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état des lieux

Publié le par Christocentrix

"L'ennemi numéro 1 de tout État est l'homme qui est capable de penser par lui-même sans considération de la pensée unique. Presque inévitablement il parviendra alors à la conclusion que l'État sous lequel il vit est malhonnête, insensé et insupportable, ainsi, si cet homme est idéaliste il voudra le changer. S'il ne l'est pas, il témoignera suffisamment de sa découverte pour générer la révolte des idéalistes contre l'État."


« L’État, ou pour rendre les choses plus concrètes, le gouvernement, se compose d’une bande de types exactement comme vous et moi. Ils n’ont, tout bien considéré, aucun talent particulier pour les affaires du gouvernement ; ils n’en ont que pour accéder à une fonction et la garder. Dans ce but, leur principal procédé consiste à chercher des groupes de gens qui courent désespérément après quelque chose qu’ils ne peuvent pas se procurer, et à promettre de le leur donner. Neuf fois sur dix, cette promesse ne vaut rien. La dixième fois, elle est tenue en pillant A afin de satisfaire B. En d’autres termes, le gouvernement est un courtier en pillage, et chaque élection est une sorte de vente aux enchères par avance de biens à voler. »


                                                                               Henry Louis Mencken (1880-1956)
                                                                Journaliste, écrivain américain et libre penseur.


                                                             
                                                                                         ***

"Il n'y a plus à réagir aux nouvelles du jour, mais à comprendre chaque information comme une opération dans un champ hostile de stratégies à déchiffrer, opération visant justement à susciter chez tel ou tel, tel ou tel type de réaction ; et à tenir cette opération pour la véritable information contenue dans l'information apparente".

"Le scandale, il y a un siècle, résidait dans toute négation un peu tapageuse, elle réside aujourd'hui dans toute affirmation qui ne tremble pas...[...]...contenir sans fin toutes les affirmations, désactiver pas à pas toutes les certitudes qui viennent fatalement à ce faire jour, tel est le long travail de l'intelligence occidentale. La police et la philosophie en sont deux moyens convergents quoique formellement distincts".

                                                                        Le comité invisible : l'insurrection qui vient.



                                                                                              ***


"...Les hommes politiques qui sont aujourd'hui aux premières places ne sont en réalité que les gagnants d'une partie où il s'agit de se nantir du mieux qu'on peut ; ce sont des hommes qui ont réussi. Le pire mal n'est pas qu'ils passent leurs temps dans des intrigues qui n'ont rien de beau, c'est que, vivant de la sorte, ils n'en restent pas moins chargés de dire au peuple tous les grands mots qui glorifient un idéal. Mais parlant ainsi sans autorité, ils dégoûtent les gens de ce que ces mots représentent. Alors, au contraire, ceux des hommes qui étaient élévés au-dessus de tous les autres sentaient qu'ils n'étaient grands que par les choses qui vivaient en eux. Chargés de tous les insignes du pouvoir matériel, ils croyaient cependant à des supériorités plus pures qui dépassaient la leur et, parfois, ils les exaltaient eux-mêmes. Deux ans à peine après la mort de François (d'Assise), Grégoire IX le canonisa..."

...Il est bien vrai qu'en tout temps l'homme apporte à la vie les mêmes instincts. La seule affaire est de savoir ce que les hommes de chaque époque ont ajouté à ce fonds commun, et s'ils ont contenu et discipliné ces instincts, ou s'ils se sont bornés à les laisser libres.....Il existe en effet, des rapports secrets entre toutes les puissantes façons d'exister. Elles s'appellent, se provoquent, se sollicitent. Alors même qu'elles semblent s'opposer, elles se répondent.....Ce n'est pas dans les époques de mollesse que se manifestent les plus purs types de douceur. Le monde moderne se croit violent, mais il se vante, il n'est que grossier. Si la violence s'y produisait hardiment, peut-être verrait-on paraître des caractères opposés, pour lui donner la réplique.....L'homme moderne a pris toutes ses précautions contre le sublime. Il en était autrement au moyen âge ; les hommes y attendaient perpétuellement quelqu'un qui les dépassât. Celà les exposait à bien des erreurs et bien des risques, mais il y avait des portes ouvertes là où, maintenant, il y a des portes fermées.


extrait de "Saint François d'Assise" par Abel Bonnard, de l'Académie française(Flammarion, 1929)


                                                                            ***


.....Ainsi donc, serait-ce par le jeu de forces intérieures que les sociétés iraient à la mort ? La loi biologique, plus forte que les volontés humaines, les condamnerait-elle à disparaître, leur temps accompli ? Et les événements extérieurs qui, dans l'Histoire, semblent déterminants, seraient-ils, en définitive, aussi épisodiques et déterminés que le sont, pour chacun de nous, les causes hasardeuses, - accident ou maladie, - qui nous mènent tous à une inéluctable fin ? Si l'on songe à ce que représente vraiment le drame de notre monde, à cette immense somme de trahisons dont l'homme moderne s'est, envers lui-même, rendu coupable, une telle hypothèse ne paraît pas du tout inacceptable et la loi de biologie historique rejoint, au fond de notre conscience, un sentiment de désespoir et de dégoût de vivre que nous connaissons bien".

                                                                        DANIEL-ROPS (Chants pour les abîmes, 1949)

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