Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

ce pays me fait mal

Bainville politique

Publié le par Christocentrix

 

 

Bainville-politique.jpg

 

reedition-Bainville.jpg

 

"A ceux qui peinent, à ceux qui souffrent, qui oserait défendre de rêver ? L'avenir s'élabore avec de la souffrance humaine et le monde naît et se renouvelle, comme les hommes eux-mêmes, au milieu des gémissements. Mais les rêves aussi ont besoin de prendre une forme, et c'est la politique qui peut seule la leur donner".
"La ruine qui menace d'être universelle, c'est le point d'arrivée prévue de longue date pour les sociétés démocratiques. Ce qui devait être est venu. Alors, si l'on ne veut pas rouler jusqu'au fond, il faut reconstruire selon d'autres principes. S'il s'agit de sauver l'Europe, la civilisation, ce ne peut pas être avec ce qui les perd."
                                                                                                                                                                                                                       Jacques Bainville

 

sur Bainville voir aussi ici : http://christocentrix.over-blog.fr/article-jacques-bainville-81505637.html

 

 

 

Voir les commentaires

pour déboulonner la statue

Publié le par Christocentrix

Argoud.jpg

                                                                    par le Colonel Argoud, éditions Fayard, 1974.

Colombey- Argoud

 

 

                                                        

                                                                                     ouvrages complémentaires :

 

naissance-du-mythe-gaulliste-1.jpg                                                                                 paru aux éditions de Chiré.           naissance-du-mythe-gaulliste-2.jpg

de gaulle bis      

 

  andre-figueras--charles-le-derisoire.jpg

Voir les commentaires

Saints Innocents

Publié le par Christocentrix

foetus-2.jpg  foetus 1

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Jour du Souvenir

Publié le par Christocentrix

Voir les commentaires

Heureux ceux qui sont morts.

Publié le par Christocentrix

Cette voix a un ton inhabituel - rauque et violente. une-guerre-pour-rien.jpgC'est celle moins d'un soldat que d'un guerrier qui a rompu la loi du silence et qui ne parle plus à ses ex-supérieurs hiérarchiques à la distance règlementaire. Ce livre retrace le long chemin parcouru par une unité d'élite (un certain 1er R.E.P., vous vous souvenez ?) ; mais le propos de l'auteur n'est pas de réunir de pieuses images, ni de distribuer des médailles; il est de dire la vérité, si dure, si peu plaisante qu'elle soit et de dénoncer les états-majors responsables de tant de désastres. Ce livre écrit en Juillet 1961 a été édité par la Table Ronde en 1966.

L'auteur, Antoine Ysquierdo, s'est engagé à dix-huit ans dans la Légion. Il a participé au premier rang, sans désemparer, à tous les combats de 1942 à 1961 (Tunisie, campagne d'Italie, Allemagne, Indochine, Cao-Bang, Dien-Bien-Phu -où il fut blessé puis prisonnier-, Algérie). Officier de la Légion d'Honneur, 14 fois cité, dont cinq à l'ordre de l'Armée.

 

 

                                                                                                  ***

  

capitaines d'avrilCe livre est né de la rencontre inopinée de deux hommes, révoltés puis réprouvés... deux anciens officiers des guerres de l'Algérie et de l'Angola.

Jean-Claude RACINET fut l'un de ces capitaines ardents qui, en avril 1961, tentèrent de donner un sens révolutionnaire à une victoire militaire sans cela inutile à leurs yeux.

Joâo da SILVA, ancien capitaine commando d'Angola, après avoir refusé, en avril 1974, comme nombre de ses camarades, d'assumer la responsabilité d'une défaite technique outre-mer, prit une position politique telle qu'il dut s'exiler.

L'émouvant face à face a fait sortir Jean-Claude RACINET de la profonde léthargie dans laquelle il était muré et l'a poussé impérieusement à témoigner à son tour. 

-LES CAPITAINES D'AVRIL, (édit. France-Empire, 1976) - Après l'exposé des rêves enfiévrés de ces deux hommes en faveur d'une décolonisation et d'une révolution originales, et celui de leurs expériences et de leurs désillusions, est consacré, en majeure partie, à l'évolution du conflit algérien. Mais Jean-Claude RACINET nous présente celui-ci sous un éclairage nouveau qui permet de mieux comprendre les raisons socio-politiques, militaires et structurelles de notre impuissance. A noter, au passage, que les Capitaines d'avril, au Portugal et en Algérie, ont voulu se démarquer d'une société bourgeoise dont l'incapacité à contrôler le processus de la décolonisation a coûté tant de sang et de larmes. A travers le récit haletant de son expérience de structuration des populations pour qu'elles prennent en main leurs destinées, RACINET brosse ça et là de saisissants portraits de ses camarades. Malgré l'échec essuyé, on veut croire que tant de sacrifices et tant d'efforts n'ont pas été consentis en vain par ces hommes généreux.

 

                                                                                              ***

 

 

Pourquoi avoir rassemblé ces deux téloignages sous ce titre : simplement parce que c'est le titre d'un texte de Charles Péguy, propre à illustrer ce message. Le voici....

 

 

Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle

Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre. . .

Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre.

Heureux ceux qui sont morts d'une mort solennelle.

 

Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles,

Couchés dessus le sol à la face de Dieu.

Heureux ceux qui sont morts sur un dernier haut lieu,

Parmi tout l'appareil des grandes funérailles.

 

Heureux ceux qui sont morts pour des cités charnelles.

Car elles sont le corps de la cité de Dieu.

Heureux ceux qui sont morts, pour leur âtre et leur feu,

Et les pauvres honneurs des maisons paternelles.

 

Car elles sont l'image et le commencement

Et le corps et l'essai de la maison de Dieu.

Heureux ceux qui sont morts dans cet embrassement,

Dans l'étreinte d'honneur et le terrestre aveu.

 

Car cet aveu d'honneur est le commencement

Et le premier essai d'un éternel aveu.

Heureux ceux qui sont morts dans cet écrasement,

dans l'accomplissement de ce terrestre voeu.

 

Car ce voeu de la terre est le commencement

Et le premier essai d'une fidélité.

Heureux ceux qui sont morts dans ce couronnement

Et cette obéissance et cette humilité.

 

Heureux ceux qui sont morts, car ils sont retournés

Dans la première argile et la première terre.

Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre.

Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés.

 

                                                                                 Charles Péguy

 

 

 

Voir les commentaires

la haine de soi à la française

Publié le par Christocentrix

L'Histoire de France regorge de luttes intestines, de reniements, de lâchetés et de contretemps historiques dévastateurs : ils alimentent eux-mêmes des accès de repentance, parfois entrecoupés de cocoricos aussi tonitruants que démesurés voire ridicules.
Comment expliquer ces apparentes contradictions ? Traduisent-elles un manque d'équilibre mental collectif ? Jean-Charles Roche décrit cette maladie française dans maintes de ses manifestations et il apporte une clé permettant de comprendre ce mécanisme contradictoire. A une époque où on assiste à travers le monde politique et tous les participants de la vie sociale à une des poussées les plus violentes de la maladie, cet essai contribue à une meilleure compréhension de l'Histoire des Français et à une réflexion sur ce qui pourrait changer. Si on le voulait...

               Jean-Charles ROCHE, la haine de soi à la française, Edit. Osmondes, 2007.

Voir les commentaires

un Voyageur dans le Siècle (Bertrand de Jouvenel)

Publié le par Christocentrix

..."Je suis né dans un tout autre monde que celui où vivent aujourd'hui mes lecteurs.

Pendant trois quarts de siècle, tout juste, j'ai été porté par le flux de l'histoire à travers une longue suite de scènes différentes, voyageur qui n'a pas choisi son itinéraire, fétu sensible et conscient emporté par le fleuve. Ce sont les impressions de ce voyage que j'ai tenté de rapporter. Il ne s'agit donc aucunement d'une histoire, ni d'une autobiographie. Il s'agit de rapporter aussi fidèlement que possible ce que j'ai vu, comme je l'ai vu sur le moment. Ce que je voudrais, c'est faire du lecteur un compagnon de voyage qui, éloigné de la fenêtre du train, m'entend lui rapporter à mesure les images qui défilent sous mes yeux. C'est, dirais-je ambitieusement, lui faire quelque peu revivre le passé comme présent. C'était là une grande ambition qui s'est trouvée incomparablement plus difficile à réaliser que je ne l'avais imaginé. Revivre le passé, ce n'est pas seulement évoquer quelques images gravées dans la mémoire, c'est aussi et surtout les situer dans le contexte de l'époque, dans les rapports alors existants, dans ce que l'on pensait et savait, ou croyait avoir. Ici, il y a danger de réformer inconsciemment les vues et jugements d'alors, en y injectant ce que l'on pense et sait à présent. Contre ce danger, j'ai lutté de mon mieux. Quand il y avait lieu d'expliquer des événements à partir d'informations subséquentes, je l'ai signalé...

 

...En 1914 à commencé ce qui est pour l'Europe ce qu'avait été pour la Grèce la Guerre de Trente Ans. Assuremment, l'entre-deux guerres a été d'une toute autre durée que l'armistice de Nicias. Mais deux secousses se situant aux deux extrémités de nos trente ans ont été d'une ampleur inconnue et inimaginée. Et la seconde fut la conséquence de la première....

....Au sortir de la première guerre, on peut un moment croire qu'au prix d'immenses sacrifices humains, l'Europe réalise le rêve quarante-huitard : les absolutismes balayés, les nationalités reconnues; en tous pays un régime d'assemblée, au-dessus des Etats, une assemblée internationale à laquelle ils défèrent, et bientôt, les Etats-Unis d'Europe.

Comment de telles espérances ne survivraient-elles pas aux contradictions apportées par les faits? Et même les esprits sensibles à ces faits, et chez qui se développe l'inquiétude, ne peuvent aucunement se représenter l'horreur qui se prépare.
C'est vers une apocalypse que l'on marche. Comme si tout le sang stupidement répandu dans une guerre entreprise à la légère avait été une vaste libation à des démons inconnus. Démons qui insuffleraient leur force à des acteurs féroces et aveugleraient les bien-intentionnés. Il faudrait un Eschyle, un Dante ou un Shakespeare pour exprimer avec une ampleur suffisante le drame de l'Europe, emportée par les Furies et perdant son visage civilisé.

 

Mon propos est modeste. C'est de rapporter au lecteur les impressions successives d'un témoin; mais, il faut le souligner, les impressions seraient différentes en compagnie d'un autre témoin : mes impressions de voyage à travers le siècle dépendent de mon point de départ, de mon itinéraire personnel, des rencontres que j'ai faites, des scènes auxquelles j'ai assisté. Elles dépendent aussi de mon caractère, de mon tempérament, de mes goûts. Et il faut ajouter, des camaraderies et amitiés....

 

...En 1962, dans une autre publication, j'entendais alerter les esprits sur le démenti que les conduites humaines peuvent apporter à un raisonnement logique. Et la valeur pratique de ce livre, à mes yeux, est d'illustrer ce démenti, de faire partager au lecteur la déconvenue éprouvée lorsqu'on vit se dissiper l'image d'une Europe toute en démocraties, et couronnée par un Parlement international, manquer la réconciliation franco-allemande, grandir la force allemande et la France se diviser, et puis l'histoire prendre un tour dramatique au-delà du concevable. Tout cela, c'est de l'histoire, mais la faire revivre comme elle a été sentie, avec la montée d'angoisse, avec le « Que faire? », peut-être cela fera-t-il connaître combien il faut être vigilant pour préserver une marche « moins accidentée » et « moins dramatique »....

 

...Ecrire ce nouveau livre a été une sorte de descente aux Enfers, pour y revivre ce que j'avais voulu oublier, pour y retrouver des amis malheureux. L'entreprenant, je ne soupçonnais pas combien il me ferait souffrir. Car ce que j'avais voulu le récit d'un spectateur devenait peu à peu, nécessairement, le lamento d'une génération; lamento sur la marche de cette génération, de l'euphorie des années 20 à l'angoisse des années 30, au désarroi des années 40.... Puisse le récit des malheurs d'une génération mettre en garde celle de mes lecteurs".

 

                                        Un Voyageur dans le Siècle, 1903-1945, Bertrand de Jouvenel (1979).

 

 

Voir les commentaires

André Fraigneau et l'histoire de France

Publié le par Christocentrix

 

-Politique-   Il ressort d'une lecture "intelligente" de l'histoire de France ce même principe "rigoureux" des courbes que j'ai trouvé ailleurs. La France catholique créée de toute pièce par ses rois décrit une courbe parfaitement harmonieuse jusqu'en 1756 où le principe de renversement des alliances crée ou plutôt met à jour une scission entre une part de la France et une autre. Cette part qui s'élève à l'extérieur au grand jour définitivement en 1756 avait commencé à passer la tête à plusieurs reprises. C'est l'état d'esprit que nous ne qualifierons de protestant que parce que le protestantisme lui a donné sa forme initiale dans l'abstraction et dans l'âme pure avant de descendre à travers les autres branches de la connaissance. En 1756 (malgré les efforts réitérés de la France : révocation de l'édit de Nantes, guerres religieuses, etc.) ce nouvel état d'esprit a trouvé rempart temporel dans l'Allemagne naissante avec les rois de Prusse. Depuis, ce nouvel état d'esprit commence une courbe ascendante qu'aucun effort contraire ne saurait briser. Jamais les choses n'ont été écrasées que sous leur propre poids.

Aucun désastre n'arrête cet esprit puisqu'il est en pleine vigueur, aidé naturellement par la caducité des autres aussi implacable que sa verdeur. La paix signée et faite par un protestant aussi absolu que le présient américain Wilson est le point de la courbe comparable aux derniers succès de la France de Louis XIV (destruction de l'Autriche, préservation du principe des nationalités).

Il n'y a donc d'illogique que ce réflexe de la France de 1914, réflexe inexplicable, sorte d'heredo monstrueuse puisqu'elle aboutit à ce qui eût eu lieu s'il y avait eu défaite.

Le mot de Jacques Bainville poussé depuis 1756: « Vive ma mort » est vrai. Un peuple a crié « Vive ma mort » et par un réflexe quand cette mort lui a été présentée, qu'il avait tout fait pour appeler, il la refuse ! Tout besoin initial doit être comblé. Toute courbe doit s'accomplir. Ce peuple veut sa mort, savoir la fin de la première courbe. On ne saurait rien reconstruire avant qu'il l'ait obtenu. Il faut que la France meure.

« Périsse la France plutôt que l'idéal démocratique » cette boutade est plus vraie que le vrai. Les deux propositions sont inséparables : la démocratie (sens large) est encore en vigueur parce que la France n'est pas morte ; la France s'est choisi la démocratie comme on choisit le moyen de se supprimer.

En 1914, le revolver préparé n'est pas parti, légèrement dévié, il a fracassé le plafond (paix de 1918), c'est ce plafond qui nous tombant dessus donnera la mort retardée mais, depuis 1756, désirée.

Plafond : par l'esprit ou le moule social, enfin par la périphérie et non plus directement comme en 14 (France-Allemagne-guerre). Surréalisme-communisme. Talleyrand et Murat.


Texte d'André Fraigneau, 1926...extrait des Carnets 1922-1926 (Papiers oubliés dans l'habit) édit. du Rocher, 2001.

 

Voir les commentaires

Conrad Kilian

Publié le par Christocentrix

Sorti de l'oubli par une production TV en 1983  et incarné par l'acteur Mathieu Carrière, la personnalité de Conrad Kilian a de quoi fasciner les amateurs de héros français au destin tragique. www.jmcharlier.com/tele_fou_desert.php 
Notons de suite que le destin de ce géologue-aventurier du Sahara croise celui de la France, par les chances que cet inventeur du pétrole français lui offrit de demeurer une grande puissance mondiale mais que des aveuglements, des interêts contraires, l'action de lobbies et de puissances occultes avec la complicité et la veulerie de quelques uns de nos politiciens s'ingénièrent à empêcher.


Conrad Kilian, par l'importance de ses explorations scientifiques sahariennes de 1921 à 1950 auxquelles il consacra son idéal et son souci patriotique, aurait largement contribuer à la garantie de l'indépendance énergétique (pétrole) de la France dès les années 50. Mais les enjeux, tant géo-stratégiques que financiers, étaient tels, que ces puissances occultes s'acharnaient sur la présence française en Afrique du Nord et au Sahara, intriguaient pour accélerer la désagrégation de notre présence impériale. Ces actions subversives étaient dictées soit par la rivalité sous le signe de la puissance énergétique (et donc la puissance tout court) soit par la cupidité et l'appat du gain. Ces interêts contraires aux nôtres surent certainement s'allier et trouver chez nous les services de quelques traitres, puisqu'en quelques années, la France était non seulement évincée mais remplacée.


Sur cet aspect de l'histoire, nous renvoyons à la dizaine d'ouvrages de Pierre Fontaine
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Fontaine  qui retracent l'histoire de ses rivalités autour du pétrole, dont -La guerre froide du pétrole (1956), -Bataille pour le pétrole français, -La guerre occulte du pétrole, -Dossier secret de l'Afrique du Nord (1957), -la mort étrange de Conrad Kilian (1959), -Alerte au pétrole franco-saharien (1961), -l'Aventure du pétrole français (1967), etc... la plupart édités aux éditions les Sept Couleurs. Voir aussi les contributions de Pierre Fontaine aux revues "Défense de l'Occident" et
"Lectures Françaises"....

En 1982, au terme d'une enquête minutieuse, Euloge Boissonnade publia son étude sur "Conrad Kilian explorateur souverain", (éditions France-Empire), apportant de nouveaux indices, de nouveaux témoignages, concernant la mort étrange de Conrad Kilian. Déjà remis en cause par Pierre Fontaine dans son livre de 1959, le prétendu "suicide" auquel avait conclu l'enquête officielle, semble tout à fait improbable au terme de cette étude. Celà fait plutôt penser à
 une "liquidation" maquillée en suicide, élimination d'un idéaliste dont l'entêtement gênait l'action de certains lobbies.



Conrad Kilian a 21 ans lorsqu'il déclare : « Je vois dormir des milliards de barils de pétrole dans le vêtement de sable du désert. » Géologue de génie, il va personnifier, pendant le premier tiers du XXe siècle, la lutte impitoyable que se livreront les puissances industrielles pour la possession de l'or noir au Sahara.
« Kilian est fou !... » : la phrase revenait comme un leitmotiv sur les lèvres des pontifes du Quai d'Orsay, lorsqu'il affirmait l'existence d'hydrocarbures au Sahara, puis au Fezzan. Fou d'inquiétude, il l'était en effet, tant il craignait de voir échapper à la France ces richesses inestimables, découvertes au prix de sacrifices sans nom.
Fou certainement pas, déprimé sans doute par l'indifférence des autorités françaises, se sentant harcelé et menacé par des services étrangers. Déjà dès 1940, les allemands avaient tenté de s'emparer de ses notes...En 1943, Kilian est victime d'une tentative d'empoisonnement... En 1946, le domicile de Kilian fut de nouveau "visité" et ses dossiers soigneusement épluchés... en 1949, sous les yeux d'un ami témoin, une voiture tenta de le renverser en fonçant sur le trottoir puis prit la fuite....Kilian se savait poursuivi par l'Intelligence Service, sur qui se porteront les soupçons des familiers et amis de Conrad Kilian. Ceci fut d'ailleurs reconnu quelque temps plus tard par un major de l'Armée britannique (et agent de l'I.S en France pendant et après la guerre) lors d'une conversation qui s'est déroulée dans un salon parisien, réunissant des industriels et diplomates... La conversation portant sur le pétrole, puis la mort de Kilian, le major laissa froidement tomber : " Ah oui ! Conrad Kilian, l'homme qui a découvert le pétrole au Fezzan... l'Intelligence Service s'est occupé de lui... ce fut du travail bien fait...". Euloge Boissonnade précise dans son livre que "la conversation s'est déroulée en présence de M. Philippe Vienne, journaliste à l'Agence Internationale de France, de Grenoble...".

Il est aussi interessant de noter qu'Euloge Boissonnade, lors de son enquête, demanda à consulter les Archives diplomatiques du Quai d'Orsay. En date du 9 juin 1970, il reçu comme réponse de la part du Ministre Plénipotentiaire, Directeur des Archives Diplomatiques (Ministère des Affaires étrangères) : "Les recherches effectuées pour étudier la possibilité de vous faire bénéficier pour la période 1919-1929 d'une autorisation spéciale ont abouti malheureusement à constater que le dossier sur la frontière lybienne avait disparu avant 1946 et qu'il n'existait pas trace de la mission de Mr. Conrad Kilian dans nos archives de 1918 à 1929, pas plus d'ailleurs que pour la période 1930-1939."...
Alors ? le Quai d'Orsay dévalisé ?

Je ne veux pas tout éventer... ce livre offre d'autres développements... certains feront le rapprochement avec la disparition de Leclerc au Sahara dans d'étranges circonstances quelque temps auparavant... L'histoire de l'abandon du Fezzan est maintenant assez bien connue, et l'action de certains lobbies pour nous évincer d'Afrique du Nord commence de l'être. Les "Archives" ou les "mémoires" finiront-elles un jour par révéler toute la vérité ?

Au-delà de ce qui interesse l'histoire, c'est surtout au personnage de Conrad Kilian que j'ai voulu m'attacher pour la rédaction de cet article. On ne peut qu'admirer la noblesse du personnage et son archarnement. Il y consacrera son existence, sacrifiera son patrimoine et le grand amour de sa vie, la tendre et douce Corinne. La jeune fille comprit trop tard la passion dévorante de Kilian pour « son désert ».
Là-bas, par-delà les dunes, celui qui s'intitulait « son fiancé devant Dieu », glanait en vrac, les émeraudes garamantiques des compagnons d'Hannibal, les graptolithes, indice de présence de pétrole et savait aussi s'attirer les coeurs... Nouveau Lawrence d'Arabie, il régna sur Rhât, la cité interdite aux infidèles et refusa le trône des sultans de Mourzouk. Mêlant les traditions du Hoggar à celles de l'héraldique française, chevalier du Moyen-Age égaré en plein XXème siècle, Conrad Kilian tenta alors une entreprise désespérée : la croisade du pétrole français. Traqué, persécuté, en butte à de haineuses et sournoises machinations, il sera vaincu et périra dans des conditions tragiques, dignes d'un héros racinien.
Ce héros fut oublié. Un moment, la radio, la télévision et le cinéma se disputèrent ce paladin des sables, découvert par Euloge Boissonnade entre le massif du Hoggar et le désert du Ténéré. Fasciné par le personnage, le reporter a reconstitué ses itinéraires, de puits en puits, de medjed en medjed, jusqu'à ce petit hôtel de Grenoble où Kilian a mystérieusement terminé son odyssée terrestre.

Je terminerais cette présentation succinte par l'extrait d'une déclaration de Daniel-Rops, son ancien condisciple au lycée de Grenoble :
"Déjà lorsque nous n'avions pas encore l'âge où la vie se fixe dans ses orientations décisives, nous savions que Conrad Kilian aurait une destinée hors-série. Il l'eut. Et notre coeur se serre......cet homme aura connu dans toute sa tristesse le sort qui est ordinairement celui des pionniers, des figures d'avant-garde et ceux qui marchent trop en avance sur leur temps....Son grand rêve, il voulut le faire passer dans les faits....et ce fut une série d'intolérables épreuves....l'histoire n'est pas encore écrite de cette montée impitoyable des ténébres dans cet homme et autour de lui, qui devait aboutir à une mort demeurée énigmatique, et sur laquelle la lumière ne sera sans doute jamais faite".

                                                                
                                                                                                Christocentrix

 


Voir les commentaires

derniers moments de Robert Brasillach

Publié le par Christocentrix

 

"Ici on ne peut que citer le procès-verbal des derniers instants - parce qu'ils font partie de sa vie et de sa figure - dressé par Jacques Isorni le jour même de son exécution, le 6 février 1945. « A 8 h 30 devant les grilles du Palais de Justice se forme le cortège des six voitures noires qui doivent conduire à Fresnes les personnes requises par la loi et l'usage pour l'exécution. Tout le long du parcours, un important service d'ordre constitué par des gardiens de la paix armés de mitraillettes. Aux abords de Fresnes, le service d'ordre est beaucoup plus dense. Dans l'allée de la prison, des gardes mobiles font la haie. Nous attendons quelques instants avec les différentes personnalités devant la grille d'accès au grand couloir qui mène à la détention.
A neuf heures juste, nous nous rendons, suivis d'un peloton de gardes mobiles, à la division des condamnés à mort. Le Commissaire du Gouvernement François ouvre la porte de la cellule de Robert Brasillach et lui annonce d'une voix sèche que son recours en grâce a été rejeté.
Je pénètre à ce moment dans sa cellule avec Me Mireille Noël et l'aumônier. Robert Brasillach nous embrasse tous les trois. Puis, il demande à rester seul avec l'aumônier. Deux gardiens viennent lui retirer ses chaînes. Après sa confession et quelques minutes d'entretien avec le prêtre, il me fait appeler ainsi que Mlle Noël. Il me donne alors les dernières lettres qu'il a préparées pour sa mère, pour sa famille, pour Mlle Noël et pour moi-même.
Il me donne également les manuscrits des poèmes écrits en prison et une feuille contenant quelques lignes avec ce titre « La mort en face ». De temps en temps, il me regarde avec un bon sourire d'enfant. Il avait compris dès hier que ce serait pour ce matin.
- Vous savez, me dit-il, j'ai parfaitement dormi !
Comme il doit revêtir son costume civil à la place du costume des condamnés à mort, Mlle Noël se retire et je demeure seul avec lui.
- Oui, restez près de moi, me dit-il.
Il me montre la photographie de sa mère et celle de ses deux neveux. Il les met dans son portefeuille et m'exprime le désir de mourir avec ces photographies sur son coeur. A ce moment, il a une légère défaillance, il pousse un soupir, et des larmes coulent de ses yeux. Il se tourne vers moi et dit, comme s'il voulait s'excuser : « C'est un peu naturel. Tout à l'heure je ne manquerai pas de courage, rassurez-vous. »
Il s'habille alors tranquillement, avec beaucoup de soin refait la raie de ses cheveux devant la glace, puis, songeant à tout, retire d'une demi-boule de pain un petit canif et une paire de ciseaux qu'il y avait dissimulés et qu'il me remet. Il m'explique « Pour que personne n'ait d'ennuis. »
Il range ses affaires personnelles dans un grand sac. A ce moment il a soif. Il boit un peu d'eau dans sa gamelle. Puis il achève sa toilette. Il a le par-dessus bleu qu'il portait au procès. Autour de son cou, il a passé le même foulard de laine rouge.
Il demande à s'entretenir avec M. le Commissaire du Gouvernement Reboul.
Celui-ci s'avance. Il est raidi par l'émotion, le visage tourmenté et d'une grande pâleur.
D'une voix sourde, Brasillach lui fait alors la déclaration suivante
- Je ne vous en veux pas, monsieur Reboul, je sais que vous croyez avoir agi selon votre devoir ; mais je tiens à vous dire que je n'ai songé, moi, qu'à servir ma patrie. Je sais que vous êtes chrétien comme moi. C'est Dieu seul qui nous jugera. Puis-je vous demander un service ?
M. Reboul s'incline. Robert Brasillach continue :
- Ma famille a été très éprouvée, mon beau-frère est en prison sans raison depuis six mois. Ma soeur a besoin de lui. Je vous demande de faire tout ce que vous pourrez pour qu'il soit libéré. Il a été aussi le compagnon de toute ma jeunesse...
Le Commissaire du Gouvernement lui répond :
- Je vous le promets.
Robert Brasillach lui dit pour terminer : « Consentiriez-vous, monsieur Reboul, à me serrer la main ? »
Le Commissaire du Gouvernement la lui serre longuement.
Robert Brasillach m'embrasse une fois encore ; il embrasse également Mlle Mireille Noël qui vient de rentrer et lui dit :
- Ayez du courage et restez près de ma pauvre soeur.
Il est prêt, Il ouvre lui-même la porte de sa cellule. Il s'avance au-devant des personnalités qui attendent et leur dit : « Messieurs je suis à votre disposition ! »
Deux gardes mobiles se dirigent vers lui et passent les menottes. Nous gagnons le grand couloir de la sortie. En passant devant une cellule, d'une voix claire, Robert Brasillach crie : « Au revoir Béraud », et quelques mètres plus loin : « Au revoir Lucien Combelle ! ». Sa voix résonne sous la voûte, au-dessus du bruit des pas.
Lorsque nous arrivons à la petite cour où attend la voiture cellulaire, il se retourne vers Mlle Noël et lui baise la main, en lui disant : «Je vous confie Suzanne et les deux petits». Il ajoute : « C'est aujourd'hui le 6 février, vous penserez à moi et vous penserez aussi aux autres qui sont morts le même jour, il y a onze ans .»
Je monte avec lui dans la voiture qui va nous conduire au fort de Montrouge. Il s'est assis, impassible, en me prenant la main. A partir de ce moment, il ne parlera plus.
Le poteau est dressé au pied d'une butte de gazon.
Le peloton qui comprend douze hommes et un sous-officier nous tourne le dos. Robert Brasillach m'embrasse en me tapotant l'épaule en signe d'encouragement. Un sourire pur illumine son visage et son regard n'est pas malheureux. Puis calme, très à l'aise, sans le moindre tressaillement, il se dirige vers le poteau. Je me suis un peu détaché du groupe officiel. Il s'est retourné, adossé au poteau. Il me regarde, il a l'air de dire : « Voilà, c'est fini.»
Un soldat sort du peloton pour lui lier les mains. Mais le soldat s'affole et n'y parvient pas. Le maréchal des logis sur ordre du lieutenant essaie à son tour. Les secondes passent... On entend la voix du lieutenant qui coupe le silence : « Maréchal des logis !... Maréchal des logis !...»
Robert Brasillach est lié à son poteau, très droit, la tête levée et fière. Au-dessus du cache-col rouge, elle apparaît toute pâle. Le greffier lit l'arrêt par lequel le pourvoi est rejeté.
Puis d'une voix forte, Robert Brasillach crie au peloton :  « Courage !... » et les yeux levés : « Vive la France ! »
Le feu de salve retentit. Le haut du corps se sépare du poteau, semble se dresser vers le ciel. La bouche se crispe. Le maréchal des logis se précipite et donne le coup de grâce. Le corps glisse doucement jusqu'à terre. Il est 9 h. 38.
Le docteur Paul s'avance pour constater le décès. L'aumônier et moi-même le suivons et nous inclinons. Le corps est apparemment intact. Je recueille, pour ceux qui l'aiment, la grosse goutte de sang qui roule sur son front.»

Devance toute séparation, comme si elle était derrière toi, semblable à l'hiver qui à l'instant s'en va. Car parmi les hivers, il en est un sans fin, tel que, l'ayant surmonté, ton coeur en tout survivra.
C'est le début d'un des Sonnets à Orphée de Rilke. Devance toute séparation... ton coeur en tout survivra. Oui, ce lot des élus de la mort précoce, c'est celui de Robert Brasillach. Certains ont voulu discuter, qui les romans, qui le théâtre, qui les chroniques. Mais c'est d'une oeuvre unique qu'il s'agit et, telle celle d'Orphée, sa voix continuera à monter et à se faire entendre, impossible à confondre avec quelque autre. Ni criminel, ni traître. François Mauriac a réglé ce problème une fois pour toutes. Et comme le dit Jean Anouilh, l'auteur d'Antigone, dans sa préface des Œuvres complètes : « Quand la salve inutile éclate, l'homme qui a signé la sentence s'écroule, commençant sa putréfaction et promenant son cadavre glorieux et bruyant - pour un temps ridiculement court. Le petit garçon qui regardait la mort en face reste debout et intact - éternellement... Cet enfant nu a pris sa place à jamais parmi les premiers écrivains de langue française. »
Oui, comme la mort a nourri sa vie, la vie nourrira sa mort et le chant d'Orphée continuera à monter pour célébrer la beauté des deux règnes.
Oui, quiconque approchera de cette oeuvre entendra toujours, avec cette voix unique, les mêmes thèmes battre comme le sang dans le coeur : le temps qui passe, le bonheur, l'été, la plage émerveillée, les jeunes filles, le feu aux joues, l'amour toujours mordant. Et ces clefs de toute poésie : la jeunesse et la mort."

Extrait du livre "Brasillach" par Bernard George, éditions Universitaires, Classiques du XXème siècle n° 94, 1968.

 

Voir les commentaires

1 2 > >>