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André Fraigneau et l'Histoire de France

Publié le par Christocentrix

 

-Politique-   Il ressort d'une lecture "intelligente" de l'histoire de France ce même principe "rigoureux" des courbes que j'ai trouvé ailleurs. La France catholique créée de toute pièce par ses rois décrit une courbe parfaitement harmonieuse jusqu'en 1756 où le principe de renversement des alliances crée ou plutôt met à jour une scission entre une part de la France et une autre. Cette part qui s'élève à l'extérieur au grand jour définitivement en 1756 avait commencé à passer la tête à plusieurs reprises. C'est l'état d'esprit que nous ne qualifierons de protestant que parce que le protestantisme lui a donné sa forme initiale dans l'abstraction et dans l'âme pure avant de descendre à travers les autres branches de la connaissance. En 1756 (malgré les efforts réitérés de la France : révocation de l'édit de Nantes, guerres religieuses, etc.) ce nouvel état d'esprit a trouvé rempart temporel dans l'Allemagne naissante avec les rois de Prusse. Depuis, ce nouvel état d'esprit commence une courbe ascendante qu'aucun effort contraire ne saurait briser. Jamais les choses n'ont été écrasées que sous leur propre poids.

Aucun désastre n'arrête cet esprit puisqu'il est en pleine vigueur, aidé naturellement par la caducité des autres aussi implacable que sa verdeur. La paix signée et faite par un protestant aussi absolu que le présient américain Wilson est le point de la courbe comparable aux derniers succès de la France de Louis XIV (destruction de l'Autriche, préservation du principe des nationalités).

Il n'y a donc d'illogique que ce réflexe de la France de 1914, réflexe inexplicable, sorte d'heredo monstrueuse puisqu'elle aboutit à ce qui eût eu lieu s'il y avait eu défaite.

Le mot de Jacques Bainville poussé depuis 1756: « Vive ma mort » est vrai. Un peuple a crié « Vive ma mort » et par un réflexe quand cette mort lui a été présentée, qu'il avait tout fait pour appeler, il la refuse ! Tout besoin initial doit être comblé. Toute courbe doit s'accomplir. Ce peuple veut sa mort, savoir la fin de la première courbe. On ne saurait rien reconstruire avant qu'il l'ait obtenu. Il faut que la France meure.

« Périsse la France plutôt que l'idéal démocratique » cette boutade est plus vraie que le vrai. Les deux propositions sont inséparables : la démocratie (sens large) est encore en vigueur parce que la France n'est pas morte ; la France s'est choisi la démocratie comme on choisit le moyen de se supprimer.

En 1914, le revolver préparé n'est pas parti, légèrement dévié, il a fracassé le plafond (paix de 1918), c'est ce plafond qui nous tombant dessus donnera la mort retardée mais, depuis 1756, désirée.

Plafond : par l'esprit ou le moule social, enfin par la périphérie et non plus directement comme en 14 (France-Allemagne-guerre). Surréalisme-communisme. Talleyrand et Murat.


Texte d'André Fraigneau, 1926...extrait des Carnets 1922-1926 (Papiers oubliés dans l'habit) édit. du Rocher, 2001.

 

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