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Articles avec #resistance & dissidence tag

barbaresques

Publié le par Christocentrix

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Δύση χωρίς Ανατολή (Ouest sans l'Est)

Publié le par Christocentrix

 

Έκτρωση...Ένα όπλο στα χέρια των γιατρών...Ένα αγέννητο παιδί δεν προλάβαίνει καν να δει το φως του ήλιου γιατί άλλοι καθόρισαν τη μοίρα του εκ των προτέρων...
Άραγε οι γυναίκες και οι γιατροί που προβαίνουν σε τέτοιου είδους επεμβάσεις έχουν ποτέ αναλογιστεί ότι σκοτώνουν μια ανθρώπινη ζωή?

 

                                               résumé : L'AVORTEMENT TUE !

 

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Despotica

Publié le par Christocentrix

Despotica, c'est le titre du blog de Slobodan Despot.  http://despotica.blogspot.com/
despotica.gifC'est également le cahier d'idées et de réflexions qui accompagne son travail d'éditeur.
Editeur insoumis et provocant, Slobodan Despot apparaît dans ses propres textes plus méditatif et plus poétique à la fois. Notes de voyage, pamphlets, portraits, critiques littéraires, chroniques... Des contributions en apparence disparates, et pourtant reliées par une intention commune : la recherche des îlots de présence divine et humaine dans un monde qui se déshumanise et se décivilise de manière précipitée.
Avec un style mêlant franchise et humour, ironie et compassion, ces textes s'efforcent de surpasser, à chaque fois, les schémas sommaires où l'on essaie d'enfermer les esprits.

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islamisation

Publié le par Christocentrix

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L'Avant-guerre civile (Eric Werner)

Publié le par Christocentrix

"L'ordre par le désordre", tel est selon la démonstration lumineuse d'Eric Werner, le moyen choisi par le pouvoir pour n'apparaître aux yeux des populations déstabilisées, anesthésiées, que comme le seul repère immuable.

La démonstration se double d'ailleurs de développements d'une grande érudition sur des questions politiques et stratégiques. Sur un sujet aussi sensible, l'auteur n'a voulu laisser échapper aucun aspect de la grande crise et, pêle-mêle, les phénomènes démographiques, d'insécurité, de désinformation, d'inversion des valeurs, d'invasion de populations musulmanes extra-européennes, etc., sont abordés pour nourrir la réflexion du lecteur et indiquer qu'ils confirment l'analyse de l'ouvrage. Comme l'écrit Eric Werner, "le pouvoir encourage le désordre, le subventionne même, mais ne le subventionne pas pour lui-même, mais pour l'ordre dont il est le fondement, au maintien duquel il concourt. Désordre politique mais aussi moral, social, culturel [...]. Autant que possible, le pouvoir s'emploie à brouiller les cartes, à priver les individus de leurs repères coutumiers. L'objectif est de les rendre étrangers à leur propre environnement. La réalité les fuit, leurs sens sont anesthésiés. Ils igorent d'où ils viennent et où ils vont, ne savent même pas bien souvent de quoi l'on parle. Parfois aussi c'est l'émeute, les casseurs entrent en scène, mais là encore, qu'y faire?  Sus à l'obcession sécuritaire. Un même mouvement entraîne ainsi toute chose, seul le pouvoir échappe à l'universelle dissolution. L'individu se raccroche donc à lui comme à une bouée miraculeuse. C'est son son seul recours, l'unique point fixe émergeant encore dans la tourmente.
L'ordre se défait, tout est d'ailleurs mis en oeuvre pour qu'il se défasse, mais le désarroi même qui en résulte débouche paradoxalement dans une re-légitimation du pouvoir"...

Un chapitre très instructif sur le jeu de "pompiers-pyromanes" auquel  se livre "nos" dirigeants....
                                       l'Avant-guerre civile (Eric Werner). éditions l'Age d'Homme.

La carence de l'Etat s'agissant d'assurer la sécurité de nos enfants (même pas dans les écoles), le développement continu de zones de "non-droit", les émeutes ou actes de guérilla urbaine qui se développent en France en sont la parfaite illustration.

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Kosovo...Serbes

Publié le par Christocentrix

un clip serbe à découvrir :

 

 

  

Kosovo is the soul of Serbia
Hallowed ground, most Serbian
Kosovo is Faith, Hope
Land of martyrdom for the Cross
Kosovo is most Serbian
Face of the Lord
There where the soul remained
There too is our destiny
There where the heart remained
Where God's will was done
All that is there, all is Serbia

One most beautiful field
Adorned with poppies
One most sacred field
Has ascended to heaven
One faith safeguarded
Bathed in blood

When reality replaces the dream
Only an icon remains
And when Eternity counts the days
Above Serbia the sun shines
Kosovo is always Serbia

 

 

et cet extrait d'un texte de Slobodan Despot :

..."Le monastère de Tvrdoš, “place dure”, est l’un des plus anciens de la chrétienté. Il est aujourd’hui le siège d’un évêque immense, débordant de toutes parts les cadres étriqués de son temps. Mgr Athanase, théologien, pasteur de son peuple, imprécateur anticommuniste, footballeur et combattant, est l’homme qui m’a baptisé. Cette âme insoumise, qu’aucun synode ne peut contenir, aucune police bâillonner, a donné la réponse qu’il fallait donner, la seule, aux maîtres du monde qui piétinent l’humanité entière après s’être échauffés sur la Serbie.
Mgr Athanase s’est mis à genoux devant une enfant très pure, enlevée à trois ans par un éclat de bombe, alors qu’elle faisait pipi dans sa salle de bains. C’était le 17 avril 1999. Mgr Athanase a convoqué les iconographes afin d’immortaliser sur la pierre antique cet emblème de notre modernité.
Dans leur guerre de lâches contre les civils d’un pays dont ils redoutaient les soldats, les criminels de l’OTAN ont tué des centaines d’innocents comme Milica. Sur le pont de Varvarin, le 30 mai 1999, jour de la Trinité, ils ont aussi assassiné une adolescente connue pour être une mathématicienne de génie. Milica n’était pas la première, mais c’est sa mort absurde et cruelle qui a révolté le pays, c’est ce visage souriant d’un presque bébé qui l’a incité à tenir bon.
Nos maîtres peuvent s’offrir des tribunaux internationaux à leur solde chargés de les blanchir en couvrant autrui de boue. Ce n’est qu’une affaire d’argent. Nos maîtres peuvent modifier à leur gré le droit international ou local, organiser des battues médiatiques contre ceux qui les gênent, escamoter la réalité et la remplacer par une hallucination électronique. Cela coûte énormément d’argent, mais ils savent le trouver.
Mais que peuvent nos maîtres contre Milica, que leurs spadassins abrutis, partis du Minnesota ou de Hambourg, sont allés assassiner pratiquement dans son berceau? Que peuvent-ils si ce pauvre corps qu’ils ont déchiqueté est devenu un corps glorieux? Que peuvent l’ensemble des puissances du monde contre un saint?
Si les Serbes ont résisté à leur pluie de feu durant 78 jours, dans l’héroïsme et dans l’humour, alors que trois jours de semonces auraient dû suffire, c’est précisément parce qu’ils ne sont pas comme eux. C’est parce que, aussi occidentalisés, aussi soviétisés, aussi désabusés qu’ils soient, ils croient au fond d’eux-mêmes en la promesse chrétienne: la déification de l’être humain.
L’enfant Milica est plus que le député de tous les petits innocents assassinés par l’OTAN dans un jeu de massacre. L’enfant Milica déifiée et bientôt canonisée est l’icône de cette résistance inouïe. Patronne de ces 78 jours, elle apporte le 78e nom au registre des saints serbes.
Laissons de côté la foi, si elle vous irrite. Parlons géopolitique: la Serbie officielle est à genoux. Depuis qu’elle a livré son chef récalcitrant, elle ne songe qu’à devancer, haletante, les moindres désirs de ses mentors, de ceux-là même qui l’ont “renvoyée à l’âge de pierre” avec leurs bombes.
Soit. Mais il y a une autre Serbie — ou la même, à d’autres heures — qui organise sa défense et sa survie. Qui reconstruit sa réserve de modèles, de causes qui méritent le sacrifice d’une vie. Qui érige ses monticules, certes petits, mais suffisants pour voir venir l’autre tsunami, le plus dévastateur: le remplacement de l’être humain par une fiction socio-économique..."

                                                                                                  Slobodan Despot

                                                          

                                                    le texte entier sur son blog :

                          http://despotica.blogspot.com/search/label/Pri%C3%A8res

 

                                                                                ***

 

                                       le site de "Solidarité-Kosovo" : http://www.solidaritekosovo.org  

 

 

                                                                                                                                                                                                     

une vidéo :  http://www.europaegentes.com/    (EUROPAE GENTES soutient SOLIDARITE-KOSOVO)

 

 

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état des lieux

Publié le par Christocentrix

"L'ennemi numéro 1 de tout État est l'homme qui est capable de penser par lui-même sans considération de la pensée unique. Presque inévitablement il parviendra alors à la conclusion que l'État sous lequel il vit est malhonnête, insensé et insupportable, ainsi, si cet homme est idéaliste il voudra le changer. S'il ne l'est pas, il témoignera suffisamment de sa découverte pour générer la révolte des idéalistes contre l'État."


« L’État, ou pour rendre les choses plus concrètes, le gouvernement, se compose d’une bande de types exactement comme vous et moi. Ils n’ont, tout bien considéré, aucun talent particulier pour les affaires du gouvernement ; ils n’en ont que pour accéder à une fonction et la garder. Dans ce but, leur principal procédé consiste à chercher des groupes de gens qui courent désespérément après quelque chose qu’ils ne peuvent pas se procurer, et à promettre de le leur donner. Neuf fois sur dix, cette promesse ne vaut rien. La dixième fois, elle est tenue en pillant A afin de satisfaire B. En d’autres termes, le gouvernement est un courtier en pillage, et chaque élection est une sorte de vente aux enchères par avance de biens à voler. »


                                                                               Henry Louis Mencken (1880-1956)
                                                                Journaliste, écrivain américain et libre penseur.


                                                             
                                                                                         ***

"Il n'y a plus à réagir aux nouvelles du jour, mais à comprendre chaque information comme une opération dans un champ hostile de stratégies à déchiffrer, opération visant justement à susciter chez tel ou tel, tel ou tel type de réaction ; et à tenir cette opération pour la véritable information contenue dans l'information apparente".

"Le scandale, il y a un siècle, résidait dans toute négation un peu tapageuse, elle réside aujourd'hui dans toute affirmation qui ne tremble pas...[...]...contenir sans fin toutes les affirmations, désactiver pas à pas toutes les certitudes qui viennent fatalement à ce faire jour, tel est le long travail de l'intelligence occidentale. La police et la philosophie en sont deux moyens convergents quoique formellement distincts".

                                                                        Le comité invisible : l'insurrection qui vient.



                                                                                              ***


"...Les hommes politiques qui sont aujourd'hui aux premières places ne sont en réalité que les gagnants d'une partie où il s'agit de se nantir du mieux qu'on peut ; ce sont des hommes qui ont réussi. Le pire mal n'est pas qu'ils passent leurs temps dans des intrigues qui n'ont rien de beau, c'est que, vivant de la sorte, ils n'en restent pas moins chargés de dire au peuple tous les grands mots qui glorifient un idéal. Mais parlant ainsi sans autorité, ils dégoûtent les gens de ce que ces mots représentent. Alors, au contraire, ceux des hommes qui étaient élévés au-dessus de tous les autres sentaient qu'ils n'étaient grands que par les choses qui vivaient en eux. Chargés de tous les insignes du pouvoir matériel, ils croyaient cependant à des supériorités plus pures qui dépassaient la leur et, parfois, ils les exaltaient eux-mêmes. Deux ans à peine après la mort de François (d'Assise), Grégoire IX le canonisa..."

...Il est bien vrai qu'en tout temps l'homme apporte à la vie les mêmes instincts. La seule affaire est de savoir ce que les hommes de chaque époque ont ajouté à ce fonds commun, et s'ils ont contenu et discipliné ces instincts, ou s'ils se sont bornés à les laisser libres.....Il existe en effet, des rapports secrets entre toutes les puissantes façons d'exister. Elles s'appellent, se provoquent, se sollicitent. Alors même qu'elles semblent s'opposer, elles se répondent.....Ce n'est pas dans les époques de mollesse que se manifestent les plus purs types de douceur. Le monde moderne se croit violent, mais il se vante, il n'est que grossier. Si la violence s'y produisait hardiment, peut-être verrait-on paraître des caractères opposés, pour lui donner la réplique.....L'homme moderne a pris toutes ses précautions contre le sublime. Il en était autrement au moyen âge ; les hommes y attendaient perpétuellement quelqu'un qui les dépassât. Celà les exposait à bien des erreurs et bien des risques, mais il y avait des portes ouvertes là où, maintenant, il y a des portes fermées.


extrait de "Saint François d'Assise" par Abel Bonnard, de l'Académie française(Flammarion, 1929)


                                                                            ***


.....Ainsi donc, serait-ce par le jeu de forces intérieures que les sociétés iraient à la mort ? La loi biologique, plus forte que les volontés humaines, les condamnerait-elle à disparaître, leur temps accompli ? Et les événements extérieurs qui, dans l'Histoire, semblent déterminants, seraient-ils, en définitive, aussi épisodiques et déterminés que le sont, pour chacun de nous, les causes hasardeuses, - accident ou maladie, - qui nous mènent tous à une inéluctable fin ? Si l'on songe à ce que représente vraiment le drame de notre monde, à cette immense somme de trahisons dont l'homme moderne s'est, envers lui-même, rendu coupable, une telle hypothèse ne paraît pas du tout inacceptable et la loi de biologie historique rejoint, au fond de notre conscience, un sentiment de désespoir et de dégoût de vivre que nous connaissons bien".

                                                                        DANIEL-ROPS (Chants pour les abîmes, 1949)

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obéissance ou désobéissance à l'ordre du jour

Publié le par Christocentrix

La première session du nouveau projet sur la doctrine sociale de l’Eglise orthodoxe a eu lieu le 20 novembre 2008 à Berlin. Le projet durera deux ans et son but est d’examiner et de discuter l’enseignement social de l’Eglise orthodoxe et de le comparer à celui de des Églises catholique et protestante et ainsi aider à son approfondissement. Parmi les documents à étudier figure aussi le texte « Les fondements de la doctrine sociale de l’Eglise orthodoxe russe » dont la traduction allemande vient d’être publiée par la Fondation. Plusieurs conférences internationales seront organisées dans le cadre de ce projet dont la première se penchera sur les questions des droits, des devoirs et des responsabilités de l’homme. 
(source : Eglise Orthodoxe Russe). 



rappel :  "Le texte, approuvé le 15 août 2000 par le Concile jubilaire de l’Église orthodoxe russe, [...] forte de sa douloureuse expérience de persécution, inégalée dans l’histoire, par une idéologie matérialiste, tient un langage convaincu de la dimension avant tout spirituelle de l’homme. Lucides sur les périls du monde moderne, ces Fondements posent néanmoins sur lui un regard optimiste, déclarant dans les premières pages que « le mépris manichéen envers la vie du monde environnant est inacceptable ; la participation du chrétien à cette vie doit se fonder sur la conviction que le monde, la société, l’État, sont l'objet de l’amour de Dieu, parce qu’ils sont destinés à la transfiguration et à la purification selon l’amour prescrit par Dieu » (p. 18-19).
Le point le plus novateur du document est la méfiance exprimée à l’égard du principe national érigé en idéologie : « Les théories qui érigent la nation à la place de Dieu ou réduisent la foi à un aspect de l’identité nationale sont contraires à l’enseignement orthodoxe »(p. 27), mais aussi à l’égard de l’État : « Les chrétiens doivent refuser toute absolutisation du pouvoir, toute méconnaissance des limites de sa valeur strictement terrestre, temporaire et passagère »(p. 33).
Le principe du droit à la « désobéissance civile », ou de l’objection de conscience, est pour la première fois affirmé par une Église orthodoxe : « Si l’autorité contraint les chrétiens orthodoxes à renier le Christ et son Église ou à accomplir des oeuvres coupables, dangereuses pour l’âme, l’Église doit refuser l’obéissance à l’État »(p. 43). [...]

Précieux pour l’ensemble des prêtres et fidèles orthodoxes, les Fondements de la doctrine sociale de l’Église russe ouvrent aussi de larges perspectives au dialogue entre Églises pour un témoignage commun des chrétiens dans le monde contemporain."

        
Voir la recension de Jean-Claude Larchet sur le site :
http://www.orthodoxie.com/2007/10/recension-glise.html

et l'article de Russomania : http://www.russomania.com/Benoit-XVI-recoit-les-Fondements

                                                                                    ***


A quelques mois du renouvellement des lois françaises de 2004 concernant la bioéthique, espérons que différentes voix se feront entendre pour rappeller aux citoyens chrétiens - et particulièrement parmi eux, aux professionnels de santé qui sont en première ligne-   ce que leur inspire ce document officiel d'Eglise et de portée universelle.

                                                                                                    ***


Le 1er décembre dernier, le grand-duc du Luxembourg a refusé de signer la loi adoptée au parlement qui dépénalise une forme d’euthanasie. Le 19 décembre, le parlement luxembourgeois, a réitéré le vote à une faible majorité. Le 20 décembre, le métropolite Cyrille de Smolensk, locum tenens du siège patriarcal russe, a adressé une lettre au soutien au grand-duc Henri.

Il y dit notamment: "Nous soutenons votre décision de ne pas signer cette loi. Comme vous le savez, l’Église orthodoxe russe s’exprime pour la préservation partout en Europe des valeurs éthiques traditionnelles." Il explique: "La légalisation de l’euthanasie porte atteinte au don sacré de la vie (…) Une telle pratique pervertit le devoir du médecin de préserver la vie et non pas d’y mettre un terme. Les chrétiens savent ce que représentent les souffrances des personnes aux maladies incurables... Mettre les malades à mort ou les aider à commettre un suicide est pour nous absolument inadmissible."
Concernant la décision du grand-duc, il s'agit d'un " exemple de courage, de fidélité aux convictions qui sont celles de la majorité des habitants de l’Europe."

Source: Église russe                                                                                             

                                                                                                                 ***


relevé aussi ce jour sur le site de Novopress : http://fr.novopress.info/ :

"le Vatican n’adoptera plus automatiquement les lois votées par le Parlement italien .... Comme s’il souhaitait signifier qu’une ère nouvelle s’ouvre à partir du 1er janvier 2009, le Vatican a attendu le dernier jour de l’année 2008 pour faire savoir qu’il n’adoptera plus automatiquement les lois votées par le Parlement italien. Faite par le cardinal espagnol José Maria Serrano Ruiz, président de la Cour d’appel du Saint-Siège, l’annonce a fait l’effet d’une bombe....

.....Cette décision est un avertissement clair est adressé à l’Etat italien, dont la législation confuse se trouve trop fréquemment en contradiction avec les instructions vaticanes portant, notamment, sur les questions de bioéthique. Il s’agit là d’un geste politique fort qui pourrait avoir une portée considérable. Comment ne pas y voir la volonté d’inviter chaque croyant, où qu’il se trouve de par le monde, à repenser sa propre démarche politique ?....."


                                                                                                               ***


En prévision de la révision de la loi sur la bioéthique en 2009 par le parlement français, la revue catholique Liberté politique publie un numéro intitulé «Guide politique de bioéthique». Les articles sont accessibles en ligne. Un texte d’Elisabeth Montfort, qui fait partie du dossier, explique les enjeux de la révision 2009 des lois de bioéthique.

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obéissance ou désobéissance (suite et fin)

Publié le par Christocentrix

ISMÈNE :

Pour moi donc, priant mes morts sous terre de me pardonner car j' y suis contrainte, j'obéirai à ceux qui sont au pouvoir. (...)


ANTIGONE :

(...) Agis à ta guise, mais mon frère, je l'enterrerai. Il est beau pour moi de mourir en accomplissant ce devoir.

 

                                                                               (Sophocle, Antigone)


De prime abord, il semble naturel de soutenir que, puisque les hommes doivent préférer ce qui est juste à ce qui ne l'est pas, il leur faut obéir à la loi en tant qu'elle est juste, tandis que, si elle ne l'est pas, ils ne sont pas tenus de s'y soumettre. Autrement dit, il y a des cas exceptionnels, graves et en effet assez rares, où la désobéissance doit s'imposer. Effectivement, comment pourrait-on prétendre simultanément avoir le souci sincère d'agir avec justice et s'adonner à suivre ce qui ne l'est pas? L'homme cohérent ne peut longtemps mener une vie si contradictoire, dans la mesure où c'est vraiment se faire violence que de faire l'inverse de ce que l'on veut.

Cette thèse revient à laisser l'homme être le propre juge de l'acte qu'il pose. Ceci, qui est l'expression commune du bon sens, s'applique parfaitement à sa qualité d'homme libre. On doit reconnaître à l'homme la possibilité d'engager toute sa volonté, sa raison, sa personne dans les actes qu'il pose. Ce ne serait pas agir librement que d'obéir mécaniquement à l'ordre de la loi, ou de faire quoi que ce soit qui s'oppose à son désir intime. La condition essentielle pour qu'une personne soit qualifiée de juste, d'homme juste, est qu' elle se porte pleinement et librement à se conformer à la notion de juste qui l'anime. Mettons qu'un homme applique l'ordre d'une loi, non parce que cette loi convient effectivement à ce qu'il est bon de faire, mais par une obéissance velléitaire et aveugle, ou même par crainte de la sanction encourue s'il s'en écartait; on ne pourrait pas dire qu'il s'agisse d'un homme épris de justice. Ce serait plutôt la figure de quelqu'un qui se laisse mouvoir par ses passions, ses désirs et ses peurs, mais non par ses vertus.


Il semble ainsi que la justice est d'abord dans l'homme avant que d'être dans la loi. Un acte ne sera dit juste qu'en tant que l'agent le posera comme tel, sous le mode de la justice, et non pas seulement parce qu'il est conforme à la loi. Qu'un acte soit conforme à la loi n'est donc pas le premier motif de sa justice. Ce n'est pas la loi qui rend l'acte juste. Si tel était le cas, on ne pourrait jamais parler de loi injuste. Par ailleurs, et cette observation est une puissante objection, on sait très bien qu'on peut être dans la légalité avec une intention injuste. Le sentiment de la justice est bien supérieur à l'observance stricte et de la légalité.

Il est possible d'agir malhonnêtement, mais sous couvert de la loi, en se servant de son manque de précision, voire en se conformant à la lettre mais en s'écartant de son intention. Il est toujours possible d'interpréter la loi à son avantage. Seul l'acte posé avec l'intention de faire ce que l'on sait être juste, peut être dit juste. Pourtant, il faut se rappeler que la vie en société n'est possible que si, et seulement si, il y a une certaine unité dans l'agir des hommes d'une même communauté. Les hommes étant constamment en relation les uns avec les autres, chaque action devient une interaction. Cette interaction requiert une notion commune aux membres de la société des actes qu'il convient, ou non, de poser. En d'autres termes, il faut que la notion du juste et de l'injuste soit la même pour tous les membres d'une même communauté.


Les hommes jugent-ils de la même façon ce qui est bien ou mal et, par là, se portent-ils unilatéralement à ce que leur raison leur fait reconnaître comme juste? Bien évidemment, il ne s'agit pas de savoir si les consciences parviennent aux mêmes conclusions sur des points qui relèvent, par excellence, de la convention, comme sur la couleur des feux tricolores, ou sur la forme des lettres de l'alphabet. Au moins sur les notions les plus importantes, il faut que les consciences s'accordent. Force est de constater qu'il n'en est rien. On se rappelle le différend qui a opposé Kant et Benjamin Constant (cf. D'un prétendu droit de mentir par humanité, Kant). Si un assassin poursuit un de nos amis et qu'il nous demande, dans le dessein de l'occire, si l'on sait où il se cache, devons-nous dire la vérité mais le livrer, ou mentir et le sauver? Pour Constant, le fait de ne pas mentir serait criminel ; pour Kant, c'est le fait de mentir qui est criminel. Dans ce cas, la question est bien : faut-il suivre sa conscience? Entre Kant et Constant, les jésuites, qui excellent en casuistique, auraient sans doute soutenu, pour cette question, la solution de l'usage de la « restriction mentale ». Cette dernière, fondée sur la nuance, consisterait à répondre qu'un tel n'est pas là quand bien même il est caché juste derrière soi, en sous-entendant mentalement qu'il n'est pas là « pour vous ».


Même au sein d'une même société, on voit les divergences extrêmes des notions de bien et de mal auxquelles les consciences parviennent, y compris sur des questions capitales. A fortiori pour des peuples différents, les divergences sont grandes; certaines pratiques peuvent être prônées par les uns, bannies par les autres. La polygamie ou la monogamie, la stabilité ou le divorce d'un ménage, les mutilations, l'avortement, l'eugénisme (ou orthogénie), la décapitation et toutes autres formes d'exécutions létales : autant de pratiques qui concernent directement le sens de la vie et qui trouvent des partisans et des opposants. Autant dire que, si les hommes n'ont pas les mêmes critères du bien et du mal sur des points si graves, a fortiori, comment pourraient-ils s'accorder spontanément sur n'impose quel acte mineur de la vie courante? Puisque la conscience des hommes peut légitimer tel acte ou son contraire, revendiquer le fait de suivre en toute chose sa conscience, revient à ruiner les conditions de la vie en société. Le maintien de cette dernière nécessite, en effet, une cohésion des actes fondés sur une notion commune de la justice, des droits et des devoirs ; ce à quoi les hommes ne parviennent pas naturellement. On ne peut jamais réduire l'infraction à la loi à une simple attitude au for interne de sa conscience. Dans son for interne, la conscience se juge elle-même, mais la désobéissance à la loi n'est jamais seulement une question personnelle, n'ayant pas d'implication sur la vie sociale. Au contraire, il faut bien saisir que toute désobéissance à la loi a toujours des conséquences au for externe, c'est à dire des conséquences sur la vie sociale elle-même. On doit alors se demander si la loi n'est pas précisément le palliatif que l'homme s'est forgé pour vaincre l'impossible accord immédiat des consciences. Puisqu'il n'y a pas naturellement ni spontanément de règles, même élémentaires, qui dirigent unanimement l'agir, - ce qui est rédhibitoire pour la société -, il faut forger une règle que l'on érigera en règle commune. On la fera connaître de tous par sa promulgation et tous devront l'accepter, pour autant qu'ils veulent vivre en société.
Tous devront l'accepter, et il sera vital et d'un devoir éminemment grave et supérieur que chacun incline devant elle toute considération personnelle. Puisqu'il est nécessaire qu'il y ait une notion commune du juste, et que celle-ci ne peut venir en laissant libre cours à l'autodétermination de la conscience, il faut reconnaître qu'elle doit venir de la loi. Quiconque prétend préférer suivre la règle individuelle de sa conscience, au mépris de la règle reconnue par tous ceux qui savent que sans elle, la société se dissout, est un danger extrême pour la société. Par son attitude, il s'oppose de lui-même à la condition sine qua non de la vie sociale. Il serait donc ruineux pour le bien commun de soutenir qu'il faut obéir à sa conscience avant que d'obéir à la loi, mais de se constituer soi-même en juge et interprète de la loi. Il faut plutôt, semble-t-il, obéir à sa conscience qui nous énonce le devoir pressant de toujours accepter la loi. Ainsi, le bon sens pratique et les impératifs de la condition de la vie sociale devraient nous faire prendre conscience que c'est une grande sagesse que de se fixer pour règle de toujours suivre la règle commune, à savoir la loi.

Et le gouvernement qui s'écrierait : « Non à une loi morale qui primerait la loi civile », ferait tout simplement preuve de bon sens et d'esprit pratique. Puisque le gouvernement et le peuple ne peuvent voir ensemble où est le bien, et comme il faut pourtant un principe, alors la pratique et le progrès imposent de se soumettre malgré tout aux règles du législateur, fussent-elles immorales. En effet, la nécessité tout autant que la productivité doivent absoudre ou, pour mieux dire, dissoudre les préoccupations morales. Celles-ci agissent comme un frein à la société.


D'un côté  la cité a besoin de lois; de l'autre,  l'homme ne peut être juste s'il s'oppose à la loi de sa conscience. Comment peut-on concilier deux idées si contradictoires? Ce qui est juste, est-ce ce que la loi formule ou ce que notre conscience détermine comme tel? Poursuivre le juste, est-ce suivre la loi ou la conscience? Il semble que cela soit de suivre les deux à la fois, ce qui n'est pas possible, du fait même qu'on ne peut simultanément tendre vers ce qui s'oppose. On est alors au comble de l'écartèlement, sans savoir quelle inclination doit céder à l'autre.


Nous sentons que l'idéal serait de pouvoir agir comme nous le voulons, c'est-à-dire de nous porter en toutes choses de nous-mêmes vers ce qui nous semble profondément bon, juste de faire. On peut retrouver une optique assez rousseauiste, par laquelle « l'haleine de l'homme est mortelle à l'homme » et que, par conséquent il ne faut « obéir qu'à soi-même». On peut aussi se plonger dans un idéalisme moral attrayant par sa pureté et pour lequel il ne faut agir que sous l'unique raison du bien, du juste, du devoir, et non pour un intérêt particulier, qui ferait perdre toute sa valeur à l'acte. La seule loi, autorité, à laquelle on puisse obéir, pour rester vraiment moral, émane de ce qu'avec le kantisme, on appelle "l'impératif catégorique". Cette observance stricte et désintéressée de l'ordre de la raison permet seule d'épurer la conscience des passions (notamment la crainte de la sanction pénale, ou le profit). Il faut obéir à la loi de la conscience. Il le faut, sans autre motif, hormis le respect du principe lui-même. Poussé à l'extrême, cet idéal de la conscience pure peut engendrer une fermeture à l'ordre que l'on reçoit de l'extérieur, au profit d'un sentiment d'autonomie absolutiste.


Pourtant, après avoir montré que la notion d'organisation est intrinsèque à la notion de société, la condition même de son existence et l'exigence de la paix qu'elle cherche à maintenir requièrent un agencement méticuleux. Cette deuxième partie nous a permis de voir le principe qui sous-tend l'observation de la première, et qui est sous-jacent à la thèse "pacifiste". La force des choses et le parfait souci du bien commun semblent devoir nous mener à taire nos sentiments personnels, la voix intérieure de notre conscience, parce que si chacun s'écoutait soi-même, on sombrerait dans une véritable cacophonie désorganisatrice.


Taire n'est d'ailleurs pas travestir. On peut, à cause de l'exigence de l'ordre pour le plus grand bien de la société, s'adapter extérieurement à l'infraction de la loi sans pour autant donner son assentiment, ni renoncer intérieurement, intellectuellement à notre conviction profonde. Comme nous l'enseigne le libéralisme, le pouvoir législatif ne prétend d'ailleurs pas que l'on s'accorde sur d'éventuelles convictions morales. Son exigence est d'un autre ordre : elle fixe une règle concrète et l'accord qu'elle attend n'est qu'un accord de l'acte extérieur. L'énonciation d'une loi donne une règle extérieure, sans en donner la raison morale ou règle intérieure qui en serait le principe et sur laquelle pourrait éventuellement achopper la conscience. Si la loi attend un acte extérieur conforme à un certain bien, la moralité attend dans le même temps que l'acte intérieur aussi soit conforme à un certain bien. Et voilà peut-être l'origine du problème : conformer à la fois mon être extérieur à ce que la morale attend, et également mon être intérieur. C'est cette double règle et son exigence, son impératif concomittant, qui pose difficulté...
En  d'autres termes, on commence déjà à s'apercevoir que dans une même action, il suffit que la fin voulue ou que la matière de l'acte soit mauvaise par nature pour que l'acte tout entier doive être considéré comme tel, selon le principe : "bonum ex integra causa, malum ex quocumque defectu" (le bien requiert la bonté de la cause entière, il suffit de n'importe quel défaut de la cause pour que s'ensuive le mal) - (in Ce que l'on ne peut jamais faire, la question des actes intrinsèquement mauvais, de S. Pinckears, Éd universitaire Fribourg, Suisse, Éd du Cerf, Paris, 1986).

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obéissance ou désobéissance

Publié le par Christocentrix

D'abord la thèse selon laquelle il semble que la loi prédomine toujours sur la conscience.


POLOS : que veux-tu dire Socrate ?

SOCRATE : rien qu'une chose : le plus grand mal c'est l'injustice.

POLOS : Pourquoi le plus grand mal? Subir l'injustice, n'est-ce pas pire?

SOCRATE : Non, pas du tout.

POLOS : Donc, toi, tu aimerais mieux subir l'injustice que la commettre!

SOCRATE : Moi, tu sais, je ne voudrais ni l'un ni l'autre. Mais s'il était nécessaire, soit de commettre l'injustice, soit de la subir, je choisirais de la subir plutôt que de la commettre. 
                                                                                 (Platon, Gorgias, 469 a-c)



Dans un second temps, nous examinerons le principe empiriste par lequel il semble qu'il n'est pas fondé de préférer suivre sa conscience plutôt que la loi.


ISMÈNE : Pour moi donc, priant mes morts sous terre de me pardonner car y suis contrainte, j'obéirai à ceux qui sont au pouvoir. ( ...)

ANTIGONE : (...) Agis à ta guise, mais mon frère, je l'enterrerai. Il est beau pour moi de mourir en accomplissant ce devoir.

                                                                                                         (Sophocle, Antigone, 65-75.)


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Assurément, il ne suffit pas qu'une loi soit promulguée pour qu'elle emporte la satisfaction générale. Il arrive en effet souvent que des mouvements de contestation s'organisent à leur encontre. Ces contestations, lorsqu'elles sont manifestées avant que la loi ne soit votée, entrent dans le jeu du débat politique qu'elles suscitent. On peut les considérer comme utiles pour l'évolution de la société. En revanche, lorsqu'il s'agit d'une loi déjà votée, déjà entrée en vigueur, le débat est clos et, si la contestation perdure, elle devient une véritable opposition, volonté de changer la loi.  Qu'est-ce qui peut pousser des hommes à se mettre en marge de la loi? On s'intéressera à l'homme sincère, sans préjuger d'une quelconque intention maligne et dont l'attitude est vraiment dictée par un souci du bien. L'hostilité de l'homme honnête face à une loi révèle la difficulté qu'il y a à devoir se soumettre à une loi qui s'oppose à ses convictions les plus intimes, à son sentiment de ce qu'il est juste d'accomplir. La désapprobation à la loi et l'insubordination à l'autorité est une question de conscience.


Contester l'ordre d'une loi au mépris de l'autorité, c'est inévitablement en substituer une autre, ce qui est une usurpation de l'autorité. Ce détachement par lequel on se fixe sa propre loi, on le nomme autonomie. Non seulement l'« homme autonome » ne tient pas compte de la loi, mais par son action, que l'on appelle délit, il vise à changer la loi par la voie juridique (pression sur le législateur). Cela vise donc bien à changer la loi.

Si ce n'est par la loi, l'homme autonome prétend en tout cas imposer la nouvelle norme par le fait accompli, par voie de fait. Il considère que ce qui peut être fait est ce qui se pratique effectivement. Il devient alors "hors-la-loi" et totalement indépendant de l'autorité qui n'exerce d'ailleurs son pouvoir moral que pour autant qu'il l'accepte. Lorsque l'exigence que la loi nous impose s'affronte avec l'exigence que notre conscience nous dicte, cela entraîne ce que l'on appelle un cas de conscience. La volonté est dans un véritable dilemme. Elle sait ce qu'il faut faire, ce qu'elle trouve juste et bon, mais on lui demande de faire ce qui s'y oppose. On peut alors préférer se soumettre quand même à la loi pour éviter d'avoir des ennuis avec les forces de l'ordre et les organes judiciaires, mais ce ne sera alors pas sans remords. Tel peut être le remords de celui qui contribue par ses impôts au remboursement de l'avortement, alors même que c'est une pratique qu'il juge criminelle. On pourra aussi refuser de renier ses convictions et s'opposer vaille que vaille à l'ordre de la loi.

Il faut bien comprendre alors qu'un tel choix est quasiment un choix de vie. En s'opposant à la loi, on est en état d'infraction, et on fait désormais partie des hommes dont le but est de combattre ladite loi. Par le fait, voire par voie de fait, on devient un hors-la-loi, un outlaw. Refuser de se soumettre à une loi, c'est plus que s'opposer à une loi, mais c'est bien souvent s'opposer au gouvernement qui l'a édictée. D'honnête citoyen, on passe dans la catégorie du rebelle, du réfractaire. Les lois ne sont pas des conseils pour l'agir, mais elles règlent avec précision ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire. Quand on suit sa conscience qui refuse la loi, c'est qu'on fait le contraire de ce que la loi nous impose. On agit peut-être ainsi par souci de justice; il n'empêche, paradoxalement, que l'on devient "passible de justice". Comparaître devant le juge, et même subir des sanctions graves, n'entame pas la détermination de beaucoup d'opposants à la loi et d'adversaires au pouvoir. L'exemple de la fille du roi OEdipe, dans la tragédie de Sophocle, reste l'illustration la plus marquante de cette opposition. Antigone reste le parangon du refus de la loi par fidélité à la conscience. Elle a préféré braver la loi, et la mort certaine que cet acte encourait, que de laisser la dépouille de son frère sans rite funéraire.


Au-delà de la noble intention qu'il peut y avoir de s'opposer à la loi (et que l'on ne remet pas d'emblée en doute), on peut se demander si la désobéissance à la loi est une attitude vraiment acceptable, raisonnable. En effet, on peut se demander si la désobéissance à une loi qu'on trouve injuste ne va pas contre le souci même de justice qui nous motive, à cause du mal plus grand encore qu'une telle opposition peut engendrer. L'appareil législatif est nécessaire à une société, car il lui fournit une structure indispensable pour la vie. Le développement d'une civilisation s'accompagne presque toujours de la formulation précise d'un code qui permet d'unifier les agir. L'instauration du droit romain chez les peuples barbares a permis la construction d'un empire stable et une vie commune. Sans la loi, nulle vie sociale n'est possible, mais on sombre alors dans une anarchie mortifére, où, faute de structure et d'autorité, aucun droit n'est garanti. On peut dire avec Jacques Bainville que « l'anarchie forme des césars », c'est à dire des dictateurs. Saint Thomas le rappelle aussi : il faut que « les inférieurs obéissent à leurs supérieurs; car autrement ce serait la ruine de la société humaine » .


La vie sociale implique un rapport constant à l'autre. Pour cette nécessaire relation, il faut des garanties qui permettent que les actions des hommes ne soient pas chacune individuelles et, par suite, opposées les unes aux autres. Cette nécessaire interaction engendrerait un conflit perpétuel. Pour qu'au contraire, les actions se complètent et s'organisent en véritable synergie, il leur faut certaines règles, non tacites mais explicites, voire écrites. Par analogie, on peut essayer d'imaginer ce qu'il adviendrait si aucune règle n'était donnée dans le langage. Alors chacun fixerait à sa guise les règles de grammaire, de sorte qu'en définitive, il serait quasiment impossible de comprendre et de se faire comprendre : Les gens ont raison qui croivent que ce seriont, disons... très moins pratique! En revanche, s'il y a une règle commune à laquelle chacun puisse se référer, alors la langue peut assurer son rôle de communication entre les hommes. C'est en acceptant, en se référant unanimement à une même règle (de langage ou de n'importe quel autre genre) que la vie en communauté va pouvoir s'instaurer.

La loi définit la règle de l'agir et, par là, permet une cohésion des actes des hommes. Toute vie exige une certaine organisation. On le voit bien en biologie. Il en est de même avec la vie sociale. C'est aussi la condition du maintien de la paix. A contrario, l'opposition à la loi constitue toujours une certaine entrave à l'ordre que la loi cherche à instaurer. Elle est un obstacle à la paix civile, qui est sans nul doute l'un des biens les plus importants que doive préserver une société. On dit souvent que les guerres civiles sont les maux les plus terribles qu'un pays puisse subir, car ils sont comme un combat fratricide où la bonne entente entre les membres d'une communauté se trouve rompue. Elles viennent toujours d'une mésentente sur la règle à suivre, c'est-à-dire sur un désaccord au sujet la loi et du pouvoir légal. On comprend que l'on se préserve par des sanctions sévères de tout ce qui provoque un désordre public grave: sédition, rébellion, émeute, etc.

Il semble ainsi qu'il faille parfois mettre ses désirs et opinions personnelles de côté par souci du bien commun. Récuser une loi pour le motif qu'elle ne nous convient pas peut paraître une recherche d'intérêt et de satisfaction personnelle malvenue parce qu'elle perturberait immanquablement l'ordre public, ce qui va contre le bien de la cité.

Et ceci semble légitimer de très larges concessions. Pas de vie sociale sans concession, ni un certain abandon de ses opinions personnelles.


Si, au contraire, l'on se met à accepter, voire à légitimer certains écarts à la loi, alors on détruit la fonction et le pouvoir organisateur de la loi. C'est alors préférer un bien immédiat d'une partie de la société au bien général que la loi vise à établir à terme, a pour conséquence l'insatisfaction même du bien des parties dans la mesure où le bien de l'ensemble lui est nécessaire. Par exemple, on considère que la santé de tout le corps est nécessaire au bien-être de chacun de ses membres; et parfois il faudra modérer la jouissance qu'un membre peut rechercher pour permettre la santé. La paix, qui est comme la santé de la société, mérite donc bien - dût notre orgueil en pâtir - que l'on se soumette à ce qui nous déplaît, ou nous semble une injustice, ou nous semble inadéquat comme lorsqu'on pense avoir soi-même la bonne solution face à tel problème. Le véritable souci de la justice se révèle parfois dans un certain renoncement et une certaine abnégation. Il peut même y avoir de l'héroïsme à se soumettre à l'injustice pour ne pas ébranler la société, et à obéir à une autorité contestable plutôt que de fissurer tout le système politique. C'est ainsi que Socrate a préféré mourir injustement par une condamnation injuste plutôt que de s'opposer à la loi en raison du mauvais exemple qu'il y avait à désobéir. Lui qui a servi sa cité lorsqu'il était soldat, a voulu continuer à la servir en préférant mourir plutôt que de risquer de lui nuire en s'opposant à ses règles.

Ce qui va contre l'ordre établi entraîne toujours un certain désordre dans la société, et par là même compromet la paix. Comment pourrait-on concevoir qu'un Etat puisse garantir la paix à ses membres, si toute loi peut être remise en cause, à n'importe quel moment, pour n'importe quel motif tiré de son opinion personnelle? L'opinion, la conviction qui devrait être commune à tous les citoyens est qu'il est bon de préférer la loi à toutes les opinions des hommes, car c'est la loi. « Dura lex, sed lex » disaient les anciens. La loi doit avoir le dernier mot. On peut s'attacher à se demander ce qui est le plus parfait à faire en soi. Pourtant, compte tenu des circonstances, dans la vie pratique, ce qu'il y a de mieux, de plus prudent à faire, c'est toujours d'agir dans la légalité, c'est-à-dire conformément à la règle commune et connue de tous. On pourrait faire de longs discours, arguer avec de nombreux documents à l'appui qu'il est meilleur, en fonction des découvertes ergonomiques, médicales, psychologiques, sociologiques, de rouler à gauche ; il n'empêche que, dans l'immédiat, il faut se plier aux règles de conduite en vigueur. Poussons plus loin notre exemple et imaginons une ville où les automobilistes roulent chacun selon son bon vouloir, sans se référer à un quelconque code de la route. De même qu'il y a des carrefours qui nous semblent dangereux et auxquels on s'arrête bien qu'il n'y ait pas de panneaux de "stop", de même il y a des "stop" qui peuvent vraiment sembler abusifs. Pourtant, on voit bien que, si l'on commence à admettre le principe qu'il y a des règles qui n'ont pas vraiment le pouvoir d'imposer l'obéissance, on cautionne alors le désordre absolu et destructeur de la cohésion des actes des individus. L'organisation d'une société ne parvient à ordonner la société que pour autant qu'on s'y ordonne soi-même. La loi, pour être efficace, à défaut d'être la plus parfaite, ne doit souffrir aucune exception. Si tous roulent sans aucun respect des règles de circulation établies, c'est le désordre et l'accident assurés. Même si une seule personne préfère prendre une rue en sens interdit plutôt que de rallonger son trajet, c'est également l'accident assuré. Il suffit d'un seul manquement aux règles établies pour que la sanction du réel soit immédiate et pénalisante pour l'ensemble de la société. N'est-il pas dangereux et coûteux de s'opposer à l'ordre établi? Ne risquerait-on pas alors de s'opposer, non seulement à la loi, mais à l'institution, à l'autorité qui l'impose? Et si cette autorité s'est imposée par mode de suffrage, voire même de suffrage universel, ne risque-t-on pas de s'opposer à tous ceux qui y ont contribué par leur suffrage ? En s'opposant à la loi, à l'autorité qui l'a promulguée, et à tous ceux qui soutiennent cette autorité, ce serait s'exposer à se faire de nombreux ennemis. Or, la vie sociale impose d'avoir une réputation intacte, d'avoir de nombreux amis et de bonnes relations avec le reste de la société. Ceci tend à montrer que la soumission à ce qui nous répugne moralement, soit, au bout du compte, moins coûteuse que d'entrer en conflit avec les puissances établies.

Pour avoir la paix, pour couler des jours heureux et prospérer en toute quiétude, le pacifisme enseigne d'accepter ce qui se passe, d'accepter le mode de vie en vigueur, sans jamais commettre ni opposition ni heurt d'aucune sorte. Sur ce point, pacifisme et modernisme sont consanguins.


Pourtant, est-on si persuadé de pouvoir atteindre la paix sociale à tout prix? Au prix de la honte, mais surtout au prix du désordre imposé - et accepté - par une loi mauvaise par essence? La paix et la prospérité ne découlent-elles pas plutôt de l'énergie, du travail, de l'effort exercé pour disposer la société avec l'ordre qui permettra à la vie sociale de porter son fruit? Mais, si cela était vrai, on opposerait au pacifisme la possibilité de devoir être, parfois, réactionnaire?


Quoi qu'il en soit, il reste qu'obéir revient à manifester par les actes sa complaisance avec celui qui ordonne. Et être complaisant revient à être complice. Or, de la complicité à la connivence, et de la connivence à la collusion, il y a peu... si l'on n' y prend garde.

Adhérer au pacifisme, c'est approuver d'obéir toujours, c'est rapidement entrer en intelligence avec celui qui impose les lois, quitte à se laisser "chosifier", voire à colluder sans vergogne. On se laisse ainsi gagner par le lucre, puis du lucre au stupre et, du stupre au crime, il n'y a pas loin...

On voit ainsi que le pacifisme ne présente pas la force de résistance qu'il faut pour ne pas choir de l'un à l'autre, et pour ne pas se laisser embarquer dans une folle spirale de laisser-faire, de laisser tout faire.

 

Pourtant en France, on a rendu et on rend sans cesse, des honneurs civils et militaires à toute forme de résistance à l'oppresseur durant la deuxième guerre mondiale. Par là, on entend ériger en exemples le courage et la vertu qu'il y a eu, non seulement à désobéir à la loi imposée, mais même à participer aux efforts de déstabilisation entrepris contre le gouvernement officiel, et contre le gouvernement de l'envahisseur. Ce sont alors les émules d'Antigone que l'on valorise, contre ceux de Socrate. « Ceux qui ne respectent pas les lois de caractère politique, observe avec scepticisme George Ripert, font selon les temps, figure de traître ou de héros » (in Le Déclin du droit, p. 104).

                                                                                                                                     (à suivre)

 


suivra le principe empiriste par lequel il semble qu'il n'est pas fondé de préférer suivre sa conscience plutôt que la loi.

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