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Racines, origines et identité des Européens

Publié le par Christocentrix

 "Aussi antique soit-elle, la culture du bronze n'est pas la première en Europe. Elle a été précédée sur notre espace géographique par une autre culture beaucoup plus ancienne encore, celle des gravures et peintures « préhistoriques », enfantée par des peuples qui sont nos ancêtres les plus éloignés dans le temps.

Illustrée par le bestiaire magique de la grotte Chauvet, au bord de la vallée de l'Ardèche, cette première grande culture européenne a plus de 30 000 ans. Ses représentations pariétales les plus nombreuses et les plus étourdissantes de beauté sont localisées du Rhône aux monts cantabriques, mais on en voit les manifestations partout, en Allemagne, en Bohême, jusque dans l'Oural avec les peintures de la grotte de Kapova. Par son ancienneté et son homogénéité dans la peinture ou les gravures de toute sorte, cet art animalier d'inspiration religieuse est spécifique à l'Europe et à elle seule. La production d'objets de même facture esthétique, armes en silex taillé, propulseurs de harpons en os ou en bois de cervidé gravés, s'étend, elle aussi, des Pyrénées à l'Oural, sur ce qui sera l'aire originelle des futurs Indo-Européens.

L'étonnant dans cette première culture européenne, ce n'est pas seulement son étendue spatiale, mais aussi sa durée, au moins deux cents siècles, une éternité. Elle s'est manifestée d'environ 32 000 à 12 000 ans avant notre siècle, et ne s'est éteinte que voici une douzaine de milliers d'années.

histoire et traditions des européens

La culture des chasseurs artistes des grottes ornées se serait maintenue au moins pendant 20 000 ans. La cause de sa disparition s'expliquerait par la fin de la dernière période glaciaire, par d'importantes modifications du climat, donc de la flore, de la faune et du mode de vie. Sur les territoires de l'Europe occidentale, la taïga arbustive allait céder peu à peu devant les forêts de feuillus et les prairies naturelles. Mais elle ne disparut pas. Au cours des millénaires de réchauffement, elle migra vers le nord de l'Europe, pour se maintenir dans l'actuelle Iakoutie sibérienne et la Laponie scandinave. Une partie des peuples chasseurs de rennes aurait suivi cette lente migration vers le nord. D'autres se seraient maintenus sur leurs anciens habitats, s'adaptant aux changements du climat, du biotope et de la faune. Abandonnant la chasse du renne, ils ont peu à peu inventé l'élevage, la domestication des animaux et l'agriculture, se faisant les acteurs de la « révolution néolithique ». Très lentement, au cours d'une transition de plusieurs millénaires, ils échangèrent peu à peu leurs anciennes croyances et leurs rites religieux liés à la chasse pour de nouvelles représentations liées à la terre, aux troupeaux, aux récoltes et à la fécondité saisonnière. Mais les divinités chasseresses ont cependant survécu, laissant des traces jusqu'aux périodes historiques..

Nous qui sommes des hommes « historiques », imprégnés jusqu'à la moelle par la constance et la rapidité des changements au cours des quatre derniers millénaires, il nous est difficile d'admettre que nos très lointains ancêtres aient pu traverser des millénaires sans connaître apparemment de changements notables. Quinze mille ans au bas mot séparent les dessins de la grotte Chauvet et les fresques géantes de Lascaux. Or, ce que représentent ces figurations est, pour l'essentiel, analogue. Le réalisme puissant de leurs artistes est apparenté. Certes, on peut relever des différences de style ou de choix dans les représentations animales. Mais les analogies sont beaucoup plus évidentes que les différences. Cela signifie que des peuples frères se sont maintenus sur place pendant des millénaires, reproduisant la même culture artistique, elle-même reflet direct d'une certaine âme collective, d'une même vision du monde, d'une même relation à la nature, d'une même conscience religieuse. On ne peut exclure cependant que ces peuples aient vécu des cycles passant par la naissance, l'apogée et la décadence d'une culture dont Chauvet serait l'expression, alors que Lascaux pourrait être celle d'une renaissance ou d'un cycle ultérieur.

Si l'on en croit les paléontologues, ces peuples sont frères de l'homme de Cro Magnon, lequel ne présente aucune différence morphologique notable avec l'Européen actuel. Même si les informations manquent pour rattacher précisément les chasseurs de cette époque à aucun groupe présent, une partie de leur descendance s'est vraisemblablement maintenue en Europe après la fin de la période glaciaire, formant le substrat de son peuplement. Malgré tous les changements entre cette période et la nôtre, quelque chose d'essentiel s'est pourtant maintenu, ainsi que l'a dit à sa façon Ernst Jünger dans Le Nœud gordien : « Si l'art des chasseurs des premiers âges nous émeut tant et nous parle un langage plus fort que celui de l'Orient ancien ou même récent, c'est sans doute un signe qu'y vivent l'esprit de notre esprit, la liberté de notre liberté... »


origines-Europe.jpg

«....la datation au radiocarbone 14 , associée à d'autres instruments, a entraîné une révision par le haut des anciennes chronologies établies jadis par comparaison avec celles de l'Égypte ancienne et de la Mésopotamie. On a découvert par exemple que le néolithique (agriculture) dans les îles Britanniques n'avait pas commencé comme on le croyait après -2000, mais dès le début du IVème millénaire. Ainsi, l'origine du sanctuaire mégalithique de Stonehenge III est apparue plus ancienne d'un millénaire (vers -2200) qu'on ne le pensait. Dans un ouvrage retentissant qui synthétisait ces nouvelles approches, Colin Renfrew écrivait : « Ce que l'on considérait comme des innovations de l'Orient méditerranéen, transmises à l'Europe par diffusion, se révèle aujourd'hui de date plus ancienne en Europe qu'en Orient. Tout le cadre diffusionniste s'écroule et, avec lui, les hypothèses qui ont fondé l'archéologie préhistorique depuis près d'un siècle » (Le diffusionnisme postulait que la « civilisation », née dans l'Orient ancien, s'était diffusée ultérieurement en Occident ...). De nombreux phénomènes que l'on avait attribués à des influences extérieures se sont révélés être autochtones. L'obligation de reculer de 1000 à 2000 ans la datation de la plupart des sites de la protohistoire occidentale a totalement modifié l'idée que l'on se faisait des premières vagues de l'expansion indo-européenne. Elle contraignait aussi à réviser la chronologie des cultures auxquelles ces migrations avaient donné naissance. Depuis la « révolution » du carbone 14, on a fortement reculé dans le temps, au-delà du Vème millénaire, l'époque du dernier habitat commun des Indo-Européens.

 Ces avancées intéressantes ne permettent pas pour autant de localiser avec certitude le foyer formateur de la langue mère ni l'habitat commun ayant précédé les différentes dispersions. Retenons donc pour ce qu'ils valent les acquis de la paléontologie, de l'archéologie, de la linguistique et des sciences annexes. Ils prouvent une grande stabilité du type anthropologique des populations européennes sur 30 ou 40 000 ans, c'est-à-dire depuis l'homme de Cro Magnon. Les Européens d'aujourd'hui ne diffèrent pas sensiblement de ces lointains ancêtres. À une époque très ancienne, remontant vraisemblablement à plus de 10 000 ans, quelque part dans le vaste espace entre Rhin et Volga, au sein d'une population spécifique et nécessairement homogène, s'est cristallisée la langue que les linguistes appellent pré-indo-européenne et qu'ils ont reconstituée. Au fil du temps, cette langue a gagné de proche en proche un cercle de populations de plus en plus vaste. Bien qu'il n'y ait pas unanimité sur ce point entre spécialistes, l'analyse linguistique permet de penser qu'une première dispersion s'est produite vers le Vème millénaire, par la migration de peuples indo-européens vers le sud-est, l'Asie Mineure et au-delà. Les migrateurs conquérants seraient à l'origine d'un groupe oriental de plusieurs langues indo-européennes attestées historiquement, hittite, indo-iranien (hindi, sanscrit), tokharien, etc. Simultanément, un groupe occidental aurait évolué de façon autonome, donnant également naissance à plusieurs langues historiques : italique (latin ancien), grec ancien, germanique, celte, balte, slave, etc.

Dans l'avenir, découvertes et travaux apporteront certainement des correctifs importants aux schémas et thèses élaborés par les archéologues à la fin du XXème siècle....»

                                                                    *

 (extraits de " Les Origines de l'Europe ", par Colin Renfrew ( Flammarion 1983) et de "Histoire et traditions des Européens, 30.000 ans d'identité ", par Dominique Venner, édit. du Rocher 2002).                                                

                                                                   -

Sur la question on peut aussi consulter :

 

origines-ethniques-europeens.jpg

 

 

racines-europeens.jpg

 

liens :

http://www.arbre-celtique.com/etude/01-origines/origines.php

http://www.eupedia.com/europe/origines_haplogroupes_europe.shtml

 

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