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Articles avec #certitudes tag

Avant de tuer les Dieux, songer aux monstres qui naîtront de leurs cendres...

Publié le par Christocentrix

 

Le mal, l'absurde, l'impossible - des échelons que Dieu nous invite à gravir pour aller à Lui. Pourquoi faut-il que nous en tirions des arguments pour nier son existence ?

Sophismes nietzschéens de la "Nouvelle Droite" . L'Univers ; un chaos ordonné par l'homme ? je veux bien. Mais qui a ordonné cet ordonnateur?
La métaphysique, traduction des besoins psychologiques? C'est trop souvent vrai. Mais quel instinct métaphysique - celui de la vérité nue et peut-être mortelle - nous fait-il récuser ces métaphysiques issues de la psychologie ?
Transcendance irréductible de l'homme à l'égard de tout l'humain : sa dignité consiste en ceci qu'il peut se poser des questions métaphysiques et son infirmité en ceci qu'il ne peut en résoudre aucune. Aveugle devant la vérité, mais capable de dire : qu'est-ce que la vérité ?

L'amour de la vérité : générateur de doutes infinis sur la vérité de l'amour.
la foi sans vêtements......

Silence de Dieu - Silence surtout de moi à Dieu. Plutôt ne pas lui parler que de confondre sa réponse avec l'écho de ma propre voix. Mais je crois encore ; je crois contre toutes les raisons de douter et contre toutes les raisons de croire. Je crois de toute mon incrédulité.

.....Il y a un péché d'espérance comme il y a un péché de désespoir. Il faut savoir mourir inconditionnellement....
...mais ce Dieu que je retrouve sans fin dans l'amertume sans fond de l'avoir perdu....

Toujours Gethsemani. Dieu devant le froid absolu de la mort -- Dieu qui n'est jamais si Dieu que lorsqu'il ne sait plus qu'il est Dieu....

Je n'ai rien à partager que ma nuit -- terreur sans fond et espérance sans forme -- refusant de savoir si elle est  grosse ou non d'une aurore. Je suis un aveugle qui fait crédit aux ténèbres....

"Ne tue pas ton plus haut espoir" (Nietzsche). On laisse mourir, on aide à mourir son âme pour ne plus entendre le reproche silencieux qu'elle fait par ses blessures. Ne pas achever le Dieu blessé....

Avant de tuer les Dieux, songer aux monstres qui naîtront de leurs cendres.....


                       extraits de "le Voile et le Masque" (Gustave Thibon)




 

 

 

 

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scandaleuse vérité (Cardinal Jean Daniélou)

Publié le par Christocentrix

"Etre chrétien, c'est donc croire qu'il y a au milieu de nous des œuvres divines et que ces œuvres divines sont ce qu'il y a de plus grand dans le monde. Être chrétien, c'est croire qu'une Thérèse de Lisieux dans son Carmel est plus importante dans la hiérarchie des valeurs que le plus grand politique ou le plus grand des savants. Parce que c'est d'un autre ordre, et qui est plus grand.

Et être chrétien, c'est croire que ces événements divins ne sont pas seulement passés, mais que nous vivons en pleine histoire sainte, que nous vivons dans un monde où Dieu continue d'agir et que, selon la très belle formule de l'exégète protestant Cullmann, les sacrements sont la continuation dans le temps de l'Église des grandes œuvres de Dieu dans l'Ancien et le Nouveau Testament. C'est la proclamation magnifique qui est la nôtre.

La seule chose que nous disons aux marxistes, aux humanistes athées, c'est qu'il leur manque de percevoir la dimension la plus profonde de l'existence humaine, et qui est ce que Dieu accomplit en l'homme ; et ce que finalement nous leur reprochons, c'est d'être superficiels, c'est-à-dire de n'atteindre de l'homme que la surface et de ne pas descendre dans les abîmes de l'existence.
[...]

Croire, c'est croire que le Verbe de Dieu s'est incarné dans le sein de Marie. Vous voyez l'insolence d'une telle affirmation. En présence d'un marxiste, d'un athée, d'un scientiste, nous voyons ce qu'elle engage. Nous imaginons ce qu'ils commencent à nous dire. Si nous n'osons pas assumer notre foi dans son paradoxe, si nous laissons entendre qu'elle pourrait n'être qu'une représentation plus ou moins mythologique de je ne sais quel événement intérieur, nous commençons à jeter du lest, et à partir de ce moment nous sommes déjà sur la voie des trahisons.

Être chrétien, c'est au contraire affirmer que cette irruption divine dans l'existence de l'homme est précisément la nouvelle joyeuse, magnifique, splendide que nous proposons. Mais encore faut-il que, cette affirmation, nous soyons capables de la justifier à nos propres yeux et à ceux des autres, que nous ayons le droit de la porter.

Je voudrais dire enfin, en ce qui concerne l'objet de la foi que, dès lors qu'elle porte sur un événement divin, elle ne saurait être qu'une et universelle. Elle n'est pas l'expression de la sensibilité religieuse d'un peuple ou d'une race. Il n'y a pas de pire trahison de l'Évangile que d'accepter d'en faire la religion de l'Occident.

Le christianisme n'est pas une certaine vision du monde. Il n'est pas un système que nous acceptons parce qu'il nous convient. L'unique problème est de savoir si quelque chose est arrivé. Il n'y a pas d'autre question. Est-ce que le Christ est ressuscité ou non? S'il est ressuscité, ceci intéresse absolument tous les hommes. Il ne s'agit pas d'une représentation, mais d'un événement réel. Et il s'agit de savoir si cet événement est réel. Si je ne suis pas persuadé que cet événement est réel, je n'ai pas la foi.

Je peux avoir une sensibilité chrétienne, je peux désirer que les valeurs spirituelles qui sont celles de l'Évangile restent celles du monde libre, que la civilisation s'inspire plutôt des principes libéraux que j'appelle mystique chrétienne que de la doctrine socialiste des démocraties populaires. Mais à partir de ce moment, ce que je défends, ce n'est pas la foi, c'est je ne sais quelle liberté qui ne vaut pas cher d'ailleurs, dont je sais qu'elle ne vaut pas cher et dont, comme beaucoup de mes contemporains, je profite avec le sentiment confus qu'elle ne vaut pas la peine d'être défendue. "

                      Extrait de "Scandaleuse vérité", Cardinal Jean Daniélou.

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les deux scandales du Christianisme (Gustave Thibon)

Publié le par Christocentrix

"Les petits contempteurs du christianisme l'attaquent comme une religion inhumaine. Mais ses grands contempteurs (un Spinoza, un Nietzsche) méprisent en lui l'excès d'humanité. Le christianisme attache à l'homme une importance centrale et définitive (dogmes de l'Incarnation, de l'immortalité de l'âme, etc.) ; il ne permet pas la « mise en question » de l'homme. Là est l'écueil pour les grandes âmes et le seul mobile capable de les détourner du Christ : leur profond mépris de l'homme les fait se cabrer contre ce Dieu qui fait un tel cas de l'homme, qui va jusqu'à enliser son essence dans le marécage humain. Ce qui scandalise les petits - ceux que la joie dans la platitude et le péché rassasie - c'est un Dieu si dur pour l'homme ; ce qui scandalise les grands, c'est un Dieu si attentif pour l'homme !

Et, de part et d'autre, la méconnaissance de l'amour est égale - de l'amour qui châtie et de l'amour qui descend. Il n'est pas d'homme assez pur pour que l'amour divin n'ait pas besoin de le broyer ; il n'est pas non plus d'homme trop misérable pour que l'amour divin n'assiège et ne mendie son âme. Et dans cet amour qui nous pourchasse jusqu'en enfer et qui nous soulève jusqu'au ciel s'efface le double scandale de la valeur infinie de l'homme et de la souffrance humaine. Aux yeux de Dieu, nul homme n'est assez haut et nul homme n'est trop bas tout le secret de l'humanisme chrétien est là..."

 

Gustave THIBON, Destin de l'Homme, Desclée de Brouwer, 1941.

 

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Souverainement

Publié le par Christocentrix

"Avec Dieu on ne tient pas une conversation... Mais ceci est juste pourtant à deux points de vue: d'abord en ce que la prière est un entretien entre Dieu et l'âme, et ensuite en ce que, dans cet entretien, une certaine langue est parlée : manifestement celle de Dieu. La prière est un entretien, et non un monologue de l'homme devant Dieu. Il n'y a, à la longue, d'une manière générale, pas de parole solitaire; parole signifie face à face, échange des pensées et des âmes, union dans un esprit commun, dans la vérité possédée en commun et partagée. La parole suppose un Je et un Tu, elle est leur manifestation mutuelle. Et l'homme dans la prière ne parle-t-il pas à un Dieu qui s'est depuis longtemps manifesté à l'homme dans une Parole si puissante et si compréhensive qu'elle ne peut absolument pas devenir du passé, mais continue à retentir comme présente à travers tous les temps?  Plus un homme apprend à prier comme il faut, plus il éprouve profondément que son balbutiement vers Dieu n'est qu'une réponse à la parole que Dieu lui a adressée, donc aussi qu'est vrai ce second point : l'on ne peut s'entendre entre Dieu et l'homme que dans la langue de Dieu. Dieu a d'abord commencé à parler, et c'est seulement parce qu'il s'est « extériorisé » que l'homme peut « s'intérioriser » vers Dieu. Que saurions-nous dire à Dieu, s'Il ne s'était lui-même auparavant communiqué et découvert à nous dans sa Parole, de telle sorte que nous ayons accès à Lui et commerce avec Lui?  Et que nous puissions regarder dans son intimité et y entrer, entrer dans l'intimité de la Vérité éternelle, pour devenir nous-mêmes, en présence de cette lumière qui nous inonde, venant de Dieu, lumineux et transparents devant lui?

Soudain nous le savons comme une certitude première : la prière est un entretien, dans lequel la Parole de Dieu a l'initiative et dans lequel nous ne pouvons tout d'abord être que des auditeurs. Et voici ce qui décide de tout : que nous percevions la Parole de Dieu, et qu'à partir de sa Parole nous trouvions la réponse à lui adresser. Sa Parole est la Vérité, découverte pour nous. Car dans l'homme il n'y a aucune vérité définitive, ne soulevant plus de questions; il sait cela, celui qui, quêtant une réponse, lève les yeux vers Dieu et se dirige vers lui. La Parole de Dieu est l'invitation qu'il nous adresse d'être avec lui dans la vérité ...[...]... La Parole de Dieu est finalement Lui-même, ce qu'Il a de plus vivant et de plus intime : son Fils unique, qu'Il a envoyé dans le monde. Dans son Verbe, il a résolu pour nous toute question, Il a dispensé toute lumière que nous sommes capables de saisir en cette vie. Mais nous ne le cherchons pas assez là où il nous attend, et où nous pourrions le trouver : dans son Fils qui est son Verbe. Nous n'écoutons pas assez du côté où Dieu parle : là où la Parole de Dieu a retenti dans le monde d'une manière si unique et si définitive que celà suffit pour tous les temps et que tous à la fois ne l'épuiseront pas. Ou bien nous pensons que la Parole de Dieu a déjà si longtemps retenti sur terre qu'elle est presqu'usée, que bientôt c'est le tour d'une nouvelle parole, et que nous aurions le droit d'exiger une autre parole. Et nous ne remarquons pas que c'est nous, nous seulement, qui sommes les usés, les vieillis, tandis que la Parole de Dieu retentit d'une manière toute aussi vivante et originelle, et tout aussi proche de nous que jamais ...[...]...

On ne peut percevoir aucune parole particulière de Dieu sans entendre le Fils qui est LA Parole, on ne peut pas non plus fouiller dans les écrits de l'Ancien et Nouveau Testament, dans l'espoir de tomber sur quelques vérités, si l'on est pas disposé à se prêter à la rencontre immédiate avec Lui, cette Parole personnelle et libre, qui s'adresse à nous souverainement. Ce ne sont pas seulement les « paroles variées de bien des manières » de l'Ancien Testament, mais tout autant les paroles dispersées à travers la création, balbutiées et murmurées en elle, les paroles de la nature en ce qu'elle a de plus grand et de plus petit, les paroles des fleurs et des animaux, les paroles de la beauté subjuguante et de la terreur paralysante, les paroles multiples et confuses, pleines de promesses et de désillusions, de l'existence humaine, qui toutes ensemble appartiennent à l'unique Parole éternelle et vivante, faite homme pour l'amour de nous, et sont absolument sa propriété. Et par conséquent elles sont administrées par Elle, et elles doivent être interprétées exclusivement à Sa lumière. Aucune d'entre elles ne peut être entendue et comprise autrement que sous Sa conduite; aucune d'entre elles ne peut être une parole propre, détachée de l'unique Parole, à plus forte raison, être une parole d'objection contre cette unique Parole."

« Qui n'est pas pour moi est contre moi; qui ne récolte pas avec moi disperse. »

extrait de "la Prière Contemplative". Hans Urs von Balthasar.1958.

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Patrie

Publié le par Christocentrix

"La patrie est la première de ces réalités où s'enracine le destin de l'homme, où s'accomplit sa responsabilité. Autant que le lien familial, et d'une façon analogue, le lien patriotique participe à l'intégralité de la personne sous son double aspect de communauté humaine et d'attachement au sol. D'aucuns, paraît-il, ne l'éprouvent pas ; ce sentiment d'harmonie et d'union que la simple rencontre d'un paysage ou d'un regard humain suffit à faire naître en notre creux lorsque, revenant d'un voyage, la frontière nous accueille avec ses douaniers, ce sentiment échappe à certains, qui s'en croient plus libres : il leur manque seulement un des moyens et peut-être le plus sûr, d'accéder à la réalité des choses et des hommes, d'être plus profondément.

A l'état pur, c'est-à-dire quand le jeu des forces dégradantes n'en a point faussé la signification, le sentiment patriotique possède une double valeur. Il exprime la nécessité vitale sous ses deux aspects, l'humain et le surhumain.

En lui s'incarne la volonté innée en nous, d'une relation affective avec au coeur des plus oublieux, le souvenir confus de la communion spirituelle. La révolte contre la patrie (qui ne ressemble en rien à cet apatriotisme des indifférents) est encore une façon d'exprimer ce désir, comme la haine avoue l'amour. En ce sens, et même dans la tendresse irraisonnée pour un pays, en ce qu'il a de plus terrestre, de plus géographique, l'amour de la patrie est le meilleur des moyens qui permettent à la personne humaine le contact du réel et l'affirmation de soi.

Mais aussi, liée au plus profond de notre conscience, réalité immédiate sans laquelle nul d'entre nous ne serait ce qu'il est, elle participe à notre destinée individuelle et au sentiment que nous en avons. Notre rôle dans l'univers, le plus grave sujet de méditation qui soit proposé à un homme, - chrétien ou non-chrétien - ne se conçoit pas en dehors du lieu et de l'espace où notre destinée nous fait vivre. Ici encore, la patrie est l'intermédiaire entre la réalité et notre conscience, elle-même la première, la plus vivante réalité.

Le problème de la Patrie, c'est le problème de l'homme."...

                                                            Daniel-Rops, éléments de notre destin, 1936/39.


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O Christ tu m'as charmé...

Publié le par Christocentrix

                                                                  l'Innocence (William Bouguereau)

l-innocence.jpg

 

 
 
O Christ par ton désir tu m'a charmé...
Maître et néanmoins ami des hommes,
Comme le larron je te confesse  
Souviens-toi de moi Seigneur, dans ton royaume.

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Et toi qui dis-tu que je suis ?

Publié le par Christocentrix

Jésus, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu ;

mais il se dépouilla lui-même, prenant la condition d'esclave, il se rendit semblable aux hommes.

A son aspect, reconnu pour un homme,

il s'abaissa, en se faisant obéissant, jusqu'à la mort, et la mort de la croix.

C'est pourquoi Dieu l'a élevé et lui a donné le Nom qui l'emporte sur tout nom ;

afin qu'au Nom de JESUS, tout genou fléchisse, au ciel, sur terre et aux enfers ;

et que toute langue proclame : Jésus est Seigneur! à la gloire de Dieu le Père

 

  le christ

  

Tremble, homme, en regardant ce sang qui divinise, car c'est une braise qui consume les indignes.

Le corps de Dieu me divinise et me nourrit ; il divinise mon âme et nourrit mon esprit de manière merveilleuse.

Tu m'as charmé, ô Christ, par ton désir, et ton divin amour m'a transformé ;

qu'un feu immatériel consume donc mes péchés, alors, tressaillant de joie, je magnifierai tes deux avènements, ô Toi qui es bonté.

Comment pourrais-je entrer dans la splendeur de ton sanctuaire, indigne que je suis ?

Car, si j'ai l'audace de pénétrer dans la salle des noces, mon habit, qui n'est pas un vêtement nuptial, me confondrait, et, lié, je serais jeté dehors par les anges.

Purifie-moi de toute souillure et sauve-moi, toi qui es ami des hommes.

Voici que je m'approche.... Ne me consume pas par cette participation, ô toi qui m'as façonné...

Que la participation à tes saints mystères, Seigneur, ne devienne pas pour moi jugement ou condamnation, mais guérison de l'âme et du corps.

 

 

 

  Christ en croix Vélasquez

 

-Et vous qui dîtes-vous que je suis ?

-Tu es le Christ, notre Messie, le Fils du Dieu Vivant... A qui irions-nous ? Toi seul a les paroles de la vie éternelle...

 

-M'aimes-tu ?...

-Seigneur, Tu sais tout, Tu sais bien que je T'aime....Tu me combles, et la Terre, quand tu es là, pour moi n'a plus de goût....

Je crois, Seigneur, et je confesse que tu es le Christ, Fils du Dieu vivant, venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis le premier....Fais-moi miséricorde, pardonne-moi mes transgressions et juge-moi digne d'avoir part à tes mystères immaculés, pour la rémission de mes péchés et la vie éternelle.

En ce jour, ô Fils de Dieu, donne-moi de communier au repas de tes initiés, car je ne dirai pas le mystère à tes ennemis, ni ne te donnerai le baiser de Judas ; mais comme le Larron je te confesse : souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.

 

 

 

   

 

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Alpha et Omega

Publié le par Christocentrix

Il faut donc se résigner à laisser mourir cette civilisation moderne dont nous pouvons à peine nous disjoindre tant nous sommes encore happés en son processus. Elle meurt comme toutes celles qui l'ont précédée. Rien ne la sauvera, parce que sa tentative de se soustraire au rythme de la vie et de la mort par les artifices de la technique et de la science est encore une intégration anticipée dans le cycle qui affecte tout ce qui est humain. Rien ne la sauvera, pas même le christianisme. Ne nous leurrons pas d'espoirs. Le christianisme ne sauve que l'éternel en l'homme, et le cycle n'est que l'image lointaine de l'éternité. L'homme n'échappe au cycle qui règle la nature que par le surnaturel ou par le désespoir absolu : le cercle n'est ouvert que par en haut ou par en bas. En cette fin de civilisation, il s'agit d'assurer le salut de ce qui ne périt pas, de ce qui se rapproche le plus de l'éternel : le rapport fondamental de l'homme à la Création et, au delà de celle-ci, au Créateur, en le vivant le plus possible en lui-même et en ses ramifications essentielles.

Devant les sagesses toutes écroulées et tous les nouveaux paganismes d'un monde mourant d'avoir fui son créateur, pouvons-nous tarder encore à retisser dans la fidélité la tunique sans couture de l'unique Sauveur.
Le grand Pan est mort : tous les oracles se sont tus. Ce qu'il y avait de nostalgie divine dans la sagesse de l'Acropole ne peut plus attendre davantage que nos voix réconciliées attestent enfin la Sagesse du seul Icare remonté aux cieux : le crucifié du Golgotha. L'Alpha du matin éternel peut seul nous faire rejoindre par dessus le chaos l'Oméga du jour sans plus de soir.

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le Christ et l'Histoire...la grande secousse...

Publié le par Christocentrix

Le Verbe Incarné est l'Alpha et l'Omega : tout commence et s'achève avec lui et en lui. Rien de plus essentiel à une vision chrétienne de l'histoire : on y voit que le Christ est le moteur principal de l'histoire et qu'elle trouve en lui son origine, ses caractères et son achèvement.


1. Le Christ,
« principe » de l'histoire :

Dès l'instant où le Verbe de Dieu apparaît dans l'histoire, il transforme cet instant en un kairos privilégié, unique, dont toute l'histoire, antérieure et postérieure, tire signification et dynamisme. Il est le principe ou l'archê de l'histoire.

Cette intrusion divine n'est plus seulement une épiphanie, mais une réelle théophanie (Le Logos s'est fait chair et II a habité parmi nous, dit saint Jean), et les signes qui l'accompagnent, sont le Signe par excellence. Dans l'histoire humaine, déjà rendue discontinue et hétérogène par les interventions de Iahveh, une «secousse» disproportionnée à toute grandeur humaine désoriente le cours normal des choses et, quoique le Seigneur Jésus soit le Messie promis de longue date et attendu par une lignée fidèle de générations, sa personnalité divine est si transcendante à l'humain, qu'en un instant toute l'histoire change et toute valeur prend un aspect nouveau.

L'histoire sainte des Juifs, à laquelle jusqu'alors il fallait être fidèle, devient l'Ancien Testament, préparation modeste de la Venue, cortège où toutes les personnalités deviennent des «figures » de la seule Personnalité, réalité révolue où toute valeur n'est que l'image de la seule Valeur.

De plus, chose essentielle à notre propos, avec le Christ, un nouveau monde est imposé à notre intelligence et proposé à notre espoir : celui que le Seigneur appelle communément « Royaume de Dieu » ou « Royaume des cieux». Non un monde d'idées, ainsi que l'avait imaginé Platon, mais un monde de réalités :  En fin de compte, devenir croyant signifie toujours la même chose : devant un homme, enfermé dans son être propre, dans son monde particulier, apparaît une autre réalité devant lui, en lui-même ou au-dessus de lui... une autre réalité, appartenant à un monde différent, d'en haut... L'âme doit se perdre une première fois en reconnaissant un second axe, puis aller jusqu'à reconnaître que l'au-delà est l'axe véritable.
Commence alors la lutte entre les « deux axes ». Longtemps, ils s'opposent; chacun essaie pour ainsi dire de priver l'autre de ses forces vives; chacun essaie de tirer à lui le coeur, l'esprit, la force, le sang ...

Aussitôt, le cosmos qui nous est familier, prend une valeur relative; la seule vraie réalité est cet au-delà où se dessine, pour l'éternité, la figure définitive de tous les êtres. La foi en cette réalité supérieure modifie nos conceptions courantes de l'histoire. Si le Christ s'était livré à quelque action purement temporelle, si par exemple il avait lancé son peuple dans une invincible conquête, l'éventuel triomphe d'Israël eût été du même type que celui de Rome, des Mongols ou de l'Islam. La venue du Christ provoque, dans l'histoire, une déchirure, une distorsion. D'une part, l'histoire « apparente », celle des peuples et des civilisations, avec leurs institutions, leurs guerres, leurs réussites, leurs échecs; d'autre part, une histoire « réelle », celle de la sanctification des âmes, qui prépare le Royaume des cieux. Celle-ci façonne, détermine celle-là, comme l'aimant caché sous le tissu attire le fer qui y a été déposé : on ne voit que les mouvements du fer, mais l'on sait, de science certaine, qu'ils sont provoqués par l'invisible aimant.

D'autre part, malgré les millénaires antérieurs et les civilisations révolues, au sens strict tout commence, sous la direction du seul vrai chef de l'humanité, du seul Sauveur de tous les hommes.

La Trinité Sainte conçoit, pour le cosmos entier, une immense évolution, commencée avec la matière inerte, continuée par la matière biologique ou organisée, puis par l'homme individuel et les civilisations particulières. Au sommet de cette évolution, apparaît l'homme parfait, l'être humano-divin, chef-d'oeuvre de Dieu, dont la mission est de rendre possible et d'achever le projet de la création :  Le monde du cosmos, vu dans la perspective de l'histoire du salut, est le lieu de l'action du Verbe créateur, qui ne cesse de le proférer et qui, après qu'il est tombé au pouvoir des Puissances, est venu non le détruire, mais le libérer et le transfigurer. 

Telle est, en effet, la substance même de la révélation chrétienne. Le Seigneur Jésus nous sauve de la subordination aux Puissances du mal et de notre propre concupiscence; puis, il nous aide efficacement - nous les hommes et nous les civilisations - à accomplir notre périple terrestre de telle sorte que nous puissions, en Lui, réaliser le projet divin.

Ainsi, pour le chrétien, le dynamisme intérieur de l'histoire est la collaboration libre des volontés individuelles et collectives à l'oeuvre du Christ dans l'histoire. De lui, vient toute l'énergie nécessaire à l'histoire : celui qui adhère librement à lui, fait progresser l'histoire; celui qui s'oppose à lui, la refrène.

Nous voilà donc aux antipodes de tous ceux pour qui l'histoire est la répétition cyclique d'un même état humain voué à la souffrance et à la mort finale, mais aussi de tous ceux pour qui l'histoire et la civilisation procèdent de l'effort humain, jusqu'à un stade dernier de perfection terrestre. Selon Marx, en effet, l'histoire progressait aussi grâce à des kairoi ou événements privilégiés; mais ceux-ci provenaient d'une maturation immanente qui les contenait et les provoquait. Le chrétien ne croit pas à une histoire purement humaine trouvant en elle-même la loi et le dynamisme de son progrès : il estime que l'histoire a changé brusquement et progresse par l'effet d'un « miracle », c'est-à-dire d'une intervention spéciale de Dieu hors des lois naturelles de la succession historique.

Si l'on veut une image, nous dirions que, pour les Orientaux en général, l'histoire est une route qui ramène sans cesse l'humanité aux mêmes paysages. Pour les marxistes, elle est une route créée de mains humaines, qui débouchera sur un haut plateau, où l'humanité se maintiendra définitivement lors de l'avènement de la société communiste. Pour le chrétien, la route de l'histoire s'est trouvée brusquement coupée : les interventions divines (celles de l'Ancien Testament et l'Incarnation du Verbe) ont montré que cette route conduisait à l'abîme et qu'une autre route était construite déjà sur un haut plateau; celle-ci, seule, conduit l'homme vers sa béatitude dans l'au-delà.


2. Le Christ, « fin
» de l'histoire :

Si le Christ est le seul principe de l'histoire authentique et profonde, il en est aussi la seule fin; car, s'il est le Messie, il est aussi le dernier (novissimus, eschatos) que l'on doive attendre et vers qui l'histoire se dirige comme vers sa consommation.

Le chrétien croit, comme les Juifs, à la tension historique de l'Ancien Testament; mais il croit, contre eux, que le Seigneur Jésus est à la fois le dernier à venir et le plus récent, le plus jeune, celui après lequel il ne peut y avoir qu'une paradôsis, une tradition, une «livraison », à travers les siècles, de l'essentiel donné une fois pour toutes en sa personne. « A qui irions-nous, dit l'apôtre, tu as les paroles de la vie éternelle »: c'est-à-dire,
« si nous ne croyons pas en toi, qui pouvons-nous attendre encore, puisque tu possèdes de quoi nous transposer, au-delà des temps, au salut éternel ». C'est pourquoi le chrétien authentique ne fonde de totale espérance en nul autre événement que la possession dernière, par lui-même et l'humanité, du Seigneur Jésus; il n'est pas facilement séduit par les idéaux étrangers au Christ. Lui présente-t-on la révolution comme la panacée de tous les maux, il répond que la vraie révolution est la metanoïa, la conversion au Seigneur, et que l'autre a, comme toute chose humaine, ses limites et ses inconvénients; lui annonce-t-on un paradis terrestre tablant sur l'organisation technocratique de la société, l'instauration d'une paix définitive ou les triomphes de la science, il sait très bien que le seul paradis possible est dans l'au-delà et que le seul moyen de l'obtenir est l'adhésion au Christ. En un mot, comme il n'est pas pour lui de période postchrétienne, ainsi il n'est d'autre Sauveur final que le Christ!

D'autre part, puisque le Seigneur Jésus est le seul Sauveur jusqu'à la fin des temps, tous les hommes et toutes les civilisations ne peuvent attendre le salut que de son action, de sa médiation.

On se demandera : comment cette action universelle est-elle possible, étant donné que Jésus est apparu assez récemment dans l'histoire et que la diffusion du christianisme est très relative? C'est ici qu'intervient la médiation de grâce, proprement surnaturelle, du Christ. Puisqu'il est constitué origine et fin de l'histoire, c'est par référence à cette origine et à cette fin, que les hommes, les peuples et les civilisations, de tous les temps et de tous les lieux terrestres, peuvent être sauvés. Mais ne nous imaginons pas cette référence d'une manière trop humaine : les hommes ne se sauvent pas, c'est le Christ qui les sauve, et quel peut être le critère minimum du salut, sinon une bonne volonté, une disponibilité implicite à l'action du Christ, même ignoré?


Cette disponibilité est le résultat de la religion et de la culture.

Les diverses religions ont joué, au plan de l'histoire réelle, un rôle non négligeable. Sans doute sont-elles corrompues, falsifiées et en partie inefficaces; sans doute, depuis l'avènement du Christ, sont-elles devenues anachroniques et devraient-elles s'effacer devant le message chrétien. Il n'en reste pas moins que chacune d'elles a sa vérité, qu'elle incline et dispose l'âme croyante à accepter le mystère divin, à entrer en relation avec Dieu et à se soumettre à une certaine ascèse personnelle. Toutes valeurs qui, assumées par le Christ, peuvent être, selon sa volonté, des pierres d'attente du salut final et de la totale révélation.

D'autre part, la culture et la civilisation, dans lesquelles chaque homme a reçu sa première éducation et a passé sa vie, l'ont imprégné de tendances, d'options, de vertus, qui, elles aussi, peuvent constituer un terrain favorable à l'action divine. L'infinie et l'austère morale familiale du Chinois, l'humilité indienne devant le réel cosmique, le culte des ancêtres et le respect de la coutume chez les Noirs, la vigueur dynamique des Occidentaux... sont, en somme, d'importantes préparations de l'attitude religieuse chrétienne.

Si, pour des raisons historiques concrètes, ces richesses naturelles écloses au sein des civilisations, ne reçoivent pas leur couronnement, comment pourrait-on en rendre tous ces hommes responsables? De toute manière, le mystère de leur salut final appartient à Dieu.

Ainsi donc, toute manifestation de culture ou de civilisation entre dans le domaine de la religion; non seulement dans le même sens que toute réalité terrestre intéresse la géographie, mais d'une manière plus intrinsèque : le critère de la valeur définitive d'un objet d'art, d'une découverte scientifique, d'une institution sociale est finalement d'ordre religieux et chrétien.

Il ne s'agit pas ici de renouveler une tyrannie religieuse sur la civilisation, ni de s'orienter vers des tendances pieuses ou dévotes dont on a trop souffert pendant la longue survie du baroque; au contraire, bien souvent une oeuvre d'art très profane illumine mieux un coin de l'ineffable qu'une oeuvre pieuse : telle peinture de Matisse (à Vence, par exemple) est plus chrétienne que toute l'imagerie sulpicienne, et tel lavis "Song" est plus religieux qu'une Madone de Botticelli. Il reste toujours que certaines manifestations de culture ou de civilisation « préfigurent » la sublimation finale de toute la société humaine en Dieu, que d'autres lui restent indifférentes, que d'autres enfin en prennent le contre-pied. Rapprochent-elles ou éloignent-elles les hommes de la vision des rapports entre Dieu et les hommes apportée par le Christ? Voilà le critère chrétien de leur valeur !

Ce critère absolu ne supprime pas les autres (utilité politique, bienfait social, mieux-être corporel, valeur esthétique,...), mais il se les subordonne, c'est-à-dire que chaque fois qu'ils tendent à se présenter comme absolus, il leur rappelle qu'ils ne sont que relatifs et que, donc, leur verdict doit s'incliner finalement devant le sien.


On comprend mieux aussi, à la lumière de l'intervention du Christ dans le temps, les diverses formes d'engagement humain dans la culture et la civilisation.

Dans les conceptions cycliques de l'histoire (hellénisme, bouddhisme, hindouisme,...), la sujétion de l'humanité au temps est nécessairement ressentie comme une servitude, dont il faut s'échapper pour vivre de l'esprit ou de l'âme : incapable de recevoir de l'histoire un achèvement heureux, l'homme cherche sa félicité, dès ici-bas, dans l'espace spirituel désincarné. Cette sagesse prendra des formes diverses : ascèse du yogi, contemplation mystique du moine bouddhique, réflexion philosophique du platonicien..., mais toujours on y discernera une évasion des responsabilités terrestres, une désaffection des valeurs de culture ou de civilisation.

Tout à l'opposé, la conception marxiste attend de l'histoire un achèvement terrestre vers lequel il faut tendre de toutes ses forces, non seulement par l'opération intellectuelle, mais par la praxis, par l'action. Nous trouvons là un exemple typique d'engagement total dans les valeurs terrestres, seules valeurs revêtues de signification, avec la négation ou le mépris du transcendant. Il en est de même des tenants d'un certain courant se référant à l'usurpation symbolisée par le "vol du feu" dans le mythe prométhéen et de la tendance nettement orientée vers un glorification de "l'élan vital" , associée à une arrogante apologie de la technique . (Suivez mon regard...).

Dans une conception de l'histoire dominée par la figure du Christ, l'évasion totale et l'engagement total sont également impossibles. Le croyant, en effet, sait que l'histoire s'achève peu à peu dans l'autre monde, avant l'achèvement dernier; d'autre part, il sait que cet achèvement dépend de l'oeuvre réalisée historiquement : soit intérieure et profonde, pour rejoindre l'action directe du Christ; soit extérieure et apparente, pour orienter les cultures et les civilisations. En s'insérant entre l'archê et le télos, il entend collaborer, de ces deux manières, à l'oeuvre à la fois temporelle et éternelle qui s'édifie et, même si sa vocation personnelle le pousse vers la contemplation, il sait que cette contemplation a une redondance certaine sur terre.

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ascèse

Publié le par Christocentrix

"Nous appelons ascèse, dans la langue de la révélation vitale, non l'exercice individuel de réfrènement de l'impulsion, mais le cheminement quotidien vers l'abnégation et le don de soi. Non pour supprimer la nature, mais pour transformer le mode par lequel celle-ci existe. Et la transformation n'est pas couverte par la seule ombre des limites que la légalité pose autour du désir."

        Christos Yannaras (Variations sur le Cantique des Cantiques)

 

                                                                            ***

"Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise pensée. C'est d'avoir une pensée toute faite. Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise âme et même de se faire une mauvaise âme. C'est d'avoir une âme toute faite".         

                                                 (Charles Péguy)

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