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témoignage

Publié le par Christocentrix

"Un vieux moine de la Sainte Montagne nous avait dit un jour: «Vous n’êtes pas des catholiques romains convertis à l’Orthodoxie grecque. Vous êtes des chrétiens d’Occident, des membres de l’Église de Rome, qui rentrez en communion avec l’Église universelle. C’est beaucoup plus grand et beaucoup plus important.» Et, tandis qu’il disait cela, de grosses larmes coulaient sur ses joues... Certes, nous nous sommes bien «convertis», en ce sens que nous sommes passés de l’Église romaine, envers laquelle nous gardons une immense gratitude pour tout ce que nous avons reçu au sein de nos familles et de ce peuple chrétien qui nous a si longtemps portés, — à l’Église orthodoxe.
Mais cette Église orthodoxe n’est pas une Église «orientale», une expression orientale de la foi chrétienne: elle est l’Église du Christ. Sa tradition fut la tradition commune de tous les chrétiens pendant les premiers siècles, et en entrant en communion avec elle, nous ne faisions que revenir à cette source. Nous n’avons pas «changé d’Église»: nous n’avons fait que passer d’un rameau séparé de l’unique Église à la plénitude de celle-ci....."
                       lire ce témoignage sur ce site :
http://soleilhiver.blogspot.com/

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la nécessité peut-elle s'affranchir de toute éthique ?

Publié le par Christocentrix

L'enchainement des articles sur ce blog suivent une idée directrice; les commentaires auxquels ils peuvent donner lieu tournent en ce qui me concerne, autour de cette idée directrice  : comment formuler les vraies questions?.... qui, à mon humble avis, tournent autour des thèmes suivants :

-Choc des civilisations? les civilisations sont-elles mortelles ? les leçons de l'Histoire ? Recherche en responsabilités? les rapports de force?... la question des amis et des ennemis.... la question de l'identité..... la question de la nécéssité...
dégager des vérités en examinant les questions... et les questions éthiques qu'elles entrainent...


-Si à vue humaine, tout est fichu, que reste-t-il à faire ? reste-t-il quelque chose à faire ? (la question du désespoir et "l'euphorie du naufragé"...le fatum, le destin ?)

-Est-il besoin d'espérer pour entreprendre ? où avons-nous besoin d'un minimum ? d'un minimum d'ancrage et de ressourcement? d'une fidélité qui pallierait? la "longue mémoire" ....( la question du non-espoir ?...)

-La foi chrétienne change-t-elle quelque chose dans des attitudes concernant ces questions ? qu'est-ce qui peut en être dit ou vérifié ? la foi est-elle un espoir béat ou une liberté créatrice ? la foi est-elle abandon et détachement ou participation et engagement ?

-Y a -t-il une telle distance entre le non-espoir et la foi ? et peut-on déjà se poser cette question tout seul ? soliloque ou dialogue ?


-Les réponses possibles (si réponses il y a ...) relèvent-t-elles de l'individuel ou (et) du collectif ? peuvent-elles se partager et jusqu'où ? Y a-t-il des oppositions irréductibles? (on retrouve la question des "amis et des "ennemis") ou la possibilité de quelque chose qui dépasserait ces oppostions ? donc d'ententes, donc de stratégies ? espoir comme non-espoir peuvent-ils se dispenser d'une stratégie et de choix tactiques ? (y compris le discours). Automatiquement on retombe sur l'éthique...


Espérance, désespoir, non-espoir...les implications éthiques....une éthique "solitaire" ou une éthique partagée ? retour à la case départ. Ce qu'il m'apparaît flagrant c'est que l'on retrouve toujours l'éthique à chaque étape de la question et chaque étape de la réponse. L'éthique impliquant une fidélité me semble-t-il, la "nécéssité" peut-elle s'affranchir de toute éthique ? le chrétien et le païen (compte-tenu qu'il y a païen et païen, et aussi chrétien et chrétien) peuvent-ils aborder ces questions d'un même point de vue et se retrouver une éthique commune? du moins essayer?

A vrai dire, je m'interroge sur comment poser les vraies et les bonnes questions pour éviter les faux débats et les faux problèmes. Comment faire ressortir l'utilité, sinon l'incontournable de ces questions?

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Polythéisme...paganisme...polydémonisme (Nicolas Berdiaev)

Publié le par Christocentrix

"...Quant à l'aspect religieux du problème, voici en quoi il consiste : le nationalisme est un polythéisme, une forme, avons-nous dit, de paganisme naturel, tandis que l'universalisme, qui affirme l'unité spirituelle de l'humanité, est un monothéisme, qui représente en même temps une incarnation du divin dans l'humain. Voici pourquoi, il ne peut y avoir d'autre universalisme que l'universalisme chrétien.
Cette catégorie spirituelle suppose une illumination et une transfiguration de l'élément naturel individualisé, et dans le cas qui nous préoccupe, de l'élément national. L'histoire présente des tendances universalisatrices et des tendances individualisatrices, toutes deux sont légitimes et ne doivent pas s'exclure mutuellement. Mais l'évolution humaine oscille continuellement entre ces deux pôles, et l'une de ces tendances triomphe tour à tour. La nationalité, en tant que degré individualisé de l'être naturel et historique, se dresse entre la personne et l'humanité, qui est une réalité et une valeur spirituelle. Lorsque l'humanité est conçue non comme quelque chose de positif, de concret et d'universel, mais comme quelque chose de négatif, de général et d'abstrait - elle devient hostile à la personne humaine, elle l'absorbe et la dépersonnalise. De même, lorsque la nationalité est considérée non comme une individualité naturelle devant être spiritualisée et illuminée, capable d'enrichir l'existence humaine personnelle, - mais comme une valeur suprême et absolue, comme une idole, alors elle absorbe et dépersonnalise cette existence. La nation est un degré placé entre la vie humaine personnelle et l'existence d'une humanité intégrale, un degré qui enrichit cette vie personnelle ; mais il peut faire éclater des éléments naturels et irrationnels, qui s'opposent aussi bien à la personne en tant qu'esprit qu'à l'humanité en tant qu'esprit. Cette révolte, c'est le nationalisme."...

 

..."le christianisme n'est pas seulement une victoire sur le particularisme païen, mais aussi sur le messianisme judaïque.

Le Christ fut crucifié par le nationalisme, un nationalisme non seulement juif (ainsi qu'on le prétend souvent), mais par tous les nationalismes, qu'ils soient russe, allemand, français, anglais. La personne humaine a été spirituellement libérée du lien mystico-racial, son attitude envers Dieu n'est plus déterminée qu'à travers la société spirituelle, c'est-à-dire l'Église. Les attaches naturelles sont remplacées par des attaches spirituelles.

D'autre part, le christianisme affirme l'universalisme. Il n'y a ni Juif, ni Grec. C'est là une conscience entièrement nouvelle, étrangère au paganisme et au judaïsme. Et par cela même, le christianisme proclame l'existence spirituelle de l'humanité. C'est le déclin des dieux innombrables du clan, de la tribu, de la famille, du foyer, de la cité. Dans la conscience antique juive, Jahvé fut d'abord un Dieu particulariste de la tribu ; il devint ensuite le Dieu de l'univers. Mais il demeura lié au peuple juif, imbu d'une conscience messianique. Le christianisme éleva définitivement la conscience humaine jusqu'au monothéisme et l'universalisme, qui lui sont profondément inhérents, l'unité de l'humanité n'existant que parce qu'un seul Dieu existe".....
..."le judaïsme qui lie la religion au sang de la race, ne fut pas un particularisme païen uniquement grâce à son messianisme qui est toujours d'essence universelle. Bien que l'antique conscience juive biblique ne soit pas du racisme, et porte un caractère spirituel et non naturaliste, le racisme relève néanmoins de la plus pure idéologie juive. Ce furent les Juifs qui précisément conservaient la pureté du sang, interdisaient les mariages mixtes, identifiaient la religion à la race. Mais les tendances actuelles racistes représentent l'idéologie juive détachée de ses racines spirituelles et ayant adopté les formes naturalistes grossières, presque matérialistes ; elles définissent spirituellement l'homme selon la forme de son crâne, la couleur de ses cheveux, etc. Ainsi, l'esprit se transforme en épiphénomène de l'anatomie et de la physiologie héréditaires. C'est un déterminisme encore plus grossier et plus extrême que la théorie du matérialisme économique, car l'économie relève quand même du milieu psychique et reconnaît que la situation des hommes dépend de la transformation de la conscience"...


"Le Fatum du sang est, bien entendu, incompatible avec le christianisme, qui dépasse l'idée antique du Destin inéluctable et révèle la liberté de l'esprit. Le racisme est un retour au paganisme, au polythéisme, et son pathos du Fatum du sang qui pèse sur l'humanité est un romantisme naturaliste.

Le christianisme libère la personne humaine de ce destin écrasant, du joug de l'espèce et de la race, de l'empire des démons de la nature. Il affirme autant l'universalisme que le personnalisme, et il est seul à proclamer ce dernier non pas comme une abstraction, mais comme une valeur spirituelle, embrassant tous les degrés de l'être individualisé. Il surmonte en principe la conception païenne de la nationalité et de l'État, en traçant des limites entre ce qui est à Dieu et ce qui est à César, jusqu'au jour de la transfiguration finale du monde. Le nationalisme et l'étatisme exigent une divinisation du royaume de César. Le christianisme assure l'émancipation spirituelle de l'homme de ce joug, il n'admet des valeurs nationales et étatistes que comme valeurs inférieures (ou secondaires), soumises à l'esprit. Dans ce monde le christianisme est dualisme, et non monisme"....

 


"Le christianisme ne saurait se confondre avec la souveraineté d'une nation, il reconnaît les droits sacrés de la personne humaine, indépendante de la volonté nationale et enracinée dans un ordre spirituel, et non social. Mais tel est, bien entendu, le christianisme à l'état pur, et non pas ses formes défigurées et obscurcies, qui trop souvent sont apparues dans l'histoire.

L'universalisme était inhérent au Moyen âge - c'était le double universalisme de l'Église et de l'Empire"...

 


"La lutte entre le national et le social - lorsqu'elle se déroule sur les cimes, lorsqu'elle est dépouillée des instincts et des intérêts vils - peut être conçue comme une lutte entre l'Ethos et l'Eros. Le nationalisme veut ignorer la vérité et la justice, la fraternité des hommes - il ne veut connaître que le choix érotique et la répulsion érotique, ou, ainsi que s'exprime l'idéologue du national-socialisme Karl Schmitt, la politique ne s'occupe que des « catégories d'ami et d'ennemi ». Aussi l'affirmation de l'élément national au sein du nationalisme même signifie toujours la déshumanisation et la démoralisation de la politique, l'affirmation du polythéisme contre le monothéisme"...


..." le christianisme affirme précisément aussi bien le principe d'universalisme que celui de personnalisme, d'un personnalisme indépendant de toute considération de race, de nationalité ou de rang social. Voici pourquoi la seule forme de socialisme correspondant au christianisme et à l'éthique humanitaire, n'est ni le socialisme international de classe, ni le socialisme national de race, ni le socialisme d'Etat totalitaire, mais le socialisme personnaliste, syndicaliste, combinant la valeur de la personne et celle de la communauté ; cette doctrine symbolise l'humanisation et l'éthisation de la vie et des relations sociales"...

 

"...la soif de la domination se heurtent violemment aux normes chrétiennes ; il s'agit donc de prendre conscience de ce fait essentiel. Les tentatives opportunistes faites par des chrétiens en vue d'une adaptation sont ignominieuses, et le désir d'utiliser le christianisme comme une arme en vue de la consécration du pouvoir de l'Etat est infiniment pire que la persécution ouverte contre la religion"...

 

"...La volonté de puissance n'est pas un mal en soi, on ne saurait considérer comme un bien la faiblesse et l'impuissance. La plénitude positive de l'être est une force, une puissance, vers laquelle il s'agit de tendre. Toute la question est de savoir ce que nous entendons par force. Le goût moderne de la virilité n'est nullement le désir d'une plénitude de l'être, il en est le rétrécissement, la mutilation, et la volonté qui meut le nationalisme représente précisément cette diminution. La plénitude de l'être signifie toujours que chacun de ses degrés individualisés possède un contenu universel, en tant que valeur positive"....


quelques extraits de l'article dont l'intégralité se trouve à cette page : Nationalisme....."Polythéisme et nationalisme" (Berdiaev) (3) écrits de 1934.

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polythéisme...paganisme...polydémonisme...(Berdiaev)

Publié le par Christocentrix

 

"...Quant à l'aspect religieux du problème, voici en quoi il consiste : le nationalisme est un polythéisme, une forme, avons-nous dit, de paganisme naturel, tandis que l'universalisme, qui affirme l'unité spirituelle de l'humanité, est un monothéisme, qui représente en même temps une incarnation du divin dans l'humain. Voici pourquoi, il ne peut y avoir d'autre universalisme que l'universalisme chrétien.
Cette catégorie spirituelle suppose une illumination et une transfiguration de l'élément naturel individualisé, et dans le cas qui nous préoccupe, de l'élément national. L'histoire présente des tendances universalisatrices et des tendances individualisatrices, toutes deux sont légitimes et ne doivent pas s'exclure mutuellement. Mais l'évolution humaine oscille continuellement entre ces deux pôles, et l'une de ces tendances triomphe tour à tour. La nationalité, en tant que degré individualisé de l'être naturel et historique, se dresse entre la personne et l'humanité, qui est une réalité et une valeur spirituelle. Lorsque l'humanité est conçue non comme quelque chose de positif, de concret et d'universel, mais comme quelque chose de négatif, de général et d'abstrait - elle devient hostile à la personne humaine, elle l'absorbe et la dépersonnalise. De même, lorsque la nationalité est considérée non comme une individualité naturelle devant être spiritualisée et illuminée, capable d'enrichir l'existence humaine personnelle, - mais comme une valeur suprême et absolue, comme une idole, alors elle absorbe et dépersonnalise cette existence. La nation est un degré placé entre la vie humaine personnelle et l'existence d'une humanité intégrale, un degré qui enrichit cette vie personnelle ; mais il peut faire éclater des éléments naturels et irrationnels, qui s'opposent aussi bien à la personne en tant qu'esprit qu'à l'humanité en tant qu'esprit. Cette révolte, c'est le nationalisme."...

 

..."le christianisme n'est pas seulement une victoire sur le particularisme païen, mais aussi sur le messianisme judaïque.

Le Christ fut crucifié par le nationalisme, un nationalisme non seulement juif (ainsi qu'on le prétend souvent), mais par tous les nationalismes, qu'ils soient russe, allemand, français, anglais. La personne humaine a été spirituellement libérée du lien mystico-racial, son attitude envers Dieu n'est plus déterminée qu'à travers la société spirituelle, c'est-à-dire l'Église. Les attaches naturelles sont remplacées par des attaches spirituelles.

D'autre part, le christianisme affirme l'universalisme. Il n'y a ni Juif, ni Grec. C'est là une conscience entièrement nouvelle, étrangère au paganisme et au judaïsme. Et par cela même, le christianisme proclame l'existence spirituelle de l'humanité. C'est le déclin des dieux innombrables du clan, de la tribu, de la famille, du foyer, de la cité. Dans la conscience antique juive, Jahvé fut d'abord un Dieu particulariste de la tribu ; il devint ensuite le Dieu de l'univers. Mais il demeura lié au peuple juif, imbu d'une conscience messianique. Le christianisme éleva définitivement la conscience humaine jusqu'au monothéisme et l'universalisme, qui lui sont profondément inhérents, l'unité de l'humanité n'existant que parce qu'un seul Dieu existe".....
..."le judaïsme qui lie la religion au sang de la race, ne fut pas un particularisme païen uniquement grâce à son messianisme qui est toujours d'essence universelle. Bien que l'antique conscience juive biblique ne soit pas du racisme, et porte un caractère spirituel et non naturaliste, le racisme relève néanmoins de la plus pure idéologie juive. Ce furent les Juifs qui précisément conservaient la pureté du sang, interdisaient les mariages mixtes, identifiaient la religion à la race. Mais les tendances actuelles racistes représentent l'idéologie juive détachée de ses racines spirituelles et ayant adopté les formes naturalistes grossières, presque matérialistes ; elles définissent spirituellement l'homme selon la forme de son crâne, la couleur de ses cheveux, etc. Ainsi, l'esprit se transforme en épiphénomène de l'anatomie et de la physiologie héréditaires. C'est un déterminisme encore plus grossier et plus extrême que la théorie du matérialisme économique, car l'économie relève quand même du milieu psychique et reconnaît que la situation des hommes dépend de la transformation de la conscience"...


"Le Fatum du sang est, bien entendu, incompatible avec le christianisme, qui dépasse l'idée antique du Destin inéluctable et révèle la liberté de l'esprit. Le racisme est un retour au paganisme, au polythéisme, et son pathos du Fatum du sang qui pèse sur l'humanité est un romantisme naturaliste.

Le christianisme libère la personne humaine de ce destin écrasant, du joug de l'espèce et de la race, de l'empire des démons de la nature. Il affirme autant l'universalisme que le personnalisme, et il est seul à proclamer ce dernier non pas comme une abstraction, mais comme une valeur spirituelle, embrassant tous les degrés de l'être individualisé. Il surmonte en principe la conception païenne de la nationalité et de l'État, en traçant des limites entre ce qui est à Dieu et ce qui est à César, jusqu'au jour de la transfiguration finale du monde. Le nationalisme et l'étatisme exigent une divinisation du royaume de César. Le christianisme assure l'émancipation spirituelle de l'homme de ce joug, il n'admet des valeurs nationales et étatistes que comme valeurs inférieures (ou secondaires), soumises à l'esprit. Dans ce monde le christianisme est dualisme, et non monisme"....

 


"Le christianisme ne saurait se confondre avec la souveraineté d'une nation, il reconnaît les droits sacrés de la personne humaine, indépendante de la volonté nationale et enracinée dans un ordre spirituel, et non social. Mais tel est, bien entendu, le christianisme à l'état pur, et non pas ses formes défigurées et obscurcies, qui trop souvent sont apparues dans l'histoire.

L'universalisme était inhérent au Moyen âge - c'était le double universalisme de l'Église et de l'Empire"...

 


"La lutte entre le national et le social - lorsqu'elle se déroule sur les cimes, lorsqu'elle est dépouillée des instincts et des intérêts vils - peut être conçue comme une lutte entre l'Ethos et l'Eros. Le nationalisme veut ignorer la vérité et la justice, la fraternité des hommes - il ne veut connaître que le choix érotique et la répulsion érotique, ou, ainsi que s'exprime l'idéologue du national-socialisme Karl Schmitt, la politique ne s'occupe que des « catégories d'ami et d'ennemi ». Aussi l'affirmation de l'élément national au sein du nationalisme même signifie toujours la déshumanisation et la démoralisation de la politique, l'affirmation du polythéisme contre le monothéisme"...


..." le christianisme affirme précisément aussi bien le principe d'universalisme que celui de personnalisme, d'un personnalisme indépendant de toute considération de race, de nationalité ou de rang social. Voici pourquoi la seule forme de socialisme correspondant au christianisme et à l'éthique humanitaire, n'est ni le socialisme international de classe, ni le socialisme national de race, ni le socialisme d'Etat totalitaire, mais le socialisme personnaliste, syndicaliste, combinant la valeur de la personne et celle de la communauté ; cette doctrine symbolise l'humanisation et l'éthisation de la vie et des relations sociales"...

 

"...la soif de la domination se heurtent violemment aux normes chrétiennes ; il s'agit donc de prendre conscience de ce fait essentiel. Les tentatives opportunistes faites par des chrétiens en vue d'une adaptation sont ignominieuses, et le désir d'utiliser le christianisme comme une arme en vue de la consécration du pouvoir de l'Etat est infiniment pire que la persécution ouverte contre la religion"...

 

"...La volonté de puissance n'est pas un mal en soi, on ne saurait considérer comme un bien la faiblesse et l'impuissance. La plénitude positive de l'être est une force, une puissance, vers laquelle il s'agit de tendre. Toute la question est de savoir ce que nous entendons par force. Le goût moderne de la virilité n'est nullement le désir d'une plénitude de l'être, il en est le rétrécissement, la mutilation, et la volonté qui meut le nationalisme représente précisément cette diminution. La plénitude de l'être signifie toujours que chacun de ses degrés individualisés possède un contenu universel, en tant que valeur positive"....


quelques extraits de l'article dont l'intégralité se trouve à cette page : Nationalisme....."Polythéisme et nationalisme" (Berdiaev) (3) écrits de 1934.

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Pontos : histoire d'un génocide

Publié le par Christocentrix

Il y a longtemps que j'avais envie de présenter ce peuple : ces helleniques orthodoxes du Pont Euxin. J'ai trouvé sur Youtube des liens qui serviront à introduire le sujet.











 

 


 





Qui sont les Pontiques et ce qu'il leur est arrivé.... http://fr.wikipedia.org/wiki/Pontiques

                                                                                          http://www.info-grece.com/agora.php?read,9,30556


                                                                                           

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la nostalgie de l'admirable (Bertrand Vergely)

Publié le par Christocentrix


Durant des siècles, les valeurs religieuses ont guidé le monde occidental. Dans ce cadre, la foi a joué un rôle central. Il s'en est suivi des réalisations remarquables dans tous les domaines, social, moral, culturel, artistique, architectural, littéraire, musical, théologique, mystique. Ce fut également source de conformisme, de régression, de violence. Le monde contemporain ne se reconnaît plus dans des valeurs religieuses. La foi n'y joue plus un rôle central, d'où un climat de liberté. On ose dire aujourd'hui des choses que l'on n'osait dire hier, à cause de la pression morale qu'exerçait l'Eglise. Par exemple, on n'a plus peur de déclarer que l'on n'a pas besoin de Dieu pour vivre et que l'on préfère le bonheur de ce monde à la vie éternelle. Pourtant, les effets ne sont pas seulement libérateurs.
Le ciel des hommes d'Occident est devenu vide, la terre a pris sa place. Durant un temps, l'espérance révolutionnaire a laissé croire que le royaume de ce monde allait enfin accomplir ce qu'avaient cherché des générations dans le royaume céleste. Un jour, il a fallu se rendre à l'évidence, ce royaume avait tourné au cauchemar, il avait les mains inondées de sang. La quête hédoniste tente aujourd'hui de succéder à l'espérance révolutionnaire. On fera par la fête ce que l'on n'a pu faire par la lutte politique, se dit-on. Mais quel goût prend la fête quand on festoie sur fond d'une existence qui viendrait du hasard et irait au néant ? N'est-ce pas un goût amer et finalement profondément sinistre ?

Le monde contemporain a tous les moyens d'être heureux. Jamais il n'a été aussi prospère. Pourtant, journalistes, sociologues et psychologues ne cessent d'évoquer le malaise du monde actuel, en citant les trop nombreux cas de vies désorientées, oscillant entre une quête d'oubli dans des paradis artificiels et le désir d'en finir. D'où vient un tel malaise ? Ne serait-ce pas du vide dans lequel a été installée la vie ?


Beaucoup de philosophes ont opposé la raison et la foi, et pour divers motifs. Le conformisme politique exige toujours une foi pour l'humanité afin que le monde puisse tourner. Un tel usage de la foi est mystificateur, il sert à fabriquer de la servilité mentale. Les philosophes ont eu raison de le dénoncer. En revanche, il existe une autre foi, consistant à croire que la vie n'est pas née d'un hasard et ne va pas vers le néant. Rien ne le prouve, sinon une pure expérience de pensée ainsi que les effets de cette pensée. Voir ainsi la vie rend attentif, profond, généreux, créateur. C'est par un pur acte de foi que l'on s'élève vers cette profondeur, par un pur élan. Condamner cette foi-là est un crime, un attentat contre l'esprit, un déni de tout ce qui ennoblit l'humanité. Les philosophes, qui n'aiment pas la foi tyrannique, ont tort d'oublier qu'il existe une foi libératrice. Ils font l'erreur de la confondre avec ce qui opprime. Un jour, ils devront en prendre conscience. La foi n'est pas ce qu'il y a de plus idéologique au monde, mais la révolution même. Une admirable révolution, la seule qui fasse des vivants et non des morts. Elle est notre seul moyen d'accéder à ce qui libère les hommes ainsi que le monde.


Réfléchissons. Quand avons-nous vécu une authentique expérience de libération de nos forces vives ? Le jour où nous nous sommes laissé pénétrer par la vie. Ce jour-là, nous avons été insouciants. Nous ne nous nous sommes pas méfiés, nous n'avons pas douté de la vie, nous avons « cru ». Bien nous en a pris, cette apparente passivité s'est avérée une passivité créatrice. En nous pénétrant la vie s'est mise à travailler en nous, et nous a pétris de l'intérieur dans la durée.

Ce travail n'a pas été vain, peu à peu la passivité s'est mue en son contraire. Nous avons cessé de nous laisser faire, nous nous sommes mis à faire. Nous nous sommes liés à la vie, nous lui sommes devenus fidèles. Là encore, nous avons été insouciants, nous n'avons pas douté. Nous avons vécu le fait de vivre ainsi activement, comme nous avons vécu celui de vivre passivement. Et le vivant de la sorte, nous sommes devenus un vivant. Pour nous-mêmes, pour les autres. Nous sommes devenus ce témoin essentiel de la vie qui espère quand plus personne n'espère, agit quand plus personne n'a d'énergie pour agir, aime quand plus personne n'a de force pour aimer.

Un tel témoin est plus qu'un témoin. S'il existe un témoin horizontal de l'homme face à l'homme, il existe un témoin vertical de l'homme face à Dieu.

D'où vient le surcroît d'amour et de vie qui sauve la vie ? A travers nous, ne vient-il pas d'au-delà de nous ? Et dans cet au-delà de nous, ne témoigne-t-il pas d'une source de vie et d'amour ?

Il y a un temps pour douter, le doute est nécessaire. Il épure la foi naïve qu'il transforme en foi profonde. Mais on ne peut seulement douter. A la longue, ce doute n'est plus un doute, mais de l'entêtement. Et un tel entêtement aboutit à une impasse, il enferme l'humanité dans une prison.

Comment vivre si l'on condamne la vie au départ, en jugeant qu'elle mène au néant ? Et pourquoi penser et se mettre en quête de vérité, si nous supposons qu'il n'y a aucune lumière à trouver parce que le fond des choses est obscur ? Surtout, pourquoi aimer si la vie n'est pas fondamentalement aimable car rien ni personne ne l'aime dans l'infini ?

Le monde contemporain a une attitude ambiguë à l'égard de la foi. Tout en la réduisant à de l'irrationnel, voire de la violence, il l'admire quand elle prend la forme de l'engagement qui veut aimer malgré tout.

 

Les Anciens appelaient nostalgie le désir de revenir au paradis perdu. Les Modernes entendent par révolution l'action de regénérer le monde. L'inspiration n'est-elle pas la même ? N'y a-t-il pas dans l'aspiration moderne à changer la face des choses la nostalgie d'une vie admirable, pleine de profondeur et de foi ?

On vit mal, enfermé dans un néant ontologique. On pense mal, comme on aime mal. Il faudra que le monde s'en rende compte un jour, qu'il comprenne que la foi n'est pas un élan aveugle, mais une splendide ouverture. La seule capable de délivrer le monde de la nuit qui le recouvre, en le faisant accéder à son véritable destin : l'éternité.

 

    
                                                                                                         Bertrand Vergely

                   (La Foi ou la nostalgie de l'admirable, "espaces libres", Albin Michel, 2004)

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au-delà des mots...religion éternelle...

Publié le par Christocentrix

« Ce qu'on appelle aujourd'hui religion chrétienne existait chez les Anciens et n'a jamais cessé d'exister depuis l'origine du genre humain, jusqu'à ce que, le Christ lui-même étant venu, l'on a commencé d'appeler chrétienne la vraie religion qui existait déjà auparavant. » (Saint Augustin, Retract., I, XIII, 3.).


Ce passage a été commenté à son tour par l'abbé P.-J. Jallabert dans son livre le Catholicisme avant Jésus-Christ : « La religion catholique n'est qu'une continuation de la religion primitive restaurée et généreusement enrichie par celui qui connaissait son oeuvre dès le commencement. C'est ce qui explique comment l'apôtre saint Paul ne se proclamait supérieur aux Gentils que par sa science de Jésus crucifié. En effet, les Gentils n'avaient à acquérir que la connaissance de l'Incarnation et de la Rédemption considérées comme fait accompli; car ils avaient déjà reçu le dépôt de toutes les autres vérités... Il est opportun de considérer que cette divine révélation, rendue méconnaissable par l'idolâtrie, s'était cependant conservée dans sa pureté et peut-être dans toute sa perfection sous les anciens mystères d'Eleusis, de Lemnos et de Samothrace. » Cette « connaissance de l'Incarnation et de la Rédemption » implique avant tout la connaissance du grand renouvellement, opéré par le Christ, d'un moyen de grâce qui en lui-même est éternel, comme l'est la Loi que le Christ est venu accomplir et non abolir. Ce moyen de grâce est essentiellement toujours le même et le seul qui soit, quelles que puissent être les différences de ses modes selon les différents milieux ethniques et culturels auxquels il se révèle; l'Eucharistie est une réalité universelle comme le Christ lui-même.


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obéissance ou désobéissance (suite et fin)

Publié le par Christocentrix

ISMÈNE :

Pour moi donc, priant mes morts sous terre de me pardonner car j' y suis contrainte, j'obéirai à ceux qui sont au pouvoir. (...)


ANTIGONE :

(...) Agis à ta guise, mais mon frère, je l'enterrerai. Il est beau pour moi de mourir en accomplissant ce devoir.

 

                                                                               (Sophocle, Antigone)


De prime abord, il semble naturel de soutenir que, puisque les hommes doivent préférer ce qui est juste à ce qui ne l'est pas, il leur faut obéir à la loi en tant qu'elle est juste, tandis que, si elle ne l'est pas, ils ne sont pas tenus de s'y soumettre. Autrement dit, il y a des cas exceptionnels, graves et en effet assez rares, où la désobéissance doit s'imposer. Effectivement, comment pourrait-on prétendre simultanément avoir le souci sincère d'agir avec justice et s'adonner à suivre ce qui ne l'est pas? L'homme cohérent ne peut longtemps mener une vie si contradictoire, dans la mesure où c'est vraiment se faire violence que de faire l'inverse de ce que l'on veut.

Cette thèse revient à laisser l'homme être le propre juge de l'acte qu'il pose. Ceci, qui est l'expression commune du bon sens, s'applique parfaitement à sa qualité d'homme libre. On doit reconnaître à l'homme la possibilité d'engager toute sa volonté, sa raison, sa personne dans les actes qu'il pose. Ce ne serait pas agir librement que d'obéir mécaniquement à l'ordre de la loi, ou de faire quoi que ce soit qui s'oppose à son désir intime. La condition essentielle pour qu'une personne soit qualifiée de juste, d'homme juste, est qu' elle se porte pleinement et librement à se conformer à la notion de juste qui l'anime. Mettons qu'un homme applique l'ordre d'une loi, non parce que cette loi convient effectivement à ce qu'il est bon de faire, mais par une obéissance velléitaire et aveugle, ou même par crainte de la sanction encourue s'il s'en écartait; on ne pourrait pas dire qu'il s'agisse d'un homme épris de justice. Ce serait plutôt la figure de quelqu'un qui se laisse mouvoir par ses passions, ses désirs et ses peurs, mais non par ses vertus.


Il semble ainsi que la justice est d'abord dans l'homme avant que d'être dans la loi. Un acte ne sera dit juste qu'en tant que l'agent le posera comme tel, sous le mode de la justice, et non pas seulement parce qu'il est conforme à la loi. Qu'un acte soit conforme à la loi n'est donc pas le premier motif de sa justice. Ce n'est pas la loi qui rend l'acte juste. Si tel était le cas, on ne pourrait jamais parler de loi injuste. Par ailleurs, et cette observation est une puissante objection, on sait très bien qu'on peut être dans la légalité avec une intention injuste. Le sentiment de la justice est bien supérieur à l'observance stricte et de la légalité.

Il est possible d'agir malhonnêtement, mais sous couvert de la loi, en se servant de son manque de précision, voire en se conformant à la lettre mais en s'écartant de son intention. Il est toujours possible d'interpréter la loi à son avantage. Seul l'acte posé avec l'intention de faire ce que l'on sait être juste, peut être dit juste. Pourtant, il faut se rappeler que la vie en société n'est possible que si, et seulement si, il y a une certaine unité dans l'agir des hommes d'une même communauté. Les hommes étant constamment en relation les uns avec les autres, chaque action devient une interaction. Cette interaction requiert une notion commune aux membres de la société des actes qu'il convient, ou non, de poser. En d'autres termes, il faut que la notion du juste et de l'injuste soit la même pour tous les membres d'une même communauté.


Les hommes jugent-ils de la même façon ce qui est bien ou mal et, par là, se portent-ils unilatéralement à ce que leur raison leur fait reconnaître comme juste? Bien évidemment, il ne s'agit pas de savoir si les consciences parviennent aux mêmes conclusions sur des points qui relèvent, par excellence, de la convention, comme sur la couleur des feux tricolores, ou sur la forme des lettres de l'alphabet. Au moins sur les notions les plus importantes, il faut que les consciences s'accordent. Force est de constater qu'il n'en est rien. On se rappelle le différend qui a opposé Kant et Benjamin Constant (cf. D'un prétendu droit de mentir par humanité, Kant). Si un assassin poursuit un de nos amis et qu'il nous demande, dans le dessein de l'occire, si l'on sait où il se cache, devons-nous dire la vérité mais le livrer, ou mentir et le sauver? Pour Constant, le fait de ne pas mentir serait criminel ; pour Kant, c'est le fait de mentir qui est criminel. Dans ce cas, la question est bien : faut-il suivre sa conscience? Entre Kant et Constant, les jésuites, qui excellent en casuistique, auraient sans doute soutenu, pour cette question, la solution de l'usage de la « restriction mentale ». Cette dernière, fondée sur la nuance, consisterait à répondre qu'un tel n'est pas là quand bien même il est caché juste derrière soi, en sous-entendant mentalement qu'il n'est pas là « pour vous ».


Même au sein d'une même société, on voit les divergences extrêmes des notions de bien et de mal auxquelles les consciences parviennent, y compris sur des questions capitales. A fortiori pour des peuples différents, les divergences sont grandes; certaines pratiques peuvent être prônées par les uns, bannies par les autres. La polygamie ou la monogamie, la stabilité ou le divorce d'un ménage, les mutilations, l'avortement, l'eugénisme (ou orthogénie), la décapitation et toutes autres formes d'exécutions létales : autant de pratiques qui concernent directement le sens de la vie et qui trouvent des partisans et des opposants. Autant dire que, si les hommes n'ont pas les mêmes critères du bien et du mal sur des points si graves, a fortiori, comment pourraient-ils s'accorder spontanément sur n'impose quel acte mineur de la vie courante? Puisque la conscience des hommes peut légitimer tel acte ou son contraire, revendiquer le fait de suivre en toute chose sa conscience, revient à ruiner les conditions de la vie en société. Le maintien de cette dernière nécessite, en effet, une cohésion des actes fondés sur une notion commune de la justice, des droits et des devoirs ; ce à quoi les hommes ne parviennent pas naturellement. On ne peut jamais réduire l'infraction à la loi à une simple attitude au for interne de sa conscience. Dans son for interne, la conscience se juge elle-même, mais la désobéissance à la loi n'est jamais seulement une question personnelle, n'ayant pas d'implication sur la vie sociale. Au contraire, il faut bien saisir que toute désobéissance à la loi a toujours des conséquences au for externe, c'est à dire des conséquences sur la vie sociale elle-même. On doit alors se demander si la loi n'est pas précisément le palliatif que l'homme s'est forgé pour vaincre l'impossible accord immédiat des consciences. Puisqu'il n'y a pas naturellement ni spontanément de règles, même élémentaires, qui dirigent unanimement l'agir, - ce qui est rédhibitoire pour la société -, il faut forger une règle que l'on érigera en règle commune. On la fera connaître de tous par sa promulgation et tous devront l'accepter, pour autant qu'ils veulent vivre en société.
Tous devront l'accepter, et il sera vital et d'un devoir éminemment grave et supérieur que chacun incline devant elle toute considération personnelle. Puisqu'il est nécessaire qu'il y ait une notion commune du juste, et que celle-ci ne peut venir en laissant libre cours à l'autodétermination de la conscience, il faut reconnaître qu'elle doit venir de la loi. Quiconque prétend préférer suivre la règle individuelle de sa conscience, au mépris de la règle reconnue par tous ceux qui savent que sans elle, la société se dissout, est un danger extrême pour la société. Par son attitude, il s'oppose de lui-même à la condition sine qua non de la vie sociale. Il serait donc ruineux pour le bien commun de soutenir qu'il faut obéir à sa conscience avant que d'obéir à la loi, mais de se constituer soi-même en juge et interprète de la loi. Il faut plutôt, semble-t-il, obéir à sa conscience qui nous énonce le devoir pressant de toujours accepter la loi. Ainsi, le bon sens pratique et les impératifs de la condition de la vie sociale devraient nous faire prendre conscience que c'est une grande sagesse que de se fixer pour règle de toujours suivre la règle commune, à savoir la loi.

Et le gouvernement qui s'écrierait : « Non à une loi morale qui primerait la loi civile », ferait tout simplement preuve de bon sens et d'esprit pratique. Puisque le gouvernement et le peuple ne peuvent voir ensemble où est le bien, et comme il faut pourtant un principe, alors la pratique et le progrès imposent de se soumettre malgré tout aux règles du législateur, fussent-elles immorales. En effet, la nécessité tout autant que la productivité doivent absoudre ou, pour mieux dire, dissoudre les préoccupations morales. Celles-ci agissent comme un frein à la société.


D'un côté  la cité a besoin de lois; de l'autre,  l'homme ne peut être juste s'il s'oppose à la loi de sa conscience. Comment peut-on concilier deux idées si contradictoires? Ce qui est juste, est-ce ce que la loi formule ou ce que notre conscience détermine comme tel? Poursuivre le juste, est-ce suivre la loi ou la conscience? Il semble que cela soit de suivre les deux à la fois, ce qui n'est pas possible, du fait même qu'on ne peut simultanément tendre vers ce qui s'oppose. On est alors au comble de l'écartèlement, sans savoir quelle inclination doit céder à l'autre.


Nous sentons que l'idéal serait de pouvoir agir comme nous le voulons, c'est-à-dire de nous porter en toutes choses de nous-mêmes vers ce qui nous semble profondément bon, juste de faire. On peut retrouver une optique assez rousseauiste, par laquelle « l'haleine de l'homme est mortelle à l'homme » et que, par conséquent il ne faut « obéir qu'à soi-même». On peut aussi se plonger dans un idéalisme moral attrayant par sa pureté et pour lequel il ne faut agir que sous l'unique raison du bien, du juste, du devoir, et non pour un intérêt particulier, qui ferait perdre toute sa valeur à l'acte. La seule loi, autorité, à laquelle on puisse obéir, pour rester vraiment moral, émane de ce qu'avec le kantisme, on appelle "l'impératif catégorique". Cette observance stricte et désintéressée de l'ordre de la raison permet seule d'épurer la conscience des passions (notamment la crainte de la sanction pénale, ou le profit). Il faut obéir à la loi de la conscience. Il le faut, sans autre motif, hormis le respect du principe lui-même. Poussé à l'extrême, cet idéal de la conscience pure peut engendrer une fermeture à l'ordre que l'on reçoit de l'extérieur, au profit d'un sentiment d'autonomie absolutiste.


Pourtant, après avoir montré que la notion d'organisation est intrinsèque à la notion de société, la condition même de son existence et l'exigence de la paix qu'elle cherche à maintenir requièrent un agencement méticuleux. Cette deuxième partie nous a permis de voir le principe qui sous-tend l'observation de la première, et qui est sous-jacent à la thèse "pacifiste". La force des choses et le parfait souci du bien commun semblent devoir nous mener à taire nos sentiments personnels, la voix intérieure de notre conscience, parce que si chacun s'écoutait soi-même, on sombrerait dans une véritable cacophonie désorganisatrice.


Taire n'est d'ailleurs pas travestir. On peut, à cause de l'exigence de l'ordre pour le plus grand bien de la société, s'adapter extérieurement à l'infraction de la loi sans pour autant donner son assentiment, ni renoncer intérieurement, intellectuellement à notre conviction profonde. Comme nous l'enseigne le libéralisme, le pouvoir législatif ne prétend d'ailleurs pas que l'on s'accorde sur d'éventuelles convictions morales. Son exigence est d'un autre ordre : elle fixe une règle concrète et l'accord qu'elle attend n'est qu'un accord de l'acte extérieur. L'énonciation d'une loi donne une règle extérieure, sans en donner la raison morale ou règle intérieure qui en serait le principe et sur laquelle pourrait éventuellement achopper la conscience. Si la loi attend un acte extérieur conforme à un certain bien, la moralité attend dans le même temps que l'acte intérieur aussi soit conforme à un certain bien. Et voilà peut-être l'origine du problème : conformer à la fois mon être extérieur à ce que la morale attend, et également mon être intérieur. C'est cette double règle et son exigence, son impératif concomittant, qui pose difficulté...
En  d'autres termes, on commence déjà à s'apercevoir que dans une même action, il suffit que la fin voulue ou que la matière de l'acte soit mauvaise par nature pour que l'acte tout entier doive être considéré comme tel, selon le principe : "bonum ex integra causa, malum ex quocumque defectu" (le bien requiert la bonté de la cause entière, il suffit de n'importe quel défaut de la cause pour que s'ensuive le mal) - (in Ce que l'on ne peut jamais faire, la question des actes intrinsèquement mauvais, de S. Pinckears, Éd universitaire Fribourg, Suisse, Éd du Cerf, Paris, 1986).

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obéissance ou désobéissance

Publié le par Christocentrix

D'abord la thèse selon laquelle il semble que la loi prédomine toujours sur la conscience.


POLOS : que veux-tu dire Socrate ?

SOCRATE : rien qu'une chose : le plus grand mal c'est l'injustice.

POLOS : Pourquoi le plus grand mal? Subir l'injustice, n'est-ce pas pire?

SOCRATE : Non, pas du tout.

POLOS : Donc, toi, tu aimerais mieux subir l'injustice que la commettre!

SOCRATE : Moi, tu sais, je ne voudrais ni l'un ni l'autre. Mais s'il était nécessaire, soit de commettre l'injustice, soit de la subir, je choisirais de la subir plutôt que de la commettre. 
                                                                                 (Platon, Gorgias, 469 a-c)



Dans un second temps, nous examinerons le principe empiriste par lequel il semble qu'il n'est pas fondé de préférer suivre sa conscience plutôt que la loi.


ISMÈNE : Pour moi donc, priant mes morts sous terre de me pardonner car y suis contrainte, j'obéirai à ceux qui sont au pouvoir. ( ...)

ANTIGONE : (...) Agis à ta guise, mais mon frère, je l'enterrerai. Il est beau pour moi de mourir en accomplissant ce devoir.

                                                                                                         (Sophocle, Antigone, 65-75.)


Tout en lisant, je vous propose un accompagnement musical, (ce n'est qu'un prétexte pour faire connaître un compositeur grec) Il n'est pas nécéssaire de regarder la vidéo, la musique seule suffit, et on peut le faire en lisant. Autant se prendre la tête agréablement. Si çà vous dit cliquez sur le lien suivant :
 




Assurément, il ne suffit pas qu'une loi soit promulguée pour qu'elle emporte la satisfaction générale. Il arrive en effet souvent que des mouvements de contestation s'organisent à leur encontre. Ces contestations, lorsqu'elles sont manifestées avant que la loi ne soit votée, entrent dans le jeu du débat politique qu'elles suscitent. On peut les considérer comme utiles pour l'évolution de la société. En revanche, lorsqu'il s'agit d'une loi déjà votée, déjà entrée en vigueur, le débat est clos et, si la contestation perdure, elle devient une véritable opposition, volonté de changer la loi.  Qu'est-ce qui peut pousser des hommes à se mettre en marge de la loi? On s'intéressera à l'homme sincère, sans préjuger d'une quelconque intention maligne et dont l'attitude est vraiment dictée par un souci du bien. L'hostilité de l'homme honnête face à une loi révèle la difficulté qu'il y a à devoir se soumettre à une loi qui s'oppose à ses convictions les plus intimes, à son sentiment de ce qu'il est juste d'accomplir. La désapprobation à la loi et l'insubordination à l'autorité est une question de conscience.


Contester l'ordre d'une loi au mépris de l'autorité, c'est inévitablement en substituer une autre, ce qui est une usurpation de l'autorité. Ce détachement par lequel on se fixe sa propre loi, on le nomme autonomie. Non seulement l'« homme autonome » ne tient pas compte de la loi, mais par son action, que l'on appelle délit, il vise à changer la loi par la voie juridique (pression sur le législateur). Cela vise donc bien à changer la loi.

Si ce n'est par la loi, l'homme autonome prétend en tout cas imposer la nouvelle norme par le fait accompli, par voie de fait. Il considère que ce qui peut être fait est ce qui se pratique effectivement. Il devient alors "hors-la-loi" et totalement indépendant de l'autorité qui n'exerce d'ailleurs son pouvoir moral que pour autant qu'il l'accepte. Lorsque l'exigence que la loi nous impose s'affronte avec l'exigence que notre conscience nous dicte, cela entraîne ce que l'on appelle un cas de conscience. La volonté est dans un véritable dilemme. Elle sait ce qu'il faut faire, ce qu'elle trouve juste et bon, mais on lui demande de faire ce qui s'y oppose. On peut alors préférer se soumettre quand même à la loi pour éviter d'avoir des ennuis avec les forces de l'ordre et les organes judiciaires, mais ce ne sera alors pas sans remords. Tel peut être le remords de celui qui contribue par ses impôts au remboursement de l'avortement, alors même que c'est une pratique qu'il juge criminelle. On pourra aussi refuser de renier ses convictions et s'opposer vaille que vaille à l'ordre de la loi.

Il faut bien comprendre alors qu'un tel choix est quasiment un choix de vie. En s'opposant à la loi, on est en état d'infraction, et on fait désormais partie des hommes dont le but est de combattre ladite loi. Par le fait, voire par voie de fait, on devient un hors-la-loi, un outlaw. Refuser de se soumettre à une loi, c'est plus que s'opposer à une loi, mais c'est bien souvent s'opposer au gouvernement qui l'a édictée. D'honnête citoyen, on passe dans la catégorie du rebelle, du réfractaire. Les lois ne sont pas des conseils pour l'agir, mais elles règlent avec précision ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire. Quand on suit sa conscience qui refuse la loi, c'est qu'on fait le contraire de ce que la loi nous impose. On agit peut-être ainsi par souci de justice; il n'empêche, paradoxalement, que l'on devient "passible de justice". Comparaître devant le juge, et même subir des sanctions graves, n'entame pas la détermination de beaucoup d'opposants à la loi et d'adversaires au pouvoir. L'exemple de la fille du roi OEdipe, dans la tragédie de Sophocle, reste l'illustration la plus marquante de cette opposition. Antigone reste le parangon du refus de la loi par fidélité à la conscience. Elle a préféré braver la loi, et la mort certaine que cet acte encourait, que de laisser la dépouille de son frère sans rite funéraire.


Au-delà de la noble intention qu'il peut y avoir de s'opposer à la loi (et que l'on ne remet pas d'emblée en doute), on peut se demander si la désobéissance à la loi est une attitude vraiment acceptable, raisonnable. En effet, on peut se demander si la désobéissance à une loi qu'on trouve injuste ne va pas contre le souci même de justice qui nous motive, à cause du mal plus grand encore qu'une telle opposition peut engendrer. L'appareil législatif est nécessaire à une société, car il lui fournit une structure indispensable pour la vie. Le développement d'une civilisation s'accompagne presque toujours de la formulation précise d'un code qui permet d'unifier les agir. L'instauration du droit romain chez les peuples barbares a permis la construction d'un empire stable et une vie commune. Sans la loi, nulle vie sociale n'est possible, mais on sombre alors dans une anarchie mortifére, où, faute de structure et d'autorité, aucun droit n'est garanti. On peut dire avec Jacques Bainville que « l'anarchie forme des césars », c'est à dire des dictateurs. Saint Thomas le rappelle aussi : il faut que « les inférieurs obéissent à leurs supérieurs; car autrement ce serait la ruine de la société humaine » .


La vie sociale implique un rapport constant à l'autre. Pour cette nécessaire relation, il faut des garanties qui permettent que les actions des hommes ne soient pas chacune individuelles et, par suite, opposées les unes aux autres. Cette nécessaire interaction engendrerait un conflit perpétuel. Pour qu'au contraire, les actions se complètent et s'organisent en véritable synergie, il leur faut certaines règles, non tacites mais explicites, voire écrites. Par analogie, on peut essayer d'imaginer ce qu'il adviendrait si aucune règle n'était donnée dans le langage. Alors chacun fixerait à sa guise les règles de grammaire, de sorte qu'en définitive, il serait quasiment impossible de comprendre et de se faire comprendre : Les gens ont raison qui croivent que ce seriont, disons... très moins pratique! En revanche, s'il y a une règle commune à laquelle chacun puisse se référer, alors la langue peut assurer son rôle de communication entre les hommes. C'est en acceptant, en se référant unanimement à une même règle (de langage ou de n'importe quel autre genre) que la vie en communauté va pouvoir s'instaurer.

La loi définit la règle de l'agir et, par là, permet une cohésion des actes des hommes. Toute vie exige une certaine organisation. On le voit bien en biologie. Il en est de même avec la vie sociale. C'est aussi la condition du maintien de la paix. A contrario, l'opposition à la loi constitue toujours une certaine entrave à l'ordre que la loi cherche à instaurer. Elle est un obstacle à la paix civile, qui est sans nul doute l'un des biens les plus importants que doive préserver une société. On dit souvent que les guerres civiles sont les maux les plus terribles qu'un pays puisse subir, car ils sont comme un combat fratricide où la bonne entente entre les membres d'une communauté se trouve rompue. Elles viennent toujours d'une mésentente sur la règle à suivre, c'est-à-dire sur un désaccord au sujet la loi et du pouvoir légal. On comprend que l'on se préserve par des sanctions sévères de tout ce qui provoque un désordre public grave: sédition, rébellion, émeute, etc.

Il semble ainsi qu'il faille parfois mettre ses désirs et opinions personnelles de côté par souci du bien commun. Récuser une loi pour le motif qu'elle ne nous convient pas peut paraître une recherche d'intérêt et de satisfaction personnelle malvenue parce qu'elle perturberait immanquablement l'ordre public, ce qui va contre le bien de la cité.

Et ceci semble légitimer de très larges concessions. Pas de vie sociale sans concession, ni un certain abandon de ses opinions personnelles.


Si, au contraire, l'on se met à accepter, voire à légitimer certains écarts à la loi, alors on détruit la fonction et le pouvoir organisateur de la loi. C'est alors préférer un bien immédiat d'une partie de la société au bien général que la loi vise à établir à terme, a pour conséquence l'insatisfaction même du bien des parties dans la mesure où le bien de l'ensemble lui est nécessaire. Par exemple, on considère que la santé de tout le corps est nécessaire au bien-être de chacun de ses membres; et parfois il faudra modérer la jouissance qu'un membre peut rechercher pour permettre la santé. La paix, qui est comme la santé de la société, mérite donc bien - dût notre orgueil en pâtir - que l'on se soumette à ce qui nous déplaît, ou nous semble une injustice, ou nous semble inadéquat comme lorsqu'on pense avoir soi-même la bonne solution face à tel problème. Le véritable souci de la justice se révèle parfois dans un certain renoncement et une certaine abnégation. Il peut même y avoir de l'héroïsme à se soumettre à l'injustice pour ne pas ébranler la société, et à obéir à une autorité contestable plutôt que de fissurer tout le système politique. C'est ainsi que Socrate a préféré mourir injustement par une condamnation injuste plutôt que de s'opposer à la loi en raison du mauvais exemple qu'il y avait à désobéir. Lui qui a servi sa cité lorsqu'il était soldat, a voulu continuer à la servir en préférant mourir plutôt que de risquer de lui nuire en s'opposant à ses règles.

Ce qui va contre l'ordre établi entraîne toujours un certain désordre dans la société, et par là même compromet la paix. Comment pourrait-on concevoir qu'un Etat puisse garantir la paix à ses membres, si toute loi peut être remise en cause, à n'importe quel moment, pour n'importe quel motif tiré de son opinion personnelle? L'opinion, la conviction qui devrait être commune à tous les citoyens est qu'il est bon de préférer la loi à toutes les opinions des hommes, car c'est la loi. « Dura lex, sed lex » disaient les anciens. La loi doit avoir le dernier mot. On peut s'attacher à se demander ce qui est le plus parfait à faire en soi. Pourtant, compte tenu des circonstances, dans la vie pratique, ce qu'il y a de mieux, de plus prudent à faire, c'est toujours d'agir dans la légalité, c'est-à-dire conformément à la règle commune et connue de tous. On pourrait faire de longs discours, arguer avec de nombreux documents à l'appui qu'il est meilleur, en fonction des découvertes ergonomiques, médicales, psychologiques, sociologiques, de rouler à gauche ; il n'empêche que, dans l'immédiat, il faut se plier aux règles de conduite en vigueur. Poussons plus loin notre exemple et imaginons une ville où les automobilistes roulent chacun selon son bon vouloir, sans se référer à un quelconque code de la route. De même qu'il y a des carrefours qui nous semblent dangereux et auxquels on s'arrête bien qu'il n'y ait pas de panneaux de "stop", de même il y a des "stop" qui peuvent vraiment sembler abusifs. Pourtant, on voit bien que, si l'on commence à admettre le principe qu'il y a des règles qui n'ont pas vraiment le pouvoir d'imposer l'obéissance, on cautionne alors le désordre absolu et destructeur de la cohésion des actes des individus. L'organisation d'une société ne parvient à ordonner la société que pour autant qu'on s'y ordonne soi-même. La loi, pour être efficace, à défaut d'être la plus parfaite, ne doit souffrir aucune exception. Si tous roulent sans aucun respect des règles de circulation établies, c'est le désordre et l'accident assurés. Même si une seule personne préfère prendre une rue en sens interdit plutôt que de rallonger son trajet, c'est également l'accident assuré. Il suffit d'un seul manquement aux règles établies pour que la sanction du réel soit immédiate et pénalisante pour l'ensemble de la société. N'est-il pas dangereux et coûteux de s'opposer à l'ordre établi? Ne risquerait-on pas alors de s'opposer, non seulement à la loi, mais à l'institution, à l'autorité qui l'impose? Et si cette autorité s'est imposée par mode de suffrage, voire même de suffrage universel, ne risque-t-on pas de s'opposer à tous ceux qui y ont contribué par leur suffrage ? En s'opposant à la loi, à l'autorité qui l'a promulguée, et à tous ceux qui soutiennent cette autorité, ce serait s'exposer à se faire de nombreux ennemis. Or, la vie sociale impose d'avoir une réputation intacte, d'avoir de nombreux amis et de bonnes relations avec le reste de la société. Ceci tend à montrer que la soumission à ce qui nous répugne moralement, soit, au bout du compte, moins coûteuse que d'entrer en conflit avec les puissances établies.

Pour avoir la paix, pour couler des jours heureux et prospérer en toute quiétude, le pacifisme enseigne d'accepter ce qui se passe, d'accepter le mode de vie en vigueur, sans jamais commettre ni opposition ni heurt d'aucune sorte. Sur ce point, pacifisme et modernisme sont consanguins.


Pourtant, est-on si persuadé de pouvoir atteindre la paix sociale à tout prix? Au prix de la honte, mais surtout au prix du désordre imposé - et accepté - par une loi mauvaise par essence? La paix et la prospérité ne découlent-elles pas plutôt de l'énergie, du travail, de l'effort exercé pour disposer la société avec l'ordre qui permettra à la vie sociale de porter son fruit? Mais, si cela était vrai, on opposerait au pacifisme la possibilité de devoir être, parfois, réactionnaire?


Quoi qu'il en soit, il reste qu'obéir revient à manifester par les actes sa complaisance avec celui qui ordonne. Et être complaisant revient à être complice. Or, de la complicité à la connivence, et de la connivence à la collusion, il y a peu... si l'on n' y prend garde.

Adhérer au pacifisme, c'est approuver d'obéir toujours, c'est rapidement entrer en intelligence avec celui qui impose les lois, quitte à se laisser "chosifier", voire à colluder sans vergogne. On se laisse ainsi gagner par le lucre, puis du lucre au stupre et, du stupre au crime, il n'y a pas loin...

On voit ainsi que le pacifisme ne présente pas la force de résistance qu'il faut pour ne pas choir de l'un à l'autre, et pour ne pas se laisser embarquer dans une folle spirale de laisser-faire, de laisser tout faire.

 

Pourtant en France, on a rendu et on rend sans cesse, des honneurs civils et militaires à toute forme de résistance à l'oppresseur durant la deuxième guerre mondiale. Par là, on entend ériger en exemples le courage et la vertu qu'il y a eu, non seulement à désobéir à la loi imposée, mais même à participer aux efforts de déstabilisation entrepris contre le gouvernement officiel, et contre le gouvernement de l'envahisseur. Ce sont alors les émules d'Antigone que l'on valorise, contre ceux de Socrate. « Ceux qui ne respectent pas les lois de caractère politique, observe avec scepticisme George Ripert, font selon les temps, figure de traître ou de héros » (in Le Déclin du droit, p. 104).

                                                                                                                                     (à suivre)

 


suivra le principe empiriste par lequel il semble qu'il n'est pas fondé de préférer suivre sa conscience plutôt que la loi.

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Publié le par Christocentrix


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