Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #memoire & patrimoine tag

Pontiques : se mêler sans s'emmêler

Publié le par Christocentrix

 










Voir les commentaires

aux confins de l'Empire....

Publié le par Christocentrix
















Voir les commentaires

Slobodan Despot et le Valais

Publié le par Christocentrix

Quand l'éditeur devient auteur...et où nous entraine Slobodan Despot dans cet ouvrage ? 


"On dirait la Comté, le pays des hobbits"... "Depuis la nuit des temps, les hommes ont peuplé ce coin de pays à la fois reculé et bienveillant". Slobodan nous entraine à la découverte d'endroits "propices à la méditation et à l’oubli de soi", comme il dit, où "on n’y débarque pas à 60 à l’heure, encore moins avec des pensées urbaines"... il nous parle aussi de points de vues d'où "le dialogue entre le créateur et sa créature était plus qu’audible"... "Les bâtisseurs de lieux saints ne les sèment jamais au hasard", commente Despot.
despot.jpg.
valais mystique

De toutes ses randonnées, il en a tiré 24 «pèlerinages», qu’il vient de publier dans ce livre Valais mystique. Les textes rassemblés dans Valais mystique sont parus dans le quotidien valaisan Le Nouvelliste entre 2007 et 2009 (www.lenouvelliste.ch/fr/news//slobodan-le-mys. ) , dans la rubrique "Eglise", malgré les pressions de l'Evêché de Sion qui n'aurait pas apprécié que cet orthodoxe vienne marché sur ses plates-bandes et peut-être parce qu'il parle des signes évoquant la foi dans les montagnes, qui "continueront à raconter la Bible et l’Evangile lorsque les derniers chrétiens, de honte, se seront évanouis".


Ce qui n'a pas empêché Slobodan de recevoir de nombreux courriers de gratitude et de nombreux éloges, dont un de taille :

"Valais mystique est magnifique ! […] Je ne me souviens pas d’avoir lu un ouvrage contemporain d’une telle force et d’une telle hauteur de sentiments et de conviction". Jean Raspail.

Rappelons que Slobodan Despot après avoir été un des piliers des éditions de l'Age d'Homme dirige aujourd'hui les éditions Xénia.
www.editions-xenia.com/communiques/index.php?...

DESPOT2.jpg

le blog de Slobodan Despot : http://despotica.blogspot.com/search/label/Entretiens

sur mon blog : Slobodan à propos de "la maison de servitude" par Eric Werner" :
http://christocentrix.over-blog.fr/article-25023225.html

Voir les commentaires

oeuvre scolaire de la France dans ses colonies

Publié le par Christocentrix


autre exemple: aider la jeunesse de ces peuples sous tutelle à découvrir leur propre patrimoine, sauvegarder leur mémoire, etc...

lectures-Outre-mer.jpg

                  
extrait de l'Avertissement


La grande communauté des peuples qu'est l' « Union française » se trouve définie dans les derniers paragraphes du préambule de la Constitution.........


......................Pour que cette grande communauté ait une âme, il faut que nos éducateurs, à tous les degrés, s'appliquent à donner à leurs élèves, aussi bien à ceux de la métropole, qu'à ceux des Territoires français d'outre-mer, une connaissance précise de l'Union française, des moeurs, des goûts et des coutumes de ses habitants, de la diversité et de la beauté de ses paysages. Notre choix de textes a justement pour objet de faire connaître le milieu physique et les hommes des diverses parties de la France d'outre-mer dans ce qu'ils ont de permanent et d'original. Nous avons choisi de préférence des textes nouveaux destinés à donner de la France d'outre-mer un aspect vraiment actuel. Ces pages nous ont été fournies par de bons écrivains, par des savants, par des hommes d'action et des reporters contemporains. Chaque fois que nous l'avons pu, nous avons fait appel à des oeuvres du terroir et au folklore. Les illustrations dessins et photographies, aident à la représentation pittoresque des lieux et de la vie et font ressortir le contraste né de la coexistence des coutumes ancestrales et de l'adaptation à la vie moderne. L'appareil pédagogique est destiné à donner une compréhension claire du texte (explication du vocabulaire et des idées) et à dégager son intérêt pittoresque ou humain. Des travaux éducatifs variés sont proposés aux enfants afin de les faire réfléchir aux nouvelles notions qui leur sont présentées et d'éveiller en eux une ardente et sympathique curiosité pour les gens et les pays de la France d'outre-mer. Nous donnons à la fin de l'ouvrage un lexique des termes locaux ou exotiques qui sont
marqués d'un astérisque dans les textes.Le but de notre ouvrage serait atteint si la vue d'ensemble qu'il offre des territoires de la France d'outre-mer contribuait à éveiller dans les esprits et dans les coeurs de nos écoliers, le désir d'apprendre à mieux connaître, donc à aimer plus profondément l'« Union française », leur patrie commune.

sommaire lectures outre-mer
ce manuel de 300 pages date de 1953.

Il serait facile de multiplier les exemples concernant le fond, le contenu de ces manuels.......  Et pour qui veut s'en donner la peine,  il peut consulter aux  Archives d'Outre-mer (Aix-en-Provence)  des tas de documentations sur ce sujet ou dans des "encyclopédies d'outre-mer" de l'époque (illustrées) se faire une idée de l'effort gigantesque entrepris  dans les domaines de l'enseignement général ou technique, les équipements, etc... 
Après ce détour "politico-historique" il me sera agréable de revenir à la littérature pour évoquer ce que l'on a nommé :  la "littérature coloniale"... tout un patrimoine de la littérature française aujourd'hui oubliée qui, si elle reste liée à l'épopée de la France outre-mer,  a aussi largement contribuée à transmettre la mémoire de ces peuples mêmes. Nous aurons l'occasion d'y revenir. 

Voir les commentaires

Ali et Toto (France-Algérie-enseignement)

Publié le par Christocentrix

méthode de lecture utilisée en Algérie, en 1951, par les affreux colonialistes, qui comme on vous l'a toujours matraqué, étaient loin des réalités du terrain... n'est-ce pas !

AliToto3

methode-de-lecture.jpg

et à la fin... Ali et Toto y savaient lire... Ma parole, c'est sûr que "c'est beau, c'est grand, c'est généreux...la Fraaaance..."

AliToto-4.jpg

Vous avez vu là sur la photo, le petit blond avec le béret... eh ben c'est moi ! moi c'est Toto... Ali c'est l'autre... il savait lire aussi Ali.  Peut-être c'est Ali Abdel Aziz Boutéflika...vous savez... celui qui veut qu'on s'excuse de lui avoir appris à lire le français...
Quant à moi, je pouvais enfin lire ces grosses lettres peintes sur les murs... ces O, ces A, ces S... et puis ces belles lettres : V I V E   L'  A L G E R I E   F R A N C A I S E .  

Voir les commentaires

Kossovo dans l'âme

Publié le par Christocentrix

J'ai déjà présenté Comnène Betchirovitch (Bécirovic) sur ce blog. Mais je n'ai peut-être pas assez amplement présenté son oeuvre :




LE KOSSOVO DANS L'AME  (éditions de l'Age d'Homme, 2001)

 

Ce sont, pour la plupart, ses articles, ses interventions publiques, ses appels et ses entretiens, dans la période de 1989 à 2001, relatifs aux Kossovo, que Comnène Betchirovitch rassemble dans ce volume dont le titre Le Kossovo dans l'âme, en dit long sur le lien qui unit l'auteur au sujet qu'il traite sous ses divers aspects, historique, culturel, écologique et, en particulier, sous celui de la justice et de la vérité.

En effet, que ce soit par ses églises datant de l'époque médiévale, par le sacrifice auquel les Serbes consentirent pour la foi chrétienne, lors de la bataille contre les Turcs en 1389, par le mythe grandiose qui naquit de ce désastre, transcendant celui-ci, par le calvaire que subirent les Serbes du Kossovo de la part des Albanais à l'ombre de diverses occupations, par l'immensité du mal qui s'abattit sur l'ensemble de la nation serbe lors de l'agression de l' OTAN contre la Serbie en 1999, le Kossovo est essentiellement, en tant que chose martyrisée et en tant que valeur de civilisation, une affaire d'âme.

Par ses constantes références à l'histoire, qui est ici à l'honneur, alors qu'elle est demeurée proscrite tout au long des événements en ex-Yougoslavie, l'auteur fait ressortir toute la complexité de la question du Kossovo, ouvrant au lecteur une vision différente de celle imposée par une asphyxiante pensée unique, sur un drame balkanique ayant pris des proportions universelles, le drame du Kosovo. Il répond en même temps à ceux qui, tributaires de cette pensée unique, n'ont cessé de sévir contre les Serbes des années durant.

Défenseur du sanctuaire dit mont Lovtchène au Monténégro contre la profanation et la destruction auxquelles se livra le régime communiste; voyageur à travers la Serbie éternelle qu'il révèle dans ses Lettres de sanctuaires serbes; militant pour la sauvegarde du patrimoine de sa Moratcha natale, notamment dans L'Éternité menacée de la Moratcha, Comnène Betchirovitch fait vibrer toutes les fibres de sa sensibilité, celles de polémiste, d'historien, de poète, de patriote et d'Européen de par sa vaste culture et son long séjour en Occident.

 


LE KOSSOVO DE L'ABSOLU 
(éditions de l'Age d'Homme, 2007)

 

La tragédie yougoslave, qui a assombri la fin du XXème siècle, aura été la conséquence tant du réveil soudain d'anciens antagonismes lors de la chute du communisme, que du manque cruel d'approche historique, culturelle, identitaire, civilisationnelle de la part des responsables politiques européens et américains de cette donne cruciale, aussi bien en Croatie, en Bosnie qu'au Kossovo.

Cette aberration, Comnène Betchirovitch la démontre, preuves à l'appui, dans ce second volume de sa Trilogie kossovienne, intitulé Le Kossovo de l'absolu, après le premier déjà paru, Le Kossovo dans l'âme, et en attendant le troisième, Le Kossovo sur le calvaire. En traitant, à travers les écrits des byzantinistes les plus éminents, de l'art sacré médiéval serbe au Kossovo, notamment de celui de Petch, de Notre-Dame de Prizren, de Gratchanitsa et de Detchani, l'auteur fait apparaître cet espace d'une civilisation splendide que fut le Kossovo, avant d'être envahi, saccagé et plongé dans les ténèbres par les Albanais à l'ombre de divers règnes tyranniques.

Terre des plus magnifiques créations artistiques, qui figurent dans les anthologies de l'art universel, le Kossovo est également la terre de la grandiose épopée inspirée par un célèbre événement de l'histoire médiévale, la bataille de Kossovo entre les armées serbes et turques en 1389. C'est surtout à travers sa réception en France que Comnène Betchirovitch présente L'Epopée du Kossovo, en citant amplement une multitude d'auteurs éminents, historiens et slavisants, l'ayant interprétée ou traduite, tels que Adam Mickiewicz., Xavier Marmier, Adolphe d'Avril, Saint-René Taillandier, Ernest Denis, Victor Bérard, Édouard Schuré, Augustin Chaboseau, Frantz Funck-Brcntano, Charles Diehl et bien d'autres dont les voix unies constituent un véritable hymne de la France à la Serbie.

Installé depuis une quarantaine d'années à Paris, mais tout en gardant les liens les plus étroits avec le Monténégro et la Serbie, qu'il magnifie dans ses écrits, Comnène Betchirovitch est l'un des inlellectuels les plus reconnus dans la diaspora serbe. Il est confondateur et rédacteur, avec Louis Dalmas et Kosta Christitch, de la revue Balkans-Infos qui ne cesse depuis plus de dix ans d'éclaircir le ciel sombre de la pensée unique en France au sujet du drame de l'ex-Yougoslavie. Il est en train de réunir en volume ses textes, sous le titre Le Combat avec l'Hydre, qui en dit long.


Rappel : Comnène Bélitchirovitch a récemment préfacé l'édition bilingue "Chants épiques Serbes-la Bataille du Kossovo" (édit. Un Infini Cercle Bleu) dont nous avons rendu compte sur ce blog.

 

 

 

Voir les commentaires

Kosovo de l'absolu (Kommen Bécirovic)

Publié le par Christocentrix


                                  "Le Kossovo, d’abord en tant qu’espace par excellence de la civilisation serbe médiévale avec ses innombrables églises, puis en tant que terre de l’épopée née de la bataille homérique qui s’y déroula en 1389 entre les armées du sultan Mourad et du prince Lazare se soldant par la victoire à la Pyrrhus des Turcs, mais aussi par l’écrasement complet des Serbes, ensuite comme l’une des provinces de l’empire ottoman où la condition des chrétiens fut des plus dures du fait de la double oppression turco-albanaise, enfin le Kossovo libéré lors de la Première guerre balkanique, en 1912, et intégré à la nation serbe après cinq siècles d’occupation, a été l’un des thèmes privilégiés d’une multitude d'auteurs français éminents ayant écrit sur la Serbie tout au long du
XIXè et dans les premières décennies du XXè siècles.

Il faudrait des pages entières pour les énumérer tous, mais bornons-nous à quelques noms prestigieux, tels que, en respectant l'ordre chronologique, celui de Hugues-Laurent Pouqueville, historien de la Grèce, prophète de sa libération; celui de Claude Fauriel, fondateur de la chaire de Littérature comparée à la Sorbonne, et interprète des chants serbes et grecs; celui d'Alphonse de Lamartine, voyageur à travers une Serbie en train de s'affranchir du joug séculaire turc; celui de Xavier Marmier, homme de lettres, membre de l'Académie française qui alla jusqu'au Monténégro sur les traces de l'épopée serbe; celui d'Auguste Dozon, diplomate dans les Balkans et l'un des propagateurs de l'épopée serbe en France; celui de Frédéric-Gustave Eichhoff, l'un des plus grands comparatistes et linguistes européens; celui de Saint-René Taillandier et de Joseph Reinach, brillants historiens de la Serbie, l'un, professeur à la Sorbonne, l'autre le plus proche collaborateur de Gambetta; celui de Céleste Courrière, historien des littératures slaves et traducteur en français du cycle des poèmes kossoviens; celui de Victor Hugo même qui lança un sublime appel Pour la Serbie, lors de la crise d'Orient de 1875 à 1878; celui d'Ernest Denis, gloire de la slavistique française, mettant en avant le caractère christique de l'Epopée de Kossovo; celui de Charles Diehl et de Gabriel Millet, historiens d'art, pères de la byzantinologie française; celui du poète Achille Millien exaltant dans des vers inspirés la bataille de Kossovo lors du cinq centième anniversaire en 1889; celui d'Edouard Schuré, écrivain mystique, auteur des Grands Initiés, profond interprète du grandiose mythe kossovien; celui d'Augustin Chaboseau, martiniste versé dans la philosophie de l'Inde, homme des missions confidentielles d'Aristide Briand dans les Balkans; celui de Frantz Funck-Brentano, historien de l’époque de Philippe le Bel, de Louis XIV, puis de la Bastille, auteur d'une version française de l'Epopée de Kossovo; celui de Victor Bérard, grand orientaliste, célèbre traducteur d'Homère, témoin avec Georges Gaulis des souffrances des chrétiens du Kossovo et de la Macédoine durant les dernières décennies de la domination turco-albanaise sur ces pays…

Je me réserve, dans un travail que je suis en train d'achever précisément sur la réception de l'Epopée de Kossovo en France, d'ajouter d'autres auteurs aux précités et de consacrer à chacun d'eux l'espace nécessaire. Une place particulière y sera accordée au vates polonais Adam Mickiewicz qui interpréta magnifiquement, dans le cadre de son cours sur le monde slave de 1841 à 1843 au Collège de France, la poésie épique serbe, en particulier la geste de Kossovo. Cependant si exhaustive que puisse paraître la présente liste, elle serait bien incomplète sans le nom d'Adolphe d'Avril, excellent traducteur, mais aussi brillant exégète de l'Epopée de Kossovo que nous offrons avec cette réédition aux lecteurs"....


       lire l'article complet : http://www.uninfinicerclebleu.com/boutique/page_45.cfm




voir aussi : http://www.kosovojesrbija.fr/fr/bibliographie/view-8.html

                     http://www.tvorac-grada.com/ucesnici/komnen/istina/komnen2.html

Voir les commentaires

Pontos : histoire d'un génocide

Publié le par Christocentrix

Il y a longtemps que j'avais envie de présenter ce peuple : ces helleniques orthodoxes du Pont Euxin. J'ai trouvé sur Youtube des liens qui serviront à introduire le sujet.











 

 


 





Qui sont les Pontiques et ce qu'il leur est arrivé.... http://fr.wikipedia.org/wiki/Pontiques

                                                                                          http://www.info-grece.com/agora.php?read,9,30556


                                                                                           

Voir les commentaires

Digénis Akritas

Publié le par Christocentrix

L’Akrite. L’épopée byzantine de Digénis Akritas, éditions Anacharsis, Toulouse, 2002.
version grecque traduite et présentée par Paolo Odorico, directeur d'études à l'EHESS.
Version slave traduite et présentée par Jean-Pierre Arrigon, professeur à l'université d'Arras. Traduction et présentation du Chant d'Armouris par Homère-Alexandre Théologitis, chercheur à l'EHESS.
L'épopée de Digénis Akritas
occupe, pour la civilisation byzantine, un peu la même place que l'Iliade pour la Grèce antique. On y assiste aux exploits d'un héros à la stature herculéenne, fils d'un émir arabe de Syrie et d'une noble byzantine, le long du fleuve Euphrate, dont on dit qu'il prend sa source au Paradis. Digénis  « celui qui est né de deux races»  y affronte fauves, brigands, dragons et amazones, enlève sa belle, qui lui vouera un amour inconditionnel. Au terme d'une vie de luttes et de cavalcades effrénées, il devient « l'Akrite, l'homme de la frontière », à la fois le gardien et le symbole vivant du monde des confins. Composé en grec sans doute au XIIè siècle, imprégné des souvenirs devenus légendaires des combats multiséculaires entre Byzance et L'Islam, le Digénis, chant de l'honneur guerrier, est aussi un poème de la vie fulgurante, aux accents tragiques.

C'est cette dimension à la fois merveilleuse et profondément humaine qui lui valut son succès et qui conduisit, au XIVè siècle, à l'élaboration d'une version slave, inspirée des récits et contes oraux tel le Chant d'Armouris - qui circulaient d'un bout à l'autre de l'Empire byzantin, du Danube aux confins anatoliens. La traduction de l'épopée, respectueuse du rythme et de la rugosité du langage populaire, nous dévoile la saveur d'une Byzance où tempête le souffle de la vie, loin des archétypes qui la veulent figée dans la préciosité.


précisions :
L'épopée de Digénis Akritas (en grec Διγενής Ακρίτας / Digenếs Akrítas) est un poème épique qui émergea sans doute au début du XIIe siècle au sein de l'Empire byzantin. Le poème présente le parcours d'un héros aux confins orientaux de l'Empire, à la frontière du monde arabe, sur les rivages de l'Euphrate. Digénis, présenté comme un homme à la stature imposante, serait issu d'une noble byzantine et d'un émir de Syrie. Il lutte contre des animaux, des créatures fantastiques, des amazones, etc.

Le contenu, la forme et la langue du poème, qui est en grec vulgaire (ou démotique), suggèrent qu'il a été mis par écrit sous le règne d'Alexis Ier Comnène, sans doute dans les premières décennies du XIIe siècle. Cependant, l'action décrite prétend se dérouler bien plus tôt (peut-être au Xe siècle) : par exemple, les ennemis des Byzantins sur les frontières orientales ne sont pas les Turcs, comme c'est le cas depuis les années 1050, mais les Arabes, contre lesquels Byzance a lutté pendant des siècles. D'ailleurs, le poème écrit que nous possédons réunit peut-être des chants antérieurs, dits « acritiques », dont l'antériorité est discutée, et datant peut-être du début du XIe siècle.
On en a conservé six manuscrits répartis en trois recensions plus ou moins «populaires» ou «savantes», et qui représentent toutes des remaniements importants du texte original, aujourd'hui perdu. La langue est toujours le grec démotique, mais avec des incursions plus ou moins poussées de la langue savante. La version sans doute la plus ancienne (version E, ou de l’Escorial, traduite dans cet ouvrage) comprend un peu moins de 2000 vers. La version la plus « savante » (version G, celle de Grottaferrata), en comprend plus de 3000. Les quatre autres manuscrits appartiennent à une même recension, plus tardive, dite version Z. Des traductions slaves (en Russie), turques, arméniennes sont connues au moins partiellement — signe de la popularité du personnage. Les incursions arabes (fréquentes dans le monde byzantin entre le VIIe siècle et le Xe siècle, sont le contexte de la première partie de l'histoire. L'histoire familiale du héros semble en effet se dérouler dans un climat de conflit. La réconciliation des deux peuples à travers le mariage des personnages principaux et le triomphe du christianisme sur l'islam sont achevés par la conversion de l'émir et l'intégration de son peuple dans la société byzantine. Le reste de l'histoire se déroule sur un arrière-plan moins marqué par le conflit religieux et plus typique de la vie quotidienne sur les frontières d'un Empire désormais plus sécurisé.

L'original (aujourd'hui perdu) était sans doute dans une langue assez populaire et n'a donc pas nécessairement été élaboré dans les milieux de la cour ou de la capitale, car le poème représente tout à fait l'idéologie et les préoccupations de l'aristocratie orientale des frontières. Mais ce n'est pas non plus un texte entièrement populaire ou épique, car il comprend des aspects tout à fait typique du roman savant (roman d'amour tardo-antique, qui revient à la mode à l'époque des Comnènes). Le poème a donc été composé pour l'aristocratie byzantine, avec un mélange de traits populaires et savants, dans un cadre épique mais reprenant des éléments propres aux milieux cultivés.

 

Le poème se divise en deux parties principales:

La première partie raconte le mariage des parents du héros : un émir musulman converti au christianisme et une noble demoiselle rattachée d'une manière ou d'une autre (les versions varient) à la maison des Doukas, qu'il enlève à sa famille lors d'une expédition de pillage. Vaincu par les frères de la belle, l'émir se convertit par amour pour sa captive et transplante toute sa parenté en pays byzantin. Le héros, dont le prénom est Basile, est donc issu de deux races différentes (il est digénis). Selon certains historiens, le grand-père musulman de Digénis serait modelé sur le personnage historique Chrysocheir, le dernier chef des Pauliciens.(hérétiques néo-manichéens).

La seconde partie (la plus longue, bien plus romancée) raconte les aventures du héros. À son tour il enlève (cette fois-ci par un rapt romantique) la fille d'un stratège et mène une vie de libre apélatès (brigand), multipliant les aventures guerrières et amoureuses. L'ensemble est censé se dérouler sur les frontières (akrai : le héros est un akrite) orientales de l'empire, que le héros libère des monstres (dragon, lion, etc.) et des malfaiteurs (chrétiens ou non) qui infestent la région. Le sommet du récit, dans la version G, est la rencontre entre Digénis et l'empereur Basile (il s'agit de Basile II, devenu une figure de légende), à qui il donne des conseils de bon gouvernement : « aimer l'obéissance, avoir pitié des pauvres, délivrer les opprimés de l'injustice qui les accable, pardonner les fautes involontaires, ne pas prêter l'oreille aux calomnies, refuser l'injustice, chasser les hérétiques, favoriser les orthodoxes ». L'empereur lui donne alors par chrysobulle une pleine et entière autorité sur les frontières, et Digénis s'installe avec son épouse dans un splendide palais sur l'Euphrate. Le héros meurt d'avoir bu trop froid, comme Alexandre le Grand dans le Roman d'Alexandre : son épouse aimante meurt en même temps que lui.

                                                                          ***

 
Le Digénis Akritas a connu un succès remarquable non seulement dans le monde byzantin, où il a été produit, mais au-delà de ses frontières, en Europe occidentale, dans la péninsule Balkanique, et auprès de peuples orientaux, les Arabes et les Turcs. En dépit de ce succès de plusieurs siècles, il a longtemps été occulté de notre mémoire littéraire et n'a été redécouvert qu'à la fin du XIXè siècle, mais pour n'être apprécié que pour les détails techniques qu'il apportait à la byzantinologie; en même temps, il a servi aux intérêts nationalistes du peuple grec, sur le point de perdre à jamais les régions où il avait habité depuis toujours, celles-là même où se déroule la geste du poème. Mais avant tout, il est le témoignage vivant d'une culture aux aspects parfois étonnants, qui a imprégné de ses valeurs Ie Sud-Est européen, partie intégrante de notre civilisation. Et les particularités de cette culture, ses mélanges avec le monde oriental - musulman en premier lieu - son parcours historique, son anthropologie et son organisation sociales spécifiques nous rappellent qu'il n'y a pas une seule Europe, axée sur le modèle occidental. Cette aire culturelle est née du monde byzantin.

Issu de la même civilisation gréco-romaine qui a donné naissance à l'Europe occidentale, l'Empire byzantin est l'héritier direct de l'Empire romain. Puissance de première importance, il a exercé une profonde influence sur les régions qui s'étendent sur le plateau anatolien, dans les plaines de l'Europe méridionale et orientale, sur les îles de l'Égée et sur la Grèce. Nombre de populations ont façonné leur culture sur le modèle byzantin: cette autre Europe a su se constituer un espace homogène, tout en préservant, à l'intérieur, sa diversité.

Tout au long de son histoire millénaire, Byzance a été confrontée au problème de la définition de ses limites territoriales. Sa partie occidentale, occupée par des populations slaves ou slavisées, a rapidement fait partie de ce qui a été défini comme le commonwealth byzantin. Mais les confins orientaux, en guerre perpétuelle, et plus perméables à des influences culturelles très différentes, ont été un enjeu d'une autre ampleur. Les textes présentés dans ce volume chantent les exploits de héros qui, dans l'imaginaire populaire byzantin, ont vécu précisément dans ces régions frontalières: d'un côté les entreprises de celui qui semble avoir été le personnage mythique le plus connu, Digénis, de l'autre les aventures d'Armouris, parti délivrer son père en captivité chez les Arabes.

Ces textes, où se mêlent la transposition littéraire d'événements historiques anciens et le rêve d'une revanche sur des ennemis qui arrachaient impitoyablement leur territoire aux Byzantins, nous présentent une société rude, où l'exploit individuel, chanté par le peuple, donne naissance à la légende. La mise par écrit du chant populaire sous la forme d'une biographie historique a ensuite permis à l'œuvre de se renouveler et, à son tour, de devenir source d'inspiration pour la muse populaire. La diffusion du poème dans un espace très large, qui s'étend de l'Euphrate à la Russie de Kiev, où une traduction slave a été élaborée, sa capacité d'adaptation à différentes réalités, par Ie biais de modifications, de traductions ou réinterprétations, ainsi que la continuité de son existence du Moyen-Age à l'époque moderne, sont autant d'éléments qui nous indiquent la vitalité du mythe de Digénis et de ses homologues.

Mais, outre l'importance du poème comme témoin d'un moment historique, il y a la réalisation littéraire en soi, d'une beauté ravissante. Si la version originelle du poème ne nous est pas parvenue, nous possédons plusieurs remaniements, au long des siècles. La version présentée ici, dite de l'Escorial, est probablement la plus proche de l'original. Le mélange, propre à cette version, de caractères populaires, de reprises savantes, d'artifices rhétoriques et de fraîcheur nous fait goûter à un chef-d'oeuvre de la littérature médiévale. Les éléments fantastiques se combinent aux données historiques, les dragons cracheurs de feu à l'aspect horrible côtoient les guerriers à la force surhumaine pour mettre à rude épreuve la vaillance du héros. Les figures féminines, celle de la mère aux tendres sentiments, de la compagne certes soumise, mais fière aussi, de l'indomptable amazone à Ia bravoure virile, restent parmi les réalisations les plus touchantes. Au centre, le héros, beau, brave, courageux, toujours vainqueur, toujours victime de sa destinée, condamné à la lutte incessante: voué à une mort précoce, il est le prototype d'une virilité dominatrice exaltée par une fin dans la fleur de l'âge comme les héros de l'Antiquité grecque dont il est la dernière incarnation.

                                                                        

                                                                        ***

 

Le regard que notre Europe a jeté sur l'autre partie d'elle-même, l'orientale, regard pétrifiant comme celui de la Méduse, ou arrogant, tel que seuls les conquérants savent en avoir, a toujours été chargé de stéréotypes et ébloui par l'avidité.
Lorsque l'Occident s'est tourné vers l'Orient, c'était pour le dépouiller: mieux valait donc le représenter comme immobile, car la victime paralysée peut être plus facilement saisie. Il en a toujours été ainsi, depuis que les Italiens, les Francs, les Normands, les Catalans ont parcouru les routes de l'Empire byzantin pour accroître leurs richesses; depuis que les théologiens catholiques et protestants ont exploité les tréfonds orientaux du christianisme pour résoudre leurs querelles acharnées; depuis que les savants allemands se sont penchés sur la pénible histoire d'une Europe violée par le Croissant des Turcs uniquement pour y chercher les moyens d'échapper à semblable destin; depuis que l'Empire de Rome n'a plus trouvé d'héritier légitime à le revendiquer; depuis que la renaissance d'abord, et les divers classicismes ensuite, sont partis en quête des sources de leur inspiration ; depuis que les philologues ont saccagé une littérature pour y trouver les morceaux d'une autre, réputée à la racine de la leur. l'Occident a toujours pillé Byzance, et lors que l'histoire de l'Empire d'Orient n'avait rien à donner, on l'a méprisé, répétant les dédaigneux jugements de Voltaire et de Gibbon, qui le définissaient comme la « tyrannie tempérée par l'assassinat » et le « triomphe de la barbarie et de la religion ».

Pourtant, Byzance ne sait pas mourir, prête toujours à nous contraindre à y voir ce que nous ne sommes pas, mais que nous aurions pu être, parée à nous ébahir avec son étonnante beauté que nous essayons de qualifier d'exotique, ou de figée, pour masquer notre impuissance à la comprendre, capable enfin de nous faire rêver d'une errance toujours entreprise et jamais achevée, comme le voyage de Yeats vers un Ailleurs que nous ne parvenons pas à saisir. Digénis appartient à ce monde. Un monde multiple, fait de la grandeur rutilante de la cour et de l'immensité d'un territoire où la puissance de l'empereur ne parvient pas à s'imposer, sinon grâce à la nature surhumaine de celui que Dieu a envoyé pour soumettre les vaillants rebelles et les farouches ennemis, les fauves sauvages et les dragons de la Géhenne: toutes les forces du mal qui veulent bouleverser l'ordre assuré par la Providence sur son jardin des délices, l'Empire lui-même, dont Digénis, homme puissant, mais homme avec toutes ses faiblesses, aurait pu être le souverain. Car c'est cela, Digénis, un homme qui incarne des rêves de puissance sans se dérober à sa nature masculine, qui peut paraître égoïste et dominatrice. Si parmi les peintures maniéristes qui voudraient saisir une Byzance figée il y a l'image d'un immense monastère rempli d'ascètes voués à la mortification, le poème nous dit que Byzance est bien plus vivante, pleine de sang et de désir. Digénis entreprend alors sa dernière épreuve herculéenne, et sa tâche la plus difficile, celle de vaincre les philologues et les historiens qui voudraient l'anéantir derrière leurs analyses érudites, et de démontrer que l'homme est un être qui respire.

Digénis est le héros de double naissance, arabe et byzantine, et double est sa nature, surhumaine et terrestre, tout comme double est son espace, entre le mythe et l'histoire. Double, le texte qui nous raconte sa vie l'est aussi, entre le caractère paradigmatique du héros qui sauve et protège les siens, mais qui sauve et protège d'abord son honneur, et le particularisme d'une aventure humaine sans égal, mélange de l'épopée qui lui a donné naissance et des projections d'hommes qui se voudraient indomptables vainqueurs et que seule la mort peut terrasser.

Digénis est un homme seul, car il a choisi de vivre seul, mais plus que ses prouesses et sa force, c'est sa destinée qui l'a condamné à la solitude. Son père est vaillant, un guerrier redoutable, mais entouré d'amis et de parents, auxquels il se rapporte, dont il tient compte. Il sait lutter et il sait perdre, il choisit à son gré. Il connaît la défaite et en assume les conséquences. Digénis non. Il n'a pas le choix, il doit obéir à sa nature. Sa grandeur n'est pas même un don, c'est un châtiment. Ses compagnons ne sont pas ses amis: allongé sur le lit pour se reposer, il est entouré par ses soldats qui, eux, gazouillent « comme de beaux petits oiseaux, lorsqu'ils reviennent du vol », et qui restent debout autour du héros. Son épouse est là, en adoration de cet homme solitaire: c'est l'image d'un roi assis sur son trône et craint par la cour qui reconnaît son unicité; c'est aussi l'image d'une icône, où Dieu siège entouré par les saints et la Vierge, car Digénis est choisi de la Providence pour régir le monde, rôle que l'idéologie byzantine attribue d'ordinaire à l'empereur. Digénis est un véritable roi...

Chant de la beauté masculine, beauté mesurée sur la prestance physique et sur la force de caractère, le Digénis célèbre l'idéal de l'homme jeune, viril, extraordinaire, sûr, droit, franc, ce qu'on appelle le palikari ou le leventis. Un héros qui ne peut être que parfait dans la plénitude de son être, voué à la mort dès sa jeunessse.

 

 

 

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4