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Mon pays me fait mal (Robert Brasillach)

Publié le par Christocentrix

Mon pays m'a fait mal par ses routes trop pleines,

Par ses enfants jetés sous les aigles de sang,

Par ses soldats tirant dans les déroutes vaines,

Et par le ciel de juin sous le soleil brûlant.


Mon pays m'a fait mal sous les sombres années,

Par les serments jurés que l'on ne tenait pas,

Par son harassement et par sa destinée,

Et par les lourds fardeaux qui pesaient sur ses pas.

 

Mon pays m'a fait mal par tous ses doubles jeux,

Par l'océan ouvert aux noirs vaisseaux chargés,

Par ses marins tombés pour apaiser les dieux,

Par ses liens tranchés d'un ciseau trop léger.


Mon pays m'a fait mal par tous ses exilés,

Par ses cachots trop pleins, par ses enfants perdus,

Ses prisonniers parqués entre les barbelés,

Et tous ceux qui sont loin et qu'on ne connaît plus.


Mon pays m'a fait mal par ses villes en flammes,

Mal sous ses ennemis et mal sous ses alliés,

Mon pays m'a fait mal dans son corps et son âme,

Sous les carcans de fer dont il était lié.


Mon pays m'a fait mal par toute sa jeunesse

Sous des draps étrangers jetée aux quatre vents,

Perdant son jeune sang pour tenir les promesses

Dont ceux qui les faisaient restaient insouciants,


Mon pays m'a fait mal par ses fosses creusées

Par ses fusils levés à l'épaule des frères,

Et par ceux qui comptaient dans leurs mains méprisées

Le prix des reniements au plus juste salaire.


Mon pays m'a fait mal par ses fables d'esclave,

Par ses bourreaux d'hier et par ceux d'aujourd'hui,

Mon pays m'a fait mal par le sang qui le lave,

Mon pays me fait mal. Quand sera-t-il guéri?


18 novembre 1944.


                                         Robert Brasillach, Poèmes de Fresnes, 1944. 

 

Brasillach-2.jpg 

 

voir aussi sur ce blog : http://christocentrix.over-blog.fr/article-derniers-moments-de-robert-brasillach-38080407.html

 

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christocentrix 07/03/2012 01:28

la consultation de mes statistiques m'indique que ce poème de Robert Brasillach a été visité 210 fois sur ce blog en quelques jours...le propulsant de loin à la première place des articles les plus
visités du blog, et celà de manière continu depuis plusieurs jours. Comme mon blog n'est certainement pas le mieux placé (par Google par exemple) pour trouver ce poème, et qu'il est facilement
trouvable sur d'autres blogs...j'en déduis un interêt soudain des internautes pour cet auteur et son oeuvre. Allez savoir pourquoi ?
Je précise donc à ces nombreux visiteurs de la génération montante qu'il est toujours possible de se procurer les Poèmes de Fresnes (1944) dont ce poème est extrait, via les diffuseurs internet
genre Amazon ou PriceMinister, et autres... ainsi que les autres oeuvres de Robert Brasillach, par le même biais, certaines en livres de poche d'occasion ou neufs, soit en éditions anciennes ou en
rééditions récentes.