Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

les Indo-Européens

Publié le par Christocentrix

Depuis la parution des premières éditions des travaux de Jean Haudry dans la collection "Que sais-je?" en 1979 (L'Indo-Européen) et 1981 (Les Indos-Européens), au dernier ouvrage de Georges Sokoloff (Nos ancêtres les nomades, l'Epopée des Indo-Européens) édité chez Fayard en 2011, 30 ans ont passé... Plusieurs études ont été éditées et traduites en français sur la question Indo-européenne. Thèses et hypothèses se succèdent, ranimant un vieux débat ou des polémiques, sans que le sujet semble encore épuisé. Notre propos n'est pas ici de prendre parti pour l'un ou l'autre mais seulement de faire le point sur la bibliographie en français de ces 30 dernières années...

Avant ces 30 dernières années, la bibliographie était riche en allemand, en anglais...mais relativement réduite en français. Bien-sûr paraîtront à partir des années 40 et jusqu'aux années 80 la publication des travaux de mythologie comparée de Georges Dumézil, ceux du linguiste Emile Benveniste, d'Albert Cuny ou de l'archéologue Pedro Bosch-Gimpera, qui ont leur importance. Auparavant, il y a eu les études linguistiques et ethnologiques du prof. Georges Poisson, les Aryens (1934), le Peuplement de l'Europe (1939).

La question des langues Indo-européennes est pourtant fort étudiée depuis le XIXème siècle; le terme "indo-européen" est d'ailleurs fabriqué à cette époque pour désigner une langue disparue dont nos parlers européens sont issus. La démonstration de la parenté des langues indo-européennes (donc incluant l'Iranien et l'Indo-aryen) s'est trouvée définitivement prouvée par le philologue et linguiste allemand Frantz Bopp en 1816. L'édition française de sa Grammaire comparée des langues indo-européennes, s'étale de 1866 à 1874. Dans les années 1850, la reconstruction effectuée à partir des correspondances devient un enjeu central en linguistique. Passant d'une acception qui fait d'indo-européen un adjectif, appliqué à des langues ayant certaines caractéristiques en partage, à la conviction qu'une langue unique en serait le principe, est ensuite inféré un peuple, les "Indo-Européens", dont les archéologues rêvent de découvrir le berceau. Deux éléments ont déterminé l'assignation de l'origine. Comme les langues indo-européennes sont arrivées tardivement vers l'Atlantique, leur point de départ se trouverait quelque part vers l'Est. Et puisqu'à aucun moment, l'indo-européen n'a correspondu à un empire, une explication est requise concernant son exceptionnelle diffusion. Diverses spécialités ont tenté d'inférer : l'archéologie, la paléontologie linguistique, (localisation que désignerait le recoupements des indices fournis par les termes communs désignant la faune, la flore, le relief, etc...), la prolongation de ces études par celles concernant la domestication des espèces, le développement de la métallurgie, la mythologie comparée, les structures narratives, les formations sociales (M.Müller, E.Beneviste, G.Dumézil, C.Watkins, etc...). En dépit d'efforts renouvellés, la détermination d'un peuple indo-européen primitif reste plutôt inaccessible, a fortiori, celle de son foyer d'émergence. Pourtant certains acquis sont définitifs et considérables, particulièrement l'apport de G.Dumézil.

Depuis, l'anthropologie biologique s'est invitée au débat, confortant telle ou telle hypothèse mais soulevant de nouvelles questions....

Actuellement deux grandes théories coexistent, d'une part celle de l'archéologue Marija Gimbutas, reprise et perfectionnée par J.P Mallory, et celle de C. Renfrew. La première a associé la diffuson de l'indo-européen à toute une série de cultures steppiques réunies au sein d'une même tradition culturelle des "Kourganes", caractérisée par ses rites funéraires sous tumulus, le rôle du cheval, du chariot, une structure politique hiérarchisée de type guerrière, etc...Selon cette théorie, le berceau initial se situerait entre l'Ukraine méridionale et le sud de la Russie, tandis que pour J.P Mallory, il serait dans l'aire "pontico-caspienne". C. Renfrew, de son côté, a associé la diffusion de l'indo-européen à celle du Néolithique depuis son foyer "anatolien". Depuis, les données de l'ADN ancien permettent de nouvelles approches et produira à terme une carte génétique des populations à différentes périodes, depuis le lac Baïkal, et passant par les steppes de l'Asie centrale, jusqu'à l'Europe orientale.

La bibliographie en français est devenue ainsi plus accessible, avec des essais synthétiques. Vous la trouverez ci-après par ordre chronologique puis thématique.

                                                                        

                                                                     *

 

Nos ancêtres les nomades, l'Epopée indo-européenne de Georges Sokoloff, édit. Fayard, 2012. L'idée indo-européenne bute sur un grand mystère : comment des bandes éparses de pasteurs nomades ont-elles pu imposer leur lexique et leurs moeurs à des "indigènes" si éloignés et sans doute bien plus nombreux et souvent aussi ou plus évolués que leurs envahisseurs. C'est sur ce mystère que G.Sokoloff enquète ici, se référant aux travaux les plus récents.

                                                                           

                                                                     *

 

Les Indo-Européens; faits, débats, solutions de Iaroslav Lebedynsky. Edit. Errance 2006. Réédit. en 2011.  Une première partie est consacrée aux données linguistiques, qui sont à l'origine de toute l'affaire : comment a-t-on décelé la parenté des langues indo-européennes. Quelles sont ces langues et comment se situent-elles par rapport à leur ancêtre commune ? Peut-on reconstituer cette dernière, et avec quel degré de vraisemblance ? On passe ensuite aux locuteurs de la langue-mère, et à ce que les éléments linguistiques peuvent nous apprendre de leur culture. Une large place est faite aux théories de Georges Dumézil sur la structure "trifonctionnelle" de la pensée indo-européenne. La troisième partie de l'ouvrage présente le débat archéologique sur l'identification des vestiges matériels des Indo-Européens. (Iaroslav Lebedynsky, spécialiste des peuples de la Steppe et du Caucase , enseigne l'histoire de l'Ukraine à l'Institut national des langues et civilisations orientales à Paris. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dans la thématique indo-européenne ( "Les Cimmériens", "Les Scythes", "Les Sarmates", "Les Alains", "les Saces" , etc...).

                                                                        

                                                                     *

 

Les Indo-Européens, dossiers d'Archéologie n° 338, mars/avril 2010.

                                                                        

                                                                     *

 

Homosexualité et initiation chez les peuples indo-européens de Bernard Sergent. Payot (2005), (Ière édit.1996). Les éditions Payot & Rivages ont eu l'initiative de réunir dans ce gros volume et sous un titre commun deux ouvrages complémentaires de B. Sergent publiés respectivement en 1984 et en 1986, L'homosexualité dans la mythologie grecque et L'homosexualité initiatique dans l'Europe ancienne. Fulgurants, ces travaux ont suscité en leur temps un très grand nombre de comptes rendus et ont valu à leur auteur force louanges (surtout en France où la pratique de la mythologie comparée n'était pas considérée comme scandaleuse) et force volées de bois vert (plus particulièrement en terres anglo-saxonnes souvent très allergiques à toute approche des mythes et des rites grecs plus ou moins inspirée par les travaux de C. Lévi-Strauss).Il convient donc d'accorder lors de la relecture d'une œuvre aussi « fracassante » une très grande attention à la « postface générale » qui accompagne sa seconde publication. Certes l'auteur (p. 626-627) affirme qu'il a « bien peu de choses à reprendre » et qu'il maintient « la quasi totalité des thèses qui y sont soutenues », mais il entend toutefois remettre sur l'établi « quelques discussions soulevées par les auteurs des comptes rendus » (p. 624) et apporter un certain nombre de « compléments » suggérés par des recherches ultérieures menées personnellement. Ces retouches, car retouches il y a, l'amènent à préciser ses interprétations et à les nuancer.

                                                                             

                                                                     *

 

De l'origine des Indo-Européens de Lothar Kilian. Edit. du Seuil (2001). Edition originale : Zum Ursprung der Indogermanen, Dr. Rudolf Habelt, GmbH, Bonn, 1983). L'origine paléolithique de l'ethnie indo-européenne, attestée par l'existence, entre - 40 000 et - 15 000, en Europe et dans les régions périphériques du sud, d'une grande unité linguistique l'européen primitif (« Ureuropäisch ») est la thèse que développe cet ouvrage devenu un classique des études indo-européennes. Bien que sa traduction en français soit récente, il reflète une vision assez datée de la question indo-européenne. Son intérêt est de défendre des thèses totalement opposées à celles des ouvrages précités de J. P. Mallory et B. Sergent : unité indo-européenne repoussée jusqu'au Paléolithique, foyer nord-européen...

                                                          

                                                                    *

 

Indo-Européens de Bernard Marillier. Edit. Pardès (1999). Un B. A. BA pour nous présenter cette grande et puissante communauté qui peupla la quasi totalité de notre continent, à laquelle nous devons notre civilisation et nos parlers. Exposé des différentes hypothèses.

                                                          

                                                                    *

 

A la recherche des Indo-Européens de J. P Mallory. Edit. du Seuil, (1998). (édition originale : In Search of the Indo-Europeans, Thames & Hudson, Londres, 1989). Ce livre fait une présentation nuancée et équilibrée du problème, assaisonnée de pointes d'humour bienvenues. L'auteur adhère pour l'essentiel à la théorie des Kourganes, tout en signalant les failles qu'il croit y déceler. Contrairement au principe général, nous conseillons l'édition française, munie en postface d'une mise à jour, plutôt que l'édition originale anglo-américaine, à laquelle manquaient... tous les signes diacritiques.

Les ressemblances frappantes qui existent entre les langues romanes, germaniques, celtiques, slaves, iraniennes et indiennes, font supposer qu'il a existé autrefois une langue unique, ancêtre de tous ces idiomes et que les spécialistes nomment le " proto-indo-européen ". Mais, au-delà de ces données linguistiques, peut-on identifier et dater la population qui la parlait ? Quelle était sa situation géographique et quelle était sa culture ? Pour le savoir, il faut comparer les données linguistiques aux faits historiques et archéologiques : c'est ce que fait J.P. Mallory dans ce livre, qui est déjà un ouvrage de référence. L'auteur tente de comprendre l'héritage culturel des Indo-Européens, leurs croyances religieuses, et de reconstituer quel a pu être leur foyer originel, ainsi que le trajet de leurs migrations à travers l'Europe et l'Asie. Il n'esquive pas le rôle qu'ont pu jouer les études indo-européennes dans la création du mythe de la supériorité aryenne, auquel il oppose ce qui lui paraît être le véritable héritage des peuples indo-européens.

                                                             

                                                                     *

 

Mythes et dieux des Indo-Européens de Georges Dumézil, Hervé Coutau-Bégarie. Flammarion (1999). Un des ouvrages essentiels sur les Indo-Européens. Ces textes de Dumezil sont extrêmement rigoureux et instructifs et ce livre est l'un des piliers de la recherche dans ce domaine. Après des décennies d'ignorance, l'oeuvre de Georges Dumézil est aujourd'hui reconnue comme l'une des références majeures à laquelle doivent se reporter les historiens, les ethnologues, mais aussi "l'honnête homme" désireux de mieux comprendre la fantastique aventure des mythes et des religions des Indo-Européens, ces peuples qui se sont répandus à partir d'un foyer central, des rives de l'Atlantique Nord aux plaines de l'Inde et aux montagnes du Caucase. Se repérer dans cette oeuvre immense, dispersée à travers de nombreux livres, n'est pas facile. Georges Dumézil, peu avant sa mort, avait approuvé le principe d'un recueil destiné à servir d'initiation. Celui-ci, sans prétendre à l'exhaustivité, s'efforce de présenter les grands thèmes de la recherche dumézilienne et de dégager une leçon de méthode qui intéresse l'ensemble des sciences sociales.

De Georges Dumézil encore : Mythe et épopée I, II et III, Gallimard, 1995. (Ières édit. de 1968 à 1975), -Heur et malheur du guerrier, Aspects mythiques de la fonction guerrière chez les Indo-Européens, Flammarion, 1996. [Ière édit. PUF, 1969], -Les Dieux souverains des Indo-Européens, Gallimard, 1993.[Ière édit.1977].

                                                            

                                                                     *

 

Les Indo-Européens. Histoire, langues, mythes de Bernard Sergent,  Payot (1995). (Bernard Sergent est agrégé d'histoire, docteur en histoire ancienne et archéologie, certifié d'anthropologie biologique, chercheur au CNRS et président de la Société de mythologie française. II a publié chez Payot Les Indo-Européens (1995), Homosexualité et initiation chez les peuples indo-européens (réédition en 1996), Genèse de l'Inde (1997), Celtes et Grecs I (1999) et II (2004).

Ce livre contient le résumé des connaissances de l'époque sur l'indo-européen et les Indo-européens. Ouvrage de fond, il permet de faire le tour d'horizon de la question et regroupe des données qu'il faut sinon aller chercher dans les revues scientifiques spécialisées. L'approche est scientifique: en plus des faits établis, les hypothèses sont présentées comme telles et non comme des vérités acquises. Le mérite de cette synthèse épaisse mais passionnante est de pulvériser les âneries, approximations et fantasmes sur les indo-européens. Dans ce livre vous trouverez pour chaque problème une analyse des hypothèses en présence et une conclusion lumineuse et anti-polémique : qui sont les Tokhariens? d'où viennent les Grecs? les Celtes sont-ils apparentés aux Germains? quel nom se donnaient les Indo-européens? qui sont les Etrusques? comment les Indiens sont-ils arrivés là où ils sont?
Une réponse prudente mais sans embage est donnée à toutes les questions qui hantent les amateurs.  Les pistes de recherche récentes sont passionnantes et donnent vraiment envie de savoir où on en est aujourd'hui: le livre date de 1995, ça commence à faire un peu long. Espérons que B. Sergent trouvera le temps de réactualiser le contenu. Seul vrai défaut: la quasi absence de cartes, qui rend la compréhension parfois laborieuse même quand on connait bien l'histoire antique et qui oblige à se munir d'un (bon) atlas. Le livre s'adresse aussi bien aux chevronnés (quelle bibliographie!) qu'aux simples amateurs pour qui tout est compréhensible, sans jamais tomber dans le lieu commun ou l'anectode. Un livre de référence sérieux, pour ceux qui veulent vraiment s'informer sur la question indo-européenne. La connaissance des anciens Indo-Européens, ces hommes qui parlaient la langue d'où sont issus les différents langages constituant la vaste famille linguistique dite indo-européenne, a grandement progressé au cours des dernières décennies : leur localisation géographique et chronologique, longtemps problématique, a reçu un éclairage décisif par la prise en compte des découvertes archéologiques faites en Europe orientale et dans la Russie méridionale. L'étude de leur religion, de leurs rites, de leur culture a bénéficié de l'avancée considérable due à l'oeuvre de Georges Dumézil, aujourd'hui poursuivie par le grand nombre d'auteurs que ses travaux ont inspirés. Enfin, la linguistique elle-même ne cesse de progresser, moins par la découverte de nouvelles langues indo-européennes que par l'attention toujours plus précise portée à l'étude de langues mal connues (mycénien, vénète...) ou en cours d'exploration (langues anatoliennes, ari et kuôi...), et par la formation de nouvelles hypothèses sur l'évolution interne de l'indo-européen, sur son phonétisme, sa grammaire, sa poétique. Ces données ont amené un renouvellement partiel du classement des langues indo-européennes. L'ouvrage retrace les différents acquis dans ces divers domaines et, pour mieux les situer, pour en évaluer les enjeux dans une discipline qui a été soumise parfois à une forte politisation, présente un historique du dossier indo-européen, des origines aux derniers développements du moment. L'ouvrage a une dimension encyclopédique qui le rend précieux. Il fait une large place à la reconstitution, qu'il pousse très loin, de la culture indo-européenne primitive par la méthode comparative. L'auteur est également partisan de la théorie des Kourganes, et le lecteur notera qu'il la présente comme une certitude, y compris en ce qui concerne les rapports contestés entre cultures de la steppe et cultures d'Europe centrale et du Nord.

                                                            

                                                                      * 

 

Les Indo-européens, revue Nouvelle Ecole n°49 (édit. le Labyrinthe 1997).  A la recherche du foyer d’origine (Alain de Benoist) ; « Indo-Européens », « Indo-germains », « Aryens » (encadré) ; Les « momies » européennes du Sinkiang (encadré) ; Chronologie bibliographique des études indo-européennes depuis 1930 (encadré) ; Quatre remarques finales ; Bibliographie Dumézil (Alain de Benoist) ; L’habitat originel des Indo-Européens au regard de la linguistique (Jean-Haudry) ; Les Indo-Européens et le Grand Nord (Jean Haudry) ; Chronologie de la tradition indo-européenne (Jean Haudry) ; Indo-européens et « mentalité indo-européenne » (Jean Haudry).

                                                           

                                                                      *

 

Des steppes aux océans de André Martinet. Edit. Payot (1994). Cet ouvrage est un classique des études indo-européennes. Martinet est l'un des maîtres dans ce domaine et une bonne partie de ce livre est la retranscription de ses cours sur le sujet. Deux aspects sont particulièrement bien traités dans cet ouvrage: comment s'est faite l'expansion des langues indo-européennes? Martinet expose clairement, en s'appuyant parfois sur des exemples simples et compréhensibles pour chacun, comment a pu se dérouler cette expansion et la réponse est pour lui toute crue: Il y a eu peu de migrations, les langues indo-européennes se sont répandues petit à petit, victoire après victoire, soumission après soumission, métissage après métissage. La réalité est toujours plus complexe que l'on veut bien la voir. L'exemple de la France de ces dernieres 2500 années, bien connues pourtant, laisse rêveur sur les mélanges qui se sont produits dans des époques ou des pays moins bien documentés: un substrat déjà composite de l'âge du Bronze, que les Gaulois viennent dominer et organiser pour finalement adopter la langue latine d'envahisseurs et laisser d'autres envahisseurs germaniques -les Francs- donner leur nom au pays !! Alors pour savoir d'où sortent les Phrygiens, les Hittites, les Philistins, les Etrusques, on imagine le sable sur lequel sont bâties les hypothèses...
Le deuxième domaine bien couvert par le livre est l'aspect purement linguistique de l'évolution des langues indo-européennes: chaque point de grammaire (déclinaisons, genres, nombre, structure...) ou de vocabulaire/prononciation est épluché dans le détail à un niveau que je n'avais jamais vu, et je dois dire que même si par moment c'est ardu, cela reste accessible à l'amateur.
L'auteur ne perd pas de temps à rechercher l'origine des indo-européens, il part sur l'hypothèse consensuelle d'une origine ukrainienne, point.
Ce livre est un trésor, à prolonger par "les Indo-européens" de Bernard Sergent, qui travaille plus les hypothèses en présence (y compris pour l'origine de chaque peuple!), mais rend moins intelligible le mécanisme d'expansion des langues. Les deux ouvrages se complètent à merveille.

                                                              

                                                                     * 

 

L'énigme indo-européenne de C.Renfrew. Flammarion (1993), (édition originale : Archaeology and language : the Puzzle of Indo-European Origins, Cambridge University Press, 1988). Examine les rapports anciens entre l'archéologie et le langage : il se penche en particulier sur l'"énigme" que présente la similarité des langues indo-européennes. Il opère la synthèse entre la linguistique historique et la nouvelle archéologie du développement culturel en affirmant que les premiers éléments de la langue indo-européenne furent utilisés à travers toute l'Europe plusieurs millénaires avant l'époque communément admise aujourd'hui.

                                                              

                                                                     *   

 

La Religion cosmique des Indo-Européens de Jean Haudry. Archè (1987). Professeur à l’Université Lyon III, dont il a fondé, en 1981, l’lnstitut d’Études Indo-Européens, l’auteur dirige actuellement le Centre de Linguistique Appliquée de cette Université. Il est également directeur d’études de grammaire comparée des langues indo-européennes à la 4ème section de l’École Pratique des Hautes Études. Il est également l'auteur du "que sais-je" sur les indo-européens (n°1965) P.U.F, 1992.

« Un ensemble cohérent de représentations issues d’une réflexion sur les trois principaux cycles temporels, le cycle quotidien du jour, de la nuit, de l’aurore et du crépuscule; le cycle annuel et le cycle cosmique, l’un et l’autre conçus sur le modèle du cycle quotidien» : telle est, en son principe, la «religion cosmique des Indo-Européens». Religion dont les dieux sont des «célestes diurnes», ayant à leur tête le Ciel diurne. Un Ciel nocturne noir et un Ciel auroral et crépusculaire rouge alternent avec le Ciel diurne blanc. Une homologie relie aux couleurs de ces trois Cieux les trois castes de la société humaine et les trois dispositions naturelles de l’âme individuelle. La place que tiennent les cycles temporels dans cette conception du monde et surtout l’homologie établie entre le cycle annuel et le cycle quotidien s’expliquent aisément par l’ex-périence vécue de la longue nuit hivernale des régions circumpolaires, berceau du peuple indo-européen.

                                                               

                                                                      *

 

Les Indo-européens de Jean Haudry. P.U.F, Que sais-je? n° 1798 ( 1979, 3ème éd., 1994). Consacré à la reconstitution de la culture indo-européenne, avec quelques éléments sur l'archéologie. C'est un aide-mémoire utile, même si l'auteur, après avoir présenté la théorie des Kourganes et l'avoir approuvée, lui préfixe bizarrement, dans un paragraphe de conclusion, la théorie « polaire » de Tilak.  Une édition revue et augmentée est parue en 2010 aux édit. de la Forêt.

                                                              

                                                                      *

 

L'indo-européen de Jean Haudry. P.U.F, Que Sais-je ? n° 1965, (1981, 3ème édit.1992).

                                                              

                                                                      *  

 

Les Indo-Européens, problème archéologique de P. Bosch-Gimpera. Payot (1980). Cette synthèse sur l'origine et la formation des peuples indo-européens a paru originellement en 1960. P. Bosch-Gimpera fonde son travail sur l'archéologie plutôt que sur la linguistique parce qu'elle permet de remonter beaucoup plus loin dans le temps. Il tient largement compte des travaux archéologiques effectués du côté du bloc soviétique dont l'apport est neuf et important. La première partie de l'ouvrage fait le point des solutions proposées par les historiens, les archéologues, les linguistes, les ethnologues et les anthropologues. La seconde est une synthèse des connaissances actuelles de l'histoire du monde indo-européen, depuis le Mésolithique jusqu'aux grandes invasions du Haut Moyen Age. Synthèse ancienne, encore utile par sa présentation presque exhaustive des théories formulées jusque vers 1960 sur l'origine des Indo-Européens. Le lecteur prendra garde aux datations périmées (excessivement « rajeunies ») des cultures archéologiques évoquées.

                                                           

                                                                     ***

 

biblio. par thème :

 

 - L'indo-européen et les langues indo-européennes:

Parmi une littérature abondante, on trouve les travaux très accessibles de W. B. Lockwood, Indo-European Philology et A Panorama of Indo-European Languages (Londres, 1969 et 1972). La publication dirigée par Françoise Bader, Langues indo-européennes (éditions du CNRS, 1998), ne couvre malheureusement pas toutes les branches de l'indo-européen, mais contient quelques bonnes contributions.En français, l'Introduction à l'étude comparative des langues indo-européennes d'Antoine Meillet (Hachette, Paris, 1922), est naturellement vieillie ; l'ouvrage d'André Martinet, Des steppes aux océans (Payot, 1986), avance des propositions intéressantes, notamment en ce qui concerne les laryngales. Le « Que Sais-je » de Jean Haudry, L'indo-Européen (P.U.F, Paris) contient les données essentielles sous un format pratique. A côté des grands dictionnaires classiques comme celui de J. Pokorny, Indogermanisches etymologisches Wörterbuch, Berne, 1959, il existe des ouvrages plus simples mais plus maniables, comme le Vocabulaire indo-européen de Xavier Delamarre (Adrien Maisonneuve, Paris, 1984). Pour replacer la question indo-européenne dans un contexte plus vaste, on tirera profit de l'ouvrage collectif dirigé par J.-M. Hombert, Aux origines des langues et du langage (Fayard, Paris, 2005).

                                                               

                                                                 *

 

- Culture, comparatisme religieux :

Le Vocabulaire des institutions indo-européennes d'Emile Benveniste (Editions de Minuit, Paris, 1969) demeure un ouvrage de référence.

Pour la mythologie comparée et la théorie dumézilienne, le mieux est évidemment de lire les oeuvres de Georges Dumézil lui-même, en particulier les grandes synthèses qu'il a rédigées à l'apogée de sa carrière (tout en sachant que comme tout vrai chercheur, il n'a cessé jusqu'à la fin de sa vie de modifier et de remettre en cause certains de ses propres points de vue). On peut citer : Mythe et épopée I, II et III (Gallimard, Paris, 1995) ; Les Dieux souverains des Indo-Européens (Gallimard, Paris, 1993) ; Heur et malheur du guerrier, aspects mythiques de la fonction guerrière chez les IndoEuropéens (Flammarion, Paris, 1996) ; Mariages indo-européens, suivi de Quinze questions romaines (Gallimard, Paris, 1988) ; La Religion romaine archaïque (Payot, 2000) ; Romans de Scythie et d'alentour (Payot, Paris, 1988). Pour ceux que découragerait l'ampleur de l'oeuvre du maître, il existe un excellent ouvrage introductif Mythes et dieux des Indo-Européens, réalisé par Hervé Coutau-Bégarie à partir d'extraits de textes essentiels (Flammarion, Paris, 1999). On peut aussi lire, à propos du mauvais procès fait à Georges Dumézil, le plaidoyer de Didier Eribon Faut-il brûler Dumézil ? (Flammarion, Paris, 1992).

                                                              

                                                              * 

 

-Archéologie, génétique :

L'information archéologique relative au problème indo-européen est dispersée dans une foule de livres et d'articles traitant du Néolithique et du Chalcolithique en Europe et Asie occidentale. On trouvera cependant un matériel abondant dans J. P. Mallory and D.Q. Adams, The Encyclopaedia of Indo-European Culture (Fitzroy & Dearbom, Londres-Chicago, 1997). Pour le reste, voir les bibliographies des manuels généraux.

Il n'existe pas d'ouvrage de synthèse rédigé par Marija Gimbutas elle-même sur sa théorie des Kourganes. On peut se référer à ses articles dans le Journal of Indo-European Studies, et aussi - avec les réserves qu'impose leur caractère indirect - aux présentations faites dans tous les ouvrages généraux traitant des Indo-Européens.

La théorie « anatolo-transcaucasienne » de Tomas Gamkrelidzé et Viatcheslav Ivanov est exposée dans Indo-European and the Indo-Europeans (Mouton de Gruyter, Berlin-New York, 1995).

Pour les données génétiques récentes, les travaux de Luigi Luca Cavalli-Sforza ont été traduits en français : Gènes, peuples, et langues, Odile Jacob, Paris, 1996. L'application de la génétique aux problèmes d'histoire des langues et des peuples fait l'objet d'un chapitre de L. Quintana-Murci et J-M. Hombert dans l'ouvrage collectif précité (Aux origines des langues...).                                                           

                                                                   *

 

-Périodique : Le prestigieux Journal of Indo-European Studies, publié à Washington, est le principal organe de recherche et de liaison des Indo-européistes.

 

                                                                   *

 

liens :  

http://www.youtube.com/watch?v=aAhRWSORYss

http://indoeuro.bizland.com/project/chron/chronn.html

 

Commenter cet article