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Portez mon joug !.... (le joug du Christ)

Publié le par Christocentrix

Devenir disciple du Christ, cela ne se fait pas pour nous, en un instant, en quelques heures, ni même en quelques jours, non pas à cause de l'incompétence du Maître, mais à cause de l'opacité de nos esprits, de la résistance de nos coeurs, de l'incohérence de nos désirs, de la lourdeur de nos existences humaines, de notre faiblesse spirituelle... C'est un long travail d'apprentissage. Après l'appel du disciple, qu'en est-il de sa formation auprès du Maître ?

Le mot « disciple » en grec, mathétès, dérive d'un verbe manthano, qui signifie « apprendre ». Ce verbe apparaît rarement dans les Évangiles, mais on le trouve une fois dans la bouche de Jésus dans l'expression « apprenez de moi ». L'unique emploi de cette expression mérite toute notre attention. Le texte où elle se trouve situe très bien les interlocuteurs de Jésus comme des disciples ou de futurs disciples, et Jésus comme le maître qui se propose de les former.

 « Apprenez de moi ! » : ce propos de Jésus est incontournable pour comprendre comment il entend instruire ses disciples, comment nous pouvons devenir disciples.

 « Venez auprès de moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés et je vous donnerai le repos. Portez mon joug sur vous et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vos âmes, car mon joug est doux et mon fardeau léger » (Mt 11.28-30).

Le jour de leur vocation, Jésus a dit à ses disciples « venez à ma suite » ; maintenant il emploie une expression légèrement différente, « venez auprès de moi », apportant à son propos une légère modification, dans le sens d'une plus grande proximité. Celui qui était toujours en marche, sans cesse en mouvement, semble vouloir maintenant s'arrêter, s'asseoir peut-être, observer une pause, au moins le temps d'un enseignement: « venez auprès de moi ».

La pause paraît être d'autant plus indispensable que Jésus s'adresse à des personnes fatiguées, qui ont bien besoin d'un temps d'arrêt : « venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés et je vous donnerai du repos ». L'enseignement du Christ va trouver place dans un moment de répit, au milieu du tourbillon et des épreuves de la vie. Heureux disciples qui ont affaire à un maître bienveillant, attentif à leur fatigue.

 Un étonnant rabbi...

En disant « apprenez de moi », Jésus se présente comme un véritable maître, un véritable rabbin, comme on disait de son temps, mais un rabbin qui a profondément intrigué ses contemporains, car il se distinguait étonnamment des autres rabbins. En effet, de manière tout à fait singulière, Jésus est apparu comme un homme, que beaucoup ont appelé « rabbi », c'est-à-dire « mon maître », mais qui pourtant n'a pas été formé lui-même par un autre rabbin. On ne devient rabbin qu'après avoir été soi-même disciple. Or, dans le cas de Jésus, personne ne sait qui a été son rabbin. Par qui a-t-il donc été formé ?

Cette question n'a pas manqué d'être posée, et l'Évangile de Jean s'en fait l'écho, en rapportant les propos tenus dans le Temple de Jérusalem par quelques juifs qui le virent en train d'enseigner dans ce haut-lieu: « Comment connaît-il les Écritures, lui qui n'a point appris ? » Jn 7.15). On retrouve dans la bouche de ces juifs le verbe « apprendre », dont est dérivé le mot « disciple », ce qui revient à dire : « comment connaît-il les Écritures, lui qui n'a point été disciple ? »

Jésus n'élude pas la question et donne une réponse sans équivoque : « Mon enseignement n'est pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé ». Non, Jésus n'est pas autodidacte, il a bien reçu son enseignement de quelqu'un, mais pas de n'importe qui, de « celui qui m'a envoyé », ce qui revient à dire : de Dieu lui-même ! Nouvel étonnement : aucun rabbin n'a été ainsi directement formé par Dieu ! Dieu est bien la source de tout enseignement, mais toujours à travers un intermédiaire humain. Singulier rabbin qui ne ressemble à aucun autre rabbin ! Qui donc est-il ? Un fieffé orgueilleux, un charlatan qui blasphème, ou l'envoyé de Dieu, l'envoyé du Père, comme il le prétend... ? Se mettre à son école, répondre à son appel, c'est faire un véritable acte de foi... « Venez auprès de moi ! Mettez-vous à mon école!... »

 ... et d'étonnants disciples

Pour ce qui est de l'étonnement, nous n'en sortons pas ! En effet, Jésus va encore surprendre, en interdisant à ses disciples de se faire appeler « rabbi ». Lorsqu'ils sont formés, en passe de devenir eux-mêmes rabbins, les disciples de Jésus ne doivent pas se considérer comme des maîtres. Jean Baptiste a des disciples (Jn 1.35 ; Lc 7.18 s) et il est appelé « rabbi » (Jn 3.26). Chez les pharisiens, les rabbins ont aussi des disciples (Lc 5.33), mais les disciples de Jésus ne sont pas de futurs maîtres : « Mais vous, leur dit Jésus, ne vous faites pas appeler Rabbi, car un seul est votre maître et vous êtes tous frères » (Mt 23.8).

Pourtant, après la résurrection, Jésus envoie ses disciples pour enseigner et leur prescrit alors de « faire des disciples » (Mt 28.19). De fait, il y aura des enseignants dans l'Église (Ac. 13.1 ; 1 Co. 12.28), mais les disciples formés par eux ne seront pas leurs disciples. Ni Matthieu, ni Marc, ni Luc, ni Jean, ni Paul, ni Pierre, ni Jacques, ni aucun disciple n'aura des disciples ! Nul dans l'Église n'est disciple d'un autre que de Jésus. Les disciples formés par les disciples sont toujours considérés comme des « disciples du Seigneur » (Ac. 9.1).

Telle est donc, par rapport au judaïsme, la logique dans l'Église, selon la volonté du Seigneur : un seul a la qualité de maître, le Christ. Et tout disciple est disciple du seul Christ et de personne d'autre.

Après un temps de formation auprès de Jésus, les disciples seront donc à leur tour envoyés pour enseigner, pour faire de nouveaux disciples. Ils seront alors appelés « apôtres », c'est-à-dire « envoyés ». C'est un aspect de la vie des disciples qu'il nous faut bien garder présent à l'esprit, car cela donne un sens, une perspective à leur temps de formation, mais je n'en parlerai pas ici, pour me limiter au temps d'apprentissage du disciple au côté de Jésus, en sachant qu'il y a une suite, un prolongement : l'apostolat, l'envoi en mission. « Être apôtre »...c'est un autre sujet...

Portez mon joug

Entre « venez à moi » et « apprenez de moi », Jésus prononce un autre impératif, adressé aux mêmes personnes et qu'il est bon d'examiner maintenant, car il va décrire les conditions dans lesquelles va se dérouler l'enseignement proposé : « portez mon joug ».

Nous allons de surprise en surprise : voilà une expression qui est une image, certes, mais une image particulièrement étonnante.

L'enseignement proposé par Jésus ne va pas se situer sur des bancs d'école, mais sous un joug ! Non pas au niveau théorique, mais d'emblée dans les conditions d'un travail pratique : le joug est un instrument de travail, et même d'un travail harassant, éreintant ! Curieux rabbin qui enseigne ainsi !

L'enseignement proposé par Jésus ne va pas non plus se donner dans un lieu saint : ni dans une salle annexe d'une synagogue, ni dans les parvis du Temple de Jérusalem, où il est formellement interdit de faire un travail servile. Il sera donné là où l'on porte un joug, c'est-à-dire en un lieu tout à fait profane, non pas le jour du sabbat, mais dans le quotidien de la vie, puisque les jougs sont proscrits comme est proscrit tout travail le jour du sabbat ou les jours de fêtes religieuses... Curieux rabbin, décidément !

Libres ou esclaves ?

À l'époque de Jésus, dans le contexte de la culture romaine, le joug pouvait évoquer l'image d'une soumission à un vainqueur. Après une guerre, en effet, les vaincus devaient « passer sous le joug », en s'inclinant sous un petit portique appelé « joug », en signe de soumission et d'asservissement. Mais il ne s'agit pas de cela ici. Jésus ne dit pas « passez sous mon joug », mais « portez mon joug », se situant ainsi clairement dans le registre du travail et non de la guerre.

Dans la Bible, porter un joug dénote un travail très fatiguant, le plus souvent effectué pour un étranger, dans un contexte d'esclavage. C'est ainsi qu'Israël a porté le joug de l'Égypte (Lv 26.13), de l'Assyrie (És 14.25), de Babylone Jr 28.2), et donc de tous les peuples qui se sont rendus maîtres de lui. Mais il ne s'agit pas de cela ici : Jésus ne se présente pas comme un dominateur ; il n'impose pas son joug, il le propose ! Il n'asservit pas, il invite : « Venez à moi, portez mon joug ». L'invitation est adressée à des gens libres, qui ont toute liberté de répondre, d'accepter ou de refuser.

Si l'on veut chercher un précédent dans l'Ancien Testament, il en est un qui apparaît clairement, car c'est aussi sous le mode d'une invitation que le joug est proposé, et c'est aussi pour former des disciples, et non pour enrôler de force des esclaves. Avant Jésus, c'est la Sagesse de Dieu qui lance l'invitation à qui veut bien l'entendre : « Venez à moi, gens sans instructions, installez-vous à mon école, mettez votre nuque sous le joug et que votre âme reçoive l'instruction » (Si 51.23,26). La proximité des paroles est frappante : Jésus se situe dans le contexte de la sagesse et non dans celui d'un envahisseur guerrier. Il se présente même comme la Sagesse de Dieu en personne ! Qui veut donc être sage n'a plus qu'à s'approcher de lui pour porter son joug. L'image du joug est celle d'un travail effectué dans la liberté, pour apprendre la sagesse de Dieu, et non d'un travail d'esclave au profit d'un tyran ou d'un oppresseur.

À quel type de travail nous faut-il alors penser ? À tout travail effectué au nom du Christ. Que ce travail soit de type diaconal ou bien qu'il s'agisse d'un travail intérieur, d'un travail sur soi : tout ce qui est fait sous le joug du Christ, sous son autorité, dans le quotidien de la vie, tout cela est un lieu d'apprentissage concret où se forme le disciple.

Venez à moi, vous tous fatigués et chargés !

L'image du joug pour un travail effectué dans le concret de la vie est intéressante, mais il faut bien reconnaître qu'elle apparaît tout à fait incongrue et même déplacée, voire inadmissible, quand on considère à qui s'adresse Jésus : « Vous, les fatigués et chargés ! ». Proposer un joug, et donc une charge supplémentaire, à des gens déjà chargés et fatigués, paraît une invitation choquante, inacceptable !

Que dis-tu Seigneur ? La vie est déjà bien assez pénible comme cela, le quotidien bien assez lourd à porter ! Comment peux-tu nous proposer quelque chose qui va être un poids supplémentaire ? Est-ce cela la sagesse de Dieu... ? y a-il un  malentendu ? car véritablement l'invitation de Jésus est une magnifique parole, sur le chemin de la Bonne Nouvelle du Royaume. Le joug est une grâce incomparable, dictée par un merveilleux amour. Prenons le temps d'écouter le Christ.

La grâce du joug

La particularité du joug est de n'être pas porté par un seul, mais par deux. D'autres instruments sont utilisés pour faire travailler un seul animal, mais le propre du joug est d'être posé sur deux nuques reliées entre elles, sinon ce n'est pas un joug. En proposant un joug, Jésus ne veut donc pas accabler celui qui souffre et qui n'en peut plus sous sa charge, mais au contraire répartir la charge sur deux, en adjoignant une autre personne. Proposer un joug à quelqu'un, c'est donc alléger sa charge de moitié. Ce n'est pas tout enlever, certes, mais c'est tout de même un immense soulagement, une véritable grâce.

Jésus ne se présente pas comme celui qui va supprimer toutes les difficultés de la vie, qui va faire disparaître tout ce qui peut peser. Ce serait faux de faire croire à un disciple qu'il n'aura plus rien à porter, plus de problèmes, plus de difficultés, de tentations, plus aucune charge... Jésus n'ouvre pas le chemin du rêve ou de l'illusion. Il fait face à la réalité de la vie, en proposant un allégement, un soulagement.

En plus de cela, la proposition du joug vient faire disparaître toute solitude. La difficulté de la vie, sa dureté, c'est aussi d'avoir à l'affronter seul et de porter seul son fardeau. La proposition du joug apporte un terme à la solitude. Désormais, je ne serai plus seul, mais avec un autre pour porter ce qui fait le poids de ma vie : quelle bonne nouvelle ! As-tu remarqué que la fatigue d'une tâche accomplie seul disparaît presque complètement, dès lors que cette même tâche est accomplie avec quelqu'un d'autre?  C'est un soulagement, et même parfois une joie, de partager avec un autre la fatigue d'un travail. La présence d'un autre est alors une grâce.

« Et vous trouverez le repos de votre âme » : lorsqu'on découvre ici que le repos annoncé par Jésus concerne l'âme, et donc que la fatigue de ceux que Jésus invite doit aussi être celle de l'âme, alors les propos de Jésus ouvrent de merveilleux horizons. La fatigue des épreuves, des soucis, des échecs, des péchés à porter, est d'autant plus pénible qu'elle affecte l'âme, le plus profond de l'être.

Nous voici donc placés devant de merveilleux horizons, seulement voilà : qui sera donc cet autre qui va prendre place à mon côté sous le joug proposé par Jésus ? Qui donc va pouvoir porter avec moi le fardeau de ma vie, le fardeau qui écrase mon âme ? Jésus ne le précise pas clairement, mais, à regarder de près, que veut-il dire au juste quand il dit : « portez mon joug » ?

Portez MON joug

On a souvent commenté l'image du joug, en faisant du Christ celui qui conduit l'attelage, après avoir posé son joug, comme fait un bouvier qui conduit deux bêtes de somme, mais cela sans jamais expliquer qui pouvait se trouver à notre côté pour porter avec nous le joug. L'image est alors faussée, car un joug nécessite deux personnes pour être porté. La question demeure incontournable : Qui donc est celui qui porte avec nous le joug ?

« Venez auprès de moi », commence par dire Jésus avant de parler de son joug. Venez auprès de moi, c'est-à-dire, venez à côté de moi... Je crois que tout s'éclaire : l'autre à mon côté, n'est autre que Jésus lui-même ! Son joug est bien le sien, celui qu'il pose sur mes épaules en même temps que sur les siennes, pour se joindre à moi et partager ainsi mes fatigues, mes fardeaux et mes charges, et tout ce qui accable mon âme... Merveille !

Quelle bonne nouvelle ! Mais aussi quel amour et quelle humilité de la part de Jésus, qui m'invite à m'approcher de lui pour qu'il se trouve ainsi à mon côté afin de porter avec moi le fardeau du quotidien de ma vie ! Quelle merveille que ce maître qui se met à côté de son disciple, au même niveau que lui, pour s'atteler avec lui à la tâche du quotidien ! Et quel allégement pour le disciple dans sa charge, quel soulagement ! Quel bonheur que de voir ainsi disparaître la peine de la solitude, pour un compagnonnage aussi extraordinaire, au pas à pas de l'existence ! Oui, il ne ment pas, en disant que son joug est doux et son fardeau léger !

À vrai dire, Seigneur, je ne vois pas vraiment qui, en dehors de toi, aurait été capable de porter avec moi le fardeau de mon âme ! Mais je n'aurais jamais osé te le demander ! Béni sois-tu, toi qui te proposes ainsi, dans ton extrême humilité et ton amour sans pareil !

« Venez auprès de moi, portez avec moi le joug, vous tous qui êtes fatigués et chargés et je vous donnerai le repos » : quelle magnifique invitation ! Non seulement elle est à recevoir avec gratitude, mais elle est aussi à transmettre à tous les fatigués et les chargés de la terre : venez vous aussi auprès du Christ ! Il vous attend avec son joug et se propose de porter avec vous le poids de votre vie.

Un long apprentissage

C'est ainsi, sous le joug, que nous apprenons à devenir disciples de celui qui se place humblement à notre côté. C'est un merveilleux mais long apprentissage. Porter un joug, en effet, ça ne s'apprend pas en une matinée. Pour quiconque n'a jamais porté un joug, ce n'est pas facile de s'habituer à ce nouveau mode de vie, à cette nouvelle manière de travailler. Mais pourquoi ne pas apprendre, quand on s'aperçoit que c'est nécessaire pour bénéficier sans cesse de cette extraordinaire proximité du Christ ? On ne peut pas être plus proche que sous un joug, et cela aussi longtemps que le joug réunit, à chaque pas, et même pendant un temps d'arrêt pour reprendre son souffle, avant le pas suivant...

Apprendre à être disciple, apprendre à porter le joug, c'est apprendre à rythmer son pas sur le pas de celui d'à côté ! Et pour nous, ce n'est pas une mince affaire : apprendre à rythmer son pas sur celui du Christ ! C'est l'affaire de toute une vie...

Apprendre à porter le joug, c'est apprendre à doser son effort en rapport avec l'effort de l'autre. Vivre ainsi à côté du Christ au quotidien de l'existence, c'est encore l'affaire de toute une vie...

Apprendre à porter le joug, c'est apprendre à marcher dans le même sens, sous la conduite d'un commun bouvier. Et qui donc nous conduit ? Qui donc est celui auquel le Christ obéit déjà, sinon son Père ? Vivre ainsi avec le Christ, dans une même obéissance à Dieu, c'est encore l'affaire de toute une vie...

Quelle exigence ! Mais aussi, quelle grâce, encore une fois, car sous un joug chacun s'adapte au pas de l'autre, au rythme de l'autre, à l'effort de l'autre, ce qui veut dire aussi que le Christ, si humble et aimant pour vivre à mon côté, est d'autant plus humble et aimant qu'il s'efforce encore de s'adapter lui-même à mon propre pas, à mon propre rythme, pour ralentir s'il me sent faiblir, pallier au mieux mes défaillances... Quel merveilleux compagnon, en vérité, car c'est bien ce qu'il fait, dans sa grâce, tout en m'encourageant pour que je ne démissionne pas, que je ne renonce ni ne désespère... Une fois lié sous le même joug, Christ ne se délie pas, ne fait pas défaut ! Fidèlement, il reste jusqu'au bout, coûte que coûte.

La particularité du joug est de faire avancer ensemble deux bêtes qui ne se voient pas. Elles sont extrêmement proches, se côtoient sans cesse, se sentent, se touchent, mais ne se voient pas ! Il y a là un très bel éclairage sur la proximité de celui que nous savons extrêmement proche, alors qu'il demeure pour nous invisible...

Plus le travail est prenant et exigeant, et plus l'attelage est silencieux. Et c'est encore bien une réalité de la foi. Oui, Christ est là silencieux à mon côté, et son silence vient de ce qu'il est totalement investi et appliqué dans le travail commun... Merveilleux silence que ce silence-là, du Christ à côté de nous !

Si le disciple et le maître font un travail commun sous le même joug, cela ne veut pas dire pour autant qu'il y a entre eux une égalité parfaite. ils sont tous deux totalement impliqués dans le travail, mais il n'en reste pas moins que le maître demeure maître, enseignant au disciple à marcher sous le joug, et que le disciple demeure disciple, apprenant de son maître comment se comporter sous le joug. Lorsqu'on veut apprendre à un jeune boeuf, encore sauvage et inexpérimenté, à porter le joug, on l'attelle avec un vieux boeuf, tout à fait expérimenté et particulièrement sage et docile. C'est ainsi qu'on obtient le meilleur apprentissage ! De même pour nous!

Marcher sous un joug, c'est une merveilleuse école de confiance mutuelle, d'attention à l'autre et d'obéissance en commun au bouvier. C'est tout cela que le pas à pas avec le Christ nous enseigne, en sachant que notre confiance en Christ reçoit en écho la confiance que le Christ nous fait. Oui, le Christ aussi fait confiance à son disciple quand il marche avec lui, et cette confiance est une telle force, que la charge paraît moins lourde.

 

                                             (à suivre dans le prochain article)

 

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