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André Fraigneau, l'homme et l'oeuvre...

Publié le par Christocentrix

Voici ce qu'écrivait en 1985 un nommé Jean Moal à l'occasion de l'édition des Etonnements de Guillaume Francoeur (réédition en un seul volume de quatre oeuvres de Fraigneau : " l'Irrésistible", "Camp Volant", "la Fleur de l'Age" (Les Portes d'Arcadie), "Propos Romains".
"Il s'agit d'indiquer - sans verser dans l'analyse des savants ni dans l'histoire littéraire comparée, sans gâcher inopportunément la surprise qui ravira à la lecture ceux qui ne connaissent pas les Étonnements de Guillaume Francœur, ce livre sans pareil -, de mettre sur la voie de ce qui pourrait expliquer, dans la mesure seulement où il est explicable, ce phénomène : on réédite Fraigneau.

Nous sommes quelques-uns à vivre pour la deuxième fois le même événement. En 1960 déjà, il y a un quart de siècle, un éditeur avait sorti Francoeur de la quasi-clandestinité où il avait fini par circuler au bout d'un même quart de siècle écoulé depuis 1935, année qui avait vu la parution de l'Irrésistible, premier volume des Étonnements. Ces relèves de quart, surprenantes comme l'évidence, si impeccablement assurées entre deux périodes de veille, amènent l'événement au niveau de la tradition, laquelle est tout le contraire d'une mode. Ils survivront encore à la même épreuve : aujourd'hui comme hier, Francoeur demeure irrésistible et Fraigneau irréductible. La première en date des oeuvres d'André Fraigneau, Val de Grâce, s'ouvre sur cette première phrase: "Je voudrais écrire sur la grandeur." Bien plus tard, Fraigneau a glissé dans un dialogue imaginaire avec Francoeur cette confidence en forme de question à son double: "N'êtes-vous pas chargé de communiquer la grandeur sous les espèces du bonheur ? "Entre les deux points, l'oeuvre tendue comme un arc, comme un don, n'est justiciable d'aucun discours pour n'appartenir qu'au lecteur dans le silence. Tout juste nous autres, qui avons fait plus tôt la connaissance de Francoeur, pouvons-nous promettre sans risque à ceux qui vont le rencontrer - et s'ils ont l'ouïe fine - qu'il y aura désormais leur vie avant cette rencontre et leur vie après.

Il n'y a pas de hasard, seulement des concours de circonstances. La réédition des Étonnements de Guillaume Francœur a lieu parce qu'il doit y avoir un appel quelque part, comme un appel d'air; à nouveau, de jeunes esprits jugent bien suspecte cette insistance à les persuader qu'ils sont les fils d'un monde sans âme sur lequel tombe une nuit noire et qu'ils méritent en tant qu'héritiers cette damnation. "Et si cette prétendue nuit n'était que la neutralité grise d'un brouillard artificiel ? Et s'il y avait quelque part un reste de jour, un rai de lumière?" Pour eux, l'heure de Guillaume est venue; l'immortel "Va-nu-coeur" ressurgit de l'ombre et leur parle à l'oreille."

Eh bien cette année 2009 aura vu ce propos confirmé par l'édition de "En bonne compagnie" :
Recueil de portraits et amitiés "stellaires", brossé par Fraigneau et reprises d'anciennes revues.....( voir l'article de Christopher Gérard : 
http://archaion.hautetfort.com/archive/2009/08/26/en-bonne-compagnie-avec-andre-fraigneau.html

 

ainsi que l'article :

 http://www.denecessitevertu.fr/2010/08/06/le-colonel-des-hussards-un-pionnier-nomme-fraigneau-2/


Rappelons aussi la bibliographie de (et sur) André Fraigneau:

Val de Grâce (1930), Les Voyageurs transfigurés (1933), L'Irrésistible (1935), Camp-Volant (1937), La Grâce humaine (1938), La Fleur de l'âge (1942), Fortune Virile ( 1944), Le Livre de raison d'un roi fou (1947), Journal profane d'un solitaire (1947), L'Amour vagabond (1949), Le Songe de l'empereur (1952), Les Étonnements de Guillaume Francœur (réunissant en un seul volume "L'Irrésistible", "Camp-Volant" et "La Fleur de l'âge," 1985), L'Arène de Nîmes (recueil de nouvelles inédites, réunies en 1997), Le Miracle Amical (rassemble "Val de Grâce" et "les Voyageurs transfigurés", 1998), Dame au lac (nouvelle inédite, 1998), C'était hier (journal, publié en 2001), Papiers oubliés dans l'habit (Journal, Carnets 1922-1949, 2001 puis 2006), Escales d'un Européen (chroniques, réunies en 2005, préface de Pol Vandromme), En bonne compagnie (textes de 1938 à 1970 réunis et publiés en 2009).
Sans oublier : Cocteau par lui-même (Seuil, "écrivains de toujours", 1957), Entretiens
Jean Cocteau-André Fraigneau (collect.10/18, 1965).
Michel Mourlet: André Fraigneau, le livre du Centenaire, (1998)



Vous trouverez sur ce blog plusieurs articles concernant André Fraigneau, regroupés dans la "catégorie" qui porte son nom, (ceux concernant la Grèce figurent aussi dans la catégorie "la Grèce me fait mal").
 

 

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christocentrix 26/09/2009 19:36


voir aussi cet article par ce lien :
http://archaion.hautetfort.com/archive/2007/09/03/andre-fraigneau.html