Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #memoire & patrimoine tag

L'épopée des Vieux-Croyants

Publié le par Christocentrix

epopee-vieux-croyants.jpgDe 1653 à 1666, le patriarche de Moscou Nikon introduit de légères modifications dans le rituel pour se rapprocher de l’usage grec (signe de croix avec 3 doigts au lieu de 2, modification de la prononciation du nom de Jésus, révision des livres liturgiques, etc.). Bien que la Bible reste lue dans sa version en vieux slave, le slavon, et que ces changements soient purement rituels, ceux-ci rencontrent une vive opposition des milieux les plus traditionalistes avec à leur tête l’archiprêtre Avvakum. Ce seront les Vieux-Croyants. En 1666-1667, le schisme est consommé, ils sont anathématisés lors de conciles ; Avvakum est mis sur le bûcher en 1682 (il est l’auteur d’une Autobiographie qui est un des chef d’œuvre de la prose russe).

 Au XVIIIès. les Vieux-croyants sont des opposants farouches  aux mesures d’occidentalisation de Pierre le Grand (ils conservent le port de la barbe).  Il s'agissait aussi, profondément, d'une protestation populaire contre l'imitation par les élites des moeurs étrangères. La répression (de l’Eglise et de l’Etat) durera jusqu’à la fin des Tsars. Ce n’est qu’en 1905 qu’un Edit de tolérance leur accordera la liberté religieuse. Avakkum.jpg

 

A l'exception de Pierre Pascal et de Léon Poliakov, peu ont étudié l'importance et la singularité du "Raskol" - le schisme - qu'évoque le nom de Raskolnikov, le héros déchiré de Crime et Châtiment. La volonté des Vieux-Croyants de ne pas se laisser recenser, au point de se suicider par milliers pour manifester leur refus, une tradition de semi-clandestinité héritée des persécutions tsaristes et soviétiques, leur dispersion dans le monde expliquent que les chercheurs sont passés à côté du phénomène. Ce n'est qu'en 1989 que des Vieux-Croyants purent se manifester publiquement en Russie. Jusque-là toujours opposés au pouvoir en place, ils furent considérés comme d'autant plus subversifs que, grâce à leur solidarité, à l'ardeur des minorités brimées, ils accaparèrent au XIXème siècle les principales branches du commerce et de l'industrie manufacturière. Une partie sympathisa avec l'agitation révolutionnaire qui aboutit à la chute du régime tsariste. Un "raskolnik" le manufacturier Morosov, fut le principal bailleur de fonds de Lénine. Mais les Vieux-Croyants, qualifiés de "koulaks" dont beaucoup succombèrent dans les goulags, opposèrent la résistance la plus tenace à la collectivisation. Durant la période soviétique, de véritables colonies vivaient dans des endroits inaccessibles de la taïga sibérienne ou les montagnes de l'Altaï, vivant en totale autarcie.vieux-croyants.jpg Nombre de témoignages soviétiques indiquent la découverte de maisons hâtivement abandonnées, avec des icônes, des bibliothèques, des traces d'écoles clandestines. On estime qu'ils sont aujourd'hui environ trois millions dispersés dans le monde, mais continuant, où qu'ils soient, à discuter du "pur" (denrées d'origine russe) et de l' "impur" (non-russe). Le tabac et l'alcool sont proscrits. Dégagés de toute illusion politique, ils s'interessent prioritairement à leur salut et à celui de la Sainte Russie. Lors d’un récent concile, ils sont désormais réconciliés avec l’Eglise officielle.

 

bibliographie :

-L'épopée des Vieux-Croyants, Léon Poliakov, Perrin, 1991.

-Avvakum et les débuts du Raskol, Pierre Pascal. EPHE, Mouton & Co, 1963, EHESS, 1969. 

-Autobiographie de l'archiprêtre Avvakum, NRF Gallimard, 1960.

 

on peut aussi lire ce livre : ermites-dans-la-taiga.jpg

 

 

 

Voir les commentaires

Les notions peuvent s'oublier, les impressions ne s'effacent pas (Abel Bonnard)

Publié le par Christocentrix

Au hasard d'une brocante, retrouvées dans une anthologie, quelques récitations de mon enfance.... celles qu'il fallait écrire avec les pleins et les déliés, orner d'un dessin, et réciter "par coeur", "avec le ton"....

Des auteurs dont on n'oublie pas le nom : Maurice Carême, José-Maria de Hérédia, Emile Verhaeren, L.Delarue-Mardrus, M. Rollinat, etc....

A côté de celles qui chantaient les saisons ou les forces de la nature, faisaient parler les animaux ou décrivaient vie champêtre et métiers... il y a celles qui ont touché quelque chose au fond de nous... ont suscité des images fortes à nos imaginations, se sont faites l'écho de nos peurs ou de nos rêves... émotions indélébiles que je retrouve en les redécouvrant.

 

Ma Bohème  d'Arthur Raimbaud, ("Comme des lyres je tirais les élastiques de mes souliers blessés....")

 

Les Conquérants de J-M de Hérédia : ("Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,...routiers et capitaines partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal. Ils allaient conquérir le fabuleux métal....penchés à l'avant des blanches caravelles, ils regardaient monter en un ciel ignoré, du fond des océans des étoiles nouvelles...")  

 

Hérédia encore :  Soir de bataille : ("c'est alors qu'apparu tout hérissé de flèches, rouge du flux vermeil de ses blessures fraiches, sous la pourpre flottante et l'airain rutilant, au fracas des buccins qui sonnaient leur fanfare, superbe, maîtrisant son cheval qui s'effare, sur le ciel enflammé, l'Impérator sanglant"...)

 

Oceano Nox, de V.Hugo ( "Oh, combien de marins, combien de capitaines....")

 

Le Pélican d'A. de Musset. ("le sang coule a longs flots de sa poitrine ouverte"..."ivre de volupté de tendresse et d'horreur, fatigué de mourir dans un trop long supplice...").

 

La Biche "brame au clair de lune...." de M.Rollinat.

 

Le Cor, de Vigny : ("Dieu que le son du cor est triste au fond des bois... tous les preux étaient morts mais aucun n'avait fui, Roland reste seul debout, Olivier près de lui...")

 

et enfin celui-ci, de Musset, "la Nuit de Décembre", que je citerai tout entier... car sans doute comme dit Abel Bonnard : "les notions peuvent s'oublier, les impressions ne s'effacent pas".

 

Du temps que j'étais écolier,

Je restais un soir à veiller

Dans notre salle solitaire.

Devant ma table vint s'asseoir

Un pauvre enfant vêtu de noir,

Qui me ressemblait comme un frère.

Son visage était triste et beau ;

A la lueur de mon flambeau,

Dans mon livre ouvert il vint lire.

II pencha son front sur ma main,

Et resta jusqu'au lendemain,

Pensif, avec un doux sourire.

 

Comme j'allais avoir quinze ans,

Je marchais un jour à pas lents,

Dans un bois, sur une bruyère.

Au pied d'un arbre vint s'asseoir

Un jeune homme vêtu de noir,

Qui me ressemblait comme un frère.

Je lui demandai mon chemin ;

Il tenait un luth d'une main,

De l'autre un bouquet d'églantine.

Il me fit un salut d'ami,

Et se détournant à demi,

Me montra du doigt la colline.

 

 A l'âge où l'on est libertin,

Pour boire un toast en un festin,

Un jour je soulevai mon verre.

En face de moi vint s'asseoir

Un convive vêtu de noir,

Qui me ressemblait comme un frère,

Il secouait sous son manteau

Un haillon de pourpre en lambeau,

Sur sa tête un myrte stérile.

Son bras maigre cherchait le mien,

Et mon verre en touchant le sien,

Se brisa dans ma main débile.

 

Un an après, il était nuit,

J'étais à genoux près du lit

Où venait de mourir mon père.

Au chevet du lit vint s'asseoir

Un orphelin vêtu de noir,

Qui me ressemblait comme un frère.

Ses yeux étaient noyés de pleurs ;

Comme les anges de douleurs,

Il était couronné d'épines ;

Son luth à terre était gisant,

Sa pourpre de couleur de sang,

Et son glaive dans sa poitrine.

 

Je m'en suis si bien souvenu,

Que je l'ai toujours reconnu

A tous les instants de ma vie.

C'est une étrange vision,

Et cependant, ange ou démon,

J'ai vu partout cette ombre amie.

Lorsque plus tard, las de souffrir

Pour renaître ou pour en finir,

J'ai voulu m'exiler de France ;

Lorsque impatient de marcher,

J'ai voulu partir, et chercher

Les vestiges d'une espérance ;

Partout où, sans cesse altéré

De la soif d'un monde ignoré,

J'ai suivi l'ombre de mes songes ;

Partout où, sans avoir vécu,

J'ai revu ce que j'avais vu,

La face humaine et ses mensonges ;

Partout où j'ai voulu dormir,

Partout où j'ai voulu mourir,

Partout où j'ai touché la terre,

Sur ma route est venu s'asseoir

Un malheureux vêtu de noir,

Qui me ressemblait comme un frère.

 

 

 

Voir les commentaires

réclamation

Publié le par Christocentrix


 

 

 


Voir les commentaires

mourir pour Tombouctou ?

Publié le par Christocentrix

 

 drapeau francais tombouctou-

                                                                          *

 De la fondation à l'apogée :

La fondation de Tombouctou vers l'an 1100 est attribuée à des touaregs qui établirent, sur la rive gauche du Niger, un camp de huttes de paille où ils revenaient, chaque été, faire paître leurs troupeaux.. A leur départ, dès l'arrivée des pluies, ils laissaient en place leurs paillottes et une partie de leur matériel de campement. Ils en confiaient la garde à une vieille esclave bella (vieille femme au gros nombril). Ce nom serait à l'origine de celui de la ville de Tombouctou. Peu à peu, le lieu attira les caravanes qui commencèrent à y faire halte. Puis les commerçants de Djenné et de Gao vinrent y ouvrir des succursales. Tombouctou devint, ainsi une ville qui se développa et où furent édifiées mosquée et école coranique. Vers l'an 1300, Tombouctou était une petite cité prospère où les chefs et notables Sonrhaï et Bambarras construisirent d'importantes mosquées, de riches demeures et autres édifices. C'est ainsi que la grande mosquée de Djinguirey Ber aurait été construite, en 1425, à son retour d'un pèlerinage à La Mecque, par l'Empereur du Mali, Kankan Moussa, sur sur les plans d'un architecte de Grenade.

Les touaregs, fondateurs du premier établissement, continuaient cependant à se manifester par des raids violents et des pillages. Vers 1496, l'Askia Sunni Ali, empereur des Sonrhaï, alors à l'apogée de leur puissance, installa à Tombouctou une solide garnison. La paix assurée, s'ouvrit pour Tombouctou une ère de gloire légendaire qui s'étendit sur plus d'un siècle. Aux environs de 1500, l'université de Sankoré, dont il reste aujourd'hui la grande mosquée du même nom, étendit sa réputation à l'ensemble du monde arabe, attirant une foule de savants étrangers du Maroc, d'Egypte, d'Arabie, etc. Sankoré possédait alors la plus grande collection de manuscrits arabes connue. Parmi ceux-ci, mention particulière doit être faite du Tarik es Sudan d'Abderahman ben Abdallah, l'une des sources les plus recherchées pour tout ce qui concerne l'histoire de l'Afrique de l'Ouest.

Moins de cinquante ans plus tard, le Sultan du Maroc montait une expédition militaire contre Tombouctou et l'Empire Sonrhaï qui tomba rapidement sous la domination des maures et fut ruiné par leurs rapines. Les désordres qui suivirent encouragèrent, dès la fin du XVIIIème siècle, les touaregs à rétablir leur domination et à exercer leurs pillages sur les populations noires de la ville et des villages du fleuve. Cette situation perdura jusqu'à l'arrivée des Français.

                                                              

                                                                        *

 

Les explorateurs, puis la conquête :

Tombouctou, qu'on appelait jadis "la mystérieuse", a longtemps exercé sur l'Europe une véritable fascination, à laquelle ont cédé, au siècle dernier, plusieurs explorateurs : le major Laing qui, en août 1828, paya de sa vie son passage à Tombouctou, René Caillé, en avril 1828, plus chanceux grâce à la discrétion de sa visite, sous son déguisement en humble voyageur arabe, puis, une trentaine d'années plus tard, le géographe allemand Barth. Il reste du passage de chacun, une plaque apposée sur la maison où ils auraient séjourné.

C'est seulement le 10 janvier 1894 que le premier détachement français, commandé par le colonel Bonnier, arrivé par le fleuve à Kabara, entra à Tombouctou. Le 15 janvier, en marche vers Goundam, Bonnier établit son camp près de Taoulec. Durant la nuit, attaqué par surprise, il fut massacré par les touaregs avec ses onze officiers, deux sous-officiers et soixante-quatre hommes de troupe sénégalais. A la même époque, l'enseigne Aube était à son tour tué dans la forêt de Kabara. Un mois plus tard, le 12 février, la colonne Joffre, alors jeune officier du Génie, arrivait pour procéder au nettoyage de la région, identifier les restes des victimes et construire les forts de Tombouctou, les forts Bonnier et Huguenny, afin de mettre la ville à l'abri des raids touaregs.

La création d'unités méharistes et de goums permit de consolider la paix en milieu nomade et d'ouvrir avec les tribus une ère de développement pacifique : forages de puits, campagnes de vaccination du bétail, écoles nomades dont la fréquentation par les enfants de touaregs blancs resta, il est vrai, toujours problématique. Seules pâtirent de cette paix les fractions de tradition guerrière.

                                                                

                                                                          *

 

Le moine blanc de Tombouctou et sa légende :

L'une des personnalités les plus marquantes de Tombouctou fut le Père Blanc Auguste Dupuy, dit Yakouba. Sa figure, haute en couleurs, a excité la curiosité et suscité l'admiration de ses contemporains. Plusieurs écrivains lui ont consacré des récits, ne fût-ce que quelques pages et même des livres. Parmi ces écrivains, l'américain William Seebrok, auteur d'une bibliographie « Le moine blanc de Tombouctou. »

Tombouctou 3

Dès leur arrivée à Tombouctou, en mai 1895, le Père Hacquard et le Père Yakouban - brillant arabisant - établirent d'excellentes relations avec la population de la ville et les notables, notamment avec le Cadi Ben Labas. Leur première tâche fut d'installer une chapelle, Sainte Marie de Tombouctou, et un dispensaire, puis, un peu plus tard, une école, où le Père Yakouba enseigna l'arabe classique. Le Père Yakouba acquit rapidement un bonne maîtrise des langues Sonrhaï, Tamachek, Peul et Bambara. Ses connaissances linguistiques et ses excellentes relations avec les populations lui permirent d'accéder à la connaissance de bien des secrets de la vie locale, ce qui devait lui conférer un rôle de conciliateur. Toutefois, sa prédilection naturelle pour les femmes africaines et la boisson défrayèrent la chronique et arrivèrent aux oreilles de Mgr Hacquard, ancien supérieur de la mission, devenu évêque, en résidence à Ségou et qui, nonobstant ce détail, avait pour lui la plus grande estime.

En octobre 1900, le Père Yakouba reçut de celui-ci l'ordre de quitter temporairement Tombouctou et de partir pour Fada N'Gourma (alors partie du Nord Dahomey) où il fut chargé de procéder à la remise en ordre de la mission de cette localité. Un an plus tard, s'étant parfaitement acquitté de cette tâche délicate, le Père Yakouba reprit le chemin de Tombouctou, en faisant un détour à Ségou, où il comptait rencontrer Mgr Hacquard, mais à son passage à Dédougou, il apprit que celui-ci s'était noyé dans le Niger en nageant au clair de lune. A Ségou, à sa grande surprise, on lui annonça officieusement qu'il était sur le point d'être désigné comme le successeur de son ami sur le siège épiscopal. Cette perspective, qui ne l'enchantait nullement, ne se réalisa pourtant pas. Le siège des Pères Blancs à Maison Carrée, près d'Alger (devenu El Harrach) avait été secrètement informé des relations coupables du Père Yakouba avec des femmes à Tombouctou et de son goût immodéré pour certaine liqueur de jujube, il fut donc invité à quitter sa mission et à venir s'expliquer devant les supérieurs de l'Ordre.

Tombouctou-4.jpg

Après une longue journée de réflexion, il sortit de la Mission, dépouillé de sa soutane et de son crucifix et, après une nuit dans un abri de fortune, on le vit occupé à pêcher des mollusques pour sa nourriture. Il avait quitté l'Eglise parce qu'il ne voulait ni s'éloigner de Tombouctou, ni renoncer aux femmes. Il avait surtout décidé de vivre en homme et non en évêque... A Kabara, où il envisageait de se faire pêcheur, il rencontra une jeune femme africaine, Salama, qui l'accueillit dans sa maison de Tombouctou et le prit solidement en main. Il allait avoir 40 ans, il l'épousa. Peu après le début de leur vie commune, il fit l'acquisition d'une demeure, sorte de "palais" en terre crue dans le quartier central de la ville, où ils s'établirent pour la vie. Elle n'eut pas de mal à dissuader Yakouba de donner suite à son projet de devenir pêcheur. A l'instigation de celle-ci, il alla offrir ses services au commandant de la place qui lui obtint un emploi d'interprète. C'est à ce titre que, quelques mois plus tard, il suivit une colonne militaire à Araouane à environ six jours de marche au nord de Tombouctou. A son retour, Salama mettait au monde leur première fille, Diarah. Elle devait encore lui donner de nombreux enfants, Youssoufou, Paul, Marcelle, Henri, Louis, Adah, etc... Il saisit, peu après, l'occasion d'accompagner un détachement méhariste aux salines de Taoudéni, à quelque huit cents kilomètres au Nord de Tombouctou, pour y escorter l'azalaï, la grande caravane d'hiver partant assurer le transport des barres de sel. Il en rapporta une description du site et du travail de la main d'oeuvre employée par les salines.

Vers 1908, Yakouba fut nommé commandant de Goundam, à environ 80 kilomètres à l'Ouest de Tombouctou, où il resta deux ans. Salama ne s'y installa pas mais lui fit, avec ses enfants, de nombreuses visites. Vers 1928, il participa -faisant fonction d'officier du service des renseignements - à une colonne envoyée en renfort contre une bande Senoussis venus de Tripolitaine et se dirigeant vers Agadès, mais avec laquelle le contact ne fut jamais établi. -Il devint le plus ancien fonctionnaire blanc et le plus vieux citoyen français de Tombouctou. Tous le respectaient et l'admiraient. Il finit en patriarche dans la ville qu'il avait tant aimée, entouré de sa femme et de leurs nombreux enfants.

                                                               

                                                                          *

 

Le charme caché de Tombouctou :

Les impressions que laisse Tombouctou à ceux qui y ont vécu ou qui y sont passés sont curieusement contradictoires. Certains n'y voient qu'une petite ville africaine sale et, dans l'ensemble, assez banale, dont la population, en majorité sonrhaï, rappelle celle d'autres villes de la Boucle du Niger. Qu'ils en aient trop attendu, ou qu'ils n'aient pas su ou pas eu l'occasion de s'imprégner de son ambiance particulière, ils expriment surtout leur déception.

D'autres en reviennent complètement charmés et conquis. Ils ne tarissent pas d'éloges sur cette ville phare, cette ville port, à la lisière sud du Sahara, point de contact entre les lettrés sonrhaï ou maures et le monde nomade, entre le fleuve et ses pirogues, le désert et ses caravanes. Ils sont captivés par ses deux grandes mosquées de terre qui défient les siècles et que la population recrépit chaque année au cours de grands rassemblements, ils s'extasient devant la richesse des bibliothèques arabes des principaux lettrés, ils se laissent impressionner par l'allure majestueuse de Mohammed Mahmoud, Cadi des Ahel Araouane, par son grand boubou brodé et son long bâton incrusté d'argent, par son langage habile à interpeller et à séduire les personnalités de passage... Ils vont jusqu'à évoquer, au sujet de Tombouctou, une ville où souffle l'esprit ! une des rares villes au monde où ils accepteraient de rester vivre...

                     

                Henri Leroux (administrateur de la France d'Outre-mer)

                                                                 

                                                                           *

 

On trouve aussi sur le sujet :

 

  

 

Tombouctou 1 

 Tombouctou-2.jpg

 Tombouctou-5.jpg

 

Tombouctou-6.jpg

Tombouctou-7.jpg

Tombouctou-8.jpg

 

 

 

Voir les commentaires

Racines, origines et identité des Européens

Publié le par Christocentrix

 "Aussi antique soit-elle, la culture du bronze n'est pas la première en Europe. Elle a été précédée sur notre espace géographique par une autre culture beaucoup plus ancienne encore, celle des gravures et peintures « préhistoriques », enfantée par des peuples qui sont nos ancêtres les plus éloignés dans le temps.

Illustrée par le bestiaire magique de la grotte Chauvet, au bord de la vallée de l'Ardèche, cette première grande culture européenne a plus de 30 000 ans. Ses représentations pariétales les plus nombreuses et les plus étourdissantes de beauté sont localisées du Rhône aux monts cantabriques, mais on en voit les manifestations partout, en Allemagne, en Bohême, jusque dans l'Oural avec les peintures de la grotte de Kapova. Par son ancienneté et son homogénéité dans la peinture ou les gravures de toute sorte, cet art animalier d'inspiration religieuse est spécifique à l'Europe et à elle seule. La production d'objets de même facture esthétique, armes en silex taillé, propulseurs de harpons en os ou en bois de cervidé gravés, s'étend, elle aussi, des Pyrénées à l'Oural, sur ce qui sera l'aire originelle des futurs Indo-Européens.

L'étonnant dans cette première culture européenne, ce n'est pas seulement son étendue spatiale, mais aussi sa durée, au moins deux cents siècles, une éternité. Elle s'est manifestée d'environ 32 000 à 12 000 ans avant notre siècle, et ne s'est éteinte que voici une douzaine de milliers d'années.

histoire et traditions des européens

La culture des chasseurs artistes des grottes ornées se serait maintenue au moins pendant 20 000 ans. La cause de sa disparition s'expliquerait par la fin de la dernière période glaciaire, par d'importantes modifications du climat, donc de la flore, de la faune et du mode de vie. Sur les territoires de l'Europe occidentale, la taïga arbustive allait céder peu à peu devant les forêts de feuillus et les prairies naturelles. Mais elle ne disparut pas. Au cours des millénaires de réchauffement, elle migra vers le nord de l'Europe, pour se maintenir dans l'actuelle Iakoutie sibérienne et la Laponie scandinave. Une partie des peuples chasseurs de rennes aurait suivi cette lente migration vers le nord. D'autres se seraient maintenus sur leurs anciens habitats, s'adaptant aux changements du climat, du biotope et de la faune. Abandonnant la chasse du renne, ils ont peu à peu inventé l'élevage, la domestication des animaux et l'agriculture, se faisant les acteurs de la « révolution néolithique ». Très lentement, au cours d'une transition de plusieurs millénaires, ils échangèrent peu à peu leurs anciennes croyances et leurs rites religieux liés à la chasse pour de nouvelles représentations liées à la terre, aux troupeaux, aux récoltes et à la fécondité saisonnière. Mais les divinités chasseresses ont cependant survécu, laissant des traces jusqu'aux périodes historiques..

Nous qui sommes des hommes « historiques », imprégnés jusqu'à la moelle par la constance et la rapidité des changements au cours des quatre derniers millénaires, il nous est difficile d'admettre que nos très lointains ancêtres aient pu traverser des millénaires sans connaître apparemment de changements notables. Quinze mille ans au bas mot séparent les dessins de la grotte Chauvet et les fresques géantes de Lascaux. Or, ce que représentent ces figurations est, pour l'essentiel, analogue. Le réalisme puissant de leurs artistes est apparenté. Certes, on peut relever des différences de style ou de choix dans les représentations animales. Mais les analogies sont beaucoup plus évidentes que les différences. Cela signifie que des peuples frères se sont maintenus sur place pendant des millénaires, reproduisant la même culture artistique, elle-même reflet direct d'une certaine âme collective, d'une même vision du monde, d'une même relation à la nature, d'une même conscience religieuse. On ne peut exclure cependant que ces peuples aient vécu des cycles passant par la naissance, l'apogée et la décadence d'une culture dont Chauvet serait l'expression, alors que Lascaux pourrait être celle d'une renaissance ou d'un cycle ultérieur.

Si l'on en croit les paléontologues, ces peuples sont frères de l'homme de Cro Magnon, lequel ne présente aucune différence morphologique notable avec l'Européen actuel. Même si les informations manquent pour rattacher précisément les chasseurs de cette époque à aucun groupe présent, une partie de leur descendance s'est vraisemblablement maintenue en Europe après la fin de la période glaciaire, formant le substrat de son peuplement. Malgré tous les changements entre cette période et la nôtre, quelque chose d'essentiel s'est pourtant maintenu, ainsi que l'a dit à sa façon Ernst Jünger dans Le Nœud gordien : « Si l'art des chasseurs des premiers âges nous émeut tant et nous parle un langage plus fort que celui de l'Orient ancien ou même récent, c'est sans doute un signe qu'y vivent l'esprit de notre esprit, la liberté de notre liberté... »


origines-Europe.jpg

«....la datation au radiocarbone 14 , associée à d'autres instruments, a entraîné une révision par le haut des anciennes chronologies établies jadis par comparaison avec celles de l'Égypte ancienne et de la Mésopotamie. On a découvert par exemple que le néolithique (agriculture) dans les îles Britanniques n'avait pas commencé comme on le croyait après -2000, mais dès le début du IVème millénaire. Ainsi, l'origine du sanctuaire mégalithique de Stonehenge III est apparue plus ancienne d'un millénaire (vers -2200) qu'on ne le pensait. Dans un ouvrage retentissant qui synthétisait ces nouvelles approches, Colin Renfrew écrivait : « Ce que l'on considérait comme des innovations de l'Orient méditerranéen, transmises à l'Europe par diffusion, se révèle aujourd'hui de date plus ancienne en Europe qu'en Orient. Tout le cadre diffusionniste s'écroule et, avec lui, les hypothèses qui ont fondé l'archéologie préhistorique depuis près d'un siècle » (Le diffusionnisme postulait que la « civilisation », née dans l'Orient ancien, s'était diffusée ultérieurement en Occident ...). De nombreux phénomènes que l'on avait attribués à des influences extérieures se sont révélés être autochtones. L'obligation de reculer de 1000 à 2000 ans la datation de la plupart des sites de la protohistoire occidentale a totalement modifié l'idée que l'on se faisait des premières vagues de l'expansion indo-européenne. Elle contraignait aussi à réviser la chronologie des cultures auxquelles ces migrations avaient donné naissance. Depuis la « révolution » du carbone 14, on a fortement reculé dans le temps, au-delà du Vème millénaire, l'époque du dernier habitat commun des Indo-Européens.

 Ces avancées intéressantes ne permettent pas pour autant de localiser avec certitude le foyer formateur de la langue mère ni l'habitat commun ayant précédé les différentes dispersions. Retenons donc pour ce qu'ils valent les acquis de la paléontologie, de l'archéologie, de la linguistique et des sciences annexes. Ils prouvent une grande stabilité du type anthropologique des populations européennes sur 30 ou 40 000 ans, c'est-à-dire depuis l'homme de Cro Magnon. Les Européens d'aujourd'hui ne diffèrent pas sensiblement de ces lointains ancêtres. À une époque très ancienne, remontant vraisemblablement à plus de 10 000 ans, quelque part dans le vaste espace entre Rhin et Volga, au sein d'une population spécifique et nécessairement homogène, s'est cristallisée la langue que les linguistes appellent pré-indo-européenne et qu'ils ont reconstituée. Au fil du temps, cette langue a gagné de proche en proche un cercle de populations de plus en plus vaste. Bien qu'il n'y ait pas unanimité sur ce point entre spécialistes, l'analyse linguistique permet de penser qu'une première dispersion s'est produite vers le Vème millénaire, par la migration de peuples indo-européens vers le sud-est, l'Asie Mineure et au-delà. Les migrateurs conquérants seraient à l'origine d'un groupe oriental de plusieurs langues indo-européennes attestées historiquement, hittite, indo-iranien (hindi, sanscrit), tokharien, etc. Simultanément, un groupe occidental aurait évolué de façon autonome, donnant également naissance à plusieurs langues historiques : italique (latin ancien), grec ancien, germanique, celte, balte, slave, etc.

Dans l'avenir, découvertes et travaux apporteront certainement des correctifs importants aux schémas et thèses élaborés par les archéologues à la fin du XXème siècle....»

                                                                    *

 (extraits de " Les Origines de l'Europe ", par Colin Renfrew ( Flammarion 1983) et de "Histoire et traditions des Européens, 30.000 ans d'identité ", par Dominique Venner, édit. du Rocher 2002).                                                

                                                                   -

Sur la question on peut aussi consulter :

 

origines-ethniques-europeens.jpg

 

 

racines-europeens.jpg

 

liens :

http://www.arbre-celtique.com/etude/01-origines/origines.php

http://www.eupedia.com/europe/origines_haplogroupes_europe.shtml

 

Voir les commentaires

les Indo-Européens

Publié le par Christocentrix

Depuis la parution des premières éditions des travaux de Jean Haudry dans la collection "Que sais-je?" en 1979 (L'Indo-Européen) et 1981 (Les Indos-Européens), au dernier ouvrage de Georges Sokoloff (Nos ancêtres les nomades, l'Epopée des Indo-Européens) édité chez Fayard en 2011, 30 ans ont passé... Plusieurs études ont été éditées et traduites en français sur la question Indo-européenne. Thèses et hypothèses se succèdent, ranimant un vieux débat ou des polémiques, sans que le sujet semble encore épuisé. Notre propos n'est pas ici de prendre parti pour l'un ou l'autre mais seulement de faire le point sur la bibliographie en français de ces 30 dernières années...

Avant ces 30 dernières années, la bibliographie était riche en allemand, en anglais...mais relativement réduite en français. Bien-sûr paraîtront à partir des années 40 et jusqu'aux années 80 la publication des travaux de mythologie comparée de Georges Dumézil, ceux du linguiste Emile Benveniste, d'Albert Cuny ou de l'archéologue Pedro Bosch-Gimpera, qui ont leur importance. Auparavant, il y a eu les études linguistiques et ethnologiques du prof. Georges Poisson, les Aryens (1934), le Peuplement de l'Europe (1939).

La question des langues Indo-européennes est pourtant fort étudiée depuis le XIXème siècle; le terme "indo-européen" est d'ailleurs fabriqué à cette époque pour désigner une langue disparue dont nos parlers européens sont issus. La démonstration de la parenté des langues indo-européennes (donc incluant l'Iranien et l'Indo-aryen) s'est trouvée définitivement prouvée par le philologue et linguiste allemand Frantz Bopp en 1816. L'édition française de sa Grammaire comparée des langues indo-européennes, s'étale de 1866 à 1874. Dans les années 1850, la reconstruction effectuée à partir des correspondances devient un enjeu central en linguistique. Passant d'une acception qui fait d'indo-européen un adjectif, appliqué à des langues ayant certaines caractéristiques en partage, à la conviction qu'une langue unique en serait le principe, est ensuite inféré un peuple, les "Indo-Européens", dont les archéologues rêvent de découvrir le berceau. Deux éléments ont déterminé l'assignation de l'origine. Comme les langues indo-européennes sont arrivées tardivement vers l'Atlantique, leur point de départ se trouverait quelque part vers l'Est. Et puisqu'à aucun moment, l'indo-européen n'a correspondu à un empire, une explication est requise concernant son exceptionnelle diffusion. Diverses spécialités ont tenté d'inférer : l'archéologie, la paléontologie linguistique, (localisation que désignerait le recoupements des indices fournis par les termes communs désignant la faune, la flore, le relief, etc...), la prolongation de ces études par celles concernant la domestication des espèces, le développement de la métallurgie, la mythologie comparée, les structures narratives, les formations sociales (M.Müller, E.Beneviste, G.Dumézil, C.Watkins, etc...). En dépit d'efforts renouvellés, la détermination d'un peuple indo-européen primitif reste plutôt inaccessible, a fortiori, celle de son foyer d'émergence. Pourtant certains acquis sont définitifs et considérables, particulièrement l'apport de G.Dumézil.

Depuis, l'anthropologie biologique s'est invitée au débat, confortant telle ou telle hypothèse mais soulevant de nouvelles questions....

Actuellement deux grandes théories coexistent, d'une part celle de l'archéologue Marija Gimbutas, reprise et perfectionnée par J.P Mallory, et celle de C. Renfrew. La première a associé la diffuson de l'indo-européen à toute une série de cultures steppiques réunies au sein d'une même tradition culturelle des "Kourganes", caractérisée par ses rites funéraires sous tumulus, le rôle du cheval, du chariot, une structure politique hiérarchisée de type guerrière, etc...Selon cette théorie, le berceau initial se situerait entre l'Ukraine méridionale et le sud de la Russie, tandis que pour J.P Mallory, il serait dans l'aire "pontico-caspienne". C. Renfrew, de son côté, a associé la diffusion de l'indo-européen à celle du Néolithique depuis son foyer "anatolien". Depuis, les données de l'ADN ancien permettent de nouvelles approches et produira à terme une carte génétique des populations à différentes périodes, depuis le lac Baïkal, et passant par les steppes de l'Asie centrale, jusqu'à l'Europe orientale.

La bibliographie en français est devenue ainsi plus accessible, avec des essais synthétiques. Vous la trouverez ci-après par ordre chronologique puis thématique.

                                                                        

                                                                     *

 

Nos ancêtres les nomades, l'Epopée indo-européenne de Georges Sokoloff, édit. Fayard, 2012. L'idée indo-européenne bute sur un grand mystère : comment des bandes éparses de pasteurs nomades ont-elles pu imposer leur lexique et leurs moeurs à des "indigènes" si éloignés et sans doute bien plus nombreux et souvent aussi ou plus évolués que leurs envahisseurs. C'est sur ce mystère que G.Sokoloff enquète ici, se référant aux travaux les plus récents.

                                                                           

                                                                     *

 

Les Indo-Européens; faits, débats, solutions de Iaroslav Lebedynsky. Edit. Errance 2006. Réédit. en 2011.  Une première partie est consacrée aux données linguistiques, qui sont à l'origine de toute l'affaire : comment a-t-on décelé la parenté des langues indo-européennes. Quelles sont ces langues et comment se situent-elles par rapport à leur ancêtre commune ? Peut-on reconstituer cette dernière, et avec quel degré de vraisemblance ? On passe ensuite aux locuteurs de la langue-mère, et à ce que les éléments linguistiques peuvent nous apprendre de leur culture. Une large place est faite aux théories de Georges Dumézil sur la structure "trifonctionnelle" de la pensée indo-européenne. La troisième partie de l'ouvrage présente le débat archéologique sur l'identification des vestiges matériels des Indo-Européens. (Iaroslav Lebedynsky, spécialiste des peuples de la Steppe et du Caucase , enseigne l'histoire de l'Ukraine à l'Institut national des langues et civilisations orientales à Paris. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dans la thématique indo-européenne ( "Les Cimmériens", "Les Scythes", "Les Sarmates", "Les Alains", "les Saces" , etc...).

                                                                        

                                                                     *

 

Les Indo-Européens, dossiers d'Archéologie n° 338, mars/avril 2010.

                                                                        

                                                                     *

 

Homosexualité et initiation chez les peuples indo-européens de Bernard Sergent. Payot (2005), (Ière édit.1996). Les éditions Payot & Rivages ont eu l'initiative de réunir dans ce gros volume et sous un titre commun deux ouvrages complémentaires de B. Sergent publiés respectivement en 1984 et en 1986, L'homosexualité dans la mythologie grecque et L'homosexualité initiatique dans l'Europe ancienne. Fulgurants, ces travaux ont suscité en leur temps un très grand nombre de comptes rendus et ont valu à leur auteur force louanges (surtout en France où la pratique de la mythologie comparée n'était pas considérée comme scandaleuse) et force volées de bois vert (plus particulièrement en terres anglo-saxonnes souvent très allergiques à toute approche des mythes et des rites grecs plus ou moins inspirée par les travaux de C. Lévi-Strauss).Il convient donc d'accorder lors de la relecture d'une œuvre aussi « fracassante » une très grande attention à la « postface générale » qui accompagne sa seconde publication. Certes l'auteur (p. 626-627) affirme qu'il a « bien peu de choses à reprendre » et qu'il maintient « la quasi totalité des thèses qui y sont soutenues », mais il entend toutefois remettre sur l'établi « quelques discussions soulevées par les auteurs des comptes rendus » (p. 624) et apporter un certain nombre de « compléments » suggérés par des recherches ultérieures menées personnellement. Ces retouches, car retouches il y a, l'amènent à préciser ses interprétations et à les nuancer.

                                                                             

                                                                     *

 

De l'origine des Indo-Européens de Lothar Kilian. Edit. du Seuil (2001). Edition originale : Zum Ursprung der Indogermanen, Dr. Rudolf Habelt, GmbH, Bonn, 1983). L'origine paléolithique de l'ethnie indo-européenne, attestée par l'existence, entre - 40 000 et - 15 000, en Europe et dans les régions périphériques du sud, d'une grande unité linguistique l'européen primitif (« Ureuropäisch ») est la thèse que développe cet ouvrage devenu un classique des études indo-européennes. Bien que sa traduction en français soit récente, il reflète une vision assez datée de la question indo-européenne. Son intérêt est de défendre des thèses totalement opposées à celles des ouvrages précités de J. P. Mallory et B. Sergent : unité indo-européenne repoussée jusqu'au Paléolithique, foyer nord-européen...

                                                          

                                                                    *

 

Indo-Européens de Bernard Marillier. Edit. Pardès (1999). Un B. A. BA pour nous présenter cette grande et puissante communauté qui peupla la quasi totalité de notre continent, à laquelle nous devons notre civilisation et nos parlers. Exposé des différentes hypothèses.

                                                          

                                                                    *

 

A la recherche des Indo-Européens de J. P Mallory. Edit. du Seuil, (1998). (édition originale : In Search of the Indo-Europeans, Thames & Hudson, Londres, 1989). Ce livre fait une présentation nuancée et équilibrée du problème, assaisonnée de pointes d'humour bienvenues. L'auteur adhère pour l'essentiel à la théorie des Kourganes, tout en signalant les failles qu'il croit y déceler. Contrairement au principe général, nous conseillons l'édition française, munie en postface d'une mise à jour, plutôt que l'édition originale anglo-américaine, à laquelle manquaient... tous les signes diacritiques.

Les ressemblances frappantes qui existent entre les langues romanes, germaniques, celtiques, slaves, iraniennes et indiennes, font supposer qu'il a existé autrefois une langue unique, ancêtre de tous ces idiomes et que les spécialistes nomment le " proto-indo-européen ". Mais, au-delà de ces données linguistiques, peut-on identifier et dater la population qui la parlait ? Quelle était sa situation géographique et quelle était sa culture ? Pour le savoir, il faut comparer les données linguistiques aux faits historiques et archéologiques : c'est ce que fait J.P. Mallory dans ce livre, qui est déjà un ouvrage de référence. L'auteur tente de comprendre l'héritage culturel des Indo-Européens, leurs croyances religieuses, et de reconstituer quel a pu être leur foyer originel, ainsi que le trajet de leurs migrations à travers l'Europe et l'Asie. Il n'esquive pas le rôle qu'ont pu jouer les études indo-européennes dans la création du mythe de la supériorité aryenne, auquel il oppose ce qui lui paraît être le véritable héritage des peuples indo-européens.

                                                             

                                                                     *

 

Mythes et dieux des Indo-Européens de Georges Dumézil, Hervé Coutau-Bégarie. Flammarion (1999). Un des ouvrages essentiels sur les Indo-Européens. Ces textes de Dumezil sont extrêmement rigoureux et instructifs et ce livre est l'un des piliers de la recherche dans ce domaine. Après des décennies d'ignorance, l'oeuvre de Georges Dumézil est aujourd'hui reconnue comme l'une des références majeures à laquelle doivent se reporter les historiens, les ethnologues, mais aussi "l'honnête homme" désireux de mieux comprendre la fantastique aventure des mythes et des religions des Indo-Européens, ces peuples qui se sont répandus à partir d'un foyer central, des rives de l'Atlantique Nord aux plaines de l'Inde et aux montagnes du Caucase. Se repérer dans cette oeuvre immense, dispersée à travers de nombreux livres, n'est pas facile. Georges Dumézil, peu avant sa mort, avait approuvé le principe d'un recueil destiné à servir d'initiation. Celui-ci, sans prétendre à l'exhaustivité, s'efforce de présenter les grands thèmes de la recherche dumézilienne et de dégager une leçon de méthode qui intéresse l'ensemble des sciences sociales.

De Georges Dumézil encore : Mythe et épopée I, II et III, Gallimard, 1995. (Ières édit. de 1968 à 1975), -Heur et malheur du guerrier, Aspects mythiques de la fonction guerrière chez les Indo-Européens, Flammarion, 1996. [Ière édit. PUF, 1969], -Les Dieux souverains des Indo-Européens, Gallimard, 1993.[Ière édit.1977].

                                                            

                                                                     *

 

Les Indo-Européens. Histoire, langues, mythes de Bernard Sergent,  Payot (1995). (Bernard Sergent est agrégé d'histoire, docteur en histoire ancienne et archéologie, certifié d'anthropologie biologique, chercheur au CNRS et président de la Société de mythologie française. II a publié chez Payot Les Indo-Européens (1995), Homosexualité et initiation chez les peuples indo-européens (réédition en 1996), Genèse de l'Inde (1997), Celtes et Grecs I (1999) et II (2004).

Ce livre contient le résumé des connaissances de l'époque sur l'indo-européen et les Indo-européens. Ouvrage de fond, il permet de faire le tour d'horizon de la question et regroupe des données qu'il faut sinon aller chercher dans les revues scientifiques spécialisées. L'approche est scientifique: en plus des faits établis, les hypothèses sont présentées comme telles et non comme des vérités acquises. Le mérite de cette synthèse épaisse mais passionnante est de pulvériser les âneries, approximations et fantasmes sur les indo-européens. Dans ce livre vous trouverez pour chaque problème une analyse des hypothèses en présence et une conclusion lumineuse et anti-polémique : qui sont les Tokhariens? d'où viennent les Grecs? les Celtes sont-ils apparentés aux Germains? quel nom se donnaient les Indo-européens? qui sont les Etrusques? comment les Indiens sont-ils arrivés là où ils sont?
Une réponse prudente mais sans embage est donnée à toutes les questions qui hantent les amateurs.  Les pistes de recherche récentes sont passionnantes et donnent vraiment envie de savoir où on en est aujourd'hui: le livre date de 1995, ça commence à faire un peu long. Espérons que B. Sergent trouvera le temps de réactualiser le contenu. Seul vrai défaut: la quasi absence de cartes, qui rend la compréhension parfois laborieuse même quand on connait bien l'histoire antique et qui oblige à se munir d'un (bon) atlas. Le livre s'adresse aussi bien aux chevronnés (quelle bibliographie!) qu'aux simples amateurs pour qui tout est compréhensible, sans jamais tomber dans le lieu commun ou l'anectode. Un livre de référence sérieux, pour ceux qui veulent vraiment s'informer sur la question indo-européenne. La connaissance des anciens Indo-Européens, ces hommes qui parlaient la langue d'où sont issus les différents langages constituant la vaste famille linguistique dite indo-européenne, a grandement progressé au cours des dernières décennies : leur localisation géographique et chronologique, longtemps problématique, a reçu un éclairage décisif par la prise en compte des découvertes archéologiques faites en Europe orientale et dans la Russie méridionale. L'étude de leur religion, de leurs rites, de leur culture a bénéficié de l'avancée considérable due à l'oeuvre de Georges Dumézil, aujourd'hui poursuivie par le grand nombre d'auteurs que ses travaux ont inspirés. Enfin, la linguistique elle-même ne cesse de progresser, moins par la découverte de nouvelles langues indo-européennes que par l'attention toujours plus précise portée à l'étude de langues mal connues (mycénien, vénète...) ou en cours d'exploration (langues anatoliennes, ari et kuôi...), et par la formation de nouvelles hypothèses sur l'évolution interne de l'indo-européen, sur son phonétisme, sa grammaire, sa poétique. Ces données ont amené un renouvellement partiel du classement des langues indo-européennes. L'ouvrage retrace les différents acquis dans ces divers domaines et, pour mieux les situer, pour en évaluer les enjeux dans une discipline qui a été soumise parfois à une forte politisation, présente un historique du dossier indo-européen, des origines aux derniers développements du moment. L'ouvrage a une dimension encyclopédique qui le rend précieux. Il fait une large place à la reconstitution, qu'il pousse très loin, de la culture indo-européenne primitive par la méthode comparative. L'auteur est également partisan de la théorie des Kourganes, et le lecteur notera qu'il la présente comme une certitude, y compris en ce qui concerne les rapports contestés entre cultures de la steppe et cultures d'Europe centrale et du Nord.

                                                            

                                                                      * 

 

Les Indo-européens, revue Nouvelle Ecole n°49 (édit. le Labyrinthe 1997).  A la recherche du foyer d’origine (Alain de Benoist) ; « Indo-Européens », « Indo-germains », « Aryens » (encadré) ; Les « momies » européennes du Sinkiang (encadré) ; Chronologie bibliographique des études indo-européennes depuis 1930 (encadré) ; Quatre remarques finales ; Bibliographie Dumézil (Alain de Benoist) ; L’habitat originel des Indo-Européens au regard de la linguistique (Jean-Haudry) ; Les Indo-Européens et le Grand Nord (Jean Haudry) ; Chronologie de la tradition indo-européenne (Jean Haudry) ; Indo-européens et « mentalité indo-européenne » (Jean Haudry).

                                                           

                                                                      *

 

Des steppes aux océans de André Martinet. Edit. Payot (1994). Cet ouvrage est un classique des études indo-européennes. Martinet est l'un des maîtres dans ce domaine et une bonne partie de ce livre est la retranscription de ses cours sur le sujet. Deux aspects sont particulièrement bien traités dans cet ouvrage: comment s'est faite l'expansion des langues indo-européennes? Martinet expose clairement, en s'appuyant parfois sur des exemples simples et compréhensibles pour chacun, comment a pu se dérouler cette expansion et la réponse est pour lui toute crue: Il y a eu peu de migrations, les langues indo-européennes se sont répandues petit à petit, victoire après victoire, soumission après soumission, métissage après métissage. La réalité est toujours plus complexe que l'on veut bien la voir. L'exemple de la France de ces dernieres 2500 années, bien connues pourtant, laisse rêveur sur les mélanges qui se sont produits dans des époques ou des pays moins bien documentés: un substrat déjà composite de l'âge du Bronze, que les Gaulois viennent dominer et organiser pour finalement adopter la langue latine d'envahisseurs et laisser d'autres envahisseurs germaniques -les Francs- donner leur nom au pays !! Alors pour savoir d'où sortent les Phrygiens, les Hittites, les Philistins, les Etrusques, on imagine le sable sur lequel sont bâties les hypothèses...
Le deuxième domaine bien couvert par le livre est l'aspect purement linguistique de l'évolution des langues indo-européennes: chaque point de grammaire (déclinaisons, genres, nombre, structure...) ou de vocabulaire/prononciation est épluché dans le détail à un niveau que je n'avais jamais vu, et je dois dire que même si par moment c'est ardu, cela reste accessible à l'amateur.
L'auteur ne perd pas de temps à rechercher l'origine des indo-européens, il part sur l'hypothèse consensuelle d'une origine ukrainienne, point.
Ce livre est un trésor, à prolonger par "les Indo-européens" de Bernard Sergent, qui travaille plus les hypothèses en présence (y compris pour l'origine de chaque peuple!), mais rend moins intelligible le mécanisme d'expansion des langues. Les deux ouvrages se complètent à merveille.

                                                              

                                                                     * 

 

L'énigme indo-européenne de C.Renfrew. Flammarion (1993), (édition originale : Archaeology and language : the Puzzle of Indo-European Origins, Cambridge University Press, 1988). Examine les rapports anciens entre l'archéologie et le langage : il se penche en particulier sur l'"énigme" que présente la similarité des langues indo-européennes. Il opère la synthèse entre la linguistique historique et la nouvelle archéologie du développement culturel en affirmant que les premiers éléments de la langue indo-européenne furent utilisés à travers toute l'Europe plusieurs millénaires avant l'époque communément admise aujourd'hui.

                                                              

                                                                     *   

 

La Religion cosmique des Indo-Européens de Jean Haudry. Archè (1987). Professeur à l’Université Lyon III, dont il a fondé, en 1981, l’lnstitut d’Études Indo-Européens, l’auteur dirige actuellement le Centre de Linguistique Appliquée de cette Université. Il est également directeur d’études de grammaire comparée des langues indo-européennes à la 4ème section de l’École Pratique des Hautes Études. Il est également l'auteur du "que sais-je" sur les indo-européens (n°1965) P.U.F, 1992.

« Un ensemble cohérent de représentations issues d’une réflexion sur les trois principaux cycles temporels, le cycle quotidien du jour, de la nuit, de l’aurore et du crépuscule; le cycle annuel et le cycle cosmique, l’un et l’autre conçus sur le modèle du cycle quotidien» : telle est, en son principe, la «religion cosmique des Indo-Européens». Religion dont les dieux sont des «célestes diurnes», ayant à leur tête le Ciel diurne. Un Ciel nocturne noir et un Ciel auroral et crépusculaire rouge alternent avec le Ciel diurne blanc. Une homologie relie aux couleurs de ces trois Cieux les trois castes de la société humaine et les trois dispositions naturelles de l’âme individuelle. La place que tiennent les cycles temporels dans cette conception du monde et surtout l’homologie établie entre le cycle annuel et le cycle quotidien s’expliquent aisément par l’ex-périence vécue de la longue nuit hivernale des régions circumpolaires, berceau du peuple indo-européen.

                                                               

                                                                      *

 

Les Indo-européens de Jean Haudry. P.U.F, Que sais-je? n° 1798 ( 1979, 3ème éd., 1994). Consacré à la reconstitution de la culture indo-européenne, avec quelques éléments sur l'archéologie. C'est un aide-mémoire utile, même si l'auteur, après avoir présenté la théorie des Kourganes et l'avoir approuvée, lui préfixe bizarrement, dans un paragraphe de conclusion, la théorie « polaire » de Tilak.  Une édition revue et augmentée est parue en 2010 aux édit. de la Forêt.

                                                              

                                                                      *

 

L'indo-européen de Jean Haudry. P.U.F, Que Sais-je ? n° 1965, (1981, 3ème édit.1992).

                                                              

                                                                      *  

 

Les Indo-Européens, problème archéologique de P. Bosch-Gimpera. Payot (1980). Cette synthèse sur l'origine et la formation des peuples indo-européens a paru originellement en 1960. P. Bosch-Gimpera fonde son travail sur l'archéologie plutôt que sur la linguistique parce qu'elle permet de remonter beaucoup plus loin dans le temps. Il tient largement compte des travaux archéologiques effectués du côté du bloc soviétique dont l'apport est neuf et important. La première partie de l'ouvrage fait le point des solutions proposées par les historiens, les archéologues, les linguistes, les ethnologues et les anthropologues. La seconde est une synthèse des connaissances actuelles de l'histoire du monde indo-européen, depuis le Mésolithique jusqu'aux grandes invasions du Haut Moyen Age. Synthèse ancienne, encore utile par sa présentation presque exhaustive des théories formulées jusque vers 1960 sur l'origine des Indo-Européens. Le lecteur prendra garde aux datations périmées (excessivement « rajeunies ») des cultures archéologiques évoquées.

                                                           

                                                                     ***

 

biblio. par thème :

 

 - L'indo-européen et les langues indo-européennes:

Parmi une littérature abondante, on trouve les travaux très accessibles de W. B. Lockwood, Indo-European Philology et A Panorama of Indo-European Languages (Londres, 1969 et 1972). La publication dirigée par Françoise Bader, Langues indo-européennes (éditions du CNRS, 1998), ne couvre malheureusement pas toutes les branches de l'indo-européen, mais contient quelques bonnes contributions.En français, l'Introduction à l'étude comparative des langues indo-européennes d'Antoine Meillet (Hachette, Paris, 1922), est naturellement vieillie ; l'ouvrage d'André Martinet, Des steppes aux océans (Payot, 1986), avance des propositions intéressantes, notamment en ce qui concerne les laryngales. Le « Que Sais-je » de Jean Haudry, L'indo-Européen (P.U.F, Paris) contient les données essentielles sous un format pratique. A côté des grands dictionnaires classiques comme celui de J. Pokorny, Indogermanisches etymologisches Wörterbuch, Berne, 1959, il existe des ouvrages plus simples mais plus maniables, comme le Vocabulaire indo-européen de Xavier Delamarre (Adrien Maisonneuve, Paris, 1984). Pour replacer la question indo-européenne dans un contexte plus vaste, on tirera profit de l'ouvrage collectif dirigé par J.-M. Hombert, Aux origines des langues et du langage (Fayard, Paris, 2005).

                                                               

                                                                 *

 

- Culture, comparatisme religieux :

Le Vocabulaire des institutions indo-européennes d'Emile Benveniste (Editions de Minuit, Paris, 1969) demeure un ouvrage de référence.

Pour la mythologie comparée et la théorie dumézilienne, le mieux est évidemment de lire les oeuvres de Georges Dumézil lui-même, en particulier les grandes synthèses qu'il a rédigées à l'apogée de sa carrière (tout en sachant que comme tout vrai chercheur, il n'a cessé jusqu'à la fin de sa vie de modifier et de remettre en cause certains de ses propres points de vue). On peut citer : Mythe et épopée I, II et III (Gallimard, Paris, 1995) ; Les Dieux souverains des Indo-Européens (Gallimard, Paris, 1993) ; Heur et malheur du guerrier, aspects mythiques de la fonction guerrière chez les IndoEuropéens (Flammarion, Paris, 1996) ; Mariages indo-européens, suivi de Quinze questions romaines (Gallimard, Paris, 1988) ; La Religion romaine archaïque (Payot, 2000) ; Romans de Scythie et d'alentour (Payot, Paris, 1988). Pour ceux que découragerait l'ampleur de l'oeuvre du maître, il existe un excellent ouvrage introductif Mythes et dieux des Indo-Européens, réalisé par Hervé Coutau-Bégarie à partir d'extraits de textes essentiels (Flammarion, Paris, 1999). On peut aussi lire, à propos du mauvais procès fait à Georges Dumézil, le plaidoyer de Didier Eribon Faut-il brûler Dumézil ? (Flammarion, Paris, 1992).

                                                              

                                                              * 

 

-Archéologie, génétique :

L'information archéologique relative au problème indo-européen est dispersée dans une foule de livres et d'articles traitant du Néolithique et du Chalcolithique en Europe et Asie occidentale. On trouvera cependant un matériel abondant dans J. P. Mallory and D.Q. Adams, The Encyclopaedia of Indo-European Culture (Fitzroy & Dearbom, Londres-Chicago, 1997). Pour le reste, voir les bibliographies des manuels généraux.

Il n'existe pas d'ouvrage de synthèse rédigé par Marija Gimbutas elle-même sur sa théorie des Kourganes. On peut se référer à ses articles dans le Journal of Indo-European Studies, et aussi - avec les réserves qu'impose leur caractère indirect - aux présentations faites dans tous les ouvrages généraux traitant des Indo-Européens.

La théorie « anatolo-transcaucasienne » de Tomas Gamkrelidzé et Viatcheslav Ivanov est exposée dans Indo-European and the Indo-Europeans (Mouton de Gruyter, Berlin-New York, 1995).

Pour les données génétiques récentes, les travaux de Luigi Luca Cavalli-Sforza ont été traduits en français : Gènes, peuples, et langues, Odile Jacob, Paris, 1996. L'application de la génétique aux problèmes d'histoire des langues et des peuples fait l'objet d'un chapitre de L. Quintana-Murci et J-M. Hombert dans l'ouvrage collectif précité (Aux origines des langues...).                                                           

                                                                   *

 

-Périodique : Le prestigieux Journal of Indo-European Studies, publié à Washington, est le principal organe de recherche et de liaison des Indo-européistes.

 

                                                                   *

 

liens :  

http://www.youtube.com/watch?v=aAhRWSORYss

http://indoeuro.bizland.com/project/chron/chronn.html

 

Voir les commentaires

splendide

Publié le par Christocentrix

Nos traditions françaises et chrétiennes que nous partageons avec nos frêres européens, magnifiquement interprétées ici :


Voir les commentaires

Peintures rupestres sahariennes: 70 ans de recherches françaises.

Publié le par Christocentrix

La première découverte remonte à 1909; elle est due au capitaine Cortier qui a signalé avoir vu dans une grotte de l'oued Assof Mellen "un dessin de bison". L'année suivante, le Lieutenant Gardel découvrit un bel ensemble de peintures à In-Ezzan, qui devait être relevé plus tard par Durand et Lavauden puis décrit par Breuil. En 1929, Conrad Kilian mentionnait des figures peintes, scènes de chasses et hommes armés d'arcs à Tin-Ekaham et à Amaïs. En 1932, le lieutenant Lanney signale des chars de guerre peints et des figures humaines à Tamajert. Enfin en 1933, le lieutenant Brenans découvre la célèbre station de l'oued Djorat, où sur un douzaine de kilomètres, gravures et peintures se trouvent par milliers. Puis le site de l'oued Amazzar, et d'autres encore. Ces découvertes dans le Tassili-n-Ajjer marque un tournant décisif dans la recherche archéologique française au Sahara central et dès l'année suivante, elle seront étudiées par des savants spécialisés (missions Gautier-Reygasse et Peyret-Lhote), tandis que le lieutenant Brenans des Compagnies méharistes continuera ses découvertes et de beaux relevés d'autres sites qui feront l'objet d'analyses par H. Breuil et H. Lhote. (Roches peintes du Tassili-n-Ajjer). Puis en 1938, Chasseloup-Laubat fera paraître son étude sur l'art rupestre saharien. Les choses ne connaitront un réel développement qu'avec les travaux d'Henri Lhote et son équipe en 1956 et 1957; travaux qui seront présentés et exposés en 1957/58 au Musée des arts décoratifs de Paris. Henri Lhote effectuera ensuite d'autres expéditions. Il sera maître de recherches au CNRS et chargé du département d'art préhistorique au Musée de l'Homme de Paris. Auteur d'une douzaine de livres sur le Sahara, plusieurs de ces titres concernent plus spécifiquement l'art et la "préhistoire" du Sahara.

- A la découverte des fresques du Tassili, Arthaud, Paris, 1958, 1973, 1992, 2006.

- Les gravures rupestres du Sud-oranais, Arts et Métiers graphiques, Paris, 1970.

- Les gravures rupestres de l'Oued Djerat, SNED, Alger, 1976.

- Vers d'autres Tassilis, Arthaud, Paris, 1976.

- Les chars rupestres sahariens,  éditions des Hespérides, 1982.

 

 

Lhote 1  Lhote-2.jpgLhote-3.jpg

Lhote-5.jpg

Lhote-6.jpg

D'autres chercheurs tels que H.J. Hugot ou F. Soleilhavoup, entre autres, feront paraître leurs études sur le sujet...  

Hugot-Sahara.jpg

                                                                               (éditions des Hespérides 1974)

 

 

 soleilhavoup-2.jpg

soleilhavoup.jpg

 

 

soleilhavoup-3.jpg  

 

rappelons aussi ce numéro spécial ( n°282, avril 2003) de la revue "Dossiers d'Archéologie" consacré à la Préhistoire de l'Algérie.

Prehistoire-Algerie.jpg 

 

 

Voir les commentaires

Christianisme amazigh

Publié le par Christocentrix

Berbere-lumiere-Occident.jpg

                                                                                            (paru en 1990)

 

 

Après une introduction sur les origines et l'histoire des Berbères, les auteurs suivent le développement du Christianisme dans le nord de l'Afrique, au travers de son histoire romaine, vandale puis byzantine, jusqu'à l'invasion arabo-musulmane. On (re)découvre au passage un certain nombre de martyrs, de saints, de grandes figures de l'Eglise.

 

 

Voir les commentaires

Augustin Ibazizen

Publié le par Christocentrix

Dans ses Mémoires publiés en deux volumes (l’un avant, l’autre après sa mort) il se montrait fidèle aux sentiments et aux idées de toute sa vie : attachement à sa petite patrie kabyle, en dépit de son « retard millénaire », attirance irrésistible vers la France, sa culture, ses maîtres intellectuels et spirituels et la religion du Christ ; indifférence envers l’Islam et le monde arabe auquel il se sentait entièrement étranger. Sans craindre de passer pour un renégat, il justifiait son option personnelle par une tendance atavique de la « race berbère » méditerranéenne et occidentale en dépit de son islamisation (qu’il expliquait par la « mise en condition des hommes et des peuples dominés »).

 

Le-pont-de-Bereq-mouch.jpg

 

 un lien : http://djurdjura.over-blog.net/article-bereq-mouch-55359772.html

 

 

Augustin-Ibazizen.jpg

 

lien :  http://fr.wikipedia.org/wiki/Augustin-Belkacem_Ibazizen

 

 

Voir les commentaires

1 2 3 4 > >>