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Connaissance de Jésus-Christ

Publié le par Christocentrix

La connaissance de Jésus-Christ est la condition première de la vie chrétienne...
Cette connaissance progresse avec le progrès de la vie chrétienne, jusqu'à la vue du Seigneur Jésus dans la gloire de son Père, qui est la joie éternelle du ciel.

Aujourd'hui, appliquons-nous à bien discerner les moyens que nous avons d'entrer et de progresser dans la connaissance du Christ Jésus.

Nos moyens de connaître vraiment le Christ se ramènent tous à des exercices de la vertu théologale de foi, dans la sainte liturgie et dans des actes privés ; mais la foi doit être servie par l'étude, la méditation et la prière, par l'exercice de toutes les vertus chrétiennes et des dons du Saint-Esprit. C'est ce que nous allons tâcher de bien comprendre.

II est d'importance toute première de reconnaître que la vraie connaissance de Jésus-Christ est le fait de la foi, de la vertu théologale de foi.

Connaître Jésus par la seule investigation humaine des souvenirs qu'a laissés sa vie terrestre et par la considération humaine de l'influence qu'Il a exercée et exerce, cela peut disposer à Le regarder avec une attention de plus en plus interrogative ; cela ne peut certes pas donner plus que ce qu'ont eu ses contemporains qui L'ont vu vivre et qui ont entendu directement sa parole ! Or, beaucoup de ceux-là ne sont pas arrivés à savoir vraiment qui Il était.

Présenter tout ce que peut avoir d'attirant pour des humains l'humanité du Christ, faisons-le. Mais nous ne pouvons pas penser que nous Le présenterons mieux qu'Il ne s'est Lui-même manifesté. Il faut autre chose qu'un regard seulement humain, que ce que Lui-même et son apôtre Paul appellent Le connaître selon la chair (Cf. Mt 16, 17 ; 2 Co 5, 16), pour pénétrer qui Il est, et quelle est son oeuvre.

Plusieurs fois, Jésus a distingué explicitement entre Le voir - d'un regard humain -, voir ainsi ses oeuvres, ses miracles, et croire en Lui ; et Il a fait constater que Le voir n'entraînait pas nécessairement croire en Lui. (Cf. Jn 6, 36, 40 ; 15, 24.)

Sans cesse ce qu'Il demande, ce à quoi Il attache la promesse de son action, de la vie éternelle et de la résurrection avec Lui, c'est que l'on croie en Lui.

Mais qu'est-ce que croire en Lui ? Il est nécessaire que nous fassions ici une étude de ce qu'est la foi chrétienne.

Tout le monde parle en effet aujourd'hui d'une crise de la foi chrétienne. Mais, ne nous y trompons pas, la crise va jusqu'à ce point : la notion même de « foi » s'est obscurcie chez les chrétiens. Même parmi ceux qui professent appartenir à l'Église, tous ne donnent plus au mot « foi » la même signification.

Certes, les grands textes récents du Magistère de l'Eglise ( tant catholique qu'orthodoxe) gardent sans changement la notion de la foi comme l'ont eue les siècles antérieurs. Voici cette notion de la foi explicitée : « Cette foi, qui est le commencement du salut de l'homme, l'Église universelle professe qu'elle est une vertu surnaturelle, par laquelle, Dieu nous attirant et nous aidant de sa grâce nous croyons que ce qu'Il a révélé est vrai, non parce que la vérité intrinsèque de ces choses serait perçue à la lumière naturelle de la raison, mais à cause de l'autorité de Dieu Lui-même qui révèle, et qui ne peut ni se tromper ni tromper. » ceci est conforme à la définition de la foi qui se lit dans l'Épître aux Hébreux (11,1): « La foi est en effet, au témoignage de l'Apôtre, la substance de ce que nous devons espérer, la certitude de réalités qu'on ne voit pas. »

La foi chrétienne est ainsi en essentiel rapport avec une révélation faite par Dieu de vérités inaccessibles à la raison naturelle.

De quelle sorte sont ces vérités, inaccessibles à notre raison, et que Dieu nous a révélées ? « Par la divine révélation, Dieu a voulu manifester et communiquer Lui-même et les éternels décrets de sa volonté concernant le salut des hommes, pour que soient participés les biens divins qui surpassent totalement l'intelligence de l'esprit humain. ». L'unité que la révélation divine tient de sa finalité est ici très fortement marquée. Or, la finalité de la Révélation, et son unité, voilà ce qui nous fait profondément comprendre ce qu'elle est, et ce qu'est la foi qui l'accueille. Réfléchissons-y donc.

Dieu a librement, gratuitement voulu que soient partagés par des créatures les biens divins qui surpassent infiniment l'intelligence humaine, comme d'ailleurs toute intelligence créée ou créable. Voilà la finalité, très proprement sur-naturelle, qui explique la Révélation, elle aussi surnaturelle.

Quelle plénitude de signification il faut reconnaître aux mots « les biens divins » dans la phrase que nous venons de lire et qui insiste sur la finalité de l'oeuvre divine. « Il a plu à Dieu de Se révéler et de faire connaitre le secret de sa volonté, en vertu duquel les hommes sont rendus participants de la nature divine »... « Par cette Révélation, Dieu s'adresse aux hommes et s'entretient avec eux pour les inviter et les admettre à entrer en société avec Lui»... Le Père éternel a décidé d'élever les hommes au partage de la vie divine »... « ce dessein de la charité de Dieu le Père », en nous disant « qu'Il nous a librement créés, et que de plus Il nous a appelés par grâce à partager avec Lui sa vie et sa gloire ».

Ainsi donc, nous donner en partage les biens divins, cela va jusqu'à nous élever, dans notre être, par la grâce, à une réelle assimilation à la nature même de Dieu ; ce qui nous permet de partager vraiment la vie qui est celle de Dieu.

« Dieu c'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu ». l'homme est appelé à vivre en Dieu, à partager Sa gloire, à être uni à Lui, à devenir par la grâce ce que Dieu est par nature. Il s'agit d'une union avec Dieu par les énergies divines, union mais non fusion ou confusion. Le Christ a pris notre nature pour nous faire communier à la Vie divine et nous rendre « participants de la nature divine » (2 Pierre 1,4), participation aux énergies et non à l'essence de Dieu.

La déification est le processus par lequel l'homme croît en Dieu de gloire en gloire. Les justes seront déifiés au Dernier Jour, mais le processus doit commencer dès maintenant en aimant Dieu, en observant ses commandements. Le chrétien est aidé en celà par sa vie dans l'Eglise et par les sacrements.

La déification est non seulement un libre don de l'Esprit Saint, mais demande la coopération de l'homme, c'est donc nécéssairement un processus dynamique impliquant des degrés de communion avec Dieu et une "religion" de l'expérience personnelle.....


Toutes les différences entre le véritable christianisme et ses déformations humaines ont là leur racine : Dieu a-t-Il voulu nous élever à partager sa propre vie, ou bien ses interventions par le Christ et par l'action de son Esprit ne font-elles que promouvoir la vie humaine, qu'on qualifiera de divine si elle est seulement plus humaine ? On peut encore aller plus profond en disant : la vie de Dieu, qu'est-ce que cela pour nous ? Admettons-nous que Dieu a en Lui-même une vie infinie tout à fait indépendante de la création, et qu'ayant très librement voulu créer, Il a appelé les créatures intelligentes à une élévation par grâce au-dessus de leur nature, élévation qui leur permet de communier à Sa vie divine infinie, éternelle ? Ou bien, limiterons-nous notre connaissance du Dieu vivant à la connaissance d'une action divine dans le monde, dans l'humanité, qui pourrait nous porter à travailler à une sur-humanité, mais toujours seulement dans un développement indéfini de la création ?

Si Dieu n'est connu de nous que dans l'expérience de notre existence humaine, de notre activité en ce monde, il n'est pas de révélation surnaturelle à proprement parler, mais une sorte de révélation immanente à la vie de l'humanité. La foi est une sorte d'intuition d'un sens de l'existence, ou simplement une option en laquelle s'engage notre personnalité. Jésus, considéré soit dans les souvenirs laissés par son existence terrestre, soit dans la représentation de Lui qui se serait formée après sa mort au sein de la première communauté de ses disciples, soit dans l'idée que soi-même on se fait de Lui, serait alors un exemple éminent d'engagement total, sans réserve, sans faille, au service du progrès humain. Et l'on pourrait ainsi suivre l'exemple du Christ en ayant, par l'évolution de la société et par l'option propre, une conception du progrès humain fort différente de celle qui était la sienne, mais en s'engageant à fond comme on suppose qu'Il s'est engagé, Lui, en un don total.

Mais si Dieu a en Lui-même une vie infiniment distincte du développement des créatures, vie proprement divine dans le partage de laquelle Il a voulu nous introduire, tout est autre.

Dieu, alors, a dû nous faire connaître sa vie par une révélation proprement dite. Cette révélation, l'Église nous dit qu'elle a eu deux objets, qui sont en intime connexion : ce que Dieu est en Lui-même et son très libre dessein de nous appeler au partage de sa vie.

Sur Dieu, la Révélation nous garantit d'abord ce que notre raison peut déjà découvrir de l'Être suprême, au spectacle de la création ; à savoir que Dieu est, et qu'Il est un mystère infiniment supérieur à ce que n'importe quelles créatures peuvent manifester de Lui. Mais, de ce mystère divin, la Révélation nous donne déjà quelque aperçu, tout à fait inaccessible aux forces naturelles d'une intelligence finie, afin précisément de nous offrir l'entrée à l'intérieur des profondeurs de Dieu.

Simultanément Dieu nous révèle son appel à entrer dans son intimité, et les voies qu'Il a choisies pour nous y introduire. La véritable foi est l'adhésion à cette révélation surnaturelle.

On entend dire bien trop souvent aujourd'hui que la vraie foi est un engagement de tout l'être, de toute la vie. Ce sont là des formules que l'imprécision rend inexactes et très dommageables.

Il est vrai que la foi nous fait connaître l'appel divin à ordonner toute notre vie pour la marche avec nos frères vers le ciel de Dieu. Elle est donc normalement la racine d'une vie qui est à vivre tout entière dans l'espérance et la charité.

Mais la foi, nous le disions il y a un instant, est en elle-même tout autre chose qu'un engagement dans une action, une option de la personne. Elle est adhésion à des vérités : Dieu est vivant au-dessus du monde et Il nous appelle au partage de sa vie. Adhérer à des vérités, c'est essentiellement un acte de l'intelligence, de cette faculté par laquelle nous tenons ce qui est comme étant vraiment.

La foi est essentiellement acte de l'intelligence qui tient des vérités. Mais les mystères, les secrets divins, que sont ces vérités présentées à notre foi, n'étant pas évidents en eux-mêmes à la lumière de notre raison, notre intelligence n'est pas contrainte par l'évidence, elle ne peut adhérer à ces mystères que parce qu'elle a reconnu qu'il était bien d'y donner son adhésion en raison du témoignage de Dieu. L'intelligence, dans l'acte de foi, est donc sous la motion de la volonté, faculté par laquelle nous choisissons ce qui est bien.

Cet acte complexe qu'est l'acte de foi à la révélation de Dieu suppose plusieurs conditions.

1° - Pour qu'accueillir ces affirmations qui dépassent notre raison ne soit cependant pas contre la raison, mais éminemment raisonnable, il doit y avoir des arguments solides rendant croyable que nous sommes en présence d'un témoignage venant de Dieu même, et donc que ce qui nous est présenté par l'Église comme messages d'envoyés de Dieu, et du Christ-Dieu Lui-même est bien infiniment autre chose qu'une splendide invention humaine. Car une invention des hommes, même en considérant que leurs puissances de vie humaine viennent de Dieu, devrait toujours être appréciée, contrôlée, à la seule lumière de la raison humaine. Nous devons au contraire avoir des arguments rendant croyable que nous nous trouvons devant une révélation surnaturelle venant de Dieu même, en présence de laquelle notre raison doit s'incliner avec reconnaissance. Ces arguments de crédibilité, ce sont « des faits divins et surtout des miracles et des prophéties, qui, parce qu'ils montrent clairement en eux la toute-puissance et la connaissance infinie, qui sont le propre de Dieu, sont des signes certains, et adaptés à l'intelligence de tous, que la révélation qu'ils accréditent est bien de Lui. ». Ainsi, tout ce que nous connaissons de Jésus pendant sa vie terrestre, et les miracles qu'Il répandit et la manière dont II réalisa les prophéties, puis surtout la manière dont Il mourut, et sa glorieuse résurrection, et la pérennité de foi et de sainteté dans son Église, malgré toutes les déficiences humaines, tout cela est argument de crédibilité, à la condition qu'on remarque bien ce qui se manifeste là d'infiniment supérieur à la nature, de divinement miraculeux.

2°- Parce que la Révélation nous appelle à une destinée qui répond certes aux plus profondes aspirations de notre nature, mais qui y répond suréminemment, d'une manière surnaturelle, que le coeur de l'homme n'oserait par lui-même désirer, l'accueil de cette Révélation suppose, même chez ceux qui n'ont pas encore la foi, une dilatation du coeur, une ouverture de la volonté à entendre seulement parler d'une telle destinée divine. Cette ouverture du coeur pour l'attention à la prédication surnaturelle et aux arguments de crédibilité est déjà l'effet d'une grâce de Dieu.

3° - Enfin, par la grâce de foi proprement dite, l'intelligence est divinement éclairée et la volonté divinement attirée de sorte que, dans la Révélation présentée par l'Église, l'âme entend avec une certitude surnaturelle, non une parole des hommes, mais la parole du Père qui nous veut dans sa propre lumière. Alors les arguments de crédibilité ne sont plus seulement satisfaisants pour la raison, ne lui permettent plus seulement de s'incliner sans se nier elle-même ; mais ils baignent dans la lumière du témoignage divin, qu'ils accompagnent comme des signes bien adaptés ; ainsi les miracles, les prophéties sont certainement reconnus comme manifestations du dessein divin d'accomplir le salut spirituel des hommes.

La grâce de foi fait adhérer à la Révélation tout entière parce que celle-ci est tout entière garantie par la même autorité de Dieu qui révèle.

Et lorsque cette grâce de foi au Père des cieux, qui se découvre pour nous appeler, a été ainsi donnée, elle n'est jamais retirée que pour une faute portant directement contre cette foi filiale. En vérité, on ne « perd » pas la foi comme malgré soi ; on peut seulement avoir le malheur de s'y refuser.

Mais, tant qu'on ne se refuse pas à la foi dont on a reçu la grâce, les fautes, même les plus graves, ou l'accumulation des fautes contre les obligations de la vie chrétienne ne font pas, de soi, perdre la grâce de croire que Dieu s'est révélé et nous appelle. On peut même pécher contre l'espérance, désespérer d'être relevé par la miséricorde de Dieu, et croire encore à la Révélation qu'Il a faite de Lui-même et des voies de salut. Sans doute, il y a grand danger, si l'on ne vit pas selon la foi, de finir par penser comme on vit et de se refuser ainsi à la foi. Mais qu'on y fasse attention - que, dans l'intention d'affirmer les devoirs des croyants, on ne bloque pas foi et vie chrétienne, au risque d'éteindre, chez ceux qui n'ont pas le courage de se conduire en chrétiens, la faible lumière de la foi qui peut demeurer au fond d'eux-mêmes ; celle-ci reste un signal les appelant au retour dans l'espérance et la charité !

Ayant rappelé ce qu'est exactement la vertu théologale de foi, nous comprenons mieux que l'exercice de cette foi à Dieu qui se révèle est le moyen propre de connaître qui est le Christ Jésus, Verbe Fils éternel du Père, envoyé en ce monde par l'Incarnation pour nous faire entrer dans le partage de la vie du Père.

Jésus l'a affirmé avec force: « Nul ne connaît le Fils - nul ne sait qui est le Fils - si ce n'est le Père. » (Mt 11, 27, Lc 10, 22.) De là résulte ce que Jésus nous a dit encore : « Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire. » (Jn 6, 44.) L'apôtre saint Paul dira de même : « Nul ne peut dire Jésus est Seigneur que dans le mouvement de l'Esprit-Saint. » (1 Co 12, 3.)


Il nous reste à savoir comment la foi doit s'exercer pour que progresse en nous la connaissance du Seigneur Jésus.

Puisque la foi est l'adhésion à la Révélation divine, elle s'exerce et progresse dans la contemplation aimante de cette Révélation.

Notons bien que, parce que la foi est ce que nous avons dit, c'est-à-dire l'adhésion aux vérités que Dieu nous a révélées pour nous attirer à son intimité, sa culture propre, c'est la contemplation pleine d'amour du vrai Dieu vivant. Foi théologale et contemplation chrétienne sont essentiellement liées.

La contemplation aimante de Dieu qui se révèle se nourrit de la Parole de Dieu, de la Parole qui est consignée dans les Livres saints et transmise par la Tradition apostolique, et de la Parole substantielle vivante qui est le Verbe éternel Lui-même, se présentant dans la chair assumée par Lui pour que, Le voyant, nous voyions dès ici-bas le Père. (Cf. Jn 12, 45 ; 14, 9.) ,

La culture de la connaissance du Christ par la foi se fait donc par le contact fréquent avec les Textes saints et les enseignements du Magistère de l'Eglise ; mais aussi, et plus encore, par le contact avec le Christ Lui-même dans les sacrements, très spécialement par la rencontre de sa vraie Chair et de son Sang dans le Très Saint Sacrement de l'Eucharistie. Ces deux sortes de contacts avec la Parole de Dieu, avec la Révélation de Dieu, se renforcent l'un l'autre.

Et nous ne devons pas oublier, certes, la rencontre du Christ que nous trouvons dans la fréquentation particulière de la Mère de Dieu ( Théotokos) et de tous ses saints, car tous ont vécu de Lui et en vivent actuellement dans la gloire, d'où ils agissent sur nous.

Pour ce qui est de la fréquentation des Textes saints, sachons bien toujours y chercher précisément la connaissance du Christ Seigneur et Sauveur. De l'Ancien Testament, Jésus nous a dit : « Les Écritures rendent témoignage de moi » (Jn 5, 39 ; Cf. Ac 10, 43.); et au soir de Pâques, lui-même conversant avec les disciples qui allaient vers Emmaüs - et par eux instruisant l'Église - nous apprit à comprendre tout ce que Moïse et les prophètes avaient dit de Lui.(Lc 24, 27, 32 ; Cf. ibid. v. 44-46.). Quant au Nouveau Testament, on peut lui appliquer en sa totalité ces mots de l'Évangile de saint Jean : « Ces choses sont écrites pour que vous croyiez que Jésus est le Christ Fils de Dieu, et pour que le croyant vous ayez la vie en son Nom. » (Jn 20, 31 ; Cf. 1, 3-4.)

La contemplation, dans la foi, du Christ, notre divin Sauveur, soit par l'audition de la Parole de Dieu soit par l'union à la sainte humanité du Verbe fait chair, doit s'accomplir et dans la participation à la sainte Liturgie et dans des actes privés.

Dans les deux cas, la fréquentation du Seigneur, qui accroît la connaissance que nous avons de Lui, doit être acte très personnel de chaque chrétien et acte accompli en union avec tout le Corps mystique du Christ. Mais, dans la célébration des offices liturgiques et surtout du Saint-Sacrifice, nous rencontrons plus directement le Christ alors qu'Il continue d'enseigner son Église, qu'Il prie avec elle, particulièrement de la prière des Psaumes, et qu'Il s'offre avec elle tout entière en sacrifice pour la sanctifier, la faire entrer là où Il est, en la gloire du Père. Dans les actes de piété privés, nous apprenons davantage la configuration propre de chacun de nous à Lui, comme il veut la réaliser pour constituer d'une magnifique variété l'unité de son Corps mystique.

Tous ces exercices de la contemplation; liturgique ou plus secrète, du Christ Jésus doivent être préparés. Ils doivent être préparés, selon les capacités de chacun, par une étude attentive de la doctrine, de la théologie, surtout quant à la Très Sainte Trinité, à l'Incarnation, à la Rédemption, au Salut ; - puis par l'étude directe de la Bible ; - par l'étude aussi des plus grands écrits des saints, ces intimes du Christ.

Mais sachons bien qu'il y a devoir strict de ne pas faire ces études - surtout celle de l'Écriture inspirée- comme des études profanes et par la curiosité naturelle de savoir. Le résultat serait à coup sûr l'aveuglement, à moins d'une grâce exceptionnelle de miséricorde. Soyons logiques : nous savons que nous sommes en présence d'une révélation divine qui dépasse infiniment notre raison ; c'est seulement à qui cherche le Père avec humble respect de son mystère, que le Fils Le révèle en se révélant Lui-même et en donnant l'Esprit-Saint.

Toutes les études de la Révélation doivent être de religieuses méditations ; elles doivent être accompagnées d'humbles et instantes prières pour que Dieu nous montre son salut -(Cf. Ps 84, 8); elles doivent baigner dans la prière et devenir ainsi de divines conversations.

La prière pour la connaissance du Christ Sauveur sera une prière de l'esprit, du coeur, des lèvres et du corps, vraiment une prière de tout notre être, qui avec le secours des lumières et des grâces déjà reçues s'efforce de se conformer, se laisser configurer chaque jour davantage au Christ ; cela par la pratique de toutes les vertus chrétiennes, surtout les vertus les plus proprement chrétiennes, des vertus évangéliques d'humilité, de pauvreté, de douceur, de charité miséricordieuse envers tous.

Si nous vivons toujours plus de la divine charité du Christ, nous sentirons bien que c'est Lui qui nous forme par son Esprit-Saint, et nous pourrons dire avec saint Paul : « Je vis, mais ce n'est pas moi, c'est le Christ qui vit en moi. »(Ga 2, 20.) Nous Le connaîtrons donc, avant de Le voir face à face en sa gloire, déjà ici-bas par une expérience d'amour qui est l'exercice des dons de l'Esprit-Saint, des dons de l'Esprit de la charité divine. Une telle expérience nous aide à discerner en toute leur pureté et leur divine profondeur les vérités de la foi ; c'est le don d'intelligence. Elle nous aide à regarder avec le Christ la misère de ce monde à sauver ; c'est le don de science. Elle nous aide à goûter toute la plénitude du divin dessein de salut par le partage de la vie du Père avec le Fils éternel ; c'est le don de sagesse. Cette même expérience de la charité du Christ nous fait connaître intimement la sainte humanité de Jésus en nous conformant à elle par les dons de conseil, de piété filiale, de force jusque devant la mort et le martyre si Dieu le veut, de filial et très intime respect de la majesté de Dieu.

 

 

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