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Corso/ Ricorso : Giambattista Vico (Principi di scienza nuova)

Publié le par Christocentrix

Giambattista Vico, dans ses Principi di scienza nuova (1725-1744), postule que l’Histoire (ou la temporalisation de la Providence) est cyclique, qu’elle advient sur le mode du corso et du ricorso, et qu’elle connaît dans ce déploiement trois âges, qui, à partir de la barbarie, conduisent à la civilisation, puis reconduisent à la barbarie : l’âge des dieux ; l’âge des héros ; l’âge des hommes. L’âge des hommes est bifrons : cependant qu’il fait venir le corso à son aboutissement, il amorce déjà le ricorso ; dès l’instant que les hommes ont tiré de leur soulèvement l’égalité à quoi ils prétendent, par ricorso delle cose umane la société se divise et progressivement se défait…Les nations suivent un cours qui les fait passer par les trois âges, divin, héroïque et humain. Lorsqu'une nation disparaît, par la conquête ou la décadence, les peuples de son sol la font renaître en passant de nouveau par ces trois âges.

"Quand les peuples sont devenus esclaves de leurs passions effrénées, du luxe, de la mollesse, de l’envie, de l’orgueil et du faste, quand ils sont restés longtemps livrés à l’anarchie [...], la Providence applique un remède extrême. Ces hommes se sont accoutumés à ne penser qu’à l’intérêt privé ; au milieu de la plus grande foule, ils vivent dans une profonde solitude d’âme et de volonté. Semblables aux bêtes sauvages, on peut à peine en trouver deux qui s’accordent, chacun suivant son plaisir ou son caprice. C’est pourquoi les factions les plus obstinées, les guerres civiles les plus acharnées changeront les cités en forêts et les forêts en repaires d’hommes, et les siècles couvriront de la rouille de la barbarie leur ingénieuse malice et leur subtilité perverse. En effet ils sont devenus plus féroces par la barbarie réfléchie, qu’ils ne l’avaient été par celle de la nature. La seconde montrait une férocité généreuse dont on pouvait se défendre ou par la force ou par la fuite ; l’autre barbarie est jointe à une lâche férocité, qui au milieu des caresses et des embrassements en veut aux biens et à la vie de l’ami le plus cher. Guéris par un si terrible remède, les peuples deviennent comme engourdis et stupides, ne connaissent plus les raffinements, les plaisirs ni le faste, mais seulement les choses les plus nécessaires à la vie. Le petit nombre d’hommes qui restent à la fin, se trouvant dans l’abondance des choses nécessaires, redeviennent naturellement sociables ; l’antique simplicité des premiers âges reparaissant parmi eux, ils connaissent de nouveau la religion, la véracité, la bonne foi, qui sont les bases naturelles de la justice, et qui font la beauté, la grâce éternelle de l’ordre établi par la Providence."

Giambattista Vico, La Science Nouvelle, Principes d'une science nouvelle relative à la nature commune des nations, 1744, traduit de l'italien et présenté par Alain Pons, Paris, Fayard, 2001.

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scandaleuse vérité (Cardinal Jean Daniélou)

Publié le par Christocentrix

"Etre chrétien, c'est donc croire qu'il y a au milieu de nous des œuvres divines et que ces œuvres divines sont ce qu'il y a de plus grand dans le monde. Être chrétien, c'est croire qu'une Thérèse de Lisieux dans son Carmel est plus importante dans la hiérarchie des valeurs que le plus grand politique ou le plus grand des savants. Parce que c'est d'un autre ordre, et qui est plus grand.

Et être chrétien, c'est croire que ces événements divins ne sont pas seulement passés, mais que nous vivons en pleine histoire sainte, que nous vivons dans un monde où Dieu continue d'agir et que, selon la très belle formule de l'exégète protestant Cullmann, les sacrements sont la continuation dans le temps de l'Église des grandes œuvres de Dieu dans l'Ancien et le Nouveau Testament. C'est la proclamation magnifique qui est la nôtre.

La seule chose que nous disons aux marxistes, aux humanistes athées, c'est qu'il leur manque de percevoir la dimension la plus profonde de l'existence humaine, et qui est ce que Dieu accomplit en l'homme ; et ce que finalement nous leur reprochons, c'est d'être superficiels, c'est-à-dire de n'atteindre de l'homme que la surface et de ne pas descendre dans les abîmes de l'existence.
[...]

Croire, c'est croire que le Verbe de Dieu s'est incarné dans le sein de Marie. Vous voyez l'insolence d'une telle affirmation. En présence d'un marxiste, d'un athée, d'un scientiste, nous voyons ce qu'elle engage. Nous imaginons ce qu'ils commencent à nous dire. Si nous n'osons pas assumer notre foi dans son paradoxe, si nous laissons entendre qu'elle pourrait n'être qu'une représentation plus ou moins mythologique de je ne sais quel événement intérieur, nous commençons à jeter du lest, et à partir de ce moment nous sommes déjà sur la voie des trahisons.

Être chrétien, c'est au contraire affirmer que cette irruption divine dans l'existence de l'homme est précisément la nouvelle joyeuse, magnifique, splendide que nous proposons. Mais encore faut-il que, cette affirmation, nous soyons capables de la justifier à nos propres yeux et à ceux des autres, que nous ayons le droit de la porter.

Je voudrais dire enfin, en ce qui concerne l'objet de la foi que, dès lors qu'elle porte sur un événement divin, elle ne saurait être qu'une et universelle. Elle n'est pas l'expression de la sensibilité religieuse d'un peuple ou d'une race. Il n'y a pas de pire trahison de l'Évangile que d'accepter d'en faire la religion de l'Occident.

Le christianisme n'est pas une certaine vision du monde. Il n'est pas un système que nous acceptons parce qu'il nous convient. L'unique problème est de savoir si quelque chose est arrivé. Il n'y a pas d'autre question. Est-ce que le Christ est ressuscité ou non? S'il est ressuscité, ceci intéresse absolument tous les hommes. Il ne s'agit pas d'une représentation, mais d'un événement réel. Et il s'agit de savoir si cet événement est réel. Si je ne suis pas persuadé que cet événement est réel, je n'ai pas la foi.

Je peux avoir une sensibilité chrétienne, je peux désirer que les valeurs spirituelles qui sont celles de l'Évangile restent celles du monde libre, que la civilisation s'inspire plutôt des principes libéraux que j'appelle mystique chrétienne que de la doctrine socialiste des démocraties populaires. Mais à partir de ce moment, ce que je défends, ce n'est pas la foi, c'est je ne sais quelle liberté qui ne vaut pas cher d'ailleurs, dont je sais qu'elle ne vaut pas cher et dont, comme beaucoup de mes contemporains, je profite avec le sentiment confus qu'elle ne vaut pas la peine d'être défendue. "

                      Extrait de "Scandaleuse vérité", Cardinal Jean Daniélou.

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les deux scandales du Christianisme (Gustave Thibon)

Publié le par Christocentrix

"Les petits contempteurs du christianisme l'attaquent comme une religion inhumaine. Mais ses grands contempteurs (un Spinoza, un Nietzsche) méprisent en lui l'excès d'humanité. Le christianisme attache à l'homme une importance centrale et définitive (dogmes de l'Incarnation, de l'immortalité de l'âme, etc.) ; il ne permet pas la « mise en question » de l'homme. Là est l'écueil pour les grandes âmes et le seul mobile capable de les détourner du Christ : leur profond mépris de l'homme les fait se cabrer contre ce Dieu qui fait un tel cas de l'homme, qui va jusqu'à enliser son essence dans le marécage humain. Ce qui scandalise les petits - ceux que la joie dans la platitude et le péché rassasie - c'est un Dieu si dur pour l'homme ; ce qui scandalise les grands, c'est un Dieu si attentif pour l'homme !

Et, de part et d'autre, la méconnaissance de l'amour est égale - de l'amour qui châtie et de l'amour qui descend. Il n'est pas d'homme assez pur pour que l'amour divin n'ait pas besoin de le broyer ; il n'est pas non plus d'homme trop misérable pour que l'amour divin n'assiège et ne mendie son âme. Et dans cet amour qui nous pourchasse jusqu'en enfer et qui nous soulève jusqu'au ciel s'efface le double scandale de la valeur infinie de l'homme et de la souffrance humaine. Aux yeux de Dieu, nul homme n'est assez haut et nul homme n'est trop bas tout le secret de l'humanisme chrétien est là..."

 

Gustave THIBON, Destin de l'Homme, Desclée de Brouwer, 1941.

 

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réclamation

Publié le par Christocentrix


 

 

 


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Κρήτη : όχι ςta xhmικa του πολέμου ςτη θάλασσα της Μεσόγειοy

Publié le par Christocentrix

Κρήτη : όχι ςta xhmικa του πολέμου ςτη θάλασσα της Μεσόγειοy
Κρήτη : όχι ςta xhmικa του πολέμου ςτη θάλασσα της Μεσόγειοy

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NON aux déchets chimiques en Méditerranée : la Crète édite des affiches en français

Publié le par Christocentrix

Merci à Scripta

NON aux déchets chimiques en Méditerranée : la Crète édite des affiches en français
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NO to the chemicals of war in mediterranean sea : mobilisation des Crétois contre le danger chimique en Méditerranée

Publié le par Christocentrix

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mobilisation des Crétois contre la pollution chimique en Méditerranée

Publié le par Christocentrix

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campagne des Crétois contre la pollution chimique en Méditerranée

Publié le par Christocentrix

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pour une Crète propre - για ένα καθαρό Κρήτη

Publié le par Christocentrix

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