalités de la race, quels guides irremplaçables! Ah! le précieux individu ! Que ses fièvres, ses sursauts, ses colères nous ont donc enseignés! Il nous offrait ce singulier mélange de fureur et de rage, uni à beaucoup de générosité et à beaucoup d'amour, qu'on trouve dans ce peuple dont il était, dont il tenait à être : c'était ce même composé mystérieux, ce même ferment vital, qui féconde et soudain fructifie ! Oui, toute une fécondité sortait de lui. Il donnait, il transmettait tout ce qu'il avait reçu, car tout venait du fond, de la substance de sa vie. Quand il parlait, on entendait la voix, le conseil de tout un peuple avec lui, derrière lui. Il avait toute l'ancienne France, toute l'histoire, toute la morale chevillées à l'âme. Et lorsqu'il parlait de la France, il en parlait comme de lui-même. Les vertus, les qualités qu'il lui trouvait, c'étaient les siennes : la vaillance claire, la rapidité, la bonne humeur, la fermeté, un courage opiniâtre, mais de belle tenue, fanatique à la fois et mesuré, forcené ensemble et pleinement sensé; une tristesse gaie, un propos délibéré, une résolution chaude et froide, une docilité et une révolte constante à l'événement, une impossibilité à prendre son parti de rien.

« On ne peut pas, disait-il, un ne peut pas s'empêcher d'aimer cette France : on ne peut pas s'empêcher d'aimer la terre de ses pères plus que toutes les autres terres du monde! ». Réapprendre la France, voilà le propre de Péguy, ce qui avait été sa mission parmi nous, et nul ne s'y entendait comme ce paroissien d'Orléans, comme ce paysan des côtes et des sables de Loire. Car la France de Péguy, ce n'est pas une idée, une notion, un esprit sans corps, une chose sans matière, c'est tout un grand peuple vivant, réel. La France de Péguy, ce sont des pays, la Loire, la Beauce, Paris, ce sont des arbres, des labours, des clochers, ce sont nos jardins, nos vignes, nos treilles, nos allées, nos maisons. Oui, Péguy est « le seul poète de nos blés », le seul qui soit réellement revenu au ciel français, au sol français, aux travaux français.

Un seul monde le trouva infidèle - celui-là même qui renia toute fidélité, le monde moderne, le monde de ceux qui ne croient plus à rien, le monde de ceux qui ne se dévouent à rien, exactement le monde de ceux qui n'ont pas de mystique. Et quand les hasards de la vie le placeront parmi les perversions et les contaminations du monde moderne, Péguy, lui, retrouvera sa volonté intacte; il lui suffira de se découvrir lui-même, de se déclarer ce qu'il était : « Je serais un grand sot, disait-il, de ne pas me laisser faire, de ne pas me laisser redevenir, reconquérir paysan. C'est mon seul atout temporel. Cette âpreté paysanne qui se réveille, qui me remonte, me fait un engagement, un commandement, une exigence, de ne rien laisser perdre de ce faible, de cet immense avantage temporel. » ; De là que Péguy pouvait dire aussi : « Nous avons toujours continué dans le même sens : il n'y a dans notre carrière aucun point de rebroussement, de conversion... Nous avons constamment tenu la même voie droite : c'est cette même voie qui nous a conduit où nous sommes »; Car ce n'est pas en revenant que Péguy retrouva la route chrétienne et française, il l'a trouvée au bout. « Nous avons pu être avant la lettre, disait-il en 1912, nous n'avons jamais été contre l'esprit... Notre préfidélité invincible aux moeurs chrétiennes, à la pauvreté, aux plus profonds enseignements de l'Évangile, notre obstinée, notre toute naturelle, notre toute allante préfidélité secrète nous constituait déjà une paroisse invisible ».

Et voilà pourquoi, lorsque Péguy, par un approfondissement de plus en plus sévère de son être religieux, se découvre catholique, il ne s'en explique pas. Il n'y a rien de changé dont il lui faille se justifier : rien qu'une décision prise. Il ne fait que suivre sans résister les indications de sa nature qui le replace dans sa vraie « famille mentale et sentimentale » : le catholicisme. Aussi lui suffit-il de déclarer : « Aujourd'hui je puis dire que la métaphysique de nos maîtres n'a plus pour nous ni pour personne aucune espèce d'existence. Nous croyons intégralement ce qu'il y a dans le catéchisme, et c'est devenu et c'est resté notre chair. » Et Péguy aussitôt le prouve, non pas en démontrant en raisonnant, mais en produisant, en créant, en mettant tout ce qu'un homme peut mettre dans des oeuvres où les vérités de la foi semblent avoir une jeunesse, une force renouvelées et « apparaissent toute allantes, toute bienvenantes, évidentes comme la clarté du jour, fraîches comme la rosée, nourricières comme le bon pain - vraies d'une vérité qui pour franchir la matérialité des êtres, la dépasser, pénétrer jusqu'à l'âme, jusqu'au sacré, n'en est pas moins la réalité de chacun de nos jours ».

Tout ce qui n'est pas réel n'est pas Péguy : il possédait, en effet, ce don merveilleux de rester dans le réel en transcendant l'humain. « J'aime, disait Alain-Fournier à Jacques Rivière au moment où parut le Mystère de la Charité de Jeanne d'Arc, j'aime cet effort pour faire prendre terre, pour qu'on voie par terre, pour qu'on touche par terre l'aventure mystique, cet effort qui implique un si grand amour. Péguy veut qu'on se pénètre de ce qu'il dit jusqu'à voir et à toucher ». C'est ainsi que toute une jeunesse trouva chez Péguy les paroles de vie et la révélation de cette Grâce dont elle avait l'émouvant désir.

L'oeuvre de Péguy, fleurissant dans ce climat d'aridité moderne, avait été le pressentiment tout à coup dévoilé d'une grande renaissance spirituelle. « Elle avait été taillée dans l'étoffe dont Dieu se sert pour faire les héros et les saints dira Bergson. Les héros, car dès sa première jeunesse, Péguy n'eut d'autre souci que de vivre héroïquement; les saints aussi, ne fût-ce que par ce qu'il partageait avec eux, qu'il n'y a pas d'acte sans signification, que tôt ou tard il devait venir à Celui qui prit à son compte les péchés et les souffrances de tout le genre humain ». C'est ainsi que Péguy a été à l'origine de toute une renaissance catholique, et conjointement d'une renaissance française, car on ne saurait dire quel sentiment fut antérieur en cette âme de l'amour de la France ou de l'amour de Dieu. En accomplissant cette réintégration totale, Péguy les avait retrouvées unies par une mystérieuse accointance, unies dans son coeur, unies dans la réalité même. Et Péguy ne fut si profondément chrétien que parce qu'il était si profondément français. En tombant dans la plus fervente des guerres, il dit le dernier mot de la phrase ardente qu'il avait répandue sur la France, le mot incontestable qui l'achève et qui lui a donné à lui, Péguy, sa figure d'éternité!

A l'heure où cette grandeur était remise en cause, où l'héroïsme de Péguy allait bientôt ne plus sembler qu'un « lieu commun » qui ne pouvait plus que lui « causer du tort », comment n'eussions-nous pas regardé du côté de Péguy, de Péguy qui avait imprégné notre esprit, qui avait été et qui restait le conducteur de nos âmes ? Pouvions-nous oublier que c'était sur notre génération - celle qui eut ses vingt ans vers 1905, l'année où parut Notre Patrie - que Péguy avait reporté toute son espérance? C'est pour nous qu'il avait travaillé, pour que nous nous installions dans son travail, pressentant ce que serait notre destinée, et qu'il fallait nous déblayer la route, nous découvrir le dépôt sacré et français. « Il ne faut pas désespérer, écrivait-il en 1913 à son ami Lotte. Notre pays a des ressources inépuisables. La jeunesse qui vient est admirable ». Aussi en nous écriant : « Si Péguy était là ! » en en appelant à ce Péguy toujours vivant et qui pouvait redevenir agissant, nous avions ajouté : « Cette confiance, ce crédit que Péguy nous avait ouvert éternellement, nous engage. Nous appartenons à la dernière promotion de ceux qui ont connu Péguy, qui ont reçu son investiture, qui ont été ralliés, ordonnés par lui. Cela c'est une certitude, c'est une réalité, la certitude d'une réalité ». Elle nous imposait de faire front à nouveau, de dénoncer sans relâche ceux qui démoralisent notre peuple comme les auteurs directs des désastres qui peuvent une fois encore arriver à ce peuple.

 

 

 

              Henri Massis. Extrait de "de l'homme à Dieu" (N.E.L, 1959) 

 

 

 

 

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Henri Chapel

Publié le par Christocentrix

Henri Chapel est né le 4 aôut 1909 à Saint-Pol-de-Léon. Collégien de Notre-Dame du Kreisker puis séminariste  à Kerlois (Bretagne), il entra ensuite au Noviciat des Pères Blancs à Maison-Carrée (Algérie) puis fréquenta le Scolasticat de Carthage avant d'effectuer son service militaire. Ordonné prêtre dans l'Eglise catholique romaine en 1934 dans la Primatiale de Carthage, il est envoyé aussitôt au Séminaire de Kerlois où il exercera des responsabiltés avant de diriger le nouveau Postulat d'Antilly (Oise). Ses charismes sont reconnus par tous mais depuis son enfance, il ne rêve que d'une seule chose : devenir missionnaire en Afrique. Au moment où son rêve allait se réaliser (il était nommé au Soudan français) il est mobilisé et rejoint son unité combattante comme sous-officier. C'est dans la forêt de la Warn qu'il connait le baptème du feu. Remarqué pour ses vertus exemplaires, et comme sous-officier et comme prêtre, il exerce une forte influence autour de lui. Le 24 mai 1940, les évènements se précipitent et sa section tente de tenir la position à Gravelines. Malgré un ordre de repli face au débordement, il prend un fusil-mitrailleur et se met en batterie au bord du chemin de halage, séparé de l'ennemi par la seule largeur du canal. C'est dans cet acte héroïque qu'il sera frappé mortellement. Ceux du 137ème, qui le vénèraient, parleront longtemps de lui.... on trouva sur lui une lettre dans laquelle il disait qu'il offrait de bon coeur sa vie pour la France et pour les Missions. Dès les mois qui suivirent, malgré la situation que connaissait le pays, les vocations affluèrent tant à Kerlois qu'à Antilly, à un rythme jamais atteind jusqu'alors...

On peut encore trouver un petit opuscule qui relate sa vie, intitulé "le Père Henri Chapel, 1909-1940", rédigé par le Père Arregros. (Librairie Missionnaire des Pères-Blancs).

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un texte de Henri Massis

Publié le par Christocentrix

A quelles profondeurs retentit encore, au soir de notre vie, le cri que, dix ans après la guerre de 14, Bernanos nous jeta du fond de ce passé :

« Vieux amis des hauteurs battues par le vent, compagnons des nuits furieuses, troupe solide, troupe inflexible... et qui reçûtes, un jour en pleine face, le jet brûlant de l'artère et tout le sang du coeur ennemi - ô garçons!... Le 11 novembre, nous bûmes le dernier quart de vin de nos vignes. Le 11 novembre, nous rompîmes le pain noir cuit pour nous ! »

Oui, la guerre a été la « maison de notre jeunesse ». Nous sommes nés de la guerre, la guerre a été tout de suite sur nous, et, en vérité, nous n'avons jamais rien fait d'autre. Nos plus jeunes compagnons ne « pesaient encore ni une femme, ni un enfant à naître », lorsqu'ils virent, en 1914, s'ouvrir devant eux les portes de la guerre. De quelques années leurs aînés, nous n'avions pas plutôt tenté l'aventure de toutes la plus aventureuse, celle qui consiste à créer une famille, à fonder un foyer, nous avions à peine couru ce risque, nous nous en sentions à peine alourdis, quand nous fûmes séparés, retirés, pour être jetés dans un monde, dans une vie dont nous savons désormais que c'était réellement notre monde, que c'était réellement notre vie. Après un armistice de quelques années, la guerre nous a ressaisis pour la deuxième fois et nous a ramenés là-haut en ces régions que nous n'avons jamais quittées, qui gardent nos plus profonds secrets, où nous avons laissé nos âmes avec les corps de nos amis. Vingt ans durant, elle n'a cessé de nous tenir sous sa loi, car la plus sérieuse, la plus décisive des guerres est peut-être celle qu'on fait quand on ne se bat plus. Nous en avons gardé « un tel pli de blessure au coin des lèvres », que la mort seule pourra détendre ce pli qui marque nos visages. Mais nous en avons aussi rapporté l'Espérance, une espérance qui n'a plus cessé de nous consumer, une espérance qui, elle, est invincible, fût-ce « au souffle de la mort ». Oui, le « divin regard s'était posé sur nous », ce regard « si ferme, si tendre », dont Bernanos tressaillait encore quand, en 1919, au retour de la guerre, de cette guerre où nous avions fait face, où nous avions su réellement faire face, il disait : « Dans cette gaine d'instincts, d'habitudes acquises ou héréditaires, dans la chair et le sang, quelque chose s'est éveillé, a remué une fois pour toutes, irréparablement. C'est fini. Nous ne pouvons maintenant nous tromper sur nous-mêmes. Il faut nous rendre libres ou mourir ! ».

La guerre n'allait plus cesser de marquer nos travaux et nos jours, et ceux qui n'avaient pas été choisis pour être des victimes savaient sans hésitation possible qu'ils étaient appelés à être des apôtres.

 

                 Henri Massis (extrait de "de l'Homme à Dieu", N.E.L, 1959)

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Dom Augustin Guillerand

Publié le par Christocentrix

 Augustin (Maxime) Guillerand

Augustin (Maxime) Guillerand, né en 1877, à Reugny de Dompierre. Vers l'âge de 10 ans il entre au petit séminaire de Pignelin, puis au Grand séminaire de Nevers (1894). Il est ordonné prêtre en 1900. Il n'a alors que 23 ans. Après deux années (1901-1903) comme vicaire à Corbigny, il passe à l'Institution Saint-Cyr en octobre 1903,  où il aura charge d'enseignement et de préfet des "grands". En 1905 il est nommé curé de Ruages (Nièvre) puis en 1912, à Limon, près de Saint-Benin d'Azy, toujours dans la Nièvre.  Bien qu'il commence alors à percevoir un attrait pour la vie solitaire et la méditation, et qu'il entretienne déjà des relations avec la Chartreuse, il répond avec générosité aux sollicitations des séminaristes, attirés par son charisme d'éducateur et de directeur d'âme.  Son attrait pour la Chartreuse s'affirme et son évêque, qui souhaite retarder son départ finira par l'autoriser. Maxime Guillerand est admis au noviciat de la Chartreuse de Valsainte (Suisse). C'est à ce moment là, qu'avec la chape noire du novice cartusien il reçoit le nom d'Augustin. Il fait sa profession définitive en 1921 et en 1923 exercera la charge de "vicaire" de cette chartreuse. En 1929 il rejoint la Chartreuse de Montrieux (près de Toulon) que l'Ordre vient de réoccuper, avec charge de Maître des Novices,  pour une courte période. Il est ensuite nommé "Vicaire" des moniales chartreuses de San Francesco (Italie) et assure la direction spirituelle de cette communauté jusqu'en 1935. A cette date, il est nommé Prieur de la Chartreuse de Vedana (Italie) avec aussi pour charge les visites canoniques des chartreuses de la province d'Italie... jusqu'à l'entrée en guerre de l'Italie qui obligera tous les chartreux français à regagner la France. L'été 1940, Dom Augustin est à la Chartreuse de Sélignac quant il reçoit l'ordre de rejoindre "La Grande Chartreuse" (qui venait tout juste d'être réoccupée par les religieux).  au seuil de l'abîme de DieuDepuis la fin de 1941 et durant les années qui suivirent, sa santé déclinera... jusqu'au 12 avril 1945 date à laquelle Dom Augustin Guillerand s'éteignit. Auparavant, nous savons qu'il brûla nombre de ses papiers, notes et sermons. Non point tous... car un de ses neveux lui avait demandé de lui conserver quelques uns de ses écrits, entre autres,  les élévations sur l'Evangile de Saint-Jean... qui sera plus tard connu sous le titre de "Au seuil de l'abîme de Dieu".

Ces écrits, authentiques témoignages de solitude, de silence, de face à face avec Dieu, ont tout d'abord parus de manière anonyme sous le terme "un Chartreux" (comme il est de règle dans son Ordre) puis plus tard sous le nom de Dom Augustin Guillerand. Parus d'abord sous forme d'opuscules anonymes dès 1948 et durant les années 50/60 aux éditions des Bénédictines de Priscilla, ils furent ensuite réunis en volumes et réédités par les Bénédictines de Priscilla, à Rome, de 1964 à 1967.

 

-Les titres de ces opuscules des années 50/60 sont : "Silence cartusien", "Voix cartusienne", "Harmonie cartusienne", "hauteurs sereines", "Contemplations mariales", "Liturgie d'âme", "Face à Dieu) ..... Dès 1961, une édition de "Au seuil de l'Abime de Dieu, élévations sur l'Evangile de Saint-Jean" (portant l'imprimatur et l'imprimi potest) parait sous le nom de Dom Augustin Guillerand aux éditions Bénédictines de Priscilla de Rome... qui feront aussi paraître "Vivantes clartés; méditations cartusiennes" en 1964.

 

Puis 2 volumes réunis sous le titre de "EcritsEcrits-Spirituels-Guillerand.jpg Spirituels" paraissent en plusieurs éditions de 1964 à 1967, regroupant un traité sur l'oraison "la Prière, Face à Dieu" et "Au seuil de l'Abîme de Dieu, Elévations sur l'Evangile de Jean", dans le même volume. L'autre volume regroupe des "Sermons", des "Méditations", et "Liturgie d'Ame" ( toujours aux éditions Benedettine di Priscilla, Roma, 1966/67). Toutes ces éditions sont aujourd'hui épuisées mais il est possible de les trouver chez des bouquinistes ou par internet.

 

-En 1971 et 1976, "Silence cartusien" est réédité par Desclée de Brouwer et paraitra en format "poche" dans la collection "Foi Vivante". Ce titre sera aussi réédité par la Corrérie de la Grande Chartreuse, en 1988.

-Une édition "format de poche" de "Au seuil de l'Abîme de Dieu " (une partie des "Ecrits Spirituels" parus en 1966/67), sera reprise et tirée en 1985 sous le titre "Maître, où demeurez-vous" aux éditions des Ateliers Henry Labat, et diffusée à la Corrérie de la Grande Chartreuse.(encore disponible pour un prix modique).

 

-Plus récemment, les éditions "Parole & Silence" ont entrepris la réédition d'écrits de Dom Augustin Guillerand : Face à Dieu (1999), Voix Cartusienne - Sermons et Méditations (2001), Vivantes Clartés (2002). Au Seuil de l'abîme de Dieu (2009).

 

Signalons enfin deux titres consacrés à ce grand spirituel :  Un maître spirituel pour notre temps : Dom Augustin Guillerand, prieur chartreux, 1877-1945" par André Ravier, paru aux éditions Desclée de Brouwer en 1965 (réédité en 1986) et "Le regard intérieur : Dom Augustin Guillerand..." par André Gozier (édit.Mame, 1991 et 1995). 

 

 

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Note : Il existe un petit ouvrage intitulé "Amour et Silence" (écrit lui aussi par "un Chartreux"), édité d'abord aux éditions du "Seuil" en 1951, puis réédité au "Livre de Vie" . Ce titre -toujours disponible- n'est pas de Dom Augustin Guillerand. Le véritable inspirateur de "Amour et Silence" est Dom Gérard Ramakaers, maître des novices à la Valsainte. Jean-Baptiste Porion a mis par écrit ces conférences (1922-1925) après y être entré lui-même en 1921.

 

 

 

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Souverainement

Publié le par Christocentrix

"Avec Dieu on ne tient pas une conversation... Mais ceci est juste pourtant à deux points de vue: d'abord en ce que la prière est un entretien entre Dieu et l'âme, et ensuite en ce que, dans cet entretien, une certaine langue est parlée : manifestement celle de Dieu. La prière est un entretien, et non un monologue de l'homme devant Dieu. Il n'y a, à la longue, d'une manière générale, pas de parole solitaire; parole signifie face à face, échange des pensées et des âmes, union dans un esprit commun, dans la vérité possédée en commun et partagée. La parole suppose un Je et un Tu, elle est leur manifestation mutuelle. Et l'homme dans la prière ne parle-t-il pas à un Dieu qui s'est depuis longtemps manifesté à l'homme dans une Parole si puissante et si compréhensive qu'elle ne peut absolument pas devenir du passé, mais continue à retentir comme présente à travers tous les temps?  Plus un homme apprend à prier comme il faut, plus il éprouve profondément que son balbutiement vers Dieu n'est qu'une réponse à la parole que Dieu lui a adressée, donc aussi qu'est vrai ce second point : l'on ne peut s'entendre entre Dieu et l'homme que dans la langue de Dieu. Dieu a d'abord commencé à parler, et c'est seulement parce qu'il s'est « extériorisé » que l'homme peut « s'intérioriser » vers Dieu. Que saurions-nous dire à Dieu, s'Il ne s'était lui-même auparavant communiqué et découvert à nous dans sa Parole, de telle sorte que nous ayons accès à Lui et commerce avec Lui?  Et que nous puissions regarder dans son intimité et y entrer, entrer dans l'intimité de la Vérité éternelle, pour devenir nous-mêmes, en présence de cette lumière qui nous inonde, venant de Dieu, lumineux et transparents devant lui?

Soudain nous le savons comme une certitude première : la prière est un entretien, dans lequel la Parole de Dieu a l'initiative et dans lequel nous ne pouvons tout d'abord être que des auditeurs. Et voici ce qui décide de tout : que nous percevions la Parole de Dieu, et qu'à partir de sa Parole nous trouvions la réponse à lui adresser. Sa Parole est la Vérité, découverte pour nous. Car dans l'homme il n'y a aucune vérité définitive, ne soulevant plus de questions; il sait cela, celui qui, quêtant une réponse, lève les yeux vers Dieu et se dirige vers lui. La Parole de Dieu est l'invitation qu'il nous adresse d'être avec lui dans la vérité ...[...]... La Parole de Dieu est finalement Lui-même, ce qu'Il a de plus vivant et de plus intime : son Fils unique, qu'Il a envoyé dans le monde. Dans son Verbe, il a résolu pour nous toute question, Il a dispensé toute lumière que nous sommes capables de saisir en cette vie. Mais nous ne le cherchons pas assez là où il nous attend, et où nous pourrions le trouver : dans son Fils qui est son Verbe. Nous n'écoutons pas assez du côté où Dieu parle : là où la Parole de Dieu a retenti dans le monde d'une manière si unique et si définitive que celà suffit pour tous les temps et que tous à la fois ne l'épuiseront pas. Ou bien nous pensons que la Parole de Dieu a déjà si longtemps retenti sur terre qu'elle est presqu'usée, que bientôt c'est le tour d'une nouvelle parole, et que nous aurions le droit d'exiger une autre parole. Et nous ne remarquons pas que c'est nous, nous seulement, qui sommes les usés, les vieillis, tandis que la Parole de Dieu retentit d'une manière toute aussi vivante et originelle, et tout aussi proche de nous que jamais ...[...]...

On ne peut percevoir aucune parole particulière de Dieu sans entendre le Fils qui est LA Parole, on ne peut pas non plus fouiller dans les écrits de l'Ancien et Nouveau Testament, dans l'espoir de tomber sur quelques vérités, si l'on est pas disposé à se prêter à la rencontre immédiate avec Lui, cette Parole personnelle et libre, qui s'adresse à nous souverainement. Ce ne sont pas seulement les « paroles variées de bien des manières » de l'Ancien Testament, mais tout autant les paroles dispersées à travers la création, balbutiées et murmurées en elle, les paroles de la nature en ce qu'elle a de plus grand et de plus petit, les paroles des fleurs et des animaux, les paroles de la beauté subjuguante et de la terreur paralysante, les paroles multiples et confuses, pleines de promesses et de désillusions, de l'existence humaine, qui toutes ensemble appartiennent à l'unique Parole éternelle et vivante, faite homme pour l'amour de nous, et sont absolument sa propriété. Et par conséquent elles sont administrées par Elle, et elles doivent être interprétées exclusivement à Sa lumière. Aucune d'entre elles ne peut être entendue et comprise autrement que sous Sa conduite; aucune d'entre elles ne peut être une parole propre, détachée de l'unique Parole, à plus forte raison, être une parole d'objection contre cette unique Parole."

« Qui n'est pas pour moi est contre moi; qui ne récolte pas avec moi disperse. »

extrait de "la Prière Contemplative". Hans Urs von Balthasar.1958.

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Foi Corse

Publié le par Christocentrix

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τραγούδι η Κορσική : Η ησυχία είναι χάσμα και όλη ομορφιά σκόνη.

Publié le par Christocentrix

Μέσα στον αέρα είναι διαδεδομένη ένας θανάσιμος άγχος. Ο ήλιος δεν ανάβει πια παρά αντιμετωπίσεις του μαρμάρου. Μια άπειρη πομπή πηγαίνει προς την αιωνιότητα. Με τον ενταφιασμό σου που σκοτεινιάει την ημέρα. Όλος δεν είναι παρά πόνος και τραχύτητα μικτοί. Ο κόσμος έχει στη ζωή να κλείστε τις πόρτες του. Η ησυχία είναι χάσμα και όλη ομορφιά σκόνη. Και η ζωή σε αυτήν την στιγμή είναι ένα νεκρό εποχή
ενώ η ανάμνηση μια ημέρα, καθένας των χαράξεων αυτής της μιας παλαιάς γης θα απεικονίσει αυτό το όνειρο που ήταν ο ορίζοντάς σου και η αντιμετώπιση που είναι κρατά σε αυτήν θα τυπωθεί

 


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