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la nécessité peut-elle s'affranchir de toute éthique ?

Publié le par Christocentrix

L'enchainement des articles sur ce blog suivent une idée directrice; les commentaires auxquels ils peuvent donner lieu tournent en ce qui me concerne, autour de cette idée directrice  : comment formuler les vraies questions?.... qui, à mon humble avis, tournent autour des thèmes suivants :

-Choc des civilisations? les civilisations sont-elles mortelles ? les leçons de l'Histoire ? Recherche en responsabilités? les rapports de force?... la question des amis et des ennemis.... la question de l'identité..... la question de la nécéssité...
dégager des vérités en examinant les questions... et les questions éthiques qu'elles entrainent...


-Si à vue humaine, tout est fichu, que reste-t-il à faire ? reste-t-il quelque chose à faire ? (la question du désespoir et "l'euphorie du naufragé"...le fatum, le destin ?)

-Est-il besoin d'espérer pour entreprendre ? où avons-nous besoin d'un minimum ? d'un minimum d'ancrage et de ressourcement? d'une fidélité qui pallierait? la "longue mémoire" ....( la question du non-espoir ?...)

-La foi chrétienne change-t-elle quelque chose dans des attitudes concernant ces questions ? qu'est-ce qui peut en être dit ou vérifié ? la foi est-elle un espoir béat ou une liberté créatrice ? la foi est-elle abandon et détachement ou participation et engagement ?

-Y a -t-il une telle distance entre le non-espoir et la foi ? et peut-on déjà se poser cette question tout seul ? soliloque ou dialogue ?


-Les réponses possibles (si réponses il y a ...) relèvent-t-elles de l'individuel ou (et) du collectif ? peuvent-elles se partager et jusqu'où ? Y a-t-il des oppositions irréductibles? (on retrouve la question des "amis et des "ennemis") ou la possibilité de quelque chose qui dépasserait ces oppostions ? donc d'ententes, donc de stratégies ? espoir comme non-espoir peuvent-ils se dispenser d'une stratégie et de choix tactiques ? (y compris le discours). Automatiquement on retombe sur l'éthique...


Espérance, désespoir, non-espoir...les implications éthiques....une éthique "solitaire" ou une éthique partagée ? retour à la case départ. Ce qu'il m'apparaît flagrant c'est que l'on retrouve toujours l'éthique à chaque étape de la question et chaque étape de la réponse. L'éthique impliquant une fidélité me semble-t-il, la "nécéssité" peut-elle s'affranchir de toute éthique ? le chrétien et le païen (compte-tenu qu'il y a païen et païen, et aussi chrétien et chrétien) peuvent-ils aborder ces questions d'un même point de vue et se retrouver une éthique commune? du moins essayer?

A vrai dire, je m'interroge sur comment poser les vraies et les bonnes questions pour éviter les faux débats et les faux problèmes. Comment faire ressortir l'utilité, sinon l'incontournable de ces questions?

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roma 05/01/2009 12:54

A mon tour de vous complimenter en louant la délicatesse de votre ton, puisque le mien fut quelque peu péremptoire, ce qui est toujours indélicat. Que l'on ne se trompe : je ne suis pas ainsi (pas vraiment).
La question de la religiosité est justement très délicate. Je la comprends (religare) comme une conscience du sacré, nécessaire, et sans doute intrinsèque à l'homme. Mais, dans la perspective du destin et de la nature de l'homme que j'ai évoqué, cette hiérarchie de valeurs devrait permettre de favoriser l'intelligence, et même, l'émergence du génie. Un encadrement éthique (et je m'en suis voulu de n'avoir pas précédemment répondu à la question initiale) est donc indispensable. Il ressort de ce cahier des charges un blocage, le même que celui de méthodes et de programmes éducatifs appliqués uniformément (universellement) à une classe immense, unique. A contrario, le préceptorat ne serait sans doute pas suffisant. Mais, à tout prendre, je considère que le rassemblement de pouvoirs en quelques mains (a fortiori une seule) est le plus grand facteur de corruption, et que c'est la corruption de l'homme qui doit focaliser notre attention, puisque le système le plus sublime tient ou se défait toujours sur cette faiblesse humaine, et celle-ci vient de l'ivresse du pouvoir, cet effet secondaire si redoutable. De là, toutes les machinations, les manipulations autocorruptrices. Tolstoï (entre autres) avait sans doute vu cela, lui qui pourtant était si peu corrompu. Il me semble donc que l'homme, aujourd'hui plus qu'hier, ne doit compter que sur lui-même, car tous les leviers sont aux mains de corrompus, ou de manipulés par des corrompus. Redéfinir un plus petit dénominateur commun, afin de déjouer toutes luttes fratricides, voilà le sens de ma phrase (se faire dieu tel Prométhée, sans complexe) : les erreurs mêmes resteront profitables à cette échelle de responsabilités personnellement endossées. Car il nous faut tout réapprendre, ce me semble, jusqu'à la civilisation que nous avons inventé.
Oui, les images sont des outils, et celui du pont m'est cher. C'est amusant de se trouver... des ponts communs !
J'ai rencontré Douguine à Moscou, dans son mouvement de jeunesses. J'ai rencontré aussi pas mal d'autres personnalités de premier plan de diverses nationalités. J'en suis arrivé à la conclusion d'une politique familiale comme unique voie de survie (pour la sortie, c'est à suivre de loin). La raison en est que chacun voit midi à sa porte, qui n'est généralement plus totalement la sienne propre. Continuons nos chemins sans heurts: ils finiront par se rejoindre par la force des choses. Seule une convergence non forcée nous exemptera du fratricide déjà tant instrumentalisé...
(Je serai ravi de continuer l'échange sur tout sujet également.)

christocentrix 05/01/2009 00:08

Merci pour votre commentaire. Il ouvre beaucoup de perspectives ...que j'ai compris au regard du projet Lima, exposé sur le site Eurosibéria qui avait auparavant retenu toute mon attention par son non-conformisme et sa séduction. (C'est par hasard, en cherchant à propos de la philosophie d'Alexandre Dougine que j'ai découvert votre site).
Vous employez des expressions qui demanderaient à être précisées à un esprit religieux comme le mien, (qui se veut orthodoxe..) comme par exemple "...Dieu, c'est cet homme. Lui seul peut se sauver de lui-même dans l'arrachement prométhéen."...j'ai été aussi étonné de la mise en valeur de Tolstoï sur une des pages du site. Peut-être aurons l'occasion d'échanger sur ces sujets ou sur d'autres...il semble que nous partagions le goût des ponts...

christocentrix 30/12/2008 22:42

Toujours d'Abel Bonnard...que je ne me lasse de relire :
"Un ami est un compagnon de noblesse : il nous aide à atteindre la plus haute expression de notre nature. Comme nous l'aidons à parvenir au même but. C'est le drame et la beauté de ces sentiments que nous ne pourrons rencontrer de véritables amis qu'à la hauteur où nous risquons de devenir seuls, et l'on ne saurait en effet donner une plus forte idée des jouissances héroïques de l'amitié qu'en disant qu'elles consistent à respirer à deux l'air sublime de la solitude."

à deux ou à plusieurs...

"amis" ou "ennemis" ?

christocentrix 30/12/2008 22:22

eh bien pour la fin de ton commentaire je ne suis pas loin de te donner entièrement raison. (car je ne suis pas si optimiste que tu le supposes...). Je crois en fait que ce sera très très difficile. Je crois même que ces échanges ne font qu'accuser des "fractures". Et chacun risque de s'enfermer dans une position que seuls des évènements aussi imprévus que décisifs sauront bousculer, y compris l'irrationnel...Pour autant, dans l'immédiat, je vois l'utilité d'être prévenu, conscient, de faire des choix ou prendre des risques en toute connaissance de cause et le plus librement possible, en toute gratuité. Personnellement je ne raisonne pas seulement en termes d'amis et d'ennemis. Et puis les ennemis c'est très utile...L'avantage, quand on a la foi, c'est que ce qui est impossible aux hommes reste toukours possible à Dieu.
Enfin, malgré ce constat, il est "rassurant" de sentir que des sentiments peuvent rester inaccessibles à cet état de fait. Les choses ne deviennent fatales que lorsqu'il n'y a plus de désir, entrainant la capitulation de la volonté. La vraie fracture c'est quand il n'y a plus de désir. Mais tant que reste "envers et contre tout"...il y a de la réserve. Je reprendrai cette phrase d'Abel Bonnard : "le vrai sentiment de la valeur de ce que nous faisons souvent nous échappe".

Ivane 30/12/2008 17:32

ca fait bien des questions tout ça ! Je retrouve là ton appétit des longs débats dont tu supposes qu'ils seraient susceptibles de tout trancher et d'accorder les contraires... ce vieux rêve des adorateurs de l'Unique... Ah l'optimisme monothéiste ! Et si nos fractures étaient irréductibles! Et si les casse-couilles que nous sommes étaient intrinsèquement fermés à tout accomodement?