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obéissance ou désobéissance à l'ordre du jour

Publié le par Christocentrix

La première session du nouveau projet sur la doctrine sociale de l’Eglise orthodoxe a eu lieu le 20 novembre 2008 à Berlin. Le projet durera deux ans et son but est d’examiner et de discuter l’enseignement social de l’Eglise orthodoxe et de le comparer à celui de des Églises catholique et protestante et ainsi aider à son approfondissement. Parmi les documents à étudier figure aussi le texte « Les fondements de la doctrine sociale de l’Eglise orthodoxe russe » dont la traduction allemande vient d’être publiée par la Fondation. Plusieurs conférences internationales seront organisées dans le cadre de ce projet dont la première se penchera sur les questions des droits, des devoirs et des responsabilités de l’homme. 
(source : Eglise Orthodoxe Russe). 



rappel :  "Le texte, approuvé le 15 août 2000 par le Concile jubilaire de l’Église orthodoxe russe, [...] forte de sa douloureuse expérience de persécution, inégalée dans l’histoire, par une idéologie matérialiste, tient un langage convaincu de la dimension avant tout spirituelle de l’homme. Lucides sur les périls du monde moderne, ces Fondements posent néanmoins sur lui un regard optimiste, déclarant dans les premières pages que « le mépris manichéen envers la vie du monde environnant est inacceptable ; la participation du chrétien à cette vie doit se fonder sur la conviction que le monde, la société, l’État, sont l'objet de l’amour de Dieu, parce qu’ils sont destinés à la transfiguration et à la purification selon l’amour prescrit par Dieu » (p. 18-19).
Le point le plus novateur du document est la méfiance exprimée à l’égard du principe national érigé en idéologie : « Les théories qui érigent la nation à la place de Dieu ou réduisent la foi à un aspect de l’identité nationale sont contraires à l’enseignement orthodoxe »(p. 27), mais aussi à l’égard de l’État : « Les chrétiens doivent refuser toute absolutisation du pouvoir, toute méconnaissance des limites de sa valeur strictement terrestre, temporaire et passagère »(p. 33).
Le principe du droit à la « désobéissance civile », ou de l’objection de conscience, est pour la première fois affirmé par une Église orthodoxe : « Si l’autorité contraint les chrétiens orthodoxes à renier le Christ et son Église ou à accomplir des oeuvres coupables, dangereuses pour l’âme, l’Église doit refuser l’obéissance à l’État »(p. 43). [...]

Précieux pour l’ensemble des prêtres et fidèles orthodoxes, les Fondements de la doctrine sociale de l’Église russe ouvrent aussi de larges perspectives au dialogue entre Églises pour un témoignage commun des chrétiens dans le monde contemporain."

        
Voir la recension de Jean-Claude Larchet sur le site :
http://www.orthodoxie.com/2007/10/recension-glise.html

et l'article de Russomania : http://www.russomania.com/Benoit-XVI-recoit-les-Fondements

                                                                                    ***


A quelques mois du renouvellement des lois françaises de 2004 concernant la bioéthique, espérons que différentes voix se feront entendre pour rappeller aux citoyens chrétiens - et particulièrement parmi eux, aux professionnels de santé qui sont en première ligne-   ce que leur inspire ce document officiel d'Eglise et de portée universelle.

                                                                                                    ***


Le 1er décembre dernier, le grand-duc du Luxembourg a refusé de signer la loi adoptée au parlement qui dépénalise une forme d’euthanasie. Le 19 décembre, le parlement luxembourgeois, a réitéré le vote à une faible majorité. Le 20 décembre, le métropolite Cyrille de Smolensk, locum tenens du siège patriarcal russe, a adressé une lettre au soutien au grand-duc Henri.

Il y dit notamment: "Nous soutenons votre décision de ne pas signer cette loi. Comme vous le savez, l’Église orthodoxe russe s’exprime pour la préservation partout en Europe des valeurs éthiques traditionnelles." Il explique: "La légalisation de l’euthanasie porte atteinte au don sacré de la vie (…) Une telle pratique pervertit le devoir du médecin de préserver la vie et non pas d’y mettre un terme. Les chrétiens savent ce que représentent les souffrances des personnes aux maladies incurables... Mettre les malades à mort ou les aider à commettre un suicide est pour nous absolument inadmissible."
Concernant la décision du grand-duc, il s'agit d'un " exemple de courage, de fidélité aux convictions qui sont celles de la majorité des habitants de l’Europe."

Source: Église russe                                                                                             

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relevé aussi ce jour sur le site de Novopress : http://fr.novopress.info/ :

"le Vatican n’adoptera plus automatiquement les lois votées par le Parlement italien .... Comme s’il souhaitait signifier qu’une ère nouvelle s’ouvre à partir du 1er janvier 2009, le Vatican a attendu le dernier jour de l’année 2008 pour faire savoir qu’il n’adoptera plus automatiquement les lois votées par le Parlement italien. Faite par le cardinal espagnol José Maria Serrano Ruiz, président de la Cour d’appel du Saint-Siège, l’annonce a fait l’effet d’une bombe....

.....Cette décision est un avertissement clair est adressé à l’Etat italien, dont la législation confuse se trouve trop fréquemment en contradiction avec les instructions vaticanes portant, notamment, sur les questions de bioéthique. Il s’agit là d’un geste politique fort qui pourrait avoir une portée considérable. Comment ne pas y voir la volonté d’inviter chaque croyant, où qu’il se trouve de par le monde, à repenser sa propre démarche politique ?....."


                                                                                                               ***


En prévision de la révision de la loi sur la bioéthique en 2009 par le parlement français, la revue catholique Liberté politique publie un numéro intitulé «Guide politique de bioéthique». Les articles sont accessibles en ligne. Un texte d’Elisabeth Montfort, qui fait partie du dossier, explique les enjeux de la révision 2009 des lois de bioéthique.

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